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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1081 du 8 déc. 2012/Troisième page

Troisième page

Martinique: Décembre 1962, le début de "l'affaire de l'OJAM ".

(première partie)
L’apparition publique de l’OJAM (Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique) a eu lieu le 23 décembre 1962.
Dans la nuit des 23 et 24 décembre 1962, les militants de cette organisation placardèrent les murs des bâtiments publics de Martinique avec un tract intitulé «La Martinique aux Martiniquais». Ce tract reprenait  l’essentiel de leur Manifeste qui revendiquait un changement de statut pour la Martinique face aux promesses non tenues, à la situation économique et sociale dégradante et aux mesures répressives du pouvoir colonial.
L’organisation se constitua le 30 septembre 1962 avec un groupe de jeunes militants anticolonialistes de l’AGEM (association générale des étudiants martiniquais) et du PCM  parti communiste martiniquais). La date commémorative de la mort des jeunes Marajo (15 ans), Rosile (20 ans) et Betzy (19 ans), suite à la répression des émeutes de Fort-de-France fut choisie pour marquer les esprits. Le sieur Grollemund, préfet de l’époque, avait les pleins pouvoirs. Il réagit très vite à ce qu’il voyait déjà comme pouvant mener à une sécession avec la «métropole», comme cela avait été le cas en Algérie. Tout fut fait pour tuer dans l’œuf l’émergence du mouvement nationaliste. Quelques semaines plus tard, à partir du 13 février 1963, dix huit jeunes de l’OJAM furent arrêtés, inculpés pour "complot et atteinte à l’intégrité du territoire national", et condamnés et incarcérés à la prison de la Santé à Paris. Ce fut le début de ce que l’histoire retiendra sous le nom de «l’affaire de l’OJAM».
 
LE CONTEXTE DE L'EPOQUE EN MARTINIQUE.
En Guadeloupe comme en Martinique, la situation de la population ne s’était pas améliorée au début des années 60 soit 14 ans après le vote de la loi de la départementalisation en 1946. Elle était toujours marquée et plus brutalement encore qu'aujourd'hui par des injustices insupportables, entre la petite minorité des possédants, principalement les békés qui possèdent les terres et les usines à sucres et la grande majorité des travailleurs sous payés, sous employés, des chômeurs, de la jeunesse désœuvrée. C'était aussi une période marquée par un colonialisme sans fard, avec son cortège de discriminations sociales et raciales ouvertes, de répression directe et sanglante contre tous ceux qui s'y opposaient : militants et particulièrement les travailleurs et la population pauvre.
 

Martinique : Espace sud la grève des agents a payé

Du mardi 27 novembre au 3 décembre 2012, des agents de la Communauté de l’Espace Sud  de la Martinique (CAESM) étaient mobilisés à l’appel du syndicat  CDMT. Ils dénonçaient la politique d’Eugène Larcher, maire des Anses d’Arlets et président de cette communauté de communes qui regroupe 11 municipalités (Anses d’Arlets, Diamant, Ducos, François, Rivière-Pilote, Rivière-Salée, Sainte-Anne, Saint-Esprit, Sainte-Luce, Trois-Ilets, Vauclin). Les agents exigeaient une harmonisation de leur régime indemnitaire, plus spécialement des primes. Les grévistes se sont montrés déterminés. Ils avaient bloqué notamment les accès aux décharges d’ordures et des déchetteries des villes de l’Espace Sud. Larcher a fini par céder et un accord a été signé prévoyant une égalité de traitement au niveau du régime indemnitaire et des améliorations de travail.
En effet, le président de la dite collectivité avait instauré un système arbitraire de répartition des primes. Les représentants élus des personnels avaient découvert la décision de Larcher après coup. Ce chef d’établissement en retraite (principal de collège, proviseur de lycée), se croyait peut être toujours dans le cadre scolaire, en train d’attribuer des notes administratives aux enseignants !
Pour tenter de discréditer les grévistes et torpiller le mouvement, Larcher avait sorti un communiqué le mardi 27 novembre disant que les bureaux étaient ouverts au public et «rappelant que, dans le même temps où une grave crise financière conduit la plupart des collectivités à revoir à la baisse (voire à supprimer) leur régime indemnitaire, la délégation syndicale revendique d’importantes augmentations de primes dans une institution, l’Espace Sud, qui dispose déjà d’un système très avantageux». Ce à quoi les grévistes avaient répondu sur un blog en indiquant que «les agents de l’Espace Sud sont en grève quand ils découvrent qu’un montant de prime annuel de 75 000€ est partagé entre 3 Directeurs Généraux et en revanche un montant de 10 000€ annuel est partagé entre les agents de la catégorie C qui eux sont près d’une centaine. Nous demandons l’égalité de traitement».
Voilà la face cachée de E.Larcher, candidat RDM de Claude Lise (Rassemblement Démocratique Martiniquais) aux dernières législatives dans le sud de la Martinique, et qui se présentait comme grand défenseur des «valeurs démocratiques» et de la transparence. Manifestement, sur ce dernier point, il a montré clairement qu’il est loin de ce qu’il prétendait en juin.  Les grévistes ont eu bien raison d’exiger un traitement juste.

 

 

Guadeloupe Extrait du bulletin "plantations en lutte"

PRIME  DE  FIN D’ANNÉE : ELLE EST INSUFFISANTE…
Fin 1997, nous avons fait 52 jours de grève pour arracher aux patrons de la banane la prime de fin d’année de 4000F. On se souvient que selon les Dormoy, Buttel et autres Lignières, cette prime allait «tuer» la banane. Or la banane est toujours là et surtout ces exploiteurs ne sont pas sur la paille, loin de là. Et bien des planteurs ne la payent pas. 
Alors quinze ans après, il serait temps que notre prime suive la hausse du coût de la vie et soit au moins doublée. 1200€, ça nous conviendrait.


GUADELOUPE : Le « Groupement des Employeurs pour l’Insertion et la Qualification » ou comment bénéficier d’une main d’œuvre sous payée

Les hypocrites
Des patrons du GEIQ agricole, ont manifesté devant la direction de Pôle Emploi le 09 novembre pour réclamer le paiement de subventions. Dans une pleine page du journal local, ces patrons expliquaient que Pôle Emploi leur devait plus de 200 000 €. Après leur manifestation ils ont été reçus par la direction régionale de Pôle Emploi Guadeloupe. La presse a annoncé qu’un accord avait été trouvé entre les patrons et Pôle Emploi pour le versement des aides.
Ce groupement prétend insérer des demandeurs d’emploi. Ce GEIQ dans le secteur agricole a pendant des années mis à disposition de patrons agriculteurs des ouvriers agricoles. Cela leur permet de bénéficier des aides de l'état à l’embauche et de sous payer les ouvriers qu’ils emploient. Ce sont des contrats aidés encore plus précaires que les contrats signés dans le secteur agricole.
Pour la direction de Pôle Emploi qui aurait trouvé un compromis avec le GEIQ, les contrats signés en CDD étaient passés dans l’illégalité. Permettre à des employeurs du privé de signer des contrats qui sont payés presque totalement par l’État, c’est le rêve que caressent de plus en plus de patrons. Autant dire que la multiplication de ces contrats aidés pousse les patrons à toutes sortes d’abus avec la bénédiction des autorités. En réalité, ni les contrats uniques d’insertion, ni les nouveaux emplois d’avenir, ni les futurs contrats génération ne permettent de diminuer le chômage. Seule la lutte des précaires en alliance avec les autres salariés obligera les patrons et l’État à créer de vrais emplois pérennes, et correctement payés.

Guadeloupe : grève à météo France

Le personnel de Météo France Guadeloupe était à nouveau en grève le 27 novembre, comme à de nombreuses reprises cette année. Il proteste contre le projet de réorganisation concocté par la direction régionale à l’instar de ce qui Se fait en France, et qui aboutit à la concentration des services météo dans des centres régionaux.
Le but essentiel de cette réorganisation est clair : supprimer un maximum de postes. En ce qui concerne la Guadeloupe, c’est plus de 50% des effectifs de la prévision, soit 8 postes sur 15, qui doivent être bientôt supprimés.
Depuis des années la direction interrégionale de la Météo tente de concentrer l’essentiel des services en Martinique, où elle est basée, au détriment de la Guyane et de la Guadeloupe. La station de Guyane est déjà sérieusement réduite, c’est maintenant au tour de la Guadeloupe, où le personnel continue de résister.
Les travailleurs font valoir avec raison que dans le contexte géographique et climatique qui est le nôtre, avec des risques naturels élevés, il est inadmissible de supprimer ainsi des centres de prévision. De plus, en ce qui concerne la Guadeloupe, la suppression de la prévision aéronautique est d’autant plus paradoxale que Pôle Caraïbes est le plus important aéroport des Antilles françaises, avec près des deux tiers de l’aviation générale en comptant les terrains de l’archipel.
Il est clair que pour un seul prévisionniste en service, comme le prévoit le projet, il sera difficile d’assurer la surveillance, la prévision et l’assistance aux avions, notamment lors des premières phases de vigilance.
Le personnel a profité de la venue de la Directrice interrégionale, Victorine Pérarnaud, pour se mobiliser avec force à l’occasion d’une réunion d’un Comité technique spécial (CTS) avec les syndicats. Le quorum n’étant pas atteint, la direction attendait la venue des délégués de Guadeloupe. Ceux-ci sont entrés dans la salle suivis de l’ensemble du personnel. Ils sont restés silencieux, attendant que la direction s’exprime. Celle-ci a voulu quitter la salle en constatant que le CTS n’aurait pas lieu, mais le personnel a exigé qu’elle appelle la direction centrale pour avoir des explications.
La presse était présente sur les lieux, prévenue par les syndicats, et a interrogé la directrice pour connaître sa position. Celle-ci ne s’en est pas cachée : elle est venue pour supprimer des emplois, c’est «la mission qu’on lui a confiée» et elle ajoute sans rire que «chacun doit faire des efforts».
Le personnel quant à lui continue à lutter pour le maintien des emplois. Il a adressé des courriers aux élus et à la présidente de la CCI/IG, ainsi qu’au directeur de l’aéroport. Il faut reconnaître que cela a recueilli peu de résultats. Eric Jalton, député-maire des Abymes, a posé une question écrite à l’assemblée nationale, qui n’a rien changé au projet, mais au moins a-t-il manifesté son soutien. En revanche, le ministre Lurel s’est contenté des arguments de la direction, et s’est dit rassuré car il y a «renforcement» des moyens. Il reste néanmoins «vigilant». Trois créations de postes en Martinique pour 8 suppressions en Guadeloupe, voilà une curieuse conception du renforcement !
Ceux de la Météo ont fait circuler une pétition qui a recueilli beaucoup de signatures, notamment à l’Aviation Civile où la Délégation Territoriale n’est pas loin de connaître la même situation.
Ils continuent de lutter et ils ont raison, face à la destruction désormais avérée des emplois publics, qui étaient l’un des seuls débouchés pour les jeunes Antillais.

Tous devant le tribunal de pointe-à- pitre

Les 16 et 18 janvier 2013 pour soutenir Sony Laguerre et Raphaël cécé, de l'équipe du journal rebelle et militants de combat ouvrier ! contre les tracasseries à l'encontre des jeunes de rebelle !pour la  défense de la liberté d’expression !

Guadeloupe Extraits du bulletin, " l'écho de Jarry"

AREMA (CMA-CGM manutention portuaire) : le directeur bientôt au tribunal
Le 13 décembre, l’affaire des 4 dockers va passer aux prud’hommes de Pointe-à-Pitre. Alors que certains d’entre eux ont plus de 13 ans d’ancienneté, le directeur  refuse de leur signer un CDI. Il préfère favoriser d’autres salariés, moins anciens, selon l’air bien connu «les copains d’abord».
 
AREMA : gagner la mensualisation, c’est possible …
La direction abuse de la précarité : environ 90 salariés sont en CDD sur le port. Elle profite de son droit à embaucher en «CDD d’usage constant». Mais en France des dockers ont contesté cette situation, et ils ont gagné leur mensualisation. Espérons que les archives des prud’hommes de Pointe-à-Pitre sont à jour, et qu’ils retrouveront cette jurisprudence !
 

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