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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1103 du 21 déc. 2013/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Mort de Pierre Aliker vieux compagnon d'Aimé Césaire

Pierre Aliker est décédé le 5 décembre 2013, à l'âge de 106 ans.
Sa vie publique avait débuté tragiquement, en 1934, année de l'assassinat de son frère André, journaliste du journal communiste «Justice». André Aliker avait dénoncé les malversations financières du sieur Aubéry, devenu par mariage membre de la famille du gros possédant béké Hayot, et les complicités de la justice coloniale. Il avait été retrouvé noyé, bâillonné et ligoté, sur une plage de Case-Pilote.
Depuis, Pierre Aliker portait ce deuil en apparaissant toujours habillé de blanc.              Après des études de médecine à Paris il était revenu en Martinique en 1938, exercer le métier de chirurgien.                                                                                                                En 1945, commence sa longue et fidèle collaboration politique avec Aimé Césaire. Quand celui-ci, présenté par le PCF (Parti Communiste Français), est élu maire de Fort-de-France, P. Aliker devient l'un de ses adjoints. Il sera premier adjoint de 1957 à 2001, année du retrait de Césaire de la mairie. Avec Césaire, il quitta le Parti Communiste en 1956 et participa à la fondation du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) en 1958.                                                                                                             Vice-président du PPM jusqu'en 2005, il placera, comme A. Césaire, son combat politique sous le signe de la départementalisation, puis, à partir de 1967, de l'autonomie de la Martinique «dans le cadre d'un ensemble français décentralisé». C'est dire qu'il ne combattait pas, et ne le prétendait d'ailleurs pas, la mainmise de la bourgeoisie sur l'ensemble de la société.                                                                                Mais le «docteur», comme il était surnommé, était, comme Césaire, sensible au dénuement, et aux conditions d'hygiène lamentables dans lesquels vivait la population pauvre de Fort-de-France.                                                                                  Son amitié avec Césaire n'était pas un suivisme aveugle. Quand, au début des années 1980, celui-ci décida de couvrir la revendication d'autonomie d'un «moratoire», en le justifiant par : «rien n’a préparé le peuple à se prendre en main», il ne pouvait que satisfaire Mitterrand nouvellement élu président de la République et le gouvernement d'Union de Gauche. Mais P. Aliker fit connaître son désaccord.                                            La cérémonie de ses obsèques a rassemblé, aux côtés d'anonymes, les membres de son parti, le PPM, et des notables martiniquais d'appartenances politiques diverses, dont bien sûr beaucoup de flagorneurs. Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, était présent. Les fleurs de balisier, l'insigne du PPM, s'affichaient largement.                               On préférera se rappeler de l'image de son intervention en 2008, lors des funérailles d'Aimé Césaire, où debout, à 101 ans, il prononça son discours. Il rappelait notamment l'extrême insalubrité, les «miasmes» d'après ses propres dires, dans laquelle il trouva la ville de Fort-de-France, à son arrivée à la mairie et affirmait «les meilleurs spécialistes des affaires martiniquaises sont les Martiniquais». Ce discours fût prononcé sous les foudres assassines du regard de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer, et écouté par un Nicolas Sarkozy glacial.

Martinique : Martinique : La politique du PCM face à l'urgence sociale : un sabre en bois !

Zoomyan Monplaisir Le 8 décembre dernier, le PCM (Parti Communiste Martiniquais) a rassemblé ses militants au Robert pour leur présenter un «programme commun» tel qu’il pourrait être proposé au  RMC (Rassemblement Martiniquais pour le Changement). Des représentants du RMC – dit camp patriotique – assistaient à cette réunion. Le RMC créé en 2010 est composé des partis et mouvements favorables à l'article 74 (pour une large autonomie) de la Constitution lors du débat sur le changement institutionnel. Outre le PCM, il comprend le  MIM (Mouvement indépendantiste martiniquais), du CNCP (Conseil National des Comités Populaires), du Palima (Parti pour la libération de la Martinique) et le RDM (Rassemblement démocratique martiniquais).
Le journal Justice  n°50 du 12/12/2013 cite de larges extraits de l’intervention de G. Erichot, secrétaire général du PCM. Ainsi, après avoir dénoncé la dégradation de la situation économique et sociale en Martinique le secrétaire général décline un grand nombre de mesures à prendre face à «l’urgence sociale, afin de mettre en œuvre des solutions immédiates, pour répondre, ne serait-ce qu’en partie, à la misère sociale qui sévit».
Ces mesures vont de «la défense des services publics (Education, Sécurité, prise en charge de la petite enfance et de la dépendance)» au «relèvement des bas salaires et des minima sociaux », du « renforcement du contrôle des prix» au «renforcement du traitement massif du chômage pour sortir les jeunes de la rue». Elles comprennent aussi «la relance du BTP notamment dans le domaine du logement».
Mais rien  n'est indiqué pour la réalisation de ces mesures
Enoncé ainsi, sansinsister sur les luttes nécessaires, le programme du PCM face à l’«urgence sociale» n'est qu'un énième programme électoral, un catalogue de vœux pieux.
Et il n’y a pas de surprise à cela, car il y a belle lurette que le PCM n’a plus pour ambition de proposer à la classe ouvrière un programme de lutte visant à combattre l’exploitation capitaliste et coloniale. La lutte des travailleurs ne fait plus partie du programme et des intentions du PCM.
Or pour changer vraiment leur vie et celles des couches populaires exploitées, les travailleurs n'auront pas d'autres solutions  que de se mobiliser largement.
Oui, pour un «traitement massif du chômage pour sortir les jeunes de la rue», il faudra,  des luttes opiniâtres,  interdire les licenciements et imposer la répartition du travail entre tous. Pour  «lutter contre la pauvreté» et «renforcer le contrôle des prix», il faudra des comités de contrôle des prix  érigés par les travailleurs organisés et la population pauvre.  Pour la hausse des salaires et des pensions, il faudra imposer l’échelle mobile des salaires, les augmenter chaque fois que les prix augmentent. Il faudra aussi se battre pour un SMIC net et des retraites  à au moins 1700 euros nets. Au lieu de proposer aux classes exploitées la lutte pour ces mesures d‘urgence, face à la crise actuelle, le PCM préfère proposer un «contrat de développement» à des dirigeants d’organisations qui, au-delà des élections municipales de mars 2014, n'ont pour objectif que d’avoir leur place en 2015 dans une Collectivité Unique.
 

Centrafrique : Une intervention impérialiste sous couvert d’humanitaire !

Depuis le 5 décembre, 1600 soldats français sont déployés en Centrafrique. Les autorités  prétendent que les troupes n’interviennent que pour protéger la population africaine et éviter un génocide. Ils prétendent même que cette intervention est totalement désintéressée et ne vise que des buts humanitaires.         C’est  vrai que le risque de guerre inter-ethnique et religieuse existe et avec les massacres qui en découlent. Cette situation est en grande partie due aux agissements de l’État français dans la région. C’est la France qui a mis en place  à partie de 1960 (date de l’indépendance de la Centrafrique) une bombe à retardement en organisant la Centrafrique. Cette  ancienne colonie  française enclavée au centre du continent, n’a aucun débouchée maritime. Elle renferme en son sein plus de 80 ethnies sans relations sociales et économiques entre elles. C’est un des États le plus pauvre d’Afrique alors même que sons sous-sol regorge de richesses. Les mines d’aluminium, d’uranium sont aux mains de sociétés étrangères. Leur exploitation ne bénéficie qu’aux capitalistes étrangers qui arrosent généralement  le dictateur en place et sa clique. Le commerce des diamants est aux  mains de quelques commerçants musulmans. La population elle, vit misérablement. Le revenu par habitant n’est que de 350 euros par an.                                                                                 A la tête cette construction artificielle, qu’est  la Centrafrique, se sont succédé des dictateurs, avec l’appui de la France et de son armée. Parmi eux un fou mégalomane, Jean Bedel Bokassa qui s’était auto -proclamé maréchal puis empereur de la Centrafrique. L’avant dernier Bozizé a été renversé en mars 2013. C’était une intervention de l’armée française qui l’avait installé au pouvoir en 2003. Si en mars 2013 il a été lâché par la France c’est qu’il ne donnait plus les garanties demandées pour protéger ses intérêts dans cette région. Alors la France a laissé son «allié» Tchadien installer au pouvoir un nouveau dictateur : Djotodia, appuyé par les rebelles Séléka à majorité musulmane. Les ex-Rebelles de la Séléka ont été baptisés armée de la  Centrafrique. Au pouvoir ils s'en sont pris à la population chrétienne qui s’est défendue en rejoignant les milices anti-balaka (anti-machette) qu’avait mises en place Bozizé. Milices qui avaient pour but lors de leur constitution d’assassiner des   musulmans.  La situation glissait vers une guerre civile entre musulmans et chrétiens. Situation qui rendait impossible l’exploitation des richesses de la Centrafrique et des pays de la région : Mali, Tchad, Cameroun  et  Niger.
Donc  la France se devait d’intervenir pour préserver les intérêts de ses capitalistes.  Elle s’en ira quand elle aura installé un nouveau dictateur capable de tenir la population dans sa misère et de rendre possible la poursuite de l’exploitation de la région. Le rôle de sauveur que la France donne à son action a pour but de faire accepter par son opinion publique cette nouvelle intervention impérialiste.
                                                                                                                                  

Haïti :1804-2014, la lutte continue contre l’exploitation

Le 1er janvier  2014 sera le 210ème anniversaire de la révolution anti-esclavagiste en Haïti. L’abolition de l’esclavage et l’indépendance furent acquises au prix d’une longue guerre durant laquelle les esclaves insurgés ont trouvé le courage, les armes, l’organisation pour battre l’armée envoyée par Napoléon pour maintenir l’esclavage au profit de la bourgeoisie française. Les esclaves ont surmonté les obstacles que même leur chefs posaient entre eux et la liberté, réalisant la plus importante révolution du 19èmè siècle. Elle a eu des répercussions dans tous les pays à l’époque où l’esclavage était le mode d’exploitation et jusqu’à nos jours où la bourgeoisie continue l’exploitation par le salariat.                                                                                                 
En 1804, la population laborieuse d’Haïti s’est libérée de l’esclavage, mais pas de l’exploitation de la bourgeoisie. Sous des visages divers, propriétaires terriens, puis bourgeoisie commerçante et financière, cette bourgeoisie nationale s’est développée à l’ombre des impérialismes français puis américain. Les hommes politiques, les dirigeants locaux appuyés sur l’armée, se sont mis au service de cette bourgeoisie et ont préservé leurs intérêts communs en exploitant la classe ouvrière.                                      Les travailleurs ont toujours riposté, par des révoltes dans la paysannerie, lors de grèves et de manifestations dans les villes, allant jusqu’au déchoukage de la dictature des Duvalier en février 1986. Ces luttes ont amené la chute de dictatures, de gouvernements, qui ont amené de nouveaux politiciens au pouvoir. Ceux-ci ont toujours fait de belles promesses : qu’ils seront les sauveurs, de la nation, du pays. En fait ils n’ont toujours sauvé que la bourgeoisie. La classe ouvrière s’est battue. Mais en l’absence d’un parti ouvrier, organisant les ouvriers pour qu’ils défendent leurs propres intérêts, les politiciens en ont tiré les bénéfices, tel Le Martelly d’aujourd’hui.
 Le tremblement de terre de 2010 suivi de l’épidémie de choléra ont montré à la population pauvre qu’elle ne peut compter que sur ses propres forces, ses propres organisations. Dans les entreprises les travailleurs ont montré que c’est lorsqu’ils sont forts que les patrons les craignent et reculent.                                                                              Au travers de ces luttes les travailleurs trouvent le chemin vers l’organisation pour la formation d’un parti ouvrier communiste qui sera à leur côté pour défendre leurs intérêts et renverser la bourgeoisie nationale.

Avis aux lecteurs

 Nous avertissons nos lecteurs que pour la deuxième fois et pour des raisons techniques le journal ne paraîtra pas comme d'habitude 15 jours après ce numéro, mais trois semaines après, le 11 janvier 2014. Nous reprendrons ensuite la parution normale tous les 15 jours.

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