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Archives de CO/CO de l'année 2014/CO n° 1112 du 3 mai 2014/CO n° 1111 du 19 avril 2014/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Suppressions de postes : petit recul du rectorat.

ZoomA l’appel de quatre syndicats, un piquet de grève avait été installé au rectorat de Terreville pour protester contre les 90 suppressions de postes prévues dans le second degré.
Face à cette situation, la rectrice fut contrainte de négocier.
Une première rencontre eut lieu le lundi 31 mars 2014 à Tartenson, rencontre au cours de laquelle l’administration fit une petite concession : 11 des 17 suppressions programmées au LP Petit-Manoir étaient annulées.
Les discussions se poursuivirent et se terminèrent le mardi 1 à Terreville et un relevé de conclusions fut établi par le rectorat. L’administration fit quelques gestes, mais qui ne remettaient pas en cause les autres suppressions. D’ailleurs, dès le lundi, la Rectrice avait dit qu’elle n’entendait pas revenir sur les autres suppressions
A l’issue du Comité Technique Académique (CTA) dont la réunion avait été empêchée les 20 et 27 mars 2014 et qui s’est finalement tenu le vendredi 4 avril 2014, la Rectrice publia sur le site de l’académie une note informant de la «Fin de la crise sur la carte des formations” et précisant qu’“un accord a mis fin à la grève entamée par une intersyndicale de l’Éducation sur les mesures de carte scolaire pour la rentrée 2014 puisqu’une entente de principe a été trouvée, lors du comité technique académique ce jour”. C’est-à-dire le vendredi 4 avril 2014. Une déclaration mensongère car il n’y a jamais eu d’accord avec l’administration pour accepter des suppressions de postes.
L’objectif d’obtenir l’annulation de l’intégralité des 90 suppressions n’a pas été atteint. D’autant que seuls les personnels du LP Petit-Manoir se sont mobilisés. La plupart des syndicats, majoritaires dans les instances consultatives de l’Éducation nationale ont clairement manifesté leur refus d’appeler les personnels à s’emparer du problème, préférant miser sur les interventions dans les médias et surtout en faisant appel aux élus. «Les syndicats s’en remettent aux élus» titra le quotidien local (28 mars 2014).
Cette mobilisation, bien que faible, a au moins contraint l’administration à faire quelques concessions. Elle a également permis de réunir des personnels au-delà des étiquettes syndicales dans la lutte pour une même cause, de contester l’administration en lui montrant qu’ils ne sont nullement dupes quant aux véritables raisons des mesures qu’elle met en œuvre. Elle leur a permis de vérifier que c’est ensemble que la lutte doit être menée pour se donner des chances d’obtenir des succès.
La levée du piquet de grève à Terreville et la reprise des cours n’ont nullement signifié la «fin de la crise» et du mouvement, ni que les mesures arrêtées en CTA ont été entérinées.  
Car ce que l’administration n’a pas pu faire cette fois, elle s’organisera autrement pour tenter de l’imposer plus tard. C’est pourquoi les personnels, tous corps confondus, ont intérêt à se préparer pour riposter le moment venu.

Guadeloupe : A Carrefour Milénis, un revers pour les patrons !

Cela fait des années que les Despointes, patrons de la Sophyper, société gestionnaire de Carrefour Milénis, s’attaquent aux employés. En 2012, ils ont refusé d’appliquer l’accord d’entreprise signé au titre du bonus Bino et de garantir les 200 € pour tous les salariés qui y avaient droit. Malgré la grève, minoritaire, les Despointes n’ont rien cédé.  
Au contraire, ils ont profité de la passivité de la majorité des salariés pour imposer un plan de «départ volontaire» supprimant 24 postes en 2013. Seuls, les délégués et élus de la CGTG se sont opposés à ce plan. Les représentants CGTG ont exigé une expertise comptable qui a démontré que non seulement le groupe SAFO dont fait partie la Sophyper n’est pas en difficulté mais qu’il devait une participation aux employés. D’ailleurs, les patrons ont été condamnés par le tribunal de grande instance de Pointe-à-Pitre à verser cette participation à l’ensemble du personnel et des dommages et intérêts au Comité d’entreprise. Le plan de départ soi-disant volontaire avait déjà été réalisé et les postes supprimés. Mais l’acharnement des délégués a permis à l’ensemble des employés d’ouvrir les yeux sur les soi-disant difficultés du groupe.
Les Despointes n’ont pas supporté ça. Ils ont pris prétexte d’un tract du syndicat CGTG affirmant qu’ils avaient bâti toute leur fortune sur l’esclavage salarié et la traite négrière, pour réclamer la condamnation de deux dirigeants syndicaux et de la confédération syndicale elle-même, à plus de 10 000€ d’amende et à la publication de la décision dans France-Antilles. La justice bourgeoise a évidemment acquiescé et donné raison aux patrons, niant par la même occasion la vérité historique.
Les élections professionnelles ont eu lieu en fin mars 2014. Cela fut l’occasion pour les salariés de Carrefour Milénis d’exprimer leur façon de voir les choses. Ils ont élu ou réélu majoritairement les délégués qu’ils estiment les mieux à même de les représenter face à la rapacité des Despointes. C’est ainsi que la CGTG a progressé dans tous les scrutins du collège employés. Tant à l’élection des Délégués du personnel titulaire et suppléant qu’à l’élection du Comité d’entreprise, la CGTG représente 50% des suffrages exprimés en 2014 contre 33% en 2012. L’UGTG qui était majoritaire en voix et en sièges en 2012 avec 67% des suffrages exprimés tous scrutins confondus, ne représente plus que 41% des voix en 2014.
Cette victoire incontestable en voix ne s’est pas traduite aussi clairement en sièges car les deux organisations syndicales recueillent le même nombre de sièges. De plus, avec l’aide des cadres, l’UGTG continue à diriger le Comité d’entreprise et le CHSCT.
Mais pour les Despointes, le message est clair : les salariés ont signifié leur confiance à des représentants qui ont dénoncé leurs attaques et ont sanctionné ceux qui pratiquent la connivence avec la direction. Ces gros patrons auront encore affaire à des élus dévoués à leurs camarades. Et ça, c’est une mauvaise nouvelle pour les Despointes !

 

Guadeloupe : Ruddy ALEXIS acquitté

Pendant la grève générale de 2009 et au plus fort de l'effervescence, un militant syndicaliste de la CGTG avait été tué la nuit alors qu'il circulait en voiture avec un ami. Il s'agissait de Jacques Bino. Pendant longtemps, la justice coloniale a voulu absolument trouver un coupable et s'acharna sur Ruddy Alexis, sans absolument aucune preuve.
Les jurés de la Cour d’Assises de Paris l'ont acquitté avec raison la semaine dernière.
R. Alexis comparaissait pour la deuxième fois devant une Cour d’Assises. La première fois c’était en 2012 en Guadeloupe à Basse-Terre. Il avait été acquitté. Mais le procureur avait fait appel de cette décision.
Cette fois-ci  le procès a été délocalisé à Paris ce qui au départ affaiblissait la défense. Comme au cours du premier procès en Guadeloupe, cette affaire a révélé ses aspects incohérents et contradictoires. De nombreux témoins de l’accusation sont revenus sur leurs accusations. Un témoin a déclaré qu’il avait subi des pressions de la justice. Les avocats ont démontré qu’il n’y avait aucune preuve contre R. Alexis et que l’enquête avait été baclée. Sur le fond ils ont dénoncé le caractère politique et colonialiste de ce procès visant à trouver un coupable. Il ne s’agissait pas de chercher les véritables auteurs car d’autres pistes n’ont pas été exploitées dans un contexte où la Guadeloupe était paralysée par une grève générale en 2009 et agitée par des milliers de manifestants dans les rues.
Les jurés à Paris comme en Guadeloupe ont été convaincus par les plaidoiries des avocats de la défense. Ruddy Alexis demeure libre et l'opinion publique est satisfaite de ce dénouement.
Cependant la mort de Jacques Bino reste une affaire troublante et révoltante.

 

Géothermie à la Dominique, un secret qui les protège !

Début 2013, EDF, paraît-il, pour des raisons financières, laissait tomber le projet de production géothermique d'électricité à La Dominique.
Cette usine pourrait couvrir tous les besoins en électricité de l'île anglophone de la Dominique (80 000 habitants) mais en plus, alimenter en électricité par un câble sous-marin, la Guadeloupe et la Martinique. La nouvelle centrale serait en mesure de distribuer environ 50 mégawatts à chaque département, soit environ 20% de la consommation électrique de la Guadeloupe et de la Martinique.
Mais, début 2014, GDF Suez prenait  le relais et réactivait le projet. Il faut croire qu'elle flairait des profits possibles.
La presse avait fait état, en 2013, du mécontentement de Lurel, alors ministre de l'Outre-mer, au sujet du désengagement d'EDF. Proglio (PDG d'EDF) mettait en avant le haut niveau d'investissements nécessaires. Sur un total de 600 millions, les agences publiques (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME), Agence française de développement (AFD), Caisse des Dépôts) en promettaient pourtant une partie – plus de 150 millions d'euros – dont six millions étaient déjà engagés. Quelles promesses ont été faites, aujourd'hui, à GDF Suez, que Proglio n'avait pu obtenir ?
En tout cas tout se passe comme si EDF, entreprise dont l'État détient encore 85 %, avait "gentiment" ouvert la porte au privé.
Etait-ce le but de Proglio ? Et moyennant quels arrangements ? On ne le saura pas car tous ces micmacs sont couverts par le secret des affaires. La population, notamment les travailleurs, n'a que le droit de payer par l'intermédiaire de l'impôt.
Et y compris quand ses conditions de travail et d'emploi peuvent être impactées par les décisions prises. Ce qui est bien le cas puisque une centrale géothermique est actuellement en fonctionnement à Bouillante, en Guadeloupe.
Le secret commercial, le secret des affaires, place dans l'ombre de nombreuses prises de décisions et les mouvements de capitaux, plus ou moins en sous-main, qui vont avec. C'est un écran qui met le patronat et ses protecteurs à l'abri de l'opinion des travailleurs. Son abolition doit être mise à l'ordre du jour !
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Guadeloupe : ÉCHOS DES TÉLÉCOM

IRRESPONSABILITÉ PATRONALE!
Orange SA vient d'être mise en examen dans le cadre d'un accident du travail qui a eu lieu en décembre 2011. Un camarade de l'UI de Marseille qui utilisait une échelle plate-forme avait fait une chute mortelle ! Ces échelles, manipulées par un seul salarié au lieu de deux, avaient été dénoncées à de multiples reprises comme inadaptées et dangereuses. Elles n'ont finalement été retirées qu'après ce tragique accident !
 
Seuls comptent les profits
Nous ne savons pas si la justice condamnera finalement Orange, après plusieurs années de procédure. Mais notre opinion est faite depuis longtemps : Orange fait prendre, à son personnel comme à ses sous-traitants, des risques parfois mortels, consciemment, et uniquement pour défendre ses profits !

Martinique :Échos du bulletin HAUTE TENSION

SOUVENT DIRECTION  VARIE, BIEN FOL QUI S'Y FIE
La direction avait muté des agents vers Bellefontaine 1, en leur demandant de retarder leur départ en retraite. C'était avant...
Maintenant que la nouvelle centrale semble devenir plus ou moins fonctionnelle, elle leur demande d'avancer leur départ.
C'est la nouvelle danse ? Un pas en avant, deux pas en arrière ?
 
ILS nE SE SONT PAS LAISSÉ DIVISER
Lors d'une visite de moteur PJ, à Pointe des Carrières, la direction a fait faire des heures supplémentaires du samedi à des mécaniciens et à des électriciens.
En promettant des compensations.
Le hic, c'était la différence des compensations proposées à chaque catégorie. Mais ça n'a pas marché, la direction est tombée sur un os et tout le monde a obtenu de bénéficier de la meilleure mesure.
 
L'Électricité va augmenter : une arnaque
Le Conseil d'État demande l'annulation de la décision gouvernementale de juillet 2012 de limiter à 2 % la hausse de l'électricité.
Mais déjà, indépendamment de cette décision, l'électricité a augmenté de 5 % en août 2013 et doit à nouveau augmenter de 5 % également en août 2014, alors que EDF avait réalisé plus de 3 milliards d'euros de bénéfices en 2011 et en 2012.
C'est un racket d'État qui continue.

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