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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1102 du 30 nov. 2013/Troisième page

Troisième page

France : Il y a 40 ans, la grève des ouvriers de LIP

En 1973, les travailleurs de l'entreprise LIP à Besançon, en France, commencèrent un mouvement de grève qui devait s'étendre sur plusieurs années. Leur lutte suscita de nombreux analyses et commentaires et marqua fortement les esprits. LIP était surtout connue pour son secteur d'horlogerie, mais l'entreprise produisait aussi de l'armement et des machines-outils. Aujourd'hui, les licenciements et les fermetures d'entreprises se multiplient car les capitalistes veulent maintenir et augmenter leurs profits en dépit de la crise, en la faisant reposer sur les travailleurs. En 1973, l'économie sortait d'une période de relative prospérité pour ceux qui en tiennent les rênes. Mais pour les travailleurs, mal payés, le chômage commençait à augmenter.
En 1968, donc 5 ans plus tôt, un vaste mouvement de grève avait touché la jeunesse étudiante et de nombreux travailleurs. En 1969, puis à nouveau en 1970, les ouvriers de LIP avait déjà mené des grèves avec comme revendications des augmentations de salaires et contre les licenciements.
Le 12 juin 1973, lors d'une réunion du comité d'entreprise, les travailleurs apprirent que le dépôt de bilan de l'entreprise était programmé. En mettant la main sur le porte-documents d'un administrateur, ils découvrirent que la direction prévoyait 480 licenciements. L'administrateur fut séquestré une nuit, et les travailleurs apprirent aussi que la direction prévoyait de bloquer les salaires, en supprimant l'échelle mobile qui jusque là permettait aux salaires de suivre la hausse des prix.
L'usine fut alors occupée et 25 à 35 000 montres furent cachées, constituant un "trésor de guerre". Par ailleurs, une centaine d'ouvriers continuèrent la production dans l'usine occupée. La vente des montres ainsi fabriquées aida les 1 300 travailleurs à survivre pendant la grève. Ils posaient comme revendication le maintien de l'ensemble de l'effectif dans une même société, alors que la direction projetait le démantèlement de l'entreprise en plusieurs unités indépendantes par secteur de production. Les grévistes refusaient tout licenciement.
La grève dura jusqu'au début 74. Les actions de  solidarité furent nombreuses, en particulier une grande marche en septembre 73, qui réunit 100 000 manifestants dans la ville de Besançon.
En janvier 1974, un accord fut signé avec la direction. LIP serait reprise par une Compagnie Européenne d'Horlogerie, avec la réembauche de 850 travailleurs. Celle-ci déposa son bilan deux ans plus tard, suscitant une nouvelle grève avec occupation de l'entreprise. Après la liquidation en 1977, les salariés s'organisèrent en 6 coopératives.
L'originalité de  la grève de LIP, ce n'est pas seulement sa durée, et le fait que les travailleurs se sont donnés les moyens de résister financièrement en se payant sur leur production et en occupant l'entreprise. La grève a été menée aussi de manière  beaucoup plus démocratique que ce qu'on avait l'habitude d'observer dans de nombreux conflits dirigés d'en haut par les syndicats. Toutes les décisions étant prises par l'ensemble du personnel en assemblées générales. Ces travailleurs ont mené eux-mêmes leur grève, avec le soutien de leurs syndicats, CFDT et CGT, mais pas sous leur direction. Elle est cependant restée isolée malgré la solidarité qu'elle a suscitée, ne s'étendant pas aux autres entreprises de la région ou du pays dont les travailleurs étaient eux aussi victimes de licenciements.
La lutte des travailleurs de LIP compte parmi les grèves les plus importantes de l'histoire du mouvement ouvrier français. Ce qu'elle a démontré c'est qu'il était possible de se payer sur le capital pour mieux tenir pendant la lutte. Les montres étaient surtout la propriété des travailleurs qui avaient trimé pour les faire. En les considérant comme telles les travailleurs de LIP ont montré la voie !

Guadeloupe : Qui sont les « plus assistés » ?

Tous ceux qui ont accès au hangar de la plantation SCA-Changy, située à Capesterre-B-E peuvent  y voir 6 panneaux sur lesquels il est mentionné les investissements (Auto Financement) de T. Dambas et de ses «patrons» et les sommes qui leur sont allouées par divers organismes, dans le cadre du plan «Banane Durable». Cela sur plusieurs années.
En fait pour un investissement de 309 162.66€, les propriétaires reçoivent comme aides et subventions de toutes sortes de la part d’organismes publics comme le FEDER, l’ODEADOM, l’Office de l’Eau et le Conseil Régional : 321 404,43€, plus que le montant total de leur apport. Et c’est le cas pour presque tous les grands planteurs. 
Voilà qui donne une idée sur qui sont les vrais assistés. Les imbéciles qui accusent les Rmistes et les femmes seules d’être responsables des déficits de l’État, devraient s’informer avant de parler…

Guadeloupe : Des jeunes travailleurs en lutte à Petit-Bourg

Le jeudi 14 novembre, 3 jeunes salariés d’une petite boulangerie située à Pérou Petit-Bourg, deux vendeuses et un boulanger, ont planté un piquet de grève devant l’entreprise. Ils ont travaillé plus de deux mois sans être déclarés et n’ont pas touché la totalité de leur salaire. C’est au moment où ils ont réclamé au patron leur régularisation qu’ils ont été mis à la porte. Ils revendiquent le paiement de la totalité de toutes les heures travaillées ainsi qu’un contrat en bonne et due forme pour avoir droit aux ASSEDICS. Le pire c’est qu’en enquêtant ils se sont aperçus que le patron faisait tourner la boulangerie uniquement grâce à des périodes d’essai sans jamais signer aucun contrat.
Rapidement rejoints par leurs amis, la famille et d’autres militants, les jeunes salariés ont obtenu après négociation mercredi 20 novembre le versement d’une partie de leur salaire.  Mais ils restent mobilisés car le patron leur doit encore l’autre partie. Malgré leur manque d’expérience, ces travailleurs ont su s’organiser efficacement contre leur exploiteur.
 
Dernière heure  
Le mardi 26 novembre, après des heures de négociation, les salariés de la boulangerie ont obtenu le versement de la totalité de leur salaire. Le patron a tout fait pour retarder l'échéance essayant plusieurs fois de créer des bagarres, mais la pression des jeunes travailleurs en lutte a été plus forte. Un dernier rendez-vous est fixé au lundi 9 décembre pour la remise de tous les documents administratifs. Woulo pou la jénès en lutte!

Martinique : Le préfet aux ordres des capitalistes de la banane

La question de l’épandage aérien en Martinique fait de nouveau surface. En effet, le préfet Laurent Prévost a signé le lundi 18 novembre une nouvelle dérogation pour quatre mois de l’épandage aérien des produits de lutte contre la cercosporiose sur les champs de bananes.
Cette nouvelle dérogation a suscité la réaction du président de l’ASSAUPAMAR, (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Martiniquais), regroupé autour du Collectif contre l’épandage aérien et l’empoisonnement des Martiniquais et de la présidente de l’AMSES (Association médicale de la sauvegarde de l’environnement et de la santé) mais aussi de responsables de la chambre syndicale CGTM des ouvriers agricoles.
La responsable de la chambre syndicale CGTM a exprimé sa colère au cours d’une conférence de presse le samedi 23 novembre à la Maison des syndicats où elle a dénoncé le mépris et le crime des capitalistes de la banane et leur intention de continuer à empoisonner aussi bien les ouvriers agricoles que la population environnante. Elle a également fait remarquer que bon nombre d’ouvriers qui sont partis à la retraite et qui ont été exposés toute leur vie aux poisons utilisés dans la banane souffrent de cancer et d’autres maladies graves.
Au cours d’une autre conférence de presse, tenue le jeudi 21 novembre, c’est Henri Louis-Régis président de l’ASSAUPAMAR qui a souligné que : «c’est un véritable mépris total de la part de ce gouvernement et de ce préfet, même pour leurs propres institutions, puisque la juridiction administrative a donné son avis». De son côté, le docteur Josiane Jos-Pelage, présidente de l’AMSES a été plus directe. Elle a estimé qu’il s’agit : « d'une véritable déclaration de guerre. Vous tuez les populations, et vous pensez qu'elles vont rester là à vous regarder ».
Cette décision prise par le préfet était inattendue, car le 28 août dernier, la dérogation précédente avait été suspendue en référé par le tribunal administratif. L’épandage aérien avait été interdit depuis cette date, et un jugement sur le fond était attendu pour le 28 novembre prochain.
En réalité, le préfet se plie aux décisions des capitalises de la banane qui défendent avant tout leurs intérêts financiers avant la santé de la population.
À ce titre, le Collectif contre l’épandage aérien et l’empoisonnement des Martiniquais invite ses militants et la population à se rassembler le 28 novembre devant le tribunal administratif à partir de 8 heures.  Combat Ouvrier s'associe à cette manifestation.
 

Guadeloupe : Sainte-Rose : le collectif «LCDM» en colère.

Le mercredi 20, puis les lundi et mardi 25 et 26 novembre, les membres de LCDM (le collectif de défense mobile) en colère ont bloqué au petit matin (dès 2 heures) le pont de la Boucan à Sainte-Rose. Il y a eu un blessé du côté des manifestants et des interpellations.  
La raison de ce coup de colère réside, explique Hubert Quiaba, porte-parole de LCDM, dans le fait qu’une majorité de la population assiste impuissante, depuis quelque temps, à une décadence du système social et économique de la Guadeloupe. Le comité voudrait que tout le monde ait les mêmes droits et dénonce les privilégiés qu’il appelle les « cols blancs », notamment des békés qui prétendent posséder des terres dans la région. Le comité proteste donc pour que tout le monde ait les mêmes droits. Il dit posséder des dossiers de saisies abusives de maisons, et de détentions abusives de foncier. Pour dénoncer ces « cols blancs » il a appelé les manifestants à porter symboliquement un ruban blanc. Le collectif se dit être "la voix des sans voix".  Contre cette mobilisation, les gendarmes sont intervenus pour débloquer le pont de la Boucan. C’est ainsi que le collectif accuse les gendarmes d'avoir frappé un de ses membres à coups de poing en l’envoyant au sol. Il y aurait eu plusieurs arrestations. Le collectif a fait appel aux maires des communes environnantes et au président de la communauté d’agglomération du Nord Basse-Terre, mais seul le maire de Ste-Rose, Richard Yacou (qui n’est porteur d’aucune solution) a répondu présent.
La CGTG a apporté son total soutien à la lutte du collectif. Son secrétaire général, Jean-Marie Nomertin a dénoncé « le pouvoir colonial qui une nouvelle fois a pour seule réponse aux légitimes revendications de la population laborieuse, la répression ».

AVIS AUX LECTEURS

Pour des raisons techniques, la prochaine parution n'aura pas lieu dans quinze jours comme d'habitude, mais dans trois semaines. Le prochain numéro paraîtra donc le samedi 21 décembre.

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