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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1085 du 16 février 2013/Première page

Première page

Editorial: Après le vote sur le « mariage pour tous » à l'assemblée nationale

L’assemblée nationale a voté en première lecture le projet de loi sur le mariage homosexuel.  On a entendu la droite  et l'extrême droite, ainsi que les religieux des diverses chapelles  multiplier les déclarations outrancières et ridicules. Pour tous ces bons apôtres, la société reposerait sur la cellule sacrée constituée d'un père d'une mère et de leur progéniture. Non seulement ils ne vivent pas dans le monde réel, mais ils parlent d'un monde qui n'a jamais existé que dans leurs préjugés. Les formes de famille sont aussi nombreuses que  les sociétés et s'il faut bien jusqu'à ce jour un homme et une femme pour fabriquer un être humain, la façon de l'élever, de l'aimer et d'en faire un adulte responsable est éminemment variable.
Le mariage est avant tout un contrat civil, portant sur des questions de propriété, de responsabilité et d'héritage.
Les militants révolutionnaires dont ceux de Combat Ouvrier qui combattent le capitalisme et la société bourgeoise ne peuvent qu’être  opposés en même temps à cette institution bourgeoise qu'est le mariage. Ils sont contre unetelle institution même si dans la société actuelle une telle institution peut constituer une relative protection notamment pour la femme et les enfants. Les militants communistes révolutionnaires défendent l'union libre des couples, qu'ils soient hétéro ou homosexuels. Et c'est cette forme d'union qui deviendra certainement la règle dans une société débarrassée de l'exploitation et des préjugés.
Mais les révolutionnaires communistes  comprennent aussi que dans la société d'aujourd'hui où existent certains droits qui dépendent de l'institution du mariage, deux personnes puissent vouloir s'unir par un tel contrat de mariage. Alors, quelles que soient les raisons qui les motivent, qu'ils soient hétéro ou homosexuels, ils doivent être libres de le faire et la loi doit pouvoir rendre leur choix possible par le "mariage pour tous".
Bon nombre de députés d'Outre-mer, y compris de gauche ont préféré, pour ne pas se couper de leur électorat, aller dans le sens des préjugés qui courent encore nombreux dans la population sur cette question. Plus que le mariage pour tous, c'est "l'homophobie" qui demeure encore tenace dans cette population alors même que, de plus en plus, courageusement, bon nombre d'homosexuels affirment leur choix sexuel au grand jour et ne veulent plus  ni en avoir honte ni  souffrir en cachette de la vindicte populaire. Le Parti communiste guadeloupéen déclare qu'il y a des problèmes bien plus urgents que le mariage pour tous comme "la priorité à, l'emploi des Guadeloupéens en Guadeloupe "etc. Le Parti communiste martiniquais lui, reprend par la bouche de l’éditorialiste de Justice,  la position du député Nestor Azérot sur « la spécificité de la situation Outre-mer liée à l’esclavage »!! ??  Une manière pour les deux Partis  de ne pas prendre position ou de masquer à peine une position contre" le mariage homosexuel".
Ce qui est dangereux pour les enfants c'est de laisser perdurer ce monde d'injustice, de misère, de chômage, de racisme et d'obscurantisme, celui que défendent bien des politiciens réactionnaires, conservateurs de droite et de gauche, celui que défendent toutes les religions. Mais ce qui est dangereux pour les enfants n'est pas d'être élevés par des couples d'homosexuels contrairement à toutes sortes de préjugés qui affirment le contraire.
Notre société baigne dans les préjugés, comme par exemple celui que cette société ne pourra jamais changer, qu'il y aura toujours des riches et des pauvres, que c'est dans la nature des hommes etc. etc.  Le système politique et social dominant, ce système de classe  de l'époque du capitalisme et de la bourgeoisie,  fait tout pour entretenir de tels préjugés.  Lutter contre un tel système d'oppression à l'aide d'un programme politique communiste et révolutionnaire c'est aussi se battre  pour débarrasser la société de tous les préjugés réactionnaires, de toutes les inégalités, et donc celles qui frappent les homosexuels.
 
 


 

ÎLE DE LA REUNION : Manifestation de colère des chômeurs de Saint Louis... et justice de classe

( Nous publions ci dessous un communiqué de nos camarades de Lutte ouvrière de la Réunion)
Les jeunes qui ont manifesté en l’espace de quelques jours à Saint Benoît, à Saint Pierre, au Chaudron et dans les quartiers de Bellevue et de la Palissade à Saint Louis pour exiger un emploi ont eu mille fois raison.                                          
Ceux de Saint Louis, en une journée de barrage de routes, ont contraint le maire de la commune à s’engager sur l’embauche d’une vingtaine d’entre eux en contrats aidés.     Ces fameux emplois dits d’«avenir» que le gouvernement a promis mais qui tardent à venir !                                                                                                                    
Sur les 5000 prévus pour la Réunion seuls 200 ont été signés !                                   
Certaines collectivités, notamment la Région se refusent à recruter sous prétexte d’incapacité à financer les 25% à la charge de l’employeur.                                                 
À la Réunion 22 500 jeunes de moins de 25 ans sont sans emplois.                             
Quand bien même l’État tiendrait sa promesse de 5 000 «emplois aveni
r» 17 500 jeunes resteront sur le carreau !                                                                                        
C’est un travail pour tous qu’il faut !                                                                             
Lutte Ouvrière dénonce également la condamnation de ce père de famille de Saint Louis, qui a quatre enfants et est au RSA, à 10 mois de prison ferme pour avoir tronçonné quelques arbres.                                                                                                 
La justice a été beaucoup plus clémente à l’égard du sieur Bernard de Palmas, un des plus gros propriétaires de l’île, qui est ressorti libre du commissariat alors qu’il vient de défricher 22 hectares de terre bousillant au passage 47 espèces végétales, dont 30 endémiques, obstruant de nombreux cours d’eau avec risque d’érosion accru et d’inondation pour les populations des bas de Sainte Marie.  Voilà comment la justice assomme un travailleur condamné à la misère, qui revendique le droit de vivre dignement, et est d’une scandaleuse indulgence avec un capitaliste voyou. Liberté et justice pour le manifestant de Saint Louis !


 

Menaces sur les lycées professionnels

Zoom Une première journée de grève a eu lieu pour défendre l’enseignement professionnel le 23 janvier, jour de la présentation en conseil des ministres du projet de «Loi de programmation et de refondation de l’École». La mobilisation n’a été que peu suivie. Pourtant, c’est une véritable casse des lycées professionnels qui est programmée par le gouvernement.                                                                                                                            Dans le projet de loi, on trouve en effet un article qui prévoit : « Chaque année, et après concertation avec les branches professionnelles, la Région recense par ordre de priorité les ouvertures et les fermetures qu’elle estime nécessaires de sections de formation professionnelle initiale dans les établissements d’enseignement du second degré ».                                                                                                                                   En clair, les lycées professionnels ne seront plus pilotés par l’Éducation nationale, mais par les différentes Régions, directement sous l’influence des lobbys patronaux locaux. On imagine déjà ce que cela pourrait donner aux Antilles, où le patronat a toujours préféré empocher des subventions diverses et variées plutôt que de se soucier d’un quelconque développement.                                                                                                 Le candidat Hollande avait fait campagne sur la priorité à l’éducation. L’un des objectifs affichés de la loi est même la « réduction des inégalités sociales et territoriales ». Toutes ces belles promesses hypocrites montrent maintenant leur vraie nature. Si la loi est votée en l’état, les lycéens des Régions riches auront une petite chance de recevoir une formation de qualité. Ceux des Régions pauvres, et singulièrement les nôtres, seront sacrifiés aux intérêts à court terme du patronat.

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