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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1085 du 16 février 2013/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNAN

LA  GRÈVE  SE  POURSUIT  CHEZ  MORAND Les camarades grévistes (ils sont 6) de chez Morand (à La Regrettée, Trois-Rivières) poursuivent leur action commencée le 15 janvier dernier, notamment pour obtenir entre autres, le paiement de leur prime de fin d’année. Leur mouvement entrave la bonne marche de la plantation. Pour contourner la grève, Morand essaie d’embaucher du nouveau personnel. Mais comme la loi l’interdit, les grévistes n’ont pas de mal à mettre en échec les tentatives de Morand. 
 
IL AVAIT  PEINE  A  LE CROIRE Dernièrement, un camarade qui regardait une émission télévisée dans laquelle on parlait des vendanges en France a entendu un jeune se plaindre de la difficulté du métier. Pour quelle raison ?  Surtout le  fait d’avoir à transporter chaque jour 800 kilos de raisins sur le dos.   
Que dirait alors ce jeune s’il travaillait dans la banane où plusieurs fois par semaine, et toute l’année, il faut transporter entre 120 et parfois 150 régimes de bananes pesant entre 40 et 60 kilos (et parfois plus) chacun, soit au total entre 4,8 et 9 tonnes ?

Guadeloupe : L’ECHO DE JARRY

ARÉMA (CMA-CGM manutention portuaire) : encore des magouilles en vue ?
Depuis que quatre dockers ont été réclamer leur CDI au tribunal des Prud’hommes, le directeur Podan a la trouille. Il craint que le jugement, s’il est favorable aux salariés, ne donne des idées à tous les précaires. Pour éviter ça, il compte sur certains représentants syndicaux pour intimider les dockers en CDD.
 
Toshiba : des salariés éparpillés, mais déterminés !
Depuis longtemps, les salariés ont déposé des revendications, en dénonçant notamment le fait que les 23 travailleurs étaient répartis en 6 sociétés différentes. Cela évitait à la direction de devoir affronter des représentants du personnel. Comme rien n’avançait, certains salariés ont pris les choses en main : le 22 janvier, ils se sont installés à l’extérieur avec tente et glacières.
 
Toshiba : première victoire
Le lendemain, ils sont revenus avec leur tente, mais ils n’ont même pas eu besoin de l’installer : la direction leur proposait un rendez-vous deux jours plus tard. Le 25 janvier, ils ont obtenu l’unification des 6 sociétés. Les salariés ont ainsi gagné le droit à un délégué syndical et à des délégués du personnel. Comme quoi, c’est toujours mieux de l’ouvrir !
 
Nouvelle centrale EDF : chantier à risques !
Il y a deux semaines, un travailleur embauché par une entreprise de ferraillage a perdu l’équilibre en butant sur un obstacle en fer. Il est tombé et s’est cassé plusieurs doigts. Cela aurait pu être pire. Il n’y a aucune sécurité dans cet amas de ferraille : suivant là où on tombe on peut carrément finir transpercé. La direction attend-t-elle des morts pour que le chantier soit sécurisé ?
 
Nouvelle centrale EDF : des risques, mais pas de Sécu !
Il a fallu que l’ouvrier se rende à l’hôpital pour constater que le patron ne payait pas les charges sociales. Qui prendra en compte ses frais médicaux ? Les patrons prélèvent sur les fiches de paye, sans rien reverser à la Sécu. Fo nou véyatif !

Guadeloupe : ECHO DES TELECOM

Au 10-16 notre lutte a payé
Au 10-16, nous avons débrayé pour obtenir la même prime octroyée à nos camarades du même service en Martinique ainsi que les promotions. Finalement nous avons gagné et repris le travail le 7 février. Comme quoi, seule la lutte paie !
 
Une raison de plus pour débrayer
Quelques jours avant, un chef avait rétorqué à notre camarade que nous n'aurions pas droit aux mêmes avantages que nos camarades en Martinique parce que nous ne faisions pas le boulot correctement. Ces propos très vexants ont choqué tous les camarades du service et ont d'autant plus justifié notre action au 10-16.
 
Pousser les "seniors" à partir !
Les négociations "seniors" se sont terminées  juste avant les fêtes de fin d'année. En fait d'accord, il s'agit plutôt d'un plan de départs "volontaires". Il devrait concerner plus de 20.000 personnes.oui, l'objectif de la direction est de pousser le maximum de travailleurs dehors.
 
Pousser les seniors qui restent à faire plus de sacrifices
Pour ceux qui restent, la direction refuse de prendre en compte la pénibilité supplémentaire du travail due à l'âge et rejette les propositions allant dans ce sens.


 
 

Brèves

Racisme
 Les commentaires de A.Huygues-Despointes, en 2009 dans le reportage télévisé : «Les derniers maîtres de Martinique», avaient soulevé un tollé :
" Les historiens exagèrent un petit peu les problèmes. Ils parlent des mauvais côtés de l’esclavage, mais il y a les bons côtés aussi...", et "Quand je vois des familles métissées, enfin blancs et noirs, les enfants sortent de couleurs différentes... dans la même famille avec des couleurs de peau différentes, moi je ne trouve pas ça bien. On a voulu préserver la race"
4 ans après, la cour de Cassation invalide la condamnation qui avait été prononcée contre le personnage et ses propos.
La voix de son maître serait-elle plus audible que la voix du peuple ?
 
Histoire d'eau
Le Conseil Général a entériné un syndicat unique des Eaux en Martinique. Mais il n'est pas question de régie directe. Les sociétés privées vont continuer à être copieusement arrosées (Véolia par exemple, actionnaire de la Sté Martiniquaise des Eaux). Et le portefeuille des familles à être asséché.

Argent et sport : un mélange «détonnant »

Vraiment argent et sport ne font pas bon ménage. On vient d’apprendre qu’Europol   (Police de l’Europe) a mis au jour un système de paris frauduleux sur des matchs truqués. On parle de mafia car les matchs litigieux sont en Turquie, en Allemagne et même en Suisse. Ceci à tous les niveaux. En 2° et 1° division  de ces pays pour la plupart, dans la ligue des champions d’Europe et même lors des éliminatoires de la coupe du monde. Le processus est simple. Les paris sont effectués en Asie en particulier à Singapour. Sur place des hommes de main approchent les joueurs moyennant argent et menaces et les obligent à lever le pied, à laisser passer le ballon ou à marquer contre leur camp.                                                                                                                Aujourd’hui l’arnaque découverte ne se situe pas en France. Il y a quelques années, alors que B.Tapie était président de l’Olympique de Marseille, les responsables de l’équipe avaient payé des joueurs de Valenciennes pour laisser l’OM gagner. Bien sûr Tapie ne fut pas inquiété car un de ses subalternes, Bennes, se déclara coupable et fut  jeté en prison. Aujourd’hui le magazine France Football laisse entendre que le Qatar avait payé Sarkozy alors président de la république et Platini, président de la FIFA pour obtenir l’organisation de la coupe du monde en 2022. Le Qatar s’était déjà illustré en donnant 2 millions d’euros à Z. Zidane pour animer sa délégation à l’assemblée de la FIFA. L’argent est de plus en plus présent dans le sport. Il ne pousse pas les pratiquants et les dirigeants à œuvrer pour la beauté du geste ou pour la santé des athlètes. Il pousse ces derniers à des pratiques douteuses sous la contrainte ou pas.                                                                                                               Cela dit, la grande presse fait des choux gras de ce scandale des paris et matchs truqués, mais même sans ces truquages, ceux qui ont de l’argent ont bien d’autres moyens à leur disposition pour gangréner le sport. Pour les jeunes, dont la grande  majorité est au chômage actuellement, en particulier sous nos latitudes, le sport professionnel est un moyen pour s’en sortir. Ce n’est plus alors un moyen d’épanouissement, il devient un travail. Le jeune est obligé d’avoir des résultats pour honorer sa paye. Si ses moyens physiques ou intellectuels sont insuffisants, et s’il veut conserver sa paye, son poste de travail, il est obligé d’avoir recours à toutes sortes de méthodes de dopage, mêmes celles qui sont illicites.                                                                Le scandale révélé par Europol n’est pas un phénomène isolé. C’est une pratique courante dans le sport professionnel. Le sportif est un homme sandwich obligé d’avoir des résultats sinon c’est la déchéance et le chômage.
                                                                                                                                                                        

TUNISIE : Crise politique après l’assassinat d’un opposant

Chokri Belaïd, porte-parole de l’opposition de la gauche tunisienne, a été abattu le 6 février à Tunis. Depuis des mois, tous ceux qui s’opposent au parti islamiste Ennahda au pouvoir – les militants syndicaux, les femmes refusant les campagnes de « protection des bonnes mœurs » – subissent les agressions des «Ligues de protection de la révolution» composées de militants d’Ennahda et de malfrats. C’est parce qu’il dénonçait ces méthodes que Belaïd a été tué.                                                                Immédiatement, des manifestations et des émeutes ont eu lieu dans plusieurs villes du pays et des locaux du parti Ennahda – accusé de complicité dans l’assassinat – ont été saccagés. L’UGTT – principal syndicat – a appelé à une grève générale pour le vendredi 8 février.                                                                                                                 Devant l’ampleur de la réaction, le premier ministre Hamadi Jebali qui est aussi le n°2 d’Ennahda, a carrément demandé à tous les ministres membres de son parti de quitter le gouvernement. Ce faisant, il a provoqué la colère de sa direction et 3 000 partisans du parti islamiste ont défilé dans les rues pour son maintien au pouvoir. À l’heure où nous écrivons, la situation semble bloquée : les ministres d’Ennahda et des autres partis membres de la coalition gouvernementale ont décidé de «suspendre» leur décision de partir ou de rester…                                                                                             Ce qu’ils attendent ? Tout simplement de voir si la situation se calme d’elle-même. La grève générale a été effective dans toute la Tunisie et des dizaines de milliers de personnes (40 000 selon la police, 1 million selon les organisateurs) ont participé aux funérailles de Belaïd. C’est de cela qu’ils ont peur. De même, les Hollande et Valls qui, en France, prétendent soutenir les Tunisiens révoltés sont des hypocrites. En réalité, ils ont armé moralement les assassins en soutenant ce nouveau pouvoir qui, parce qu’il réinstaure une dictature sociale et religieuse, protège les intérêts des multinationales françaises implantées en Tunisie.                                                                    Faire confiance à ceux qui appellent au calme en attendant de nouvelles élections serait suicidaire. Seule la poursuite du mouvement  pourra permettre non seulement de faire tomber le gouvernement mais aussi permettre aux travailleurs, aux exploités de Tunisie de trouver la voie pour l’instauration d’un pouvoir qui sera le leur.

                                                                                                       


 

                                                                                                                 

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