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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1085 du 16 février 2013/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : CHR Services «Cafés LAVAZZA» en grève

Depuis le mardi 05 février 2013, en passant rue Nobel à Jarry, vous pouvez apercevoir, encadrée par des drapeaux de la CGTG, une douzaine de personnes installées sous une bâche, les protégeant du soleil.                                                                    Ces 12 personnes  sont  les salariés de l’entreprise CHR Services «cafés LAVAZZA», et ils sont tous en grève ; ils réclament :
L’application dans son intégralité de l’accord BINO pour les salariés de Guadeloupe et de Saint-Martin.
L’application dans son intégralité de l’accord du 5 février 2009 pour les salariés de Martinique.
La Revalorisation de l’ensemble des salaires d’un montant de 80€ brut mensuel.
L’Rugmentation de la valeur du ticket restaurant de 2€ avec une participation de l’entreprise à hauteur de 60%. (le ticket a actuellement une valeur de 6 € et la part patronale est de 50%).
La Revalorisation des forfaits de carburants correspondants aux frais de déplacement.
Un nouvel accord d’entreprise sur le 13 mois.
La revalorisation des forfaits d’astreinte.
La mise en place d’un dispositif d’intéressement.  
Il faut savoir que bien que l’entreprise n’ait jamais signé l’accord BINO, elle a appliqué dès mars 2009 le minimum légal à savoir le versement des 50€ pour les salariés concernés. Le but pour les travailleurs aujourd’hui est d’obtenir que l’entreprise s’engage par écrit qu’à la fin du dispositif de RSTA, les salariés  voient intégrer dans leur salaire de base, la somme équivalente à 200€ net.                 
 Les travailleurs  grâce à leur détermination ont  obtenu la promesse d’une augmentation de 60€ brut par mois, 280€ au lieu de 250 pour le forfait carburant, un nouveau mode de calcul du 13 mois, le doublement de la commission des commerciaux.                                                                                                     Mais leur colère a redoublé quand ils ont appris que certaines de ces avancées qu’on leur avait  «vendues» comme de gros efforts consentis de la part de la direction, étaient déjà en application depuis bien longtemps pour leurs collègues de Martinique.                                                                                                                                       La colère à renforcé la mobilisation, et de nouvelles conditions de  reprise du travail de l’ensemble du personnel furent  élaborées, avec notamment le paiement des jours de grèves.


 

 

Guadeloupe-Martinique : Élections Professionnelles

Les élections professionnelles dans les entreprises ne changent rien au sort des travailleurs exploités. Ce n'est que par les luttes, les grèves, la mobilisation que ces derniers ont toujours pu obtenir de véritables avancées. Ces élections donnent souvent l'illusion que dans les organismes paritaires, les travailleurs peuvent  se faire entendre. Non, ce sont les dirigeants syndicaux qui se font parfois entendre, pas les travailleurs de la base.                                                                                                                      
Cependant une minorité de travailleurs participent malgré tout à ces élections, avec ou sans illusion. Leur participation ne peut servir qu'à une seule chose : à jauger l'influence de leur syndicat. Mais en aucun cas ces élections ne peuvent remplacer la nécessité et l'efficacité des luttes.  Les deux articles suivants relatent les élections au Centre Hospitalier Universitaire de la Martinique et à la chambre d'agriculture en Martinique et en Guadeloupe
Au CHU de la Martinique :                                                                                         Lejeudi 7 février environ 5000 agents des 3 sites qui constituent depuis le 1 janvier le CHUM, CHU de la Martinique (CH Mangot-Vulcin du Lamentin, CH de Trinité et CHU La Meynard de Fort de France), ont  voté pour élire leurs représentants aux instances consultatives du nouvel établissement. Dans la fonction publique hospitalière, les personnels sont représentés avec voix consultative dans les CTE (Comité Technique d’Etablissement, équivalent des comités d’entreprise dans le privé), au CHSCT (Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail) et aux commissions administratives paritaires locales (CAPL) qui gèrent les questions liées aux carrières des agents. Pour ces instances, trois syndicats présentaient des listes de candidats : la CGTM, la CDMT et FO.                                                                                                                            Le SASM (Syndicat Autonome de la Santé de Martinique) issu d’une scission avec la CGTM-Santé en Janvier 2012, n’avait pas la possibilité de se présenter. Avec l’UGTM-Santé, syndicat présent au CH de Trinité, il a choisi de faire campagne pour la non-participation à ces élections Le jour du vote, ils ont démarré une grève avec barrage devant les sites de Trinité et du Lamentin. De ce fait plusieurs centaines de salariés ont été empêchés de se rendre aux urnes. Cependant, plus de 50% des agents concernés ont participé aux votes, chiffre équivalent aux précédentes participations aux élections professionnelles.                    Aux résultats des votes, il apparait que dans le nouveau CHUM, les forces syndicales qui se sont exprimées sont pratiquement égales. Les 18 sièges du CTE pour lequel votaient tous les agents (titulaires, stagiaires et contractuels) ont été répartis entre les trois syndicats : 6 pour FO avec 899 voix, 6 pour la CGTM avec 845 voix, 6 pour la CDMT avec 844 voix. De même les 27 sièges des CAPL ont été répartis comme suit : 9 sièges pour FO avec 662 voix, 9 sièges avec 650 voix pour la CGTM et 9 sièges avec 644 voix pour la CDMT. Tandis que chaque syndicat obtient 3 sièges au CHSCT.                                                                    L'élection de cette année s'est déroulée comme en 2011, sur fond de plan d’austérité drastique, d’aggravation des conditions de travail venant des déficits budgétaires. Mais il y a aussi les restructurations et bouleversements dans les services, voulus par le gouvernement et le directeur de l’Agence Régionale de Santé pour faire des économies, en compressant les effectifs avec par exemple la suppression programmée de 888 postes sur les quatre prochaines années.                                                                                                                  Pour s’opposer aux conséquences désastreuses de la politique d’austérité menée dans les hôpitaux par les gouvernants au service des banquiers et autres gros possédants, c’est ensemble que les travailleurs auront à se mobiliser encore pour sauvegarder leurs emplois et améliorer leurs conditions de travail.
A la chambre d'agriculture                                                                                                       Les élections à la Chambre d'Agriculture ont eu lieu, par correspondance, au cours du mois de janvier. Les chambres d'Agriculture font partie des chambres dites consulaires, du même type que les chambres de Commerce. C'est dire que, par nature, on y entend surtout défendre les intérêts des chefs d'entreprise. C'est d'ailleurs à l'un d'eux, réglementairement, que revient la présidence. Mais c'est la seule de ces chambres où sont représentés les salariés, à travers un collège spécifique. Depuis 2008, la représentativité des organisations syndicales est appréciée en fonction des résultats de ces élections. Donc en dépend la possibilité de participer à des négociations d'accords et d'y faire entendre la voix des travailleurs.
L'organisation des élections, dont la responsabilité incombe à la préfecture, a été déficiente : aucune campagne médiatique, listes électorales non à jour, etc. Nombreux sont ceux qui n'ont pas pu voter ou ont vu leur vote annulé par une administration bien tatillonne au stade final du processus électoral. Ceci s'ajoutant sans doute à un certain désintérêt des salariés eux-mêmes vis-à-vis de ces élections. Le faible pourcentage de suffrages exprimés par rapport aux inscrits (16.82%) n'est donc pas une surprise.
En Martinique, les résultats du collège «salariés» ont été les suivants :
CGTM: 54,12% ; 3 élus
UGTM:34,28% ; 1 élu
CGTM-FSM:11,60%; 0 élu
La CGTM est donc majoritaire, en voix comme en sièges. Le tract de campagne de cette organisation se concluait ainsi : « Réduire les conditions de vie des salariés est une vieille obsession patronale et aujourd’hui les  salariés  agricoles sont conscients d’être en plein dans le collimateur des "pwofiteurs".  Leur leitmotiv restant tout pour nous rien pour les autres !!... Voter CGTM c’est dire d’avance que dans les luttes et les négociations locales futures, le Syndicat CGTM des Ouvriers Agricoles  continuera à agir pour faire avancer  les revendications essentielles que sont : le salaire professionnel à 1700 € mensuels ; la retraite complémentaire ; le refus de la précarité ; la retraite à 55 ans à taux plein ; une protection de la santé de haut niveau, de vrais emplois en CDI à temps plein, qualifiés, reconnus et rémunérés ; une couverture conventionnelle renforcée et une amélioration des conditions de travail.»
En Guadeloupe                                                                                                                                   On se demande sil’organisation de ces élections n’a pas été manifestement «sabotée» avec pour but final, de réduire le plus possible la présence d’élus de la CGTG dans le collège3A où on trouve entre autres les ouvriers des plantations de banane.                                                                                                           Ainsi la liste électorale de ce collège date de 1996. On y trouve beaucoup de travailleurs à la retraite depuis des années, ou qui ont été licenciés mais aussi des morts. Les anciens doivent se souvenir de cette pratique courante à une certains époque de faire voter les morts ; et cela devient chose facile avec le vote par correspondance. Mais il y surtout le fait que, comme par hasard dirait-on, les ouvriers de pratiquement toutes les plantations de banane où la CGTG-Banane est le seul syndicat présent et qui plus est avec des élus n’ont pas été inscrits. Par exemple à la SCA-Bois Debout, où les élus sont tous CGTG, seuls 4 travailleurs sur les 170 étaient inscrits sur la liste, car ex-salariés d’autres plantations. Il en est de même pour la SCA-Shangy de Tino Demba, la SCA-Dumanoir etc.. A cela s’ajoute le nombre important de travailleurs qui n’ont pas reçu de documents de vote et à qui la préfecture a demandé de se rendre sur place à Basse-Terre pour voter.Il n’est donc pas surprenant que la CGTG n’ait pas d’élus dans le collège 3A  où l’UGTG obtient 3 sièges. Dans le collège 3B qui regroupe entre autres les travailleurs du Crédit Agricole, Groupama, l'UGTG obtient : 63,3%  des voix et / 3 sièges. La CGTG : 18,72% / 1 siège. Comme toujours, dans l'agriculture comme ailleurs, un vrai coup d'arrêt à l'arrogance patronale et à ses effets dévastateurs sur les conditions de vie de tous, ne pourra venir que de la volonté de lutte et des capacités d'organisation des travailleurs eux-mêmes.


 

 

 

Martinique : L’arrogance des gérants de stations-service !

L’accord signé en février 2012 avait mis en place un calendrier pour le versement des arriérés de salaires qui devait débuter le 30 juin 2012 après signature d’accord-cadre. A ce jour, cet accord-cadre n’a toujours pas été signé et les gérants n’ont tenu aucun compte des propositions faites par les représentants syndicaux.
Ainsi, depuis septembre 2009, les gérants perçoivent de l’argent pour appliquer la convention nationale, mais ils louvoient, tergiversent et cherchent à gagner du temps.
En août 2009, suite au mouvement de février-mars 2009, les employés de stations-service avaient dû mener un mouvement de grève de trois jours, du 17 au 19 août 2009, pour contraindre les gérants à leur verser la prime de vie chère et à accepter d’appliquer une convention collective nationale qui aurait dû l’être depuis… juillet 1990 selon la direction du travail. L’accord signé le 19 août 2009 précisait, d’une part, que l’État leur accordait une revalorisation de leur marge pour appliquer la convention le 31 août 2009 (ce qui fut fait effectivement le 9 septembre 2009), et que d’autre part, le paiement des arriérés de salaires sur la base de cette convention pour une période de cinq ans allant de février 2004 à février 2009 ferait l’objet de négociations entre les syndicats de salariés et le syndicat des gérants.
Entre septembre 2009 et juin 2010, et malgré les nombreuses relances des syndicats de salariés, les gérants et leurs responsables choisirent de faire le mort. Puis les négociations reprirent en repartant de zéro pour adapter la convention nationale à la situation locale.
Bien évidemment, les employés refusèrent tout net et en février 2012, ils se mobilisèrent pour amener les gérants à respecter les engagements pris en août 2009 et à clôturer des négociations sur la classification et la rémunération qui trainaient depuis presque trois ans. Au terme de ce mouvement qui dura quatre jours, un accord fut signé le 10 février et les employés reprirent le travail le 11 février 2012.
En mars 2012, à nouveau, les employés durent se mobiliser durant 14 jours cette fois. C’est que les gérants ne voulaient plus parler de rémunération dans l’accord, mais uniquement de classification. Et pire, ils ne voulaient appliquer la convention nationale qu’à minima. Dans cette lutte entre les salariés et les gérants, ces derniers bénéficièrent du soutien actif du préfet (et des élus politiques), qui refusa de contraindre les gérants à respecter leurs engagements écrits.
Les employés de stations-service ont à plusieurs reprises montré qu’ils pouvaient se mobiliser pour faire respecter leurs droits. Ils se sont d’ailleurs réunis le 27 janvier 2013 à l’appel de la CGTM Produits Pétroliers pour faire le point et les participants ont clairement fait savoir, avec raison, qu’ils entendaient se donner les moyens pour obtenir leur dû.
 

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