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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1103 du 21 déc. 2013/Première page

Première page

Éditorial :APRES LE SUCCES DE LA MOBILISATION DU 5 DECEMBRE

La journée d'action et de mobilisation du 5 décembre dernier appelée par les syndicats a été un succès tant en Martinique qu'en Guadeloupe. Les militants de Combat Ouvrier se sont  joints à ces manifestations.
3000 personnes ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre et 700 à Fort-de-France. Il faut dire qu'en Guadeloupe une plus large unité d'action avait été réalisée par les syndicats notamment les deux plus importants : l'UGTG et la CGTG. Seule la CTU n'a pas participé au défilé unitaire mais seulement au rassemblement devant le tribunal sous des prétextes stupides.
En Martinique, la mobilisation s'est surtout faite autour de la CGTM qui avait lancé la mobilisation, mais la FSU et l'UNSA se sont associées à la manifestation.  700 personnes ont pris la rue.
En Guadeloupe, l'après midi, 500 personnes sont venues soutenir la CGTG attaquée en diffamation par les patrons békés, les Despointes, parce que le syndicat avait déclaré dans un tract que ces patrons avaient tiré leur fortune de la traite et de l'esclavage. L'audience a été reportée au 10 janvier prochain. Les centaines de travailleurs présents ont montré qu'ils n'étaient pas décidés à ce que l'affaire ait lieu à huis clos par la pression qu'ils ont exercée sur les cordons de gendarmerie et de CRS.
En Martinique, on remarqua entre autres des délégations de travailleurs d'Orange, des hôpitaux, des PTT, de l'EDF, de la  CAF, de la CGSS, du Conseil général, de la Santé, du Commerce, du Foyer de jeunes travailleurs, de la Métallurgie, des Mairies ainsi que des enseignants. Un groupe de lycéens du lycée du Marin était aussi présent protestant contre la suppression d'un poste de conseiller principal d'éducation. En Guadeloupe, un millier de personnes ont défilé avec l'UGTG et un peu moins avec la CGTG, les enseignants de la FSU étaient environ une centaine, les travailleurs de la banane CGTG : 150. Dans un certain nombre d'entreprises, si la grève n'a pas été  totale, des travailleurs n'ont pas pris le travail : à Pôle Emploi où plusieurs agences ont fermé, à France Télécom, La Poste, Stikalog, la CTM, Diesel export, EDF-Petit Pérou. Des travailleurs du  port étaient présents, de  la BFC, des employés de France Antilles, les contractuels du CHU de Pointe- à-Pitre se sont mobilisés devant le CHU. Les jeunes de Rebelle ont manifesté avec enthousiasme.  Comme organisations politiques, on remarquait en plus de Combat Ouvrier des militants du Parti Communiste Guadeloupéen et de l'UPLG. Cette liste est loin d'être complète sur les deux îles, mais elle montre que bon nombre de travailleurs ont répondu à l'appel pour protester contre les licenciements, les lois anti-ouvrières, le gel des salaires et la politique d'austérité organisée par le gouvernement pour renflouer les caisses patronales sous la forme de crédit d'impôt et autres allègements fiscaux et sociaux.
Le dynamisme des manifestations et la détermination des travailleurs ont montré qu'une frange non négligeable des travailleurs veut se battre contre les menées patronales et gouvernementales dirigées contre eux, contre leur niveau de vie qui baisse régulièrement, contre la répression anti syndicale.
Cette première mobilisation depuis la rentrée constitue donc un premier test réussi. D'autres mobilisations seront forcément à reprendre et à élargir car les mesures gouvernementales qui arrivent en début d'année 2014 sont principalement dirigées contre les travailleurs et les classes défavorisées : par exemple une augmentation ridicule du SMIC de 1,1€, l'augmentation de la TVA qui va accroître encore la cherté de la vie.
 Mais d’ores et déjà,
 Pour soutenir les travailleurs de Milenis et de la CGTG au procès du 10 janvier prochain:
Tous au rassemblement   ce jour-là  à 14h, devant le tribunal de Pointe-à-Pitre!

Les riches compagnies pétrolières veulent imposer leur dictature !

Depuis plusieurs mois, les compagnies pétrolières et les gérants de stations service des DOM sont vent debout contre un décret que veut prendre Lurel pour contrôler ou encadrer les marges et les profits énormes réalisés dans le secteur. Il s’agit en fait plus d’une mesure symbolique de ce gouvernement qui est aux ordres des patrons. Mais même cela, ces entreprises n’en veulent pas et mènent une campagne contre le projet de décret depuis plusieurs mois.
Les gérants ont observé  une  «journée de grève» en Martinique  et deux en Guadeloupe pour exiger une augmentation de leur marge. Puis ils ont profité  de la visite d’Ayrault fin juin 2013 pour tenter de faire reculer Lurel. Ce dernier a donc remanié son texte en excluant les gérants. Or malgré cela, la fronde continue car les gérants font valoir que si ce décret entre en application au 1 janvier 2014, les compagnies vont soit augmenter les loyers, soit reprendre la gestion directe de leurs stations et installer des pompes automatiques. C’est ainsi que s’est constitué un regroupement piloté par les compagnies pétrolières qui a interpelé Lurel dans divers courriers, notamment dans une lettre ouverte du 4 décembre dans laquelle il s’arroge le droit de s’exprimer au nom leurs salariés qu’ils exploitent. Ils parlent de : Nous les raffineurs, les importateurs, les distributeurs, les stockistes, les gérants de stations-services, les transporteurs, les sous-traitants, les fournisseurs et plus généralement l’ensemble des salariés du secteur.
En fait, la campagne menée par ces patrons (blog, télévision, radio, tracts) est une vaste entreprise de manipulation. Car ils dissimulent l’essentiel. Qui peut croire un seul instant que ces patrons, qui sont de fervents défenseurs de la «libre entreprise», «de l’économie de marché», bref du système capitaliste se sont métamorphosés brusquement en défenseurs des consommateurs, des salariés et de l’emploi.
En vérité, le gouvernement n’attaque même pas les profits colossaux réalisés dans ce secteur. Il les égratigne à peine et en profite pour se faire sa publicité sur ce thème en se présentant comme le défenseur des intérêts des consommateurs. Mais cela suffit aux compagnies et aux gérants pour crier comme des cochons de noël qu’on égorge.

Martinique : SEEMD : grève victorieuse des ouvriers

Zoom La Société d'Embouteillage Eau Minérale Didier (SEEMD) est une entreprise située à Didier et spécialisée dans la mise en bouteille et la commercialisation des eaux de table (Didier, 113, Mabello, etc.). Cette entreprise emploie 38 salariés et est dirigée par le béké Garcin.
Lors des NAO 2013, ce patron béké a refusé d’accorder aux salariés une augmentation de salaires de 4%. Il leur a alloué 1% sur le salaire et s’est ingénié à leur démontrer qu’ils avaient en fait une augmentation de 3,20% quand on tenait compte de l’augmentation de la prime d’ancienneté. Bref des comptes d’apothicaire pour tourner les ouvriers en bourrique. Sauf que ces salariés n’ont pas accepté et ont demandé à leurs délégués de ne rien signer, même pas le protocole de désaccord. Malgré son insistance, le béké Garcin dut se résigner et adressa le protocole de désaccord avec sa seule signature à la Direction du Travail. Lui estimait avoir terminé avec les NAO de 2013.
Le 31 octobre, les délégués lui remirent un courrier signé par 21 des 38 salariés lui signifiant  que le compte n’y étant pas, ils exigeaient la négociation d’un accord d’entreprise, une révision de la classification, et une vraie augmentation de salaires.
Garcin convoqua alors tous les salariés le 7 novembre et leur tint ce discours : «les NAO sont terminées. Vous n’aurez rien de plus. On se revoit en février 2014 pour les NAO 2014».
Les travailleurs décidèrent alors de ne pas en rester là en profitant de la grève du 5 décembre pour mieux se faire comprendre. Dès 4h30, ils étaient présents à l’entrée et interdirent toute entrée et toute sortie de produits.
Pensant que ces salariés ne répondaient qu’à la journée de grève de 24 heures du jeudi 5 décembre, Garcin les ignora en passant devant eux, se contentant juste de les saluer de manière hautaine. Mais en constatant que les travailleurs étaient encore  là le soir et s’installaient pour la nuit (cuisine, domino, groupe électrogène), il comprit que les travailleurs étaient déterminés. C’est ainsi qu’en revenant le vendredi matin, après les avoir salués sur le piquet, il proposa aux deux délégués de venir négocier tout de suite pendant que les autres regagneraient leur poste de travail respectif. Refus des salariés qui déléguèrent 2 salariés en plus des deux délégués.
Les salariés avaient convenu d’exiger le versement d’une prime exceptionnelle de 300 euros nets, en plus de leur prime de fin d’année pour compenser leur manque à gagner. Finalement Garcin accepta les 300 euros, mais en brut.
Ce mouvement a, de leur propre aveu, remonté le moral des travailleurs qui voyaient en face d’eux un patron arrogant. Ils ont fêté sur place cette victoire et n’ont accepté de reprendre le travail que le lundi matin.
                                                                                                                                                                                

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