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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1083 du 19 janvier 2013/Quatrième page

Quatrième page

27 janvier 1973, il y a 40 ans, la fin de la guerre du Viet Nam

La décision du gouvernement français d’intervenir militairement au Mali vient une nouvelle fois rappeler comment l’impérialisme, qu’il soit français, américain ou autre, entend faire régner sa loi sur le reste du monde. Selon les boniments que nous servent ses porte-parole, relayés par une partie de la presse, ces interventions militaires, ces guerres auraient pour but de sauver une population d’un pouvoir islamiste ou d’une quelconque dictature. Mais la réalité est tout autre : leur objectif est de préserver la domination d’une de ces puissances sur une région du monde qu’elle considère comme sa zone d’influence, sa propriété. 
Vers la création de la «république démocratique du Nord-Vietnam»
Dans le cas du Viet Nam, la guerre déclenchée par les États Unis en 1965 par des raids sur le Nord Viet Nam, s’acheva en 1973. Les États Unis n’avaient pas d’intérêts économiques particuliers au Viet Nam. Ce pays, qui fit partie de «l’Indochine», colonie française, avait été occupé par le Japon durant la seconde guerre mondiale. Après la défaite du Japon, le Viet Minh (armée nationaliste contre la colonisation française) s’empara de Hanoï, créant «la République démocratique du Nord Viet Nam», qui déclara son indépendance en 1945. L’impérialisme français déclencha alors la première guerre du Viet Nam, qui dura près de dix ans et s’acheva par la capitulation française suite à la bataille de Dien Bien Phu. Le Viet Nam se trouva dès lors partagé en deux zones : la République du Viet Nam au sud, dont le régime était soutenu par les USA, et «la République démocratique du Viet Nam», au nord, dirigée par Hô Chi Minh et le Viet Minh. Comme ce fut le cas pour Cuba et le régime castriste, les USA refusèrent de reconnaître le pouvoir Nord Vietnamien, qui se tourna vers le soutien de l’URSS et de la Chine. Ainsi, l’origine de l’intervention militaire américaine et de la guerre longue et terriblement meurtrière qui s’ensuivit, se trouve dans "la guerre froide" qui opposait alors les deux blocs, USA et URSS  (Union des républiques socialistes soviétiques -fédération issue de la révolution russe- puis dirigée par la bureaucratie stalinienne).
Selon la politique dite du «containment», le pouvoir américain cherchait à éviter par tous les moyens le basculement de pays de sa zone vers celle de l’adversaire, l'URSS.
Du Viet Minh au Viêt-Cong 
Mais la dictature qu’il soutenait au Sud Viet Nam engendra une forte hostilité dans la population et en 1960 fut créé le Front de Libération nationale du Sud Viet Nam, le «Viet Cong». Celui-ci, comme le Viet Minh était un mouvement nationaliste dirigé par un parti stalinien se disant communiste. En 1961, le président américain Kennedy décida de renforcer la présence militaire américaine au Sud Viet Nam, puis, suite à un processus de détente vis-à-vis de l’URSS, envisagea un retrait progressif. Kennedy fut assassiné en 1963. Le nouveau président Lyndon Johnson suspendit le retrait et renforça les troupes. En 1970, le président Nixon déclencha à son tour une intervention militaire au Cambodge, dans le but de couper la  «piste Hô Chi Minh», empruntée par les forces Nord Vietnamiennes.
La guerre du Viet Nam débutée en 1965 dura donc 8 ans et fit un million et demi de morts. Les États Unis larguèrent sur ce petit pays 7,08 millions de bombes. Les populations civiles furent décimées par les bombes, les tirs, le Napalm qui déclenchait des incendies dévastateurs. Mais face à la farouche résistance de la population, les États Unis durent finalement reculer.
Victoire du Viet-Cong 
Le tournant  décisif de la guerre  fut l'offensive du têt (le nouvel an vietnamien) le 31 janvier 1968. Les troupes Viet Cong pénétrèrent à Saigon et infligèrent de lourdes pertes aux forces américaines.
Sur le territoire américain, l’opposition à la guerre se renforçait, relayée par le mouvement populaire noir des droits civiques. Les États Unis s’étaient enlisés dans une guerre coûteuse et finalement impopulaire qui faisait de nombreux morts parmi les soldats américains. Les accords de paix furent signés à Paris en janvier 1973. Le retrait total des USA fut opéré le 29 mars de la même année.
L'impérialisme , ses guerres et risques de guerre partout
Quelque 30 ans après, la cuisante défaite américaine au Viet Nam étant déjà lointaine, les États Unis se sont lancés sous des prétextes divers dans des guerres et interventions militaires en Afghanistan, commencée en 2001, en Irak, de 2003 à 2011, au Pakistan, en 2004, en Lybie, en 2011. Ces interventions ont été soutenues et épaulées par d’autres impérialismes, dont la France (sauf en Irak).  Cette dernière, qui vient d’intervenir au Mali, a des troupes armées présentes dans plusieurs pays d’Afrique : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Tchad, Djibouti, prêtes à intervenir contre les opposants aux régimes qu’elle soutient, voire aux populations en cas de révolte contre ces dictatures.
 Dans tous les cas, ces guerres se soldent par des quantités de  morts parmi les populations civiles, des pays dévastés, et un chaos total après la fin théorique du conflit. Mais rien de tout cela ne préoccupe l’impérialisme fauteur de guerre : la défense des intérêts des grandes sociétés capitalistes et la préservation de ses chasses gardées passent avant tout.


 

                                                                                                                 

Fort-de-France : Mariage pour tous, la réaction manifeste "en famille"

A l'appel de la Fédération des Associations Familiales Catholiques de la Martinique, environ 1400personnes se sont rassemblées, dimanche 13 janvier, à Fort-de-France,contre le projet de loi du «mariage pour tous». Adossés aux portes de la cathédrale, une quinzaine d’orateurs se sont succédé. M. Méranville, archevêque de Fort-de-France, Fred Michel Tirault, candidat UMP aux dernières législatives, R. Occolier, maire du Vauclin, et bien d'autres, étaient ensemble prétendument pour «défendre la famille».
Si c'était vraiment le cas, ces personnalités appelleraient depuis longtemps à la mobilisation contre le chômage et ses responsables du gros patronat, qui menacent vraiment la famille, contrairement à l'évolution du droit du mariage, en faveur des homosexuels.
Quant au droit «séculaire» des enfants à être élevés par «un père et une mère», ces manifestants là préfèrent oublier que ce «droit» a été bien souvent foulé aux pieds dans l'histoire. Et ils oublient aussi que la logique de cette position remettrait en cause le divorce, l'adoption ou même le droit de la femme à concevoir sans autorisation préalable de l'administration.
Les motivations réelles des organisateurs de ces manifestations sont diverses mais on y distingue sans trop de peine, quoiqu'ils s'en défendent, le rejet des homosexuels, femmes ou hommes, qui pourraient, selon eux, à la rigueur, être tolérés, mais pas être sujets de droits à part entière. Et enfin, derrière cette manifestation, il est évident que pour certains, on utilise «le mariage pour tous» pour mettre en difficulté le gouvernement actuel. Car, bien que ce dernier multiplie les gestes en faveur du patronat et de la grande bourgeoisie, beaucoup de bigots de la droite passéiste et réactionnaire se retrouvent sur ce terrain purement politicien.

 

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Haïti : Une lueur d’espoir après le séisme ?

Trois ans après le tremblement de terre du 12 janvier, 168 haïtiens qui tentaient  d’entrer aux Bahamas  ont été interceptés le 6 janvier  au large de Nassau. Ils ont été ramenés au Cap-Haïtien par les gardes côtes américains. Certains d’entre eux disent que c’est ce moyen qu’ils ont trouvé pour faire face à la situation d’oppression qu’ils subissent et que leur prochaine tentative sera la bonne.
Ils ne supportent pas que 360 000 pauvres vivent encore dans des abris de fortune et qu’un million soit retournés dans les bidonvilles après avoir passé deux années sous les tentes. Les quelques programmes de relogement, promis par le gouvernement, tels le programme qui devait permettre à des gens de 16 camps de retourner dans leurs quartiers  respectifs au nombre de six (le programme 16/6 vanté par Martelly) et les expulsions forcées, n’ont permis visiblement qu’à débarrasser les places publiques.
Le choléra est omniprésent et chaque intempérie est une catastrophe annoncée avec de nouveaux  patients qui ne peuvent être soignés faute de centres de soins. Ils ont été fermés car la politique de santé du gouvernement ne les finance plus.
Les ONG se sont désengagées et l'aide humanitaire à Haïti représente avant tout des occasions d'affaires pour les entreprises des pays donateurs. Les banques, comme la centrale d’Haïti (BRH), ont retrouvé des finances florissantes et leurs réserves augmentent. Les riches deviennent plus riches et proposent la reconstruction touristique comme un avenir pour le développement d’Haïti, un avenir où ils trouveront leurs bénéfices immédiatement.
 Trois ans après le tremblement de terre ce sont les ouvriers de la zone industrielle de Port au Prince qui donnent une lueur d’espoir aux travailleurs d’Haïti. Ce sont eux qui ont tenu tête aux patrons de la zone industrielle, les Apaid, Baker, Brandt ou Madsen, en faisant grève pour appliquer le réajustement du salaire minimum à 300 gourdes promis par le gouvernement. Les patrons ont répliqué par des licenciements ou en accélérant les cadences, mais cela n’a pas découragé ceux qui sont prêts à se battre pour défendre leur droit à la vie.
Dans Haïti en ruine l’espoir passe par la lutte des travailleurs.

RÉUNION PUBLIQUE de Combat Ouvrier

RÉUNION  PUBLIQUE  de Combat Ouvrier  
Avec Nathalie Arthaud  porte parole de lutte Ouvrière et Jean Marie Nomertin
  Jeudi  24  janvier 2013 à  19H
Salle Joseph-Théodore Faustin, Boiripeaux ABYMES

Avis aux lecteurs

A compter du N° 1083, le prix du journal passera de 0,80€ à 1€

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