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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1101 du 16 nov. 2013/Première page

Première page

Éditorial :Campagne raciste contre Christiane Taubira le racisme masque toujours une politique contre les travailleurs et les pauvres de toute couleur

La ministre de la Justice du gouvernement français Christiane Taubira qui est noire d'origine guyanaise a été victime ces dernières semaines de plusieurs insultes racistes. Nos camarades de Lutte ouvrière en France déclarent à ce sujet fort justement dans leur dernière édition : " Des propos d'une candidate du Front national à Rethel dans les Ardennes la comparant à un singe, aux slogans la traitant de guenon lors d'une manifestation des anti-mariage pour tous à Angers, les égouts de l'extrême droite ont débordé à plusieurs reprises. L'hebdomadaire Minute en a rajouté avec sa Une répugnante. Avec ces attaques contre Christiane Taubira, ce sont les préjugés les plus crasseux qui se sont exprimés, dignes du petit colon raciste d'antan. En réalité, et Christiane Taubira le sait très bien, bon nombre de politiciens, qui se sont offusqués des propos dont elle a été victime, contribuent eux-mêmes par leur politique à faire que prospèrent des idées nauséabondes. Du FN au PS en passant par l'UMP, les dirigeants des partis politiques cherchent tous à détourner la colère populaire vers des boucs émissaires, quitte à s'appuyer sur des préjugés rétrogrades. Et si Marine Le Pen et les dirigeants de l'UMP visent directement les travailleurs immigrés, le gouvernement sait lui aussi user de la propagande anti pauvre, comme l'a montré son battage contre les Roms. Cette campagne raciste est immonde et dangereuse. Rien ne doit être dit ou fait qui puisse l'encourager. "
Aux Antilles et en Guyane cette montée du racisme en France révolte avec raison la population qui s'identifie à Taubira. D'autant que dans ces ex-colonies françaises existent des séquelles coloniales et que le racisme plus sournois que direct du "petit colon" blanc est perçu et dénoncé par beaucoup dans la vie et les rapports quotidiens. Surtout que la plupart des postes de direction dans l'administration de ces départements sont dirigés par des Blancs alors que la majorité de la population est noire ou d'origine hindoue. La présence d'une préfète noire en Guadeloupe et un timide progrès dans « l'antillanisation » des cadres ne sont qu'une feuille de giraumon qui prétend masquer ce racisme officiel issu de la longue histoire coloniale. Pourtant, combien d'Antillais ne se gênent nullement pour exprimer toutes sortes de propos ignobles, xénophobes à l'encontre d'immigrés haïtiens, dominiquais (de la Dominique), dominicains (de Saint Domingue), Sainte Luciens. Et ceux qui au nom du Front National, cherchent leur entrée politique aux Antilles et qui, comme en France n'hésitent pas à surfer sur ces sentiments xénophobes existant au sein d'une bonne partie de la population entretiennent ce fonds de commerce politique. Il faut donc non seulement combattre la montée du racisme en France mais aussi la xénophobie et le racisme qui s'expriment régulièrement à l'encontre surtout des émigrés de la Caraïbe en Martinique et en Guadeloupe.
Jadis, des racistes au pouvoir avec Hitler dans l'Allemagne des années trente ont persécuté les Juifs, en ont fait des boucs émissaires de la crise pour mieux détruire la classe ouvrière. C'est cela le but ultime des partis comme le Front national. Faire croire aux ouvriers blancs que les Noirs, les Arabes sont responsables de tous les maux que les ouvriers “bien français” connaissent. Et après avoir monté ces mêmes ouvriers contre les immigrés, ils s'en prendraient directement aux ouvriers blancs eux mêmes. Ainsi, c'est toute la classe ouvrière qu'ils mettraient au pas pour permettre à la bourgeoisie d'avoir les mains entièrement libres.
En soutenant de telles pratiques politiques, en se montrant complaisants envers les propos xénophobes tenus parfois aussi par des leaders de l'UMP ou du PS, les travailleurs qui se comportent en petits blancs franchouillards se tirent eux-mêmes une balle dans le pied. Quant aux travailleurs antillais qui se comportent en petits noirs et petits hindous franchouillards, ils s'en tirent deux.

Martinique: Après la libération de Thierry Dol et de ses compagnons

Le samedi 9 novembre était jour de fête dans la commune du François en Martinique.  Thierry Dol, ex-otage au Mali, a pu remercier ceux qui avaient affirmé leur solidarité à lui et à sa famille durant sa captivité. Plus d’un millier de personnes étaient venues à sa rencontre. Il en a été de même pour ses compagnons de captivité libérés et qui ont retrouvé leur famille en France.
Pour autant, de tels moments ne peuvent faire oublier le drame des autres otages français, ni de ceux qui ont été tués récemment ou des autres otages aux mains de groupes armés terroristes. Ils ne peuvent faire oublier encore moins le sort des peuples de ces régions d’Afrique dont une grande partie vit les affres de la misère et de l’insécurité quotidiennes.
Car, derrière ces prises d’otages perpétrées par des groupes islamistes parfois liés à des milieux mafieux, la réalité est que l’impérialisme français continue à avoir l’œil sur ses ex-chasses-gardées coloniales d’Afrique. Il continue à y intervenir militairement, comme au Mali, et porte une responsabilité écrasante dans la pauvreté et l’insécurité que subissent les populations.
Comme pour illustrer cette réalité-là, le jour de la libération des quatre otages, l’armée nigérienne a annoncé avoir découvert, dans cette même zone désertique du nord Niger, les cadavres de 92 hommes, femmes et enfants, visiblement morts de déshydratation, fuyant la misère, en route vers l’Europe via l’Algérie.

Guadeloupe: le jeudi 5 décembre :travailleurs, chômeurs, jeunes, participons massivement à la journée de mobilisation et d'action, tous :- à Fort de France à 9h à la maison des syndicats- à Pointe à Pitre à 9H sur la place de la mairie et à 14H devant le tribunal !MOBILISONS NOUS !

Zoom Le jeudi 5 décembre, une journée d'action et de mobilisation sera organisée par un groupe de syndicats en Guadeloupe et par la CGTM en Martinique. En Guadeloupe ce sont la CGTG et l'UGTG qui ont d'abord pris l'initiative, mais la CFTC, FO, Solidaires finances publiques Guadeloupe, SUD PTT GWA, UNSA et les syndicats de l'éducation comme la FSU et le SPEG sont aussi partie prenante. En Martinique nous ne savons pas encore si d'autres syndicats se joindront à la CGTM.
Combat Ouvrier n'est pas un syndicat mais une organisation politique militant sur le terrain de la classe ouvrière. Elle a décidé, dans les deux îles, de se joindre à cette journée d'action initiée par les syndicats et d'appeler ses militants et sympathisants, les jeunes étudiants et lycéens à y participer activement.
Précisons que, contrairement à ce qu'a annoncé France-Antilles, les centrales syndicales n'ont pas appelé à une «grève générale» mais bien à «une journée d'action et de mobilisation». Ce qui est différent !
Les raisons de se joindre à cette mobilisation, aux meetings de préparation qui auront lieu en
Guadeloupe et aux manifestations de rues qui auront lieu dans les deux îles sont nombreuses. Il s'agit de protester contre toutes les mesures anti ouvrières qui frappent durement les travailleurs : les licenciements, le gel des salaires, la suppression de postes dans les hôpitaux avec la fusion des hôpitaux en Martinique, et dans tous les services publics, contre l'accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013 qui donne la possibilité aux patrons de baisser les salaires, d'augmenter la durée de travail et de licencier encore plus facilement. L'ANI, c'est la casse des quelques acquis obtenus par les travailleurs dans le droit du travail pendant des dizaines d’années de lutte.
Il faut mettre à la raison aussi une série de patrons voyous qui sont en train de licencier à tout va dans les entreprises. Ces mêmes patrons refusent de reverser les charges sociales prélevées pourtant sur la paye des salariés.
Eux, les patrons, il leur suffit de bloquer les routes, comme ceux du bâtiment dernièrement en Guadeloupe pour obtenir immédiatement des exonérations de charges. Eux, les patrons et les riches, se sont vus renouveler des défiscalisations importantes, ainsi que de l'argent pour qu'ils embauchent des contrats d'avenir.
Tout leur est dû. Par contre, les travailleurs voient reculer le nombre d'annuités nécessaires pour jouir d'une retraite pleine et entière. Cela entraînera mécaniquement une baisse des pensions car beaucoup de travailleurs ne pourront travailler jusqu'à 70 ans par exemple. Le chômage et la précarité augmentent, la pauvreté aussi. Ils touchent des dizaines de milliers de personnes en Guadeloupe et en Martinique. La vie est chère.
Quant à la répression antiouvrière elle est constante. Le procès colonial intenté par les patrons de Carrefour Milenis, les békés Despointes, contre la CGTG aura lieu ce 5 décembre aussi. Ces békés n'admettent pas que la CGTG ait déclaré dans un tract que ces messieurs tirent leur fortune de la traite et de l'esclavage.
S'ils sont soudainement frappés d'amnésie, la mobilisation contre ces exploiteurs leur fera retrouver la mémoire aussi soudainement.
Les travailleurs ont donc intérêt à se mobiliser ce 5 décembre par tous les moyens qu'ils jugeront nécessaires : grève, débrayage d'un moment, participation aux manifestations. Mais ils ont intérêt à en discuter entre eux, à organiser des assemblées générales dans les entreprises pour préparer ce mouvement.
Bien sûr, ce n'est pas une seule journée de mobilisation qui changera les choses. Mais si les travailleurs sont en masse aux manifestations, s'ils parviennent à troubler la paix sociale que veulent les patrons et leurs serviteurs politiques de gauche et de droite pour mieux les exploiter, alors ils pourront inquiéter suffisamment les exploiteurs pour les freiner dans leur offensive anti-ouvrière jusqu'à les faire notablement reculer !

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