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Archives de CO/CO de l'année 2013/CO n° 1082 du 5 janvier 2013/Quatrième page

Quatrième page

Il y a 50 ans, " la Cour de sûreté de l’Etat"!

En janvier 1963, il y a donc 50 ans, fut créée en France la Cour de sûreté de l’Etat. Sa mission : juger, en temps de paix, les crimes et délits portant atteinte à la sûreté de l’Etat. Sa compétence s’étendait à tout le territoire national, donc également aux colonies et aux DOM.
Elle était chargée de juger : les crimes et délits contre la discipline des armées ; les actes de rébellion avec armes ; provocation ou participation  à un attroupement ; attentats ; entraves à la circulation routière ; crimes et délits de commerce, de fabrication, de détention de matériel de guerre, armes, munitions, explosifs etc. C’est dire que ses compétences étaient vastes, et que son application de fait s’apparentait à une forme d’état d’urgence.
La Cour de sûreté de l’Etat fut créée dans le contexte de la guerre d’Algérie, par de Gaulle, revenu au pouvoir en 1958. En 1960, la guerre durait depuis six ans, et il était devenu évident pour la bourgeoisie française qu’elle ne pouvait pas la gagner et que l’indépendance était inéluctable. En septembre 1959, de Gaulle prononça une déclaration favorable à «l’autodétermination» de l’Algérie, Puis en 1960, un référendum fut organisé. L’autodétermination de l’Algérie fut approuvée par 75 % des votants. Sur place, le samedi 22 avril 1961, un coup de force des chefs de l’armée eut lieu à Alger. Les généraux Challe, Salan  Zeller et Jouhaud s’installèrent en "haut commandement". Ils réclamaient que l'Algérie reste "française".
Une organisation terroriste d’extrême droite, militant pour l'Algérie française, liée à ces hauts gradés de l'armée française, se développa : l’OAS (Organisation Armée Secrète), qui avait aussi des ramifications en France dans les rouages de l’appareil d’état. Face à l’insoumission des généraux et aux attentats commis par l’OAS, le gouvernement instaura en 1961 un Haut tribunal Militaire, puis en 1962 une Cour militaire de justice, qui furent dissouts du fait de leur inefficacité. En 1963 leur succéda la Cour de Sûreté de l’État, dont les pouvoirs étaient plus étendus, puisqu’elle ne concernait pas que les militaires. Les accusés, responsables du putsch furent jugés, condamnés, ou acquittés  par cette même cour.
  En Martinique et Guadeloupe, des militants qui réclamaient l’autonomie ou l’indépendance furent aussi jugés par la Cour de sûreté de l'état.
En 1962, les 23 et 24 décembre, un tract reprenant pour l’essentiel le Manifeste de l’OJAM (Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique), intitulé : «la Martinique aux Martiniquais», fut placardé dans les rues de Fort-de-France. 18 jeunes étudiants furent arrêtés comme auteurs de ce manifeste et condamnés pour «complot et atteinte à l’intégrité du territoire national». Ils furent emprisonnés à Paris, puis acquittés après deux ans de procès.
En 1967, les dirigeants du Groupe d’Organisation Nationale Guadeloupéen, le GONG, ainsi que d’autres personnalités nationalistes proches de lui furent à leur tour arrêtés et transférés à la prison de la Santé à Paris. Le gouvernement toujours dirigé par de Gaulle voulut faire porter à ces militants la responsabilité des journées de luttes et de répression sanglante qui éclatèrent en 1967, les accusant d’avoir préparé et commencé une insurrection révolutionnaire. En France, les arrestations touchèrent des militants de l’AGEG (Association des étudiants guadeloupéens) et de l’AGTAG (Association des travailleurs antillo-guyanais). On peut citer, entre bien d'autres, les noms de Gérard Lauriette, les frères Rodes, Pierre Sainton, Claude Makouke, Ken Kelly, Georges Baden, Michel Numa. Ils furent jugés devant la Cour de sûreté de l’État.  L'un des principaux dirigeants, Louis Théodore, recherché par la police, entra dans la clandestinité. Le procès se déroula au début de 1968. Mais, faute de preuves réelles ils furent relaxés ou condamnés à des peines avec sursis, et furent tous libérés. Malgré tout, le gouvernement était parvenu à désorganiser  le GONG et à l’affaiblir.
La Cour de sûreté de l’Etat fut supprimée par le gouvernement Mitterrand en 1981, suite à un projet de loi de Robert Badinter, excepté pour les crimes et délits commis par des militaires.


 

                                                                                                                 

Bernard Tapie nouveau propriétaire de France-Antilles

Bernard Tapie, l’ex-dirigeant de l’OM, s’est allié à la famille Hersant pour racheter  les journaux du groupe Hersant, en proposant «une offre commune de cinquante millions d’euros et reprendre les activités restantes du groupe de presse régionale», les titres de presses de l’Outre-mer (France-Antilles de Martinique, Guadeloupe et France-Guyane) et du sud-est (La Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse Matin). Cet affairiste a proposé son offre au groupe Hersant pour chercher à récolter de juteux profits.  
Rappelons quele journal France-Antilles (Martinique et Guadeloupe) existe depuis 1964 en Martinique et 1965 en Guadeloupe. Depuis la mort de son père Robert Hersant le 22 avril 1996, c’est le fils Philippe Hersant qui  a pris la successionLe père, Robert Hersant, durant la seconde guerre mondial, n’a jamais caché ses opinions politiques d’extrême droite, allant jusqu'à collaborer avec l'occupant nazi. En 1942, il avait même fondé un journal pétainiste qui s'appelait "Jeune Force". Rappelons que Pétain était alors le chef du gouvernement de collaboration avec les nazis. Depuis son existence les dirigeants de ce journal ont toujours manifesté leur sympathie politique aux lobbies békés, aux patrons locaux, et leur ouvrent largement les colonnes du journal.  Ce n’est pas l’arrivée d’un B. Tapie qui changera cette orientation.
 
 

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ARGENTINE : Manifestations contre la situation économique et la politique du gouvernement

Apparemment, les relations ne sont pas au beau fixe entre la présidente et les travailleurs et la population pauvre en Argentine.
11 ans après les émeutes qui avaient fait plus d’une centaine de morts et des centaines de blessés en décembre 2001, la population est redescendue dans la rue mercredi 19 décembre au soir à l’appel des deux plus importantes centrales syndicales du pays pour dire son refus de supporter les méfaits de la crise et réclamer des augmentations salariales.   
Certes, la participation n’a pas été aussi importante que les organisateurs l’espéraient. Et surtout, les manifestants ont défilé et lancé leurs slogans dans un climat qui n’avait rien à voir avec celui de décembre 2001. Mais le fait que, bien que jouissant d’une très bonne popularité, la présidente Cristina Kirchner se soit trouvée en position d’être contestée sur la situation économique du pays donne une idée de la déception des Argentins et de leur ras-le-bol.
L’Argentine est un pays qui a payé un lourd tribu à la politique libérale imposée par le FMI et appliquée par l’ex président Carlos Menem. D’autres pays comme l’Espagne (ancienne puissance coloniale), la Grèce, le Portugal ou encore l’Irlande font face aujourd’hui aux mêmes problèmes qu’a connus l’Argentine, aggravés par les conséquences de la crise financière de 2008.
Lors de ces manifestations du 19 décembre 2012, on a vu des images de manifestants dévalisant des magasins d’alimentation et autres et rafler tout ce qui y était.
Selon des témoignages, parmi les organisations qui avaient appelé figuraient des organisations politiques d’extrême gauche dont un des responsables a déclaré «avec ce gouvernement, on ne peut pas négocier. De ce gouvernement on ne peut rien attendre, si ce n’est en luttant et en le lui imposant. Et nous ne devons rien attendre sinon, à long terme, d’imposer un gouvernement des travailleurs et du peuple».

RÉUNION PUBLIQUE de Combat Ouvrier

RÉUNION  PUBLIQUE  de Combat Ouvrier  
Avec Nathalie Arthaud  porte parole de lutte Ouvrière et Jean Marie Nomertin
  Jeudi  24  janvier 2013 à  19H
Salle Joseph-Théodore Faustin, Boiripeaux ABYMES

Avis aux lecteurs

A compter du N° 1083, le prix du journal passera de 0,80€ à 1€

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