Site

Archives de CO/CO avant 2001/CO à partir du n° 1 (1971-72)/CO n° 18 du 11 oct. 1972

CO n° 18 du 11 oct. 1972


Éditorial


LA GRÈVE DU 17 OCTOBRE DOIT ÊTRE LE DÉBUT D’UNE LUTTE RÉELLE

Les syndicats CGT et FO appellent les travailleurs martiniquais à une grève générale le 17 octobre 1972.

Alors que la date de cette grève avait été arrêtée il y a près de quatre mois, les syndicats ont attendu le dernier moment pour engager un semblant de préparation. Préparation bien timorée d’ailleurs. Même maintenant, les syndicats ne semblent pas tellement décidés à le faire. Et ce n’est en rien étonnant.

Ils avaient l’occasion d’appeler à la grève générale, avec la certitude du succès, au début de l’année, alors que de nombreux secteurs de la classe ouvrière étaient en lutte ; ils ne l’ont pas fait.

Pour les directions syndicales, il s’agit avant tout d’une préparation aux prochaines élections législatives ; pour les militants du PCM et du PPM qui sont à la CGT et à FO, il s’agit de redorer leur blason, de se présenter en défenseur combatif de la classe ouvrière. C’est dire que, et la CGT, et FO feront tout pour que cette grève soit la moins offensive possible et reste sans lendemain.

Du reste, la manière même dont les choses se sont engagées le montrent bien. La grève est dite « non limitée », alors que pour beaucoup de dirigeants syndicaux il s’agit surtout de taire un geste symbolique. Certains autres proposent même de faire des grèves tournantes ! De même en ce qui concerne les revendications, la confusion règne. La liste de revendications comprend treize points où se retrouvent des revendications précises ; d’une part :

  • SMIC à 4 F 50 ;

  • allocations familiales identiques à celles en vigueur en France ;

  • allocations prénatales, allocations logement, prime de déménagement, mais aussi des revendications générales, d’autre part, qui se veulent liées à la lutte contre la domination coloniale telles que l’industrialisation, généralisation de la formation professionnelle.

Malgré les réticences des syndicats à mener à bien la grève à laquelle ils appellent, malgré le caractère timoré, confus des revendications avancées, il est important que tous les travailleurs suivent le mot d’ordre de grève.

Il est en leur pouvoir et dans leurs possibilités de faire de cette grève autre chose qu’une journée symbolique. Il leur appartient de faire en sorte que ce soient de véritables journées de luttes. Que dans toutes les entreprises, des réunions se tiennent pour déterminer clairement les objectifs de la lutte et la manière de s'organiser pour vaincre. Que le 17 octobre soit l’occasion pour les travailleurs de montrer nettement qu’ils en ont assez de l’exploitation et de la misère, qu’ils en ont assez de la dépendance coloniale, qu’ils veulent un monde meilleur.

★ ★ ★

S’il est indispensable de participer à cette grève, même sur la base où elle se fait, il l’est encore plus de montrer à quel point le programme revendicatif des syndicats, avancé de surcroît à l’occasion d’une grève générale, ne répond pas à la situation sociale et politique qui règne ici.

La moitié des travailleurs antillais sont chômeurs, 60 % des autres ne touchent que le SMIC-DOM. Les conditions de vie des travailleurs des usines, des docks, des plantations, se dégradent sans cesse. L’administration coloniale pèse sur les Antilles, mais surtout sur tes couches pauvres.

Face à cela, les travailleurs ont besoin d’un programme de lutte, qui puisse leur permettre de développer une offensive contre le capitalisme et le colonialisme. Ceux qui sont réellement les défenseurs de la classe ouvrière ne doivent pas masquer la réalité aux travailleurs.

Une véritable grève générale est un puissant moyen pour obtenir satisfaction aux revendications vitales des travailleurs, mais elle l’est justement dans la mesure où elle menace les capitalistes et leur Etat.

Un tel mouvement ne doit pas se limiter à cueillir quelques promesses et se contenter de quelques miettes lâchées par les capitalistes. La racine du mal dont souffrent les travailleurs, c’est le pouvoir économique et politique de |a classe privilégiée. Rien, ni la question de la terre, ni celle des salaires, ni celle du chômage ne seront réglés si les travailleurs ne chassent ceux qui protègent les capitalistes, leurs CRS et autres gendarmes. La classe ouvrière doit se mettre à la tête de la lutte pour l’indépendance des Antilles, se préparer à la conquête du pouvoir au profit du peuple malheureux, appauvri et humilié par les capitalistes du colonisateur et leurs comparses des Antilles.

Dans ces conditions, seul pourrait servir de plate-forme pour une action d’ensemble des travailleurs s'attaquant sérieusement aux maux qui frappent les ouvriers, un programme revendicatif comprenant au moins :

  • le contrôle des travailleurs sur l’embauche et les licenciements ;

  • l’échelle mobile des heures de travail (répartition du travail entre tous les bras) ;

  • l’échelle mobile des salaires pour empêcher que l’inflation ne nous enlève tout avantage que nous aurons conquis ;

  • augmentation générale des salaires (minimum 1.500 F) ;

  • expropriation immédiate de tous les grands propriétaires fonciers - répartition des terres aux paysans pauvres et aux ouvriers agricoles.

Ces revendications permettent de répondre à la situation catastrophique des classes pauvres.

Elles permettent de lier dans un même combat tous les opprimés contre leurs oppresseurs en tous genres.

Elles permettent enfin d’engager le combat pour chasser les oppresseurs colonialistes.

Voilà, à notre avis, le programme qui donne des objectifs valables à la lutte des dizaines de milliers de travailleurs, de chômeurs, et de paysans pauvres.

Ce langage, ni le PCM, ni le PPM, ni les directions syndicales ne sont prêts à le tenir car ils ont trop peur d’être entendus.


Le cirque parlementaire de Paris ne nous représente en rien :

aux Antilles, le pouvoir aux travailleurs !

Le Palais-Bourbon à Paris, où siègent les députés à l'Assemblée nationale (députés qui, soi-disant « nous » représentent) a été dernièrement le théâtre d’un cirque et d’un tapage assez inhabituel.

Tous ces beaux messieurs se traitaient les uns les autres de « pourritures » et autres amabilités du même genre, ceci accompagné de forces cris, claquements de pupitres, etc.

En fait, toutes ces gesticulations sont dues au fait que nous ne sommes plus qu’à quelques mois des élections législatives, et que le Parlement commence à sentir la nécessité de montrer qu’il existe. Ce qu’on aurait tendance à oublier en temps normal. Excepté lorsque tel ou tel Aranda se met à lever le voile de quelques affaires scandaleuses où aurait trempé tantôt l'un, tantôt l’autre de ses collègues de la majorité.

Mais si certains députés ne sont guère connus que par les scandales qui éclatent périodiquement autour de leur nom, c’est bien parce que le Parlement est une institution qui ne sert plus à grand-chose et ceci depuis bien longtemps. En tout cas, il ne sert certainement pas à faire prévaloir la souveraineté du peuple sur l'Etat, comme on nous l’apprend dès l’école communale.

L’Etat fonctionne indépendamment des députés. Et le semblant de démocratie que vise à donner le maintien de cette institution qu'est le Parlement, fait de moins en moins illusion.

Alors, pendant que le Parlement sommeille, hormis la courte période des batailles électorales, les parlementaires s’adonnent à une autre tâche : être des intermédiaires entre leurs électeurs riches et leurs petits copains de l’administration, pour obtenir, au profit des premiers, subventions, commandes et autres mannes de l’Etat.

Les révélations d’Aranda n’ont soulevé qu’un petit coin de voile. Et encore ! Aranda n’était même pas attaché au ministère des D.O.M.-T.O.M. ! Il aurait eu alors, on peut en être sûr, bien plus à se mettre sous la dent !

Et on voudrait nous faire croire que ce Parlement, que toutes ces institutions, que toute cette République française avec ses simagrées qui tiennent lieu de démocratie, nous représentent, nous, travailleurs antillais !

Non seulement tout cela ne nous représente en rien, mais nous ne seront libres que le jour où cessera aux Antilles la souveraineté de cette République des bourgeois français qui, sous les vieilles formules mensongères de « liberté, égalité, fraternité » perpétue l’exploitation et l’oppression. Et ce jour arrivera lorsque les travailleurs antillais arracheront le pouvoir à l’Etat des exploiteurs.


L’arbitraire colonial : L’affaire Placoly

Le régime colonial moins que tout autre ne peut supporter la liberté de pensée. Un exemple nous est encore fourni aujourd’hui par l’affaire Placoly.

Vincent Placoly est un professeur de lettres certifié, et aussi un jeune écrivain. En plus, Vincent Placoly est anti-colonialiste. Aussi reçoit-il, le 12 septembre, le télégramme suivant : « Maintien Martinique impossible - Vous prie formuler urgents vœux d’affectation métropole - En cas refus ou non-réponse délai cinq jours, seriez rayé des cadres ».

Placoly a refusé de demander une affectation en « métropole », il a donc été radié des cadres...

C’est donc ainsi qu’agit le colonialisme. Avec cynisme, insolence et brutalité. Alors qu’il manque une quarantaine de postes en lettres à la Martinique, on veut expulser ceux qui pensent autrement que Terrade ! Il nous faut aussi remarquer l’hypocrisie du gouvernement UDR qui, au même moment où il prétend abroger l’ordonnance d’octobre 1960, prend des mesures qui montrent que même sans cette ordonnance, on peut muter arbitrairement en France tout fonctionnaire jugé non conformiste.

Les syndicats ayant réagi immédiatement, l’opinion publique étant sensibilisée sur cette nouvelle affaire, l’administration coloniale a dû reculer. C’est la preuve qu’il est possible de battre en brèche l’ordonnance d’octobre à condition qu’une position ferme soit prise.

Combattre des manifestations de ce genre-là de l’oppression coloniale ne concerne pas seulement ceux qu’elle frappe. Cela concerne tous, et en premier lieu les travailleurs. Car c’est eux qui représentent la force qui est capable non seulement de faire reculer le colonialisme dans tout combat défensif, mais aussi de mener la lutte à son terme, jusqu’à l’indépendance sous le pouvoir des travailleurs.



UN PROCÈS SCANDALEUX

A l'heure où nous écrivons, nous ne savons pas encore qu’elle sera la décision du tribunal pour Christian Courbain. Mais quel qu'en soit le verdict, le tait même que ce procès puisse se dérouler constitue déjà un scandale. La justice colonialiste ose juger un militant parce qu'il avait dénoncé l'assassinat d'un jeune Antillais par les forces de l'ordre.

On se souvient que le 13 mai 1971, lors de la tournée de Messmer aux Antilles, un jeune Martiniquais, étranger à toute manifestation, avait succombé à une grenade lancée par les forces de répression. Le journal d’un mouvement lycéen, dont Courbain était directeur de publication dénonçait la responsabilité évidente de Messmer. Et c'est pour cela que Courbain est aujourd'hui poursuivi pour injures et diffamation à l'égard de l'actuel Premier ministre.

Le scandale, c'est qu'au lieu de poursuivre les assassins, ceux qui les arment, ceux qui les couvrent, cette soi-disant justice poursuit ceux qui dénoncent l’assassinat.

Un autre scandale vient se greffer sur le précédent, A Paris, une manifestation de soutien à Courbain avait été prévue à l'appel du GRS, de Combat Ouvrier et d'organisations révolutionnaires françaises. Cette manifestation vient d’être interdite par le pouvoir dont Messmer est l'actuel Premier ministre.

Non seulement les assassins de Nouvet sont toujours en liberté mais, en plus, on tente de bâillonner ceux qui élèvent des protestations.


PAGE 2


Les taxis en colère
Le syndicat des Taxis collectifs de la Martinique a lancé une grève générale à partir du vendredi 29 septembre. Le jour même, les propriétaires des taxis barraient la circulation à Fort-de-France, et des heurts se produisaient entre les taximen et la population d’une part, la police de l’autre. Cela devait se reproduire le lundi matin.

Mais quelles sont les causes de cette grève ? Elles résident dans la nouvelle réglementation de la municipalité de Fort-de-France concernant la circulation des taxis à Fort-de-France. Depuis le 25 septembre, les taxis collectifs ont pour chaque ligne leur gare fixe et des arrêts, peu nombreux (trois au plus) dans la ville elle-même. La municipalité avance comme argument que les taxis collectifs, en s'arrêtant n’importe où, font une concurrence déloyale au GET, qui a le monopole des transports à Fort-de- France, et que ces mêmes taxis gênent par la même occasion la circulation en ville.

Cependant, ce n’est pas en attaquant les taxis collectifs que la municipalité résoudra le problème de la circulation. Elle ne fait qu’embêter un peu plus les usagers. Et puisque embouteillage il y a, au lieu de s’en prendre aux taxis, pourquoi ne pas s’attaquer aux véhicules de police, de gendarmerie ou de l’armée qui gênent encore beaucoup plus la circulation à Fort-de-France et qui, contrairement aux taxis, sont non seulement inutiles mais nuisibles. Quant à l’argument selon lequel les TC feraient une « concurrence déloyale » au GET, il faut remarquer que, en septembre, les tarifs de ce dernier ont augmenté de 60 %, le prix d’une section passant de 50 à 80 centimes !... Que les tarifs du GET soient moins chers, que pour tous les travailleurs, que ses services soient mieux assurés, que le prix du transport soit payé par les patrons, et il n’y aura point de concurrence.

En fait, les véritables solutions sont ailleurs. Il faut souligner que, en quelques années, on a construit la route de la Rocade, institué le stationnement payant dans le centre, sans régler le problème de la circulation anarchique à Fort-de-France. S’il y a tant de voitures, si la circulation est si dense à Fort-de-France, cela provient du fait que les gens sont trop éloignés de leurs lieux de travail.

L’habitat aux Antilles est un habitat rural, datant de l’esclavage. Les capitalistes, quant à eux, décident de l’endroit où il faut implanter les usines, les chantiers, etc. Et on aboutit à la situation absurde où l’ouvrier habitant à la campagne doit faire 20 ou 30 kilomètres, utiliser deux ou trois modes de transport différents pour venir travailler à Fort-de-France où est implantée la majeure partie des industries. C’est cette répartition anarchique des lieux de travail et de l’habitat, léguée par l’esclavage et aggravée par le capitalisme, qui est la cause de la circulation anarchique à Fort-de-France. Cela, la municipalité « progressiste » de Fort-de-France ne le dit pas. Et en s’en prenant aux taxis collectifs, elle montre qu’elle ne dénonce pas les racines du mal mais se contente de mesures très partielles et parfaitement inefficaces.

Quant à nous, nous disons que le problème ne pourra pas être réglé en s’attaquant à une catégorie d’automobilistes qui, dès lors, ressentent les mesures prises par la municipalité comme une brimade.

Les manifestations qui se sont déroulées à Fort-de-France le prouvent. En réalité, ce n’est pas en essayant de « gérer » « loyalement » la municipalité que le PPM pourra régler ces problèmes, mais en faisant comprendre à la population et aux usagers que les véritables responsables sont les capitalistes et l’administration coloniale. C’est contre eux qu’il faut mobiliser la colère des usagers et non prendre des arrêtés municipaux contre telle ou telle catégorie d’automobilistes.


Protestations à la prison de Pointe-à-Pitre contre les conditions de détention

Le samedi 9 septembre, les prisonniers, excédés, ont manifesté leur mécontentement à la maison d'arrêt de Pointe-à-Pitre. Refusant de toucher au repas qui leur était servi, ils ont protesté, avec le seul moyen qui leur reste : faire le plus de bruit possible. Tapant sur leurs gamelles, criant pour réclamer une entrevue avec les autorités, ils ont fini par obtenir gain de cause : le procureur a accepté de s’entretenir avec un prisonnier désigné comme représentant, pour examiner les revendications des détenus.

Ceux-ci protestaient contre les scandaleuses conditions de leur détention, et plus particulièrement contre la nourriture infecte qui leur était servie. Il faut croire qu'il ne s'agissait pas de leur

part de paroles en l’air, puisque le procureur l’a admis sans difficulté, et que peu de temps après l’entrevue, un repas nettement amélioré était apporté aux prisonniers en remplacement de celui qu’ils avaient refusé.

Mais s’ils ont obtenu satisfaction sur ce point particulier, l'ensemble des conditions de détention n’en continue pas moins d'être exécrable. Les cellules sont surchargées, et les détenus y sont entassés comme du bétail (ainsi, on a installé 14 personnes dans une pièce prévue pour 7, si bien que les lits sont collés les uns aux autres). Quant à l'hygiène, il est en rapport avec le confort : les prisonniers doivent tous faire leurs besoins dans une tinette placée dans la pièce même, rendant l’atmosphère insupportable.

Pour ce qui est des possibilités d’activité intellectuelle, n’en parlons pas. Les prisonniers ne sont pas autorisés à recevoir des livres, car il faudrait, paraît-il, que le directeur les ait lus d'abord, et cela lui prendrait trop de temps (regrettons-le, car la lecture de certains ouvrages lui ferait sans doute du bien !). Les seuls journaux autorisés sont les périodiques automobiles (« L'Auto-Journal », etc.) et « l’Express », « soulagé » bien sûr au préalable des articles un peu trop... subversifs. Il est vrai que la subversion n'est pas monnaie courante dans ce respectable journal d’opposition.

Voilà quelle vie larvaire est celle des prisonniers, considérés comme des sous-hommes. Voilà la manière dont on entend les faire « revenir dans le droit chemin ». Cela n'empêche pas la presse bourgeoise de s’étonner hypocritement lorsque les détenus se révoltent, ou de s'indigner vertueusement en constatant que pour la plupart, au sortir de la prison, ils recommencent à vivre « en marge de la société ». Et quand parfois certains reconnaissent le caractère inhumain des prisons, ils finissent par fermer les yeux, en se disant qu’après tout, c’est un mal nécessaire.

Effectivement, les prisons sont nécessaires à la survie de la société capitaliste. Tant qu’il y aura des riches et des pauvres, tant que les moyens de production seront entre les mains de quelques exploiteurs, les vols et les crimes subsisteront. Ce n’est que le renversement de la société capitaliste qui, seul, permettra le libre épanouissement de tous et la satisfaction des besoins de tous, qui fera apparaître le système pénitentiaire actuel pour ce qu’il est : une pratique inutile et barbare, qui n'a pour conséquence que l’avilissement de l’homme.


Echos... Echos...


La Sécurité sociale s’en prend aux travailleurs combatifs

Que se passe-t-il à la Sécurité sociale ? On peut, en effet, se poser cette question, quand les premiers signes de la répression de M. le directeur Roux commencent à apparaître.

Il semblerait que ce dernier soit décidé à débarrasser la Caisse Centrale des « éléments gênants ». Entendez par là, ceux qui au cours de la dernière grève de la Sécurité sociale ont joué, un certain rôle tant par leur présence au sein du Comité de grève qu'en faisant preuve d’une grande combativité. Pour l'instant, deux responsables seulement ont été mutés. L'un a été envoyé à la Caisse des Allocations familiales et l'autre a rejoint la Caisse annexe de Morne-à-l’Eau. Dans le cas de ce dernier, cette mutation a été faite sous le couvert d’une gratification. Et nombreux sont les agents de la caisse qui ont surtout vu cet aspect et qui ont refusé de faire une grève de protestation contre la mutation de Bride. Ce n'est pas. un hasard si Lacoma et Bride ont, coup sur coup, été mutés. Ils ont tous les deux fait partie du Comité de grève. D'où vient subitement cet état de générosité de la part de M. Roux ? Pourquoi choisir, en les déplaçant, de gratifier deux militants syndicalistes, alors que dans le même temps, ce même homme fait traîner la paye de certains agents. En ne payant pas à temps les soldes, en mutant des agents, M. Roux pense-t-il faire durer longtemps ces différentes tracasseries ? Qu’il ne se trompe pas ! Si pour l'instant les employés de la Sécurité sociale, rentrés de deux mois de grève, n’engagent pas le combat, ils ne manqueront sûrement pas de le faire pour répondre à la vie dure que M. Roux et l'administration de la Caisse leur font mener.


Nouveau licenciement à Prisunic-Raizet

Il y a une quinzaine de jours, un de nos camarades a été licencié. Quelle faute grave ce travailleur avait-il commise pour que du jour au lendemain son maigre salaire lui soit retiré ?

Pour éviter les foudres de la direction, qui interdit qu’un employé fasse ses courses au Prisunic pendant le travail, ce camarade avait chargé son enfant de faire des commissions. L'enfant déposa celles-ci dans la voiture d’un collègue qui n’avait pas eu le temps d'être prévenu. A la sortie, celui-ci s'étonna de voir ce paquet dans sa voiture. L'attention d’un chef de groupe fut attirée et..., dès le lendemain, le camarade devait toucher son argent et était renvoyé sans autre forme de procès.

Voilà comment les patrons traitent les travailleurs. N’importe quel prétexte leur sert à les jeter à la rue. Ils pensent sans doute faire un exemple, et qu’ainsi le reste du personnel continuera de filer doux... Mais il ne faut pas que nous nous laissions faire. Nous ne devons pas craindre de nous organiser, car lorsque nous serons tous ensemble, le patron y regardera à deux fois avant de nous attaquer. Si nous avions un syndicat qui nous défendait, le patron ne pourrait pas nous menacer les uns après les autres.


PAGE 3


Rentrée scolaire, toujours le même mépris des besoins

La rentrée scolaire est faite... Et comme d’habitude, on ne peut pas dire qu'elle s’est faite sans problèmes.

En effet, aux problèmes de toute sorte (achats de livres, de vêtements, etc.) vient s'ajouter celui d'un manque de locaux manifeste. Que ce soit au niveau des écoles maternelles ou de l’enseignement primaire, que ce soit au niveau des lycées et collèges, le nombre de places disponibles s’avère largement insuffisant...

Ainsi, dans certaines écoles maternelles, il n’est pas étonnant de rencontrer 37 ou 40 élèves dans les petites sections ; effectif démesuré, si l’on sait que l'école maternelle n’est point une « garderie » mais un lieu où l’enfant commence son apprentissage scolaire, et que la maîtresse doit sans cesse s’occuper de tout le monde. Et ce n’est pas un exemple isolé... Depuis bien longtemps, les instituteurs et institutrices, surtout des écoles communales, connaissent des classes de 50 ou 60 élèves. Et même dans les classes de seconde et première des lycées, la moyenne jusqu’à l’an dernier tournait aux environs de 35 élèves...

Pourtant, ce ne sont pas les enseignants qui manquent, mais voilà, le gouvernement ne veut jamais débloquer plus de crédits, que ce soit pour rémunérer les enseignants supplémentaires, que ce soit pour augmenter les locaux et créer de nouvelles écoles.

Il est évident qu’avec des classes aussi surchargées, la tâche de l’enseignant est doublement difficile et que, du même coup, ce sont les élèves qui en subissent les conséquences. Nombre d’échecs à certains examens pourraient bien s’expliquer par cela. C'est donc une situation ennuyeuse tant pour les maîtres que pour les parents d’élèves qui, fort souvent, se retrouvent avec les enfants sur les bras... Et à l’occasion de chaque rentrée, le son de cloche est le même.

Quand y aura-t-il enfin une rentrée normale ?

Le gouvernement et son administration ne peuvent plus arguer d'un effet de surprise. Ils détiennent des statistiques. Une prévision du nombre de locaux, du nombre des enfants à scolariser, est de nos jours chose possible. Mais le budget de l'Education ne peut jamais répondre aux prévisions des chefs d’établissement. La preuve, sur 51 postes demandés pour l’année 1972-1973 dans le primaire, 15 seulement ont été obtenus, moins du tiers... C’est intolérable ! Dès maintenant, il appartient aux syndicats d’enseignants, aux parents d'élèves, aux élèves eux-mêmes de se mobiliser, d’entreprendre toute action possible pour exiger plus de crédits, plus de locaux, plus d’enseignants.

★★★

La rentrée scolaire, cela signifie aussi les livres et le matériel scolaire à acheter, les vêtements et chaussures aussi. Mais cette année encore, comme c’est le cas à chaque rentrée, les prix des livres et du matériel scolaire ont augmenté et les livres de l'an dernier ne seront plus valables, comme c’est souvent le cas.

A côté de cela, il y aura dans certaines communes l’argent du transport à payer. Par exemple, pour une commune comme Petit-Bourg, où il n’y a pas de transport scolaire, un parent d’élève habitant Vernou et dont l’enfant est scolarisé au CES du bourg doit dépenser entre 2,50 et 3 F par jour pour le voyage de celui-ci ; s'il a trois enfants, on voit quelle somme cela fait pour le maigre salaire que touchent en général les travailleurs. Et cela pour le seul transport.

C’est dire que les problèmes que pose la rentrée scolaire sont critiques, surtout quand on sait que les salaires sont scandaleusement bas, et cela quand on a la chance de ne pas être parmi les 60 ou 70.000 chômeurs que compte la Guadeloupe.

★★★

En Martinique, la situation ne se présente pas mieux : en effet, non seulement les différents CES devant ouvrir leurs portes cette année et appelés à remplacer les anciens CEG n’offrent pas plus de places aux élèves, mais leur capacité d'accueil est moindre.

C’est le cas au François par exemple, où le CES, devant regrouper les élèves des deux anciens CEG, risque de laisser près de 300 élèves sur le pavé.

De même à Fort-de-France, en ce qui concerne le CES de Dillon remplaçant le CEG de Sainte-Thérèse.

Quant au CET de Trinité, on ne sait pas encore à l’heure qu'il est s'il a déjà ouvert ses portes.

Dans tout cela, ce seront encore les élèves qui paieront car, pour tous ces jeunes qui ont été refoulés des lycées, il ne restera comme solution que le Bumidom ou le chômage sur place.

Aux Antilles, où le tiers de la population est d'âge scolaire, il faudrait une réelle politique planifiée de construction d’écoles, prévoir par des statistiques sérieuses les besoins scolaires du pays. Mais, comme dans tous les domaines, il ne faut pas compter sur l’administration coloniale qui méprise souverainement les besoins vitaux et culturels de la population. Pour que cette situation cesse, il faut que les Antilles cessent d'être une colonie. Non seulement l’épanouissement culturel, mais même la satisfaction correcte des besoins en matière de scolarisation passent par la conquête du pouvoir par les travailleurs dans les Antilles indépendantes.


Les V.A.T. sont-ils responsables de la situation dans l’enseignement ?

Avec la rentrée scolaire, se pose comme chaque année le problème des postes à répartir entre les enseignants des différentes catégories. Et, en particulier, celui des auxiliaires, des remplaçants. En début d’année, beaucoup d'auxiliaires et de remplaçants se plaignent de ne pas avoir de poste. Et il n’est pas rare d'entendre attribuer cette situation à la présence en Guadeloupe et en Martinique des VAT. La plupart de ceux-ci sont des étudiants français qui accomplissent leur service militaire soit dans l'enseignement, soit dans d'autres administrations. Cela au titre de la coopération technique.

Il ne nous semble pas qu’on puisse attribuer cette situation à la présence des VAT. Le même problème existe en France même où des milliers de maîtres auxiliaires ne trouvent pas de poste chaque année. Par contre, il faut effectivement dénoncer, d'une part, les discriminations créées avec l'embauche des VAT. En effet, il est certain que l’administration réserve à ces VAT les postes qui leur conviennent, plaçant en second lieu les autochtones. Il s’agit bien d’une discrimination.

Par ailleurs, l'administration fait une bonne opération avec ces VAT puisque ceux-ci travaillent en étant moins payés que les « civils ».

Le véritable problème n’est donc pas la présence ou le retrait de VAT mais bien la cessation de toute discrimination entre enseignants d’origine française et enseignants d'origine antillaise, ainsi que la création de postes en nombre suffisant pour un fonctionnement amélioré de l'enseignement et l’orientation des jeunes diplômés dans d’autres secteurs d’activités.

il est évident que ce deuxième aspect ne sera pas résolu dans le système actuel. Ni la société bourgeoise, ni le colonialisme qui s’y adjoint ici ne peuvent permettre la solution de tels problèmes. Lorsque nous serons débarrassés de ces deux maux, il est certain qu'en Guadeloupe et Martinique indépendants et dirigés par les travailleurs, les compétences et l’énergie de tous, y compris de travailleurs et d’intellectuels venant d'autres pays, trouveront largement une utilisation pour le profit de toute la collectivité.


A la Réunion comme aux Antilles :

LA FRAUDE INSTITUTIONNALISÉE, VOILA LA DÉMOCRATIE COLONIALE !

Au cours d'une conférence de presse tenue récemment à Paris, Paul Verges, secrétaire général du Parti

Communiste Réunionnais, a dénoncé la corruption, les scandales de toutes sortes qui sont l'apanage de ÏUDR dans les dernières colonies françaises.

Il a montré en premier lieu comment les scandales, la fraude électorale ont, pour ce qui est de la Réunion, un caractère permanent. Bien qu'ayant été dénoncés maintes et maintes fois, ils continuent à s’étaler au su et au vu de tous. C'est que les personnages impliqués sont intimement liés au système, à l’administration coloniale. Celle-ci, au lieu de les poursuivre, les couvre de son autorité. Mieux, pour leur faciliter la tâche, elle va même jusqu’à institutionnaliser cette fraude électorale.

Ainsi, elle a décrété qu'un certain nombre d’articles du Code électoral (et parmi eux ceux qui punissent la fraude) ne sont pas applicables à la Réunion.

Les hommes de main de l'UDR peuvent donc se livrer impunément au bourrage des urnes, à l’expulsion, à l'agression d'assesseurs dans les bureaux de vote, à la modification des listes électorales. Les morts ou des personnes fictives ont à la Réunion un sens civique très poussé, ils représentent 10 % du corps électoral !

Mais cette corruption, ces scandales ne sont pas limités à la seule Réunion, ils s'étendent à toutes les colonies. Ainsi, aux Antilles, la fraude électorale est monnaie courante.

A titre d'exemple, considérons les dernières élections municipales.

En Martinique, la commune du Lorrain comporte presque autant d'électeurs que d'habitants (il n'y a pas d'enfants, tout le monde est majeur !).

Le sieur Pernock, candidat UDR, reçut en renfort les électeurs de trois listes fictives. Le même électeur pouvait voter plusieurs fois, dans certains bureaux, les bulletins du candidat de gauche (Cerlard) furent mis au compte de Pernock.

A Rivière-Salée, toujours en Martinique, à l'ouverture du scrutin, des partisans dé Georges Elizabeth, opposition, ne purent voter. La liste d'Elizabeth, déposée en même temps que celle de l'UDR, ne possédait pas de bulletins de vote. Devant ces faits, la foule, excédée, pénétra dans les bureaux de vote et brisa les urnes.

Evidemment, les fraudeurs ne sont jamais inquiétés, mais la répression s'abat sur ceux qui les dénoncent : huit blessés après une manifestation au Lorrain, les Saléens poursuivis pour entraves à la liberté de vote...

Certain député UDR pousse même l'impudence jusqu'à demander « l'amnistie pour toutes les condamnations prononcées ou pouvant être prononcées à la suite d'infractions commises à l'occasion des élections municipales » !

Mais à la Réunion, comme aux Antilles, les travailleurs et les masses opprimées acceptent de moins en moins cette pourriture coloniale, et le jour viendra où ils balayeront tous ces profiteurs.


PAGE 4


Les agissements du général Amin, un pantin de l'impérialisme

Nouvelle crise en Afrique. Cette fois-ci, c’est de l’Ouanda qu’il s'agit. En effet, durant tout le mois de septembre, le gouvernement ougandais ou plus précisément son dirigeant, le général Amin, a fait sombrement parler de lui.

Tout d’abord, ce fut la décision d’expulser du jour au lendemain plusieurs milliers d’Asiatiques de nationalité anglaise. Disons d’ailleurs que cette situation est le fruit de la politique du colonialisme britannique qui, dans le souci de mieux contenir la plus grande partie de la population, s’appuyait sur une minorité en lui accordant des privilèges, la nationalité anglaise, par exemple.

Puis, dans la deuxième quinzaine de septembre, on devait apprendre que des accrochages sérieux avaient lieu aux frontières de la Tanzanie et de l’Ouganda. Ces incidents devaient aller jusqu’au bombardement de villes et de villages tanzaniens pendant plusieurs jours.

Les chefs des deux Etats s’accusaient mutuellement d’agression. Ce que chacun niait, bien sûr, les dirigeants de la Tanzanie attribuant les troubles chez son voisin, l’Ouganda, à la guérilla menée par une opposition hostile à Amin.

Que la Tanzanie ait soutenu des opposants au régime du général Amin afin d’avoir des relations privilégiées avec ses éventuels successeurs, ne serait certes pas un fait étonnant !

Mais le problème n’est pas là. Car tous ces mouvements dans les pays indépendants d’Afrique traduisent une chose certaine. L’indépendance octroyée par les

bourgeoisies colonialistes française ou anglaise est un leurre.

Aucun des gouvernements mis en place dans ces pays n’est capable d’apporter des solutions aux problèmes des anciennes colonies, et, bien au contraire, le fossé entre une minorité de marionnettes à la solde des bourgeoisies impérialistes et les masses pauvres ne cesse de croître. Contre le mécontentement, l’exaspération de la population harassée de misère, la solution trouvée est la dictature d’un parti unique gouvernemental, n’hésitant pas à réprimer, à diriger de véritables expéditions punitives sur des régions entières pour étouffer toute opposition.

Dans ces pays, la lutte finit donc par se dérouler entre deux ou trois fractions qui n’envisagent absolument pas l’amélioration du sort de l’immense majorité des paysans pauvres et des travailleurs, mais dont l’aspiration ne consiste qu’au pouvoir et à se disputer le bout de gras laissé par l’ancienne métropole colonialiste.

Les bourgeoisies colonialistes européennes voudraient faire croire qu’elles sont innocentes dans ce ballet cynique. Au meilleur des cas, elles se contentent de verser des larmes de crocodile en « déplorant » les « affrontements fratricides » qui affaiblissent ces pays. Au pire, elles prétendent que c’est là la preuve que

les peuples des anciennes colonies sont incapables de se gouverner seuls.

Cette hypocrisie est tout simplement écœurante lorsque l’on sait que ceux qui se lavent les mains aujourd’hui sont, en fait, les grands responsables des problèmes inextricables dus au colonialisme, que ce sont eux, leur régime, qui ont enfanté des monstruosités tels que Bokassa, Amin, ou autre pantin.

Que des chefs d’Etat se permettent de glorifier le génocide hitlérien contre six millions de Juifs, comme l’a fait Amin, ou de mutiler froidement des prisonniers, comme Bokassa, voilà qui en dit long sur le sort qu’ils réservent aux populations qu’ils prétendent représenter.

Mais la plus grande responsabilité incombe aux bourgeoisies impérialistes qui soutiennent ces marionnettes sanglantes, fidèles images de leurs maîtres, même si par excès de zèle elles dépassent parfois le cadre nécessaire à la défense des intérêts impérialistes.

En Ouganda, et partout en Afrique, l’indépendance ne prendra un sens véritable que lorsque les ouvriers et les paysans pauvres s'organiseront et se débarrasseront de ces guignols pour construire leur propre Etat.

Pour nous, travailleurs de la Martinique et de la Guadeloupe, ces tristes expériences ont une signification bien précise. Car nous aussi nous nous opposons à un colonialisme sournois et souvent brutal, mais si nous luttons, ce n'est pas pour voir remplacer ces hommes par un quel

conque Amin assoiffé de pouvoir. Et pour empêcher qu’il en soit ainsi, c'est dès maintenant, au cours de la lutte pour l’indépendance, que les travailleurs doivent s'organiser, sélectionner leurs propres dirigeants et écarter ceux qui, après la victoire, s'acharneront à les exploiter à nouveau.


DÉBARRASSER LE MONDE DU CAPITALISME,
CETTE MALADIE MORTELLE POUR L'HUMANITÉ

Pour la première fois ce n’était pas un révolutionnaire qui le disait, mais l'un des chefs de file de l’impérialisme, McNamara : l’écart entre pays riches et pays pauvres ne va pas en diminuant, bien au contraire, il va en s’accentuant chaque jour en dépit de la prétendue « aide aux pays sous-développés ». Il a annoncé que plus de deux milliards d’hommes seront au bord de la famine permanente à la fin du siècle, deux fois plus encore qu'à l'heure actuelle ! C'était le 25 septembre dernier, à l'assemblée du Fonds Monétaire International, par conséquent du haut d’une tribune plus qu'officielle, que le président du F.M.I. se trouvait amené à faire cet aveu.

Non seulement la part de son revenu que chaque pays riche consacre à l'aide aux pays pauvres est de plus en plus insignifiante, mais, de plus, les conditions politiques et sociales de la presque totalité des nations d'Amérique Latine, d'Afrique, d’Inde, d’Asie, etc., rendent l'« aide » inefficace. Le peu qui parvient à ces pays va emplir les poches des dirigeants (potentats et féodaux) et des couches les plus riches de la population, et les classes miséreuses continuent leur vie de misère et d’oppression.

La seule conclusion logique qu'il soit possible de tirer des déclarations de ce représentant de la bourgeoisie américaine, c’est que le régime dont il est le serviteur est un régime mortellement néfaste pour l’humanité.

Les centaines de milliards de dollars dilapidés par les USA pour son intervention militaire en Asie du Sud-Est ou pour les diverses menées de la CIA un peu partout dans le monde prouvent, si besoin est, que non seulement l’impérialisme pousse les pays du tiers-monde vers la famine, mais encore que, chaque fois qu’un pays pauvre cherche à sortir des griffes de l’impérialisme, il est sûr de trouver, lui barrant la route, l'Etat, l'armée des Etats-Unis, ou d'une autre puissance impérialiste.

Détruire ce régime de rapine qui condamne l'écrasante majorité de l'humanité à crever de faim est une nécessité urgente, une question de vie ou de mort. Et nous, prolétaires des Antilles, nous avons notre place dans ce combat. En commençant par chasser des Antilles l’oppresseur colonial, en se débarrassant de tous les privilégiés qui vivent de notre sueur.

Mais, aussi, en faisant tout ce qui est à notre portée pour que, partout dans le monde, les travailleurs chassent les riches, les parasites, afin qu’à l'exploitation des pays pauvres par l’impérialisme des pays riches, puisse se substituer la coopération fraternelle de tous les travailleurs du monde.