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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1095 du 20 juillet 2013/Troisième page

Troisième page

Baillif : Les travailleurs s’opposent à une aggravation de leurs conditions de travail par Francis Lignières.

Le 8 juillet dernier les 22 ouvriers de la plantation EURL-F. Lignières à Baillif (Bellevue) ont entamé une grève de 24 heures, reconductible pour s’opposer la décision de F. Lignières de porter de 88 à 110 le nombre de régimes de bananes à transporter pour une journée de travail. Quant on sait qu’un régime de bananes peut peser jusqu’à 70Kg, on comprend la réaction de ces travailleurs.
Devant la détermination de certains des grévistes, Lignières les a affectés à une autre tâche, et le 9 juillet, il portait à 100 le nombre de régimes à transporter.
inalement les grévistes ont accepté ce nombre et ont repris le travail, satisfaits tout de même du résultat de leur mouvement.
Il faut savoir que F. Lignières, comme T. Demba et bien des patrons de la banane cherchent en permanence à aggraver les conditions de travail dans ce secteur par : une augmentation du nombre de régimes à transporter, et des « sacs » de polystyrène pour envelopper les régimes,
- le non-paiement des heures supplémentaires,
- l’obligation de travailler le dimanche et même certains jours fériés, comme le 1 mai.
Mais les travailleurs ne se laissent pas faire sans réagir.
C’est ainsi par exemple que F. Lignières, qui refusait de payer aux travailleurs  Haïtiens les jours fériés et la prime de fin d’année a été obligé, après une grève de ces travailleurs, de payer leur prime de fin d’année et les jours fériés.

EDF-Martinique : Après "Chantal", tout va très bien, madame la marquise...

 La tempête tropicale «Chantal» du mardi 11 juillet a privé d'électricité plus de 50 000 familles en Martinique. Alors qu'il était officiel que les derniers raccordements ne pourraient pas intervenir avant le début de la semaine suivante, Madame Germont, directrice d'EDF Martinique, a exposé son autosatisfaction à la télévision. Elle a minimisé les faits tout en se plaignant que des lignes, en zones rurales, soient vulnérables à cause de l'insuffisance ou l'absence de l'élagage.
Si vraiment elle avait voulu dire la vérité, elle aurait pu dire qu'EDF, qui avait ses propres équipes d'élagage, les a supprimées pour, paraît-il, revenir vers son «cœur de métier». L'élagage est maintenant sous-traité et aux frais des riverains des lignes. Le résultat est bien sûr que l'élagage est réalisé très partiellement, et trop souvent par les particuliers eux-mêmes qui mettent leur vie en danger.
Au «cœur du métier», les lignes sont par terre en cas de grand vent.
Elle aurait pu dire aussi que si des lignes sont au sol, c'est qu'elles ne sont pas souterraines, contrairement à la directive générale d'EDF prévoyant l'enfouissement des lignes principales dans les zones cycloniques. Directive qui n'est que très partiellement respectée.
Mme Germont aurait pu également parler des économies faites depuis des années sur l'inspection et l'entretien des lignes. Si des lignes obsolètes tenaient aussi bien que si elles étaient sérieusement entretenues, ça serait un vrai miracle !
Alors, elle se glorifie de la venue d'équipes de renfort d'électriciens de Guadeloupe et de Guyane, passant sur le fait qu'est ainsi souligné le manque d'effectif d'EDF Martinique
En réalité, EDF est malade de la politique gouvernementale de restrictions sur tous les services publics, politique qui n'empêche d'ailleurs pas les actionnaires d'empocher de confortables dividendes (2,31 milliards d'euros au total pour 2012).
Mais cela, Mme la directrice se garde bien de le dire.

Guadeloupe : Ecomax, horaires des gardiens en baisse ?

En ce moment les gardiens d’ECOMAX connaissent de grandes difficultés, surtout ceux qui ne sont pas syndiqués. La direction Ho Hio Hen qui a acheté tous les ECOMAX en 2009 a décidé que pendant 1h30  il n’y aurait pas d’agent de sécurité chaque jour. Cela correspond à plus de 40 heures de travail en moins chaque mois. Certains agents voient leur paie diminuer. D’autres sont carrément licenciés. Cette décision vient s’ajouter à des attaques contre les salariés des magasins. Vraiment une direction de moins en moins humaine. La colère gronde.

Guadeloupe : les grands planteurs de banane doivent indemniser les pêcheurs

 La zone polluée par la chlordécone continue de s’étendre. Utilisée dans les bananeraies du sud-est de la Basse Terre pour lutter contre le charançon, cette molécule chlorée se révèle être un puissant neurotoxique et un potentiel agent cancérigène. Elle a pollué d’abord les terres puis les cours d’eau maintenant on retrouve cette molécule un peu partout dans les légumes, les racines, les animaux et les poissons de cette région. La pollution due à cette molécule ne fait que commencer car elle a une durée de vie de sept siècles. 
Actuellement la préfecture estime que les poissons péchés dans une zone allant du rivage jusqu’à de 500 mètres au large de Capesterre-B-E à Vieux Fort  contiennent trop de chlordécone. Ils sont donc impropres à la consommation. Elle prévoit dans un avenir proche d’étendre cette zone à 900 mètres. De plus le projet de réintroduction du Lamantin  serait accompagné d’une nouvelle zone d’interdiction de pêche. Face à ces problèmes les patrons pêcheurs demandent à être accompagnés par l’Etat pour faire face. A leur demande la préfecture se dit prête à n’indemniser que ceux de Capesterre-B-E, Trois Rivières et Vieux Fort. C’est inadmissible pour leurs syndicats. Ils veulent que tous les patrons pêcheurs de Guadeloupe le soient.
Ils ont raison  car c'est l'Etat qui pour satisfaire les grands planteurs de banane a autorisé l’utilisation de la chlordécone  jusqu’en 1993 alors qu’elle était interdite depuis 1976 aux USA et 1990 en France car trop dangereux.  
Les planteurs de banane ont pollué la Guadeloupe et la Martinique pour se remplir les poches. Maintenant qu’il faut faire face aux conséquences de l’utilisation de ce produit  toxique, on n’entend plus pas parler de ces planteurs. L’État ne leur demande pas de réparer le tord qu’ils ont causé. C’est nous les contribuables qui sommes sollicités à travers nos impôts. Les pollueurs ne sont pas les payeurs.
 

Martinique : Grève aux établissements Laguarigue.

Depuis deux semaines, les employés des établissements Laguarigue, entreprise de ventes de matériaux de construction, sont en grève pour protester contre le licenciement arbitraire d’un des leurs. Selon la direction, cette décision serait justifiée par l’attitude de l’employé vis-à-vis d’un client.
La très grande majorité des employés, syndiqués à FO, soutiennent leur collègue et le mouvement touche tous les magasins du groupe. Cette décision de la direction semble être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le porte-parole des salariés a en effet dénoncé des comportements liés à l’arrivée d’un chef ainsi que des réductions d’effectifs continues, ce qui rendrait les conditions de travail de plus en plus difficiles.
Loin de vouloir régler le problème, la direction a jeté de l’huile sur le feu en faisant appel aux tribunaux, alors que la direction du travail cherchait une médiation, pour forcer les travailleurs en lutte à accepter sa décision et à reprendre le travail. Les salariés ont donc décidé de se mobiliser pour dénoncer les méthodes employées par la direction de cette entreprise, propriété de patrons békés.
Cette affaire montre une fois de plus que les patrons entendent imposer des conditions de travail et de management très dures aux travailleurs et que ces derniers sont invités à les accepter sans mot dire. En se mobilisant nombreux comme ils le font depuis deux semaines, les travailleurs des Ets Laguarigue montrent la voie : ne pas accepter les décisions scélérates des patrons et se battre en dépit des tentatives d'intimidations judiciaires et patronales.

Martinique : La grève des salariés des crèches de Volga

Du lundi 8 au jeudi 11 juillet, la trentaine de salariés des crèches Katchopine et Gros bisou situées dans le quartier de Volga Plage à Fort de France, étaient en grève. Depuis plus de deux mois ces salariés qui accueillent une centaine de jeunes enfants n’avaient pas perçu de salaires. Malgré cela, ces auxiliaires de puériculture, auxiliaires de crèche, animatrices et éducatrices de jeunes enfants, qui assurent la prise en charge quotidienne d’une centaine d’enfants, continuaient à travailler, par amour de leur métier. Elles faisaient ces efforts pour, ont-elles dit, ne pas laisser dans des situations compliquées les dizaines de familles qui leur confient leurs jeunes enfants. Mais lorsque ces employées elles-mêmes et leurs familles se sont trouvées en difficulté, elles se sont mobilisées toutes ensemble et ont arrêté le travail. Elles ont d’ailleurs reçu le soutien de nombreux parents qui comprenaient parfaitement leur mouvement. Elles se sont dites «déçues» par l’inertie et le mutisme des responsables et des autorités face au non-versement de subventions depuis plusieurs mois. Alors, elles ont multiplié les démarches auprès des organismes  et en particulier à la CAF (Caisse d’allocations familiales), pour comprendre les raisons, d’abord du manque de trésorerie, puis des retards de paiement. Elles ont alors découvert le circuit compliqué du financement, de plus en plus insuffisant, de cette activité sociale de la petite enfance.
En effet, depuis 2010, la CAF a mis en place la PSU (prestation de service unique), et les familles paient une prestation variable en fonction de leurs revenus et du nombre d’enfants.  Autant dire que la diminution du financement public des crèches entraîne des difficultés de trésorerie de plus en plus importantes. En quelques mois plusieurs crèches ont fermé leurs portes. Les trois dernières ont été les crèches «Mini-pousses» à Rivière Salée, Sainte-Luce et Sainte-Anne, laissant à la rue des dizaines d’employées spécialisées de la petite enfance et de familles en difficulté pour l’accueil des jeunes enfants.
Durant leur mouvement, les salariés des crèches  Katchopine et Gros bisou  se réunissaient tous les jours, s’organisaient  et prenaient toutes leurs décisions ensemble. Elles ont très vite compris que c’était pour elles une nécessité pour faire aboutir leur revendication et sont fières de leur mouvement. Après avoir reçu la garantie que leurs salaires seraient sur leurs comptes le lundi 15 juillet, elles ont décidé de reprendre le travail le vendredi 12 juillet. Elles restent vigilantes, bien conscientes que les difficultés ne sont pas terminées.

PROCHAINES PARUTIONS : AVIS AUX LECTEURS

Le prochain numéro de Combat Ouvrier paraîtra  le samedi 7 septembre 2013. Date à partir de laquelle le journal reparaîtra normalement tous les quinze jours.

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