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Archives de CO/CO avant 2001/CO de 1975 à 2000 - en travaux -/CO n° 60 du 7 avril 1976

CO n° 60 du 7 avril 1976

Editorial

Remue-ménage dans la droite française après les cantonales

A

Aussi peu représentatives que soient les élections cantonales, elles n’en ont pas moins confirmé un net glissement à gauche de l’électorat en France.

Ces résultats reflètent, à la façon imparfaite des élections, le mécontentement qui gagne la classe ouvrière mais aussi les catégories sociales les plus diverses.

Mécontentement plus que compréhensible face à une droite au pouvoir depuis près de vingt ans, incapable de faire face à une situation économique qui sans cesse se dégrade et qui pèse de plus en plus lourd sur la classe ouvrière et sur toutes les couches travailleuses.

Un instant désorientée par ce coup de semonce électoral, la droite et Giscard en tête a décidé de réagir. C’est le grand remue-ménage. On essaie de recoller les morceaux d'une majorité dont les différentes composantes tirent à hue et à dia. En même temps, on cherche à rassurer l’électorat de droite, on fait la cour de façon éhontée là tout ce que le pays compte de privilégiés, de possédants. Pour ce, Giscard se débarrasse des fioritures, des fantaisies à prétention réformistes.

Le ton est maintenant sans ambiguïté, l'ordre, le travail, et la menace pour les trublions.

L’équipe au pouvoir sait bien que le succès de telles rodomontades est conditionnel. Il est fonction de la situation économique.

C’est en effet sur la « relance » que misent les hommes politiques au pouvoir. Relance qui, prétendent-ils, se profile à l’horizon.

En attendant, ils ont choisi la fuite en avant. Faire marcher la planche à billets afin d’entretenir artificiellement la demande, telle est leur politique. L'inflation qui en résulte est acceptée comme un moindre mal par les bourgeois. Pour les travailleurs, par contre, cela veut dire que les prix grimpent plus vite que les salaires, donc que leur niveau de vie est sans cesse en baisse.

Jusqu’à quand durera cette politique ? Les représentants de la bourgeoisie n'en savent rien eux-mêmes. Ils n’ont pas le pouvoir d’arrêter la crise économique, d’autant que c'est une crise internationale.

Alors si la reprise ne vient pas, la situation économique continuant à se dégrader consacrera l’échec de la politique giscardienne.

Mais la bourgeoisie a plus d’une corde à son arc et en l’occurrence elle a la solution Mitterrand. Si nécessité oblige, la bourgeoisie pourrait y recourir avant même les prochaines échéances électorales, en organisant par exemple des élections anticipées.

Mitterrand, Premier ministre, n’aurait évidemment pas plus de possibilités qu’un Chirac de mettre fin à la crise.

La bourgeoisie ne l’appellerait pas au pouvoir pour cela.

Elle l’appellerait au pouvoir pour que Mitterrand use de l'autorité que lui ont forgée les organisations ouvrières réformistes, pour faire accepter à la classe ouvrière des sacrifices.

Les rares fois dans le passé où la gauche a été au pouvoir, c’était pour mener la politique de la droite. C’est ce que fit Guy Mollet en 1956 en intensifiant la guerre d’Algérie. C’est ce que fera Mitterrand.

Mais, plus grave, avec un Mitterrand au gouvernement, les bourgeois et les plumitifs à leur service auront tôt fait de ren­dre la gauche au « pouvoir » responsable de la crise. C’est contre cette gauche et contre la classe ouvrière qu’elle serait censée représenter, que tous ceux que la crise appauvrit, pour­raient se dresser.

La voie serait ouverte à une troisième solution pour la bourgeoisie : l’instauration d’un gouvernement autoritaire ouvertement anti-ouvrier.

Dans chacune de ces politiques de la bourgeoisie la dominante demeure : comment faire payer la crise à la classe ouvrière ?

Il dépendra donc de cette dernière, et d’elle seulement, de tout mettre en œuvre pour parer à toute éventualité. La classe ouvrière française ne pourra traverser victorieusement la crise que si elle ne se berce pas d’illusions sur les changements démocratiques parlementaires, si elle est capable de s'organiser et de se battre.


GUADELOUPE

La Soufrière se réveille : L'incurie de l'administration

Depuis quelques jours la Soufrière connaît un regain d'activité. Cela se manifeste notamment par des secousses sismiques ainsi que par une montée de lave à l’intérieur du volcan.

Tout au long de la période d’inquiétude sur l’évolution des phénomènes volcaniques, la radio et la presse écrite n’ont pas cessé d'expliquer qu’il ne fallait pas s’affoler ; que rien de grave ne se passait, qu’il ne fallait pas quitter sa maison pour se réfugier ailleurs, etc. Cela n'y fit rien et on assista à un début d’affolement.

Mais cet affolement s’expliquait bien par le manque d’information et d’explication claires. Comment réclamer aux habitants de Saint-Claude de rester « calmes » en leur disant qu’il n’y avait « rien de grave » alors que des tremblements de terre se faisaient sentir plusieurs fois par jour et cela pendant plusieurs jours.

Il a fallu attendre plusieurs jours avant que la radio daigne interviewer le responsable du laboratoire chargé de la surveillance du volcan.

De plus des « bruits » circulaient sur les préparatifs de déménagement à la préfecture ; et le transfert des prisonniers, à grand déploiement de forces de police n’était pas de nature à calmer les esprits. Qui donc a créé ce début d’affolement ? Qui n’a pas suffisamment expliqué la nature du phénomène et les délais qui étaient raisonnablement lais

sés pour se mettre à l’abri ? Qui a créé la méfiance à l’égard des informations données à la radio ? Qui ? Sinon ceux qui, comme l’administration coloniale, ont l'habitude de se servir de la radio pour donner une information unilatérale et souvent tronquée, sinon complètement déformée.

Lors de la conférence de presse d’Haroun Tazieff transmise en direct sur les ondes de FR3, on a pu voir la différence entre ce qui nous était servi comme information jusque-là et une

véritable information. L’administration a bien été obligée de laisser parler librement le vulcanologue et ceux qui lui posaient des questions. Pour une fois on entendait de vives critiques adressées à l’administration sans qu’elles soient tronquées ou déformées. Et le préfet qui participait à cette émission a bien été obligé de répondre.

Il est vrai que seule la personnalité de Tazieff et la situation expliquent qu’une telle émission ait pu avoir lieu.



1er MAI 1976 :

90e ANNIVERSAIRE DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS. Mobilisons-nous en masse

Ce premier mai 1976 revêt une signification toute particulière, au moment où les travailleurs, aux Antilles comme dans le monde entier, relèvent la tête et refusent d’accepter les bras croisés le chômage et l’inflation, conséquences de la crise dont le système capitaliste est le seul responsable.

Il y a 90 ans tout juste, le 1er mai 1886, les travailleurs américains se mirent en grève afin d’obtenir la journée de 8 heures. A Chicago, où la grève était totale, la bourgeoisie organisa une provocation en faisant exploser une bombe dans tes jambes des policiers ; Elle prit prétexte de ceci pour faire arrêter les dirigeants ouvriers, qui furent con

damnés à mort et pendus.

Ces martyrs de la classe ouvrière ne devaient pas être oubliés ; quelques années plus tard, la deuxième Internationale décidait de faire du 1er mai un jour de mobilisation et de lutte pour les travailleurs du monde entier. Loin d’être une simple « fête du travail », en quoi la bourgeoisie a tenté de le transformer plus tard, le 1er mai est pour l’ensemble du prolétariat l'occasion de regrouper ses forces, de montrer à tous les exploiteurs que les opprimés constituent une force bien vivante, qui non seulement refuse de courber l'échine, mais est prête à prendre la relève pour fonder une société débarrassée de toute exploitation.

En Guadefoupe et en Martinique, la situation de la classe ouvrière n’est certes pas satisfaisante. L’inflation, la hausse des prix réduisent des salaires déjà nettement insuffisants. Le chômage ne cesse de s'accroître, et l’exil continue d’apparaître aux yeux de beaucoup de jeunes comme la seule issue. Pourtant, cette situation n’est pas irréversible. Dans la canne et la banane, en Guadeloupe, les travailleurs ont contraint les patrons à leur accorder des augmentations et parfois à les embaucher (ainsi à Darasse au Lamentin) ; en Martinique, dans le bâtiment, dans le commerce, les travailleurs luttent contre les licenciements, et à l'hôpital ils ont même obtenu la création de plus d’une centaine de postes.

Mais rien n’a été obtenu en restant les bras croisés, ou en comptant sur la bonne volonté de ceux qui nous exploitent. La lutte seule est la voie qui permet aux travailleurs d’alléger le fardeau qui pèse sur leurs épaules, et qui leur permettra un jour de s’en débarrasser. Nous devons nous en souvenir en ce 1er mai, en participant massivement et dans l’unité aux manifestations prévues par les organisations ouvrières, en Guadeloupe et en Martinique et dans l’émigration en France. Plus nous serons nombreux à descendre dans la rue, et plus significatif sera l'avertissement que nous donnerons aux capitalistes et à l'administration coloniale, qui seront d'autant plus enclins à reculer face à nos revendications.

Travailleurs de Martinique et de Guadeloupe, nous ne serons pas en reste, à l’heure où des millions d’autres travailleurs, parfois au péril de leur vie, manifesteront la force de la classe ouvrière.


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Martinique : un voyou de la police joue du rasoir

Le mercredi 14 mars, lors d’une manifestation organisée par l'ALERTE (association pour la liberté d’expression à la radio et à la télévision), Relautte militant du GRS, fut blessé par un policier, celui-ci lui ayant porté un coup de rasoir à la cuisse, et à cinq centimètres de l’artère fémorale. Il s’en est fallu de peu que cette blessure ne soit mortelle.

L’acte crapuleux de ce policier, un certain Josmar, souleva l’indignation de la population. Ce policier a agi comme un voyou, un bandit de grand chemin. Et si l’administration coloniale a été obligée d’annoncer son intention de prendre des sanctions, cela n'est que le résultat de la pression de l’opinion publique. Relautte a porté plainte. Le flic Josmar a été inculpé pour coups et blessures, placé sous contrôle judiciaire et suspendu de ses fonctions.

Cependant, au-delà de la responsabilité individuelle de ce policier, il y a celle bien plus grande de ses supérieurs, auprès de qui il prend ses ordres, et en fin de compte de l’Etat.

Cet Etat colonial envoie sa police contre la population chaque fois que celle-ci réclame un peu de liberté ou se met en lutte pour l’amélioration de ses conditions d’existence. Tel fut le cas lors de la manifestation pacifique du 14 mars. Il s’agissait de réclamer la liberté d’expression à la radio et à la télévision, la réintégration

de Pierre Lucette et de Jean-Paul Césaire, journalistes à FR3, licenciés par Suhas, directeur de FR3, uniquement parce qu’ils exigeaient cette liberté là.

Et c’est en chien de garde du colonialisme, en défenseur des intérêts des patrons, qu'un flic a pu se permettre de jouer du rasoir. Son geste n’a rien de surprenant car la bourgeoisie utilise de tels individus pour accomplir ses sales besognes de répression, ouverte à la matraque ou au fusil, discrète, au rasoir.

Pour empêcher que ces individus continuent de nuire, il faut les désarmer. Cela ne peut être fait qu’en jetant bas l’Etat qui les paie. Cela, seuls les travailleurs peuvent le faire.


Expulsion au profit des sociétés immobilières

L

Le gouvernement colonialiste se flatte d’avoir une politique immobilière hardie aux Antilles. Qu’à la place des taudis, des cases insalubres, on construise des logements décents, les travailleurs ne trouveraient rien à redire s’ils ne faisaient pas en fin de compte les frais de cette politique.

Car à qui sont destinés ces beaux logements ? En tous cas pas aux plus déshérités. Les statistiques officielles indiquent pourtant 10 000 logements vides au total en Guadeloupe et en Martinique. Mais leur prix excessif les rend inabordables à la plupart des familles ouvrières.

C’est ainsi que depuis huit ans une trentaine de familles de cité Lacroix au Robert attendent leur relogement. Dix autres familles de la même commune, victimes il y a six mois de mesures d’expulsion, sont dans le même cas.

Et ces expulsions continuent : à Rivière-Salée où des familles ont été expropriées pour permettre la construction du barrage de la Manzo ; à Chateaubeuf une centaine de familles sont en passe de l’être pour la création d’un complexe d’habitation de 54 ha.

Ces habitants sont jetés à la rue sans aucune garantie de relogement, et quand l’Etat leur rachète leur lopin de terre, c’est pour une bouchée de pain.

Mais ces familles pauvres en ont assez d’être les victimes des faveurs qu’octroie le gouvernement à de grosses sociétés immobilières.

Les habitants du quartier de Chateaubeuf se sont unis dans un comité de défense et exigent une indemnisation de leurs terres à raison de 20 F le mètre carré au lieu des 8 F proposés par le gouvernement.

A leur exemple, les familles menacées doivent s’organiser en comités. Mais pour bien faire ce n’est pas une simple indemnisation qu’elles doivent exiger mais leur relogement automatique. Et elles devront se battre pour que les logements vides soient mis à leur disposition.



Une condamnation injustifiée contre notre camarade Maugée

Un mois de prison ferme, dix mois de retrait de permis et deux fois 160 francs d’amende, c’est ce que risque de subir notre camarade Maugée pour avoir eu deux pneus lisses sur sa voiture, si l’appel qu’il a formulé est repoussé par les tribunaux colonialistes.

En effet, il a été condamné à nouveau, le 5 mars, à cette peine, après avoir fait opposition à un premier jugement prononcé lors d’un procès qui s’était déroulé en son absence et sans qu’il ait été prévenu. Or, pour cette même infraction, qui remonte à février 1975, notre camarade a déjà subi quatre mois de retrait de permis.

La véritable raison d’une peine aussi lourde (un mois de prison) et hors de proportion avec l’infraction en question somme toute mineure (deux pneus lisses sur une voiture qu’il ne conduisait même pas car elle était en panne), c’est que les gendarmes de Trinité ne lui ont pas pardonné d’avoir organisé ses camarades du bâtiment sur les chantiers, lors de la grève à cette même époque. C’est que les patrons et leurs auxiliaires des tribunaux colonialistes ont trouvé là une occasion pour mettre en prison et tenter de démoraliser un militant politique et syndical connu pour ses idées révolutionnaires. C’est parce que notre camarade se bat contre le système et l’ordre qu’elle dépend que la justice coloniale le frappe aussi durement.

Les travailleurs doivent le soutenir. Il faut faire reculer la répression coloniale, car en condamnant Maugée, le pouvoir veut atteindre à travers lui tous ceux qui osent lever la tête, lutter et s’organiser.



GUADELOUPE :

Succès de la lutte des petits planteurs

C’est le jeudi 25 mars que les petits planteurs de la Guadeloupe mettaient fin à leur grève de livraison. Après un mois de lutte, les petits planteurs ont fini par contraindre l’administration et les usiniers à payer plus cher la canne que les 92 F initialement proposés.

Avec l’ensemble des primes, c’est 113,25 F que sera payée la tonne de canne pour une richesse de 9. Cela, les petits planteurs l’ont obtenu grâce à leur combativité. C’est parce qu’ils ont su manifester leur mécontentement sur la voie publique, n’hésitant pas à organiser des barrages sur certaines routes que les planteurs ont donc remporté cette victoire.

Certes, les 113,25 F sont loin des 156 F réclamés par les syndicats de petits planteurs. Mais le fait pour ceux-ci d’avoir obligé l’administration à lâcher 21,25 francs sur la tonne les renforce dans la conviction que seule la lutte paye. C’est loin d’être négligeable.


Echos de l'émigratlon


Les racistes encouragés à l’armée

Des incidents racistes contre des appelés des DOM auraient eu lieu dans différentes unités de l'armée française. En particulier dans la deuxième compagnie du 8e régiment d’infanterie stationnée à Landau, en Allemagne, cinquante-deux appelés ont signé une pétition contre un refus de permission spéciale en mars. Cette pétition contenait des attaques racistes contre les soldats réunionnais de la même unité qui, selon les auteurs du texte, bénéficieraient de « faveurs » et se conduiraient de façon « insupportable ».

A Mérignac, des militaires auraient même demandé à être séparés de leurs collègues antillais en invoquant des arguments racistes du genre : «Ils sont insolents», «Ils parlent trop fort».

Le développement de telles attitudes racistes au sein de l'armée n’a rien de surprenant : le racisme est encouragé, entretenu par la hiérarchie militaire elle-même. N'oublions pas en effet que cette même hiérarchie française forme depuis des années les assassins qui mitraillent les populations de Djibouti et des Antilles. Et le racisme est un bon argument pour amener à tuer des colonisés.

Boucicaut : Une « promotion » peu engageante

Une quinzaine de travailleurs, tous Antillais, sont obligés de quitter l’hôpital Boucicaut où ils sont employés, pour la plupart depuis des années, à partir du lundi 5 avril. Ils doivent se rendre dans un autre hôpital qu’ils n’ont pas choisi. Leur tort : avoir réussi à l’examen et effectué le stage leur permettant d’être nommés aide-soignants hospitaliers (ASH). La direction les a menacés d'être maintenus dans le statut d’agent hospitalier et de ne pas toucher les primes d’installation versées aux ASH. Le prétexte : l’hôpital Boucicaut ne dispose pas de crédits pour employer de nouveaux ASH.

En réalité, ce changement forcé, parfois vers une banlieue lointaine, est un moyen supplémentaire pour décourager les agents hospitaliers de devenir ASH. Déjà, il faut, afin d’avoir le droit de se présenter à l’examen d’ASH, être titulaire depuis trois ans. L’AP préfère nettement voir accomplir le travail d'aide-soignant par des agents non qualifiés et même si possible non titulaires. Cela lui coûte moins cher.


Assistance publique : Formation professionnelle pour tous

L'administration de l'Assistance Publique (AP) raconte qu’à ceux qui veulent travailler dans ses hôpitaux, elle offre toutes facilités de formation professionnelle. C'est sans doute pour cette raison qu’elle barre aujourd’hui l’entrée de ses écoles d’infirmières en imposant des conditions nouvelles :

  • être titulaire à l’AP depuis un an ;

  • avoir le niveau de la classe de troisième.

Cela signifie que les jeunes qui actuellement travaillent à l’AP pour 370 F par mois, sous prétexte de formation pré-professionnelle, ne remplissent plus les conditions d’accès à toute formation professionnelle à l’AP.

L’AP trompe donc les travailleurs en leur faisant miroiter l’espoir d'une formation professionnelle et les hospitaliers ont raison de lutter contre ces décisions.

Les méfaits du BUMIDOM

Le BUMIDOM, c’est cet organisme très officiel chargé de déporter les Antillais vers la France en les appâtant avec la promesse d un emploi et d’une vie meilleure.

Mais de nombreux travailleurs antillais en France n’y trouvent que misère et chômage. Alors le BUMIDOM leur promet du travail. Il leur en cherche même... en parcourant avec eux les petites annonces de France-Soir.


Agression raciste au métro Couronnes

Le 5 avril, à 20 heures, pour avoir refusé de présenter son titre de transport, un usager antillais s’est vu, au métro Couronnes, sauvagement agressé par sept flics.

Ils le forcèrent à sortir du métro et, le bourrèrent de coups de poing et de coups de pied. Ils le traînèrent ensuite jusqu’au guichet des billets. Ses poignets étaient ensanglantés par les menottes. Là, ils l'enfermèrent dans un local et, sans doute pour l’amener au poste, demandèrent l’envoi de renfort. Nous ignorons, à l’heure où nous écrivons, ce qu’est devenu ce camarade. Il y a de forte chances pour que les commandos officiels renouvellent leurs exploits à l'intérieur du commissariat.

Voilà en tout cas les méthodes utilisées contre nos compatriotes.


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Insuffisante surveillance des volcans :

Une incurie qui peut devenir criminelle

Ainsi, nous l'avons appris en même temps que les auditeurs de la conférence de presse de Tazieff, les services de surveillance du volcan sont sous-équipés. Nous avons aussi appris que ce fait a déjà été dénoncé depuis deux ans par le vulcanologue. Il affirme n’avoir reçu pour toute réponse à ses demandes que des promesses.

Or la surveillance des volcans de la Soufrière et de la montagne Pelée est de la plus haute importance. Si on n’a pas connu d’éruption grave de ces deux volcans depuis des dizaines d’années, il semble que dans la période actuelle il faille les surveiller particulièrement. D’ailleurs, le regain d’activité de la Soufrière en 1956 et celui d’aujourd’hui montrent bien que la surveillance était nécessaire. Puisque quand il s’est agit de s’appuyer sur des données scientifiques à peu près sûres pour décider de la conduite à tenir ces informations n’étaient pas suffisantes.

Vu l’importance de cette question, il est inadmissible qu'elle soit prise à la légère. Le préfet, à une question sur les moyens qu’il a mis à la disposition du Laboratoire de Physique du Globe répondit presque honteusement qu'on avait mis des moyens de locomotion à la disposition du responsable du laboratoire et un million d’anciens francs !

Il était bien temps !

Toujours est-il que maintenant il faut exiger que les mesures prises pour améliorer la surveillance des volcans soient rendues publiques et au cas où elles seraient insuffisantes, il faudra exiger que les dispositions en hommes et en matériel scientifique soient prises.


La population doit participer à l'organisation de la sécurité

L

Les problèmes posés par la menace d’éruption du volcan de la Guadeloupe, la Soufrière, a mis en évidence les carences de l’administration.

La préfecture a déclaré qu’elle avait mis sur pied un plan Orsec-éruption et que le déplacement de plusieurs milliers de personnes en cas de danger se ferait grâce à la participation des élus et de différentes administrations. Mais malgré des appels maintes fois répéta à la radio, la population n’a pas voulu faire confiance à ce plan et on a vu une partie des habitants de Saint-Claude (située directement sur les flancs de la montagne) quitter les lieux et se rendre sur les communes de Grande-Terre. A Capesterre qui pouvait être menacée, on a vu des gens quitter leur maison et se réfugier ailleurs.

Il faut croire que la population n’a pas une confiance démesurée en l’administration pour avoir voulu se soucier elle-même de sa sécurité. Il est évident que le seul encadrement des «officiels» n’aurait pas suffi. De telles circonstances exigent discipline et ordre afin d’éviter des pertes en vies humaines et des souffrances inutiles. Seule la prise en main par la population elle-même, de sa propre sécurité, peut assurer cela. En effet, beaucoup de travailleurs ont la tradition des actions organisées et peuvent servir à encadrer l’ensemble de la population. Un plan d’organisation des déplacements de population et de leur accueil, plan décidé à l’avance et pas au dernier moment, devrait faire appel à la mobilisation de tous.

Pour l’avenir, il s’agira que les travailleurs, en cas de reprise d’activité du volcan, s'occupent eux-mêmes de l’organisation et de la sécurité de la population. La légèreté avec laquelle la préfecture coloniale a pris en mains le problème n’augure rien de bon pour les pauvres dans les cas de ce genre (éruptions, cyclones). Nous vivons dans une région où cyclones, éruptions, tremblements de terre nous mettent périodiquement en alerte. Il faut apprendre à y faire face de la manière la plus efficace et la plus consciente.


En 1902 : l'éruption du Mont Pelée

Le 8 mal puis le 25 août 1902 les éruptions du Mont Pelée affligeaient la Martinique. Trente à quarante mille morts, tel fut le bilan de ces tragiques journées. Pourtant ces catastrophes auraient pu être évitées, le volcan s’étant manifesté déjà auparavant.

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Le 23 avril, la Montagne Pelée lâchait un panache de fumée et les jours suivants il y eu des tremblements de terre et des montées de vapeurs.

Le 3 mai, le sommet de la Montagne Pelée est éclairé la nuit par le feu du cratère.

Le 5 mai un jet de boue fait éruption et une coulée de lave engloutit une sucrerie en brûlant 23 personnes. La mer recule de 90 mètres. Les câbles sous-marin sont rompus. Une pluie de cendres tombe sur de vastes surfaces de l’île et surtout à Saint-Pierre.

Du 5 au 7 mai des vapeurs de plus en plus denses, des fumées du volcan, une pluie de cendres. La météorologie est troublée. Ils se produit toutes sortes de phénomènes électriques et magnétiques (éclairs, coups de tonnerre...)

L’administration, le gouverneur malgré les nombreuses protestations s'employèrent à rassurer la population, retenant, au besoin par la force ceux qui voulaient s'en aller. Le gouverneur se rendit même sur place pour convaincre les incrédules ; un tel zèle le portera au nombre des victimes.

Les raisons de l’entêtement du gouverneur et de son administration étaient plus que mesquines :

Un scrutin devait avoir lieu le dimanche suivant et le parti gouvernemental était assuré de la majorité.

D'autre part la récolte et l'embarquement s'achevaient et évacuer la population risquait de compromettre les intérêts des gros planteurs.

Saint-Pierre détruite et ses habitants disparus l’administration ne prit pas pour autant des mesures alors même que l'activité du Volcan se poursuivait. Une nouvelle éruption dans la nuit du 25 au 26 août détruisit complètement le nord de l’île compris entre Basse-Pointe, Morne-Rouge, le Carbet et Grand-Rivière, faisant 5 000 victimes supplémentaires.

On comprend que, après de tels précédents, plus personne ne fasse confiance à l'administration dans ce domaine.


LE 27 AVRIL 1848

Le 27 avril 1848, en France, le gouvernement provisoire issu de la révolution de 1848 décrète l’abolition de l’esclavage aux Antilles.

Lorsque les émissaires du gouvernement atteignent les rives de la Guadeloupe, les esclaves insurgés ont déjà arraché leur libération.

Mais déjà un autre esclavage apparaît, l’esclavage salarial. Il reste à l’abolir.


Guadeloupe : une majorité de gauche au Conseil général que pourra-t-elle faire de plus ?

Durant les jours qui ont suivi les résultats des élections cantonales, le Conseil général de la Guadeloupe a connu une ambiance particulière.

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En effet, la gauche s’installait officiellement en tant que majorité dans cette enceinte, avec 21 conseillers sur 36.

Dagonia, le représentant du comité permanent de la gauche, membre du MSG, est désormais piésident du conseil. Socialistes, communistes et autres progressistes se retrouvent à la tête de multiples commissions de travail.

Jusqu’à présent, les élus de gauche expliquaient que leur action était freinée par la présence d un président aux ordres de la majorité gouvernementale. Serait-ce pour cette raison qu’ils n’ont rien pu faire contre le paiement de la canne à la richesse, contre la fermeture des usines à sucre, ou contre la régionalisation ? lis expliquaient jusqu’alors que s’ils disposaient d’une majorité plus confortable et de la présidence, ils, feraient changer les choses.

Mais que pourront-ils faire de plus maintenant dans cette assemblée-croupion où les conseillers généraux n’ont aucun pouvoir et ne peuvent qu’« émettre des vœux », alors que toutes les décisions sont prises à 7000 kilomètres ?

Le conseil général de la Guadeloupe reste celui d’un pays colonisé, dépendant, asservi. Qu’il y ait une majorité de gauche à l’intérieur, voilà qui ne change absolument rien à l’affaire.

Pour que le sort des travailleurs guadeloupéens change, il faut bien autre chose.


Prochainement en Guadeloupe

LE GALA DE COMBAT OUVRIER

APPEL AUX ARTISTES

Le IIIe gala annuel de Combat Ouvrier aura lieu au mois de juin.

Comme les années précédentes, ce sera l’occasion pour nos sympathisants et amis de se réunir dans une ambiance détendue et fraternelle afin d’assister à un spectacle de qualité qui s’achèvera par un grand bal.

Cette année encore nous faisons appel au concours bénévole de tous les artistes : comédiens, conteurs et de tout autre domaine artistique tout comme aux musiciens.

Nous demandons à tous ceux qui ont un bon spectacle à montrer et à faire apprécier, artistes militants ou sympathisants du mouvement des travailleurs, de se faire connaître en prenant contact avec nos vendeurs et diffuseurs, et nous leur disons par avance merci.


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Desmond Trotter gracié, exigeons sa libération

La campagne de protestation pour la libération de Desmond Trotter a permis que ce dernier soit gracié.

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En accusant faussement de meurtre Desmond Trotter, ce jeune militant anticolonialiste, en le jetant en prison, en le condamnant à la pendaison, Patrick John, premier ministre de la Dominique, pantin sanglant au service de la politique de l’impérialisme britannique espérait se débarrasser d'un homme gênant ; gênant parce que celui-ci a choisi de combattre du côté des opprimés dominicains. Mais la protestation qui s’est élevée un peu partout a gêné ces projets criminels. Manifestations et meetings de protestation se sont multipliés, de nombreux télégrammes ont été envoyés d’un peu partout à Patrick John.

En Martinique, à l’appel du comité de soutien à Desmond Trotter et du GRS, ont eu lieu récemment un meeting et deux manifestations. La manifestation du 27 mars a rassemblé environ un millier de personnes. Le mardi 30 mars, une délégation composée de dirigeants syndicaux, de démocrates et de militants d’organisations, ou de partis se réclamant de la classe ouvrière s’est rendue en Dominique auprès de Patrick John. Elle n’a pas été reçue. La mobilisation s’est organisée en Guadeloupe aussi. Il s’y est constitué un comité pour sauver Desmond Trotter avec le Parti communiste guadeloupéen, le Groupe Révolution Socialiste, Combat Ouvrier, la CGT, l’Union de la Jeunesse communiste guadeloupéenne, la Vérité, la Ligue des droits de l’Homme. Un télégramme collectif a été envoyé à Patrick John. D’autres formes d’action ont été entreprises : une souscription et une pétition ont circulé. Un meeting à Pointe-à-Pitre a réuni 70 personnes. Des initiatives ont été également prises en France.

Mais ce n’est pas fini. Même s’il est gracié, Desmond Trotter est en danger de mort tant qu’il reste dans les prisons de Patrick John. Il faut que Desmond Trotter soit libéré.

Combat Ouvrier est pleinement solidaire des initiatives qui sont prises pour libérer Desmond Trotter. Il appelle à amplifier le mouvement de protestation. Plus celui-ci sera puissant, plus grandes seront les chances de sauver définitivement Trotter.


« Rouge » un quotidien trotskyste

Depuis le 15 mars 1976 paraît en France un quotidien se réclamant du trotskysme, édité par la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire).

Les camarades de la LCR ont eu à surmonter toutes les difficultés élevées par le capitalisme. Les banques refusèrent de prêter de l’argent et les propriétaires de louer un local à une organisation « gauchiste ». Car dans le système capitaliste tout est fait pour que seuls ceux qui ont de l’argent, les capitalistes, puissent s’exprimer.

La parution de ce journal constitue un progrès pour le mouvement trotskyste et, par là, pour la lutte des travailleurs.

Nous souhaitons aux camarades de la LCR qu’ils parviennent à vaincre toutes les difficultés qui les attendent encore pour faire vivre un quotidien révolutionnaire.


ARGENTINE

LE COUP D’ETAT MILITAIRE

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Le 26 mars dernier, les militaires argentins ont réapparu sur la scène politique. Par leur coup d’Etat ils ont mis fin à la deuxième expérience péroniste, qui a duré trois ans dont deux sans Péron.

Le péronisme avait été à son origine, pendant et au lendemain de la guerre, une politique particulière de la bourgeoisie argentine qui visait à maintenir la paix sociale en lâchant des miettes à la classe ouvrière. Il s’est constitué autour de la personne d’un officier, Péron, admirateur de Hitler et démagogue, qui s’est concilié les bonnes grâces de la bureaucratie syndicale et qui s’est assuré le contrôle de la puissante centrale syndicale CGT.

Cette politique réformiste avait été possible au lendemain de la deuxième guerre du fait du boom économique que traversait l'Argentine. Après la fin de cette prospérité, Péron a fini par être renversé par une junte militaire, et le « leader » a dû partir en exil.

Ni les juntes militaires qui se sont succédées au pouvoir, ni les quelques gouvernements civils qui se sont intercalés ne sont parvenus à annihiler les puissants syndicats qui, dirigés par des péronistes, bénéficient d'une réelle assise dans la classe ouvrière.

Devant la vague de mécontentement ouvrier qui empruntait le canal des syndicats péronistes, la bourgeoisie a fini par tirer Péron de l’exil et par le ramener au pouvoir, afin de tromper les travailleurs. Mais la situation de crise contre laquelle il ne pouvait rien, les mesures anti-ouvrières ont vite terni la réputation de Péron. Lorsqu’il mourut il laissait assez de capital d’illusions pour que sa veuve et successeur, Isabela Péron puisse tromper les travailleurs.

La crise sous toutes ses formes secoua l’Argentine. L'inflation avait atteint ces 15 derniers mois, 475 %. La classe ouvrière dont le pouvoir d’achat a diminué de moitié se montrait de plus en plus combative et Isabela Péron était incapable de faire face à la situation. Elle était contestée même dans les milieux politiques proches du pouvoir. Un vide politique s’est créé au sommet de l’Etat.

L’armée vient de remplir le vide en mettant dehors Isabela Péron. Déjà elle a interdit les partis ; elle a supprimé le droit de grève et limité l’activité syndicale. Par ailleurs elle arrête les dirigeants syndicaux et politiques, met en place des conseils de guerre. Ces dernières mesures témoignent, si besoin était, que l’action de l’armée vise en particulier la classe ouvrière.

Il semble toutefois que les militaires hésitent à s'attaquer aux travailleurs de front. La classe ouvrière argentine est puissamment organisée, elle a de longues traditions de lutte et une solution à la chilienne contre elle semble peut-être trop risquée à la bourgeoisie argentine.

Les militaires tentent de se concilier la bureaucratie syndicale. Il faut dire que les chances de succès d’une telle politique ne sont pas inexistantes. La bureaucratie syndicale a, par le passé, montré à plusieurs reprises qu'elle était plus que disposée à collaborer.

Mais quelque soit la tactique qu’adoptera la junte militaire, il n’en reste pas moins que la dictature est dirigée contre la classe ouvrière. Aussi celle-ci a-t-elle intérêt à mettre à profit ce répit dû aux hésitations des militaires pour se renforcer et s’organiser afin de parer à de tragiques éventualités.

LIBAN : De trêves en affrontements, le maintien de l'ordre impérialiste

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A l’heure où nous écrivons, le Liban vit une trêve qui devrait durer dix jours. Dans cette guerre civile, qui dure depuis maintenant un an, ce n’est pas la première fois que les forces en présence acceptent de cesser « relativement » le feu. Ce ne sera probablement pas la dernière.

Pour cette fois, la pause dans les combats fait suite à une intervention de ce pays tiers qu’est la Syrie. Cette intervention a ceci de particulier qu’elle a eu lieu au moment où, sur le terrain, la gauche musulmane et progressiste était sur le point de faire basculer de façon durable le rapport de forces en sa faveur.

Les dirigeants de Damas (Syrie) ont pesé de tout le poids de leur influence auprès des combattants du front progressiste pour geler la situation au Liban, précisément avant la défaite de la droite chrétienne réactionnaire et de l’extrême-droite phalangiste. La Syrie faisait ainsi, une fois de plus, preuve qu'elle se chargeait de conserver, pour plaire à l'impérialisme, le fragile équilibre des forces au Moyen-Orient.

Sur l'insistance de la Syrie, soutenue d'ailleurs par l’impérialisme, la gauche libanaise a accepté ce cessez-le-feu en revenant sur sa principale revendication, la laïcisation de l’Etat libanais dont la direction est aux mains de chefs de clans qui sont en même temps des chefs religieux. Ainsi, les principaux postes au parlement ou dans la hiérarchie militaire sont détenus par des chrétiens maronites alors que la majorité de la population libanaise est musulmane.

La gauche libanaise s'est donc contentée de ce compromis dérisoire qu’est, compte tenu des dizaines de milliers de combattants morts, la démission du président de la République Frangié.

Indépendamment de ce compromis, les revendications de la gauche libanaise sont de toute façon timorées et les perspectives qu’elle offre aux couches les plus déshéritées dont elle dirige la lutte, sont limitées. Même si elle prenait le pouvoir, les masses libanaises auraient encore à lutter pour voir réellement changer leur sort.


ISRAËL : La fin d'un mythe

L’Etat sioniste d’Israël se glorifiait de compter au nombre de ses citoyens des Arabes. Et ceci lui tenait lieu d’argument contre ceux qui affirment que l'Etat d’Israël a pour fondement un racisme anti-arabe.

Or voici que ces citoyens arabes se sont dressés ouvertement contre la politique de l'Etat d’Israël qui tente de leur arracher les rares terres qu’ils possèdent encore aujourd’hui. Ils ont organisé une grève générale de protestation. A cette grève des Arabes de Galilée, l’Etat sioniste a répondu par la baillonnette. Six morts, une centaine de blessés, cent cinquante arrestations, tel est le bilan de la répression. Et il ne peut en être autrement. Car l’Etat sioniste s’est constitué en spoliant tout un peuple : ces Palestiniens qu'il a expropriés en 1948 et qu'il a contraint à fuir leur pays.

Quant à ces 300.000 Arabes qui sont demeurés, ils ne sont pas mieux lotis. Contrairement aux Arabes de Cisjordanie, de Ghaza et des autres territoires occupés par Israël après 1967, ils ont la nationalité israélienne. Mais nous sommes bien placés pour savoir que posséder la nationalité d’une nation oppresseuse, ne signifie pas que l’on bénéficie de droits égaux. Les Arabes d’Israël sont considérés comme des citoyens entièrement à part et vivent sous le joug d’un Etat qui les opprime.

Ils n’acceptent plus cette situation. Ils se révoltent. Et leur révolte apporte le plus flagrant démenti au mythe d'un Etat où cohabiteraient avec des droits égaux Juifs et Arabes.