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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1087 du 15 mars 2013/Deuxième page

Deuxième page

France : PSA, les grévistes s'invitent dans le saint des saints

Pour rappeler à l'autre camp que la grève reste bien vivante, vendredi 8 mars, les travailleurs en lutte ont investi par surprise le siège de l'UIMM, le syndicat patronal de la métallurgie dont le président est Saint-Geours, l'homme de confiance de la famille Peugeot. Les grévistes ont apprécié le luxe des bureaux, de l'épaisseur de la moquette aux WC dessinés par un designer de renom. Et c'est dans la salle qui abrite d'habitude les réunions au cours desquelles les patrons décident des licenciements et des sacrifices qu'ils veulent imposer, que les grévistes ont fait leur assemblée générale. Même quand les gendarmes mobiles sont venus les déloger, c'est fièrement, en manifestation, qu'ils ont quitté les lieux. Et ils pouvaient être satisfaits d'avoir une nouvelle fois déjoué la police et les RG qui les suivent en permanence.

 
 

Martinique : Épandage aérien de produits toxiques, nouvelle dérogation au mépris de la population

Zoom Le 26 février 2013, le Préfet de Martinique a signé un nouvel arrêté portant dérogation pour un an à l’interdiction de l’épandage aérien de produits phytosanitaires pour la lutte contre les cercosporioses noire et jaune dans les cultures de la banane. Plus de 20 communes et 163 quartiers, de St Pierre au Vauclin, sont concernés par l’épandage aérien de ces produits toxiques.
Quelques jours plus tôt, le samedi 23, une manifestation était organisée à Fort de France par le  Collectif contre l’épandage aérien et l’empoisonnement des Martiniquais, le CCEAEM, et regroupait près de 500 manifestants. Le lobby du groupement de planteurs banamart a donc eu gain de cause grâce au représentant de l’Etat au service des profiteurs.                                                                                                                               Ces gens-là continuent à afficher ainsi leur mépris pour les ouvriers agricoles et pour toutes les populations concernées.
Cette dérogation comme l’arrêté interministériel du 31 Mai 2011sont entachés d’hypocrisie et de mensonges. On y parle de dérogation limitée «pour les zones autorisées, suffisamment éloignées des habitations protégées et jardins, des élevages, des cours d’eau et des zones naturelles protégées, mais aussi pas d’épandage à moins de 50 mètres des zones habitables. Et de s’assurer qu’il n’y aura pas de pluie dans les 24 heures etc, etc. ». Aujourd’hui, c’est un an de dérogation qui est accordé, demain ce sera peut être 10 ans. Et après on comptera les morts peut-être !!!
Cependant, pas plus tard que la semaine dernière, les téléspectateurs ont pu voir, durant le journal télévisé de Martinique première, une habitante du Nord Atlantique se plaindre contre cet épandage aérien. « Le champ de banane disait – elle, se trouve à peine à une dizaine de mètres de ma maison et de mon jardin. Je suis arrosée périodiquement par ce pesticide répandu par hélicoptère. A tel point que tout mon jardin et les alentours de ma maison sont recouverts par cette huile toxique ». Ou un autre habitant s’en prenant au préfet pour lui dire «pourquoi il ne vient pas habiter dans mon quartier avec sa femme et ses enfants où je suis arrosé par ce poison ? »
Alors tous ces arrêtés interministériel, régional ou préfectoral concernant les soi-disant limites à ne pas dépasser, les distances des zones habitables à respecter, ne sont que du vent pollué et du mépris pour la population de la Martinique. Avec pour seul objectif : protéger les profits des capitalistes locaux.
 

Loi contre la vie chère : Les prix auront du vent dans les voiles !prochain

Le "bouclier qualité prix" qui s'inscrit dans le cadre de l'article 15 de la loi de «régulation économique Outre-mer» du ministre V. Lurel, entre en vigueur à la mi-mars. Dans les grandes surfaces participantes c'est le total des prix de 101 produits – 100 seulement en Guadeloupe – (ou moins selon les enseignes) qui sera plafonné. Le rabais serait de l'ordre de 10,5 %, mais sans qu'un produit, pris individuellement, soit forcément moins cher qu'avant. Donc l'application de cette mesure sera sans contrôle possible des consommateurs. Et encore ces derniers devraient, pour en bénéficier, choisir et trouver, dans les rayons, des produits bien précis (margarine en conditionnement de 900g – mais 500g en Guadeloupe, jambon de Paris en 8 tranches pour 360g – mais 4 tranches en Guadeloupe, etc.).
L'article 15 de la loi confirme également la possibilité déjà donnée à l’Etat par la loi “Jego” (LODEOM, Loi pour le développement économique des Outre-mer) de réglementer les prix des produits de première nécessité. Cette faculté n’a jamais été mise en œuvre ! En quoi sa confirmation pourrait-elle faire espérer que ça change ?
Les effets des autres articles de la loi se feront, eux aussi, attendre encore longtemps.
L'article 5 prévoit bien l’interdiction des accords aboutissant à l’octroi de droits exclusifs d’importation mais sa portée est bien limitée par l'exclusion des accords «fondés sur des motifs objectifs tirés de l’efficacité économique...».
Les articles 10 et 12 prévoient le renforcement des pouvoirs de l’Autorité de la concurrence qui pourra faire annuler des contrats ou s’opposer à des projets anticoncurrentiels. Là encore, elle «pourra» peut-être, mais seulement si elle en a la volonté ; et comment compter là-dessus, quand V. Lurel lui-même a déclaré au sujet des exclusivités d'importation : « Elles sont en train de se défaire et on le vérifiera très bientôt. Nous avons quelques contacts avec certaines entreprises qui doivent défaire ce qui a été fait pendant des décennies, revoir des liens commerciaux, des exclusivités qui leur avaient été octroyées et ce n'est pas simple. Nous le faisons dans un esprit de concorde. Il ne faut pas stigmatiser les entreprises... ».
Ne pas stigmatiser ! Alors que selon l’avis rendu en septembre 2009 par l’Autorité de la concurrence les marges commerciales sont abusives, «souvent supérieures à 40 % » !
Au vu par exemple de l'énergie que déploie actuellement le ministre pour assurer à quelques familles bien connues le droit de continuer les épandages aériens de pesticides, personne n'a effectivement d'illusion sur le fait qu'il pourrait faire reculer les requins de la "pwofitasyon". G.B.H (Groupe Bernard Hayot), Huygues-Despointes, Ho-Hio-Hen, etc., ne seront pas bousculés.
En attendant, les prix n’arrêtent pas d’augmenter. Bref, cette loi, c'est du vent !
Pour ne pas subir, et toujours subir, les hausses et la vie chère, il est impératif que les travailleurs, et toute la population laborieuse exigent que les salaires, les retraites et tous les minima sociaux augmentent au même rythme que les prix.

L'affaire du Crédit Martiniquais : "Selon que vous serez puissants ou misérables les jugements de Cour vous rendront noirs ou blancs"... ou ... deux fois plus "blancs"

Ce titre qui est un adage de Jean de La Fontaine conviendrait tout à fait au jugement rendu dans l'affaire du Crédit Martiniquais, avec l'additif ajouté par nous !
Condamnés en première instance à des peines d’amende et de prison par le Tribunal correctionnel de Fort de France après 14 années d’instruction et de procédure, d’anciens responsables du Crédit Martiniquais avaient fait appel. Ils estimaient qu’ils n’étaient, ni coupables, ni responsables de la déconfiture de la banque. Ce petit monde était poursuivi pour abus et recel de biens sociaux. Le procureur avait estimé que la banque s'était engagée auprès de certains actionnaires ou de certains investisseurs «d'une manière totalement déraisonnable». L’instruction a mis en lumière de nombreuses pratiques qui montraient que cette banque était utilisée comme la vache à lait de certains.
La Cour d’appel a rendu son verdict en février 2013. Tous ont été «blanchis »(!), c’est le moins que l’on puisse dire, par cette juridiction.
Charles Rimbaud, un des békés poursuivis, s’est exprimé en disant son soulagement et surtout sa satisfaction dans la justice de son pays après l’annonce du verdict le déclarant innocent et le mettant hors de cause.
Comme on le comprend ! Le procureur n’avait pas compris que cet établissement, c’était leur banque, leur affaire et qu’il n’y avait pas lieu de leur demander de rendre des comptes.
«Circulez, y a rien à voir» a dit la Cour d’appel en rendant sa décision, confirmant (consacrant) ainsi cet adage local : «béf bétché an kann bétché, pa ni priz » (le boeuf du béké dans le champ de canne du béké n'a pas de prix).

Guadeloupe : Rebelle ! en procès

Mercredi 13 mars avait lieu le procès des camarades Sony Laguerre et Raphaël Cécé, animateurs du journal étudiant et lycéen Rebelle ! et militants de Combat Ouvrier. Ils sont accusés pour l’un de «coups et blessures» et pour l’autre de «menaces» sur policiers lorsque les agents de la compagnie d’intervention de Pointe-à-Pitre ont chargé un rassemblement pacifique devant le commissariat de Pointe-à-Pitre, le 18 mai dernier.
Pour les soutenir, 200 personnes : une centaine de lycéens, d’étudiants, de parents et d’amis, mais aussi une centaine de militants de la CGTG et de travailleurs en lutte venus faire entendre leurs revendications et soutenir la liberté d’expression de la jeunesse.
Au son des slogans de Rebelle ! et des tambours de la CGTG, le procès s’est étalé de 8h à 18h sans qu’aucune preuve n’ait été apportée – et pour cause ! – de la culpabilité de nos camarades. Cela n’a pas empêché le procureur de réclamer 4 mois de prison avec sursis pour Raphaël et d’imposer à Sony un choix empoisonné entre de la prison ferme ou 7 mois de sursis avec 105 heures de travaux d’intérêt général. Cela n’a pas empêché le juge de sommer Sony de choisir tout de suite entre les deux. Avant même que ses avocats n’aient eu la parole. Comme quoi dans la tête de ce juge tout était déjà «plié» et il n’avait même pas besoin d’écouter les arguments de la défense ! Sony, bien sûr, a affirmé que ce choix était inacceptable vu qu’il est innocent. Le verdict est renvoyé au 17 avril prochain à 8h.
Voilà bien la justice bourgeoise, la justice de classe, la justice coloniale.

Classement Forbes des milliardaires : Les pyramides du capital

Nous publions ci-dessous, un article de nos camarades de Lutte Ouvrière
Le magazine américain Forbes vient de publier son classement annuel des milliardaires. On y apprend sans surprise qu'il y a deux cents heureux élus de plus cette année et que ces 1 426 magnats détiennent collectivement 5 400 milliards de dollars, soit 17 % de plus que l'an passé.
Ces 5 400 milliards de dollars représentent le dixième du PIB mondial, autrement dit de la valeur annuelle du travail de toute l'humanité. S'il ne s'agissait que d'entretenir volontairement ce millier de familles parasites, comme les paysans entretiennent une ou deux bêtes de concours en marge de leurs troupeaux, cela serait certes cher, mais après tout supportable.
Mais il en va du gavage des milliardaires comme de celui des pharaons de l'Égypte ancienne : toute la société est organisée dans ce but. Pour qu'un dollar puisse entrer dans leurs coffres, il faut que des centaines de millions d'exploités triment, que des usines ferment, que les politiques d'austérité soient appliquées sans relâche. Il faut aussi, en conséquence, que des régions entières soient soumises à la famine, à la guerre, à la barbarie. Il faut accepter que les trois activités les plus rentables de leur économie soient l'usure, la vente d'armes et le trafic de drogue. Il faut des millions d'hommes en permanence sous les armes, des dictatures, des répressions, des travailleurs assassinés, des grévistes mitraillés.
Ni la charité, ni l'impôt, ni aucune soi-disant meilleure répartition des richesses ne pourront changer quoi que ce soit tant que le système de propriété restera debout. Il faudra une révolution sociale, avec l'établissement de la propriété collective des moyens de production, pour mettre un terme à cette ignominie.
Alors, on visitera les châteaux de Liliane Bettencourt, neuvième du classement, première femme et première Française, comme on visite aujourd'hui les pyramides.

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