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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1087 du 15 mars 2013/Première page

Première page

Editorial: Plus de pouvoir local ? Eh bien que les travailleurs en prennent aussi pour eux-mêmes !

"Le congrès des élus départementaux et régionaux de  la Guadeloupe" du vendredi 15 mars aura commencé la veille de la parution du journal. Nous ne pourrons le commenter que dans notre prochain numéro. Mais déjà, on en parle comme d'un événement majeur en ce qui concerne les débats qui s'y dérouleront autour de la question du changement de statut de l'île.
En Martinique et en Guyane, la population a déjà voté lors d'un référendum pour la constitution d'une assemblée  unique  remplaçant les actuels conseils régionaux et généraux. En Guadeloupe, un référendum devrait aussi avoir lieu sur cette question. Trois positions principales semblent émerger. Premièrement,  celle des partisans d'une assemblée unique soumise à référendum local et défendue par Jacques Gillot (président du conseil général de Guadeloupe) et les siens. Deuxièmement, celle des partisans d'attendre et de suivre l'acte 3 de la décentralisation qui devrait être publié sous peu concernant toutes les régions françaises d'Outre-mer et de la dite "métropole", défendue par Lurel, ministre de l'Outre-mer et Madame Borel Lincertin qui le remplace à la présidence du conseil régional. Troisièmement celle des partisans très minoritaires d'une large autonomie avec possibilités de voter des lois (article 74 de la constitution).
Ce "congrès", ces débats ont lieu sur fond de prochaines élections municipales de 2014 et régionales de 2015. Et surtout 2015 car c'est là que sortiront des urnes les nouveaux élus des nouvelles collectivités, un nouveau président dans les deux îles. Tous les politiciens et les partis se positionnent déjà en Martinique comme en Guadeloupe pour aller à la mangeoire. Mais ce beau monde n'a que faire des intérêts fondamentaux des travailleurs et de la population. Lorsqu'il fait mine de s'y intéresser ce n'est que pour tenter de désamorcer un mécontentement latent et d'éviter de nouvelles explosions sociales.
 Alors, quel que soit le changement de statut qui sortira de ces sempiternelles discussions, rien ne changera vraiment pour les travailleurs et la population laborieuse si eux-mêmes ne se battent pas avec acharnement pour améliorer leur sort. Et  c'est de cette façon que les travailleurs auraient intérêt à intervenir, à s'inviter dans ces débats, y compris à l'extérieur des murs de ce " congrès" dans lequel ils n'ont aucun véritable représentant pouvant parler en leur nom, à moins qu'ils pénètrent en masse à l'intérieur pour  faire entendre leur mécontentement, leur colère à la face de ce beau monde politicien. Et si des travailleurs parviennent ce jour là à se faire entendre d'une manière ou d'une autre, ce serait une bonne chose.
L'absence d'un parti ouvrier révolutionnaire représentant les intérêts des travailleurs et de la population laborieuse ne prive pas cependant de moyens de se battre tous les travailleurs et les opprimés. En attendant qu'ils puissent eux-mêmes prendre le pouvoir, ils peuvent crier si fort aux oreilles des politiciens et du patronat exploiteur que ces derniers soient obligés de tenir compte de leurs revendications. En apparaissant comme une menace pour l'ordre des capitalistes qu'aucun de ces élus, aucun, ne veut vraiment remettre en cause, les travailleurs peuvent se faire respecter en Guadeloupe comme en Martinique.
 Puisqu'il s'agit d'avoir plus de pouvoir local, quel que soit sa forme administrative, eh bien que les travailleurs se positionnent aussi. Qu'ils prennent pour eux-mêmes aussi plus de pouvoir dans les luttes. Prendre une parcelle de pouvoir, c'est  déjà celui de se faire entendre, et d'imposer sa voix et que rien ne se fasse sans qu'ils se fassent entendre avec force par les politiciens et le patronat !
Léon Trotsky avait une belle image pour traduire cette politique. Il parlait de " la politique du revolver sur la tempe de la bourgeoisie".
 

Guadeloupe : Une journée de mobilisation réussie

Combat Ouvrier avait appelé ses militants, sympathisants et les travailleurs à participer à la journée de mobilisation  lancée par  la CGTG, le mercredi 13 mars.
Il s’agissait de protester contre les nouvelles attaques des patrons et du gouvernement contre les salariés : la nouvelle remise en cause annoncée des retraites, les licenciements qui perdurent, les économies toujours plus importantes qui sont effectuées sur le dos des plus pauvres, le pouvoir d’achat qui continue de fondre, l’incertitude du lendemain dans laquelle sont plongés des milliers de travailleurs.
Il était important aussi, ce jour-là, de soutenir les travailleurs en grève ou en mobilisation dans plusieurs secteurs. Les moniteurs des auto-écoles revendiquent depuis de longs mois la mise en place d’une convention collective dans leur secteur d’activité. Ce mercredi, ils ont encore une fois bloqué le centre d’examen du Raizet. Distribution de tracts et explications aux élèves ont rythmé la journée.
Une centaine de travailleurs se sont rassemblés aussi devant le tribunal de Pointe à-Pitre dès 8 heures du matin pour manifester leur soutien aux jeunes de Rebelle ! convoqués ce jour là devant le tribunal correctionnel. Les ouvriers grévistes de la banane de chez Morand étaient présents. Cela fait plus de deux mois qu’ils sont en grève pour l’application  de la prime de fin d’année et le respect de tous les accords signés par Morand.
Des délégations de plusieurs secteurs se sont retrouvées au rassemblement : ceux de l’Énergie, de France Télécom, de l’Hôtellerie ou des Banques étaient les mieux représentés. Les militants ont campé toute la journée, au son du tambour, criant et chantant des slogans. Des prises de paroles ont permis d’expliquer les raisons du procès des jeunes à ceux qui n’étaient pas encore informés.
À la sortie des deux jeunes, de nombreux militants avaient tenu à être présents pour les entendre. La répression, loin d’entamer le moral de ceux qui étaient là, n’a fait que renforcer les liens entre ces jeunes, les militants de la CGTG  les militants syndicaux présents comme ceux de la FSU, de l'UGTG ou ceux des organisations politiques comme Combat Ouvrier, le PCG, etc.
 
 

 

Martinique : Bouclier qualité prix : V. Lurel aveugle et sourd !

Zoom Victorin Lurel, alors président du conseil régional de la Guadeloupe  avait été très critique en son temps à l'égard du LKP et du mouvement de février-mars 2009 contre la vie chère. Mais après la victoire de Hollande en mai 2012, il a été fait ministre des Outre-mer et depuis a été à l’origine d’un texte sur la régulation des prix Outre-mer.
Dans un entretien publié le 4 mars 2013, il a déclaré à propos de son «bouclier qualité-prix» qu’ «on a entre 10 et 13% de baisse des prix». Puis à une question sur les carburants il a répondu : « Aujourd'hui, si ce n'est la dernière hausse de 5 a 6 centimes selon les carburants, on a, à peu près, les mêmes prix qu'il y a dix ou douze mois. Mais il faut revoir le décret. J'estime que les marges sont trop importantes».
«Si ce n'est la dernière hausse de 5 à 6 centimes selon les carburants... » Curieux raisonnement ! Lurel cherche à endormir la population. En réalité, les compagnies remplissent leurs coffres !
Lurel semble avoir oublié que c’est justement le prix des carburants qui avait mis le feu aux poudres en 2008. 
Les compagnies pétrolières dont TOTAL viennent de déclarer avoir réalisé des milliards d’euros de profits en 2012 et en espèrent autant sinon plus en 2013.
«J’espère que ce sera répercuté sur les prix, j’attends que tout le monde soit d’accord, On négocie depuis de longs mois pour qu'on ne dise pas qu'on a imposé les choses, etc.». En fait, V. Lurel et le gouvernement français montrent bien toute leur impuissance complice face au grand patronat.
 A propos des salariés du secteur pétrolier, donc notamment les pompistes, Lurel déclare qu'ils doivent participer à l' «effort pour le pouvoir d'achat». Il évoque des baisses de salaire ...
En 2009, c’est la mobilisation de la population contre les profiteurs qui a permis d’obtenir des baisses de prix sur les carburants et bien d’autres produits ainsi que des augmentations de salaire. Il faudra bien le rappeler un jour à Lurel et ses compères par d'autres mobilisations.



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