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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1081 du 8 déc. 2012/Première page

Première page

Editorial: Contre le chômage : répartition du travail entre tous!

En cette fin d'année 2012, il n'y aura pas de cadeau pour les chômeurs. Le chômage en effet a explosé en octobre. Le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant eu aucune activité au cours du mois a bondi de 46 500 personnes en France et dans les dits DOM. En comptant les chômeurs en activité réduite,  la hausse (France et DOM) atteint 73 600 personnes. Du jamais vu depuis mars 2009.
En France, le taux de chômage atteint prés de 10%. En Guadeloupe et en Martinique, il est de 21 à 23% officiellement. Et s'il s'accroît en France même, ce n'est pas aux Antilles qu'il diminuera. En réalité, le chômage est bien plus important que les chiffres officiels en comptant le nombre de chômeurs qui, découragés ne cherchent plus de travail. Ces derniers sont par exemple  plus de 17000 en Guadeloupe.
 C'est dans ce contexte que se déroulent les négociations actuelles sur l'emploi. Le patronat, MEDEF en tête, fait pression sur l'État pour modifier les textes de manière à ce qu'ils lui soient le plus favorables possible. En particulier, le patronat voudrait en finir avec les Contrats à durée indéterminée, les CDI. Pour les nouveaux embauchés, le patronat propose des "CDI intermittents", un "CDI qui ne dure que le temps d'un travail déterminé". Pour ce qui est des travailleurs bénéficiant actuellement d'un CDI, le patronat veut pouvoir licencier qui et quand il veut, et sans frais. En fait, il veut remettre en cause toute une série de droits des travailleurs au cours de ces négociations. Le gouvernement vient  d'exonérer le patronat de 20 milliards  d'euros de cotisations sociales, mais ce patronat en veut plus, toujours plus.... Et pourquoi pas ? Puisque ça marche, avec Hollande comme avec Sarkozy...
Quant aux emplois-avenir dont Hollande et Lurel nous ont rebattu les oreilles, il y en aurait 1500 dans chaque île. Pour combattre quel chômage ? Quand en réalité il y a des dizaines de milliers de chômeurs dans chaque île !  En plus, ces emplois-avenir n'ont qu'un "avenir" de 36 mois au mieux. Et après ?
L'explosion du chômage en France  est un des signes que la crise est en train de se durcir. Les fins de CDD ont progressé de 6% en un mois. Les reprises d'emploi plongent de plus de 6%. Et quand on lit l'un des derniers communiqués du ministère du travail et de l'emploi, qui se veut pourtant "rassurant", il y a plutôt de quoi s'inquiéter : "Cette poursuite de la dégradation continue depuis dix huit mois et inscrite dans une tendance lourde depuis 2008 était prévisible. Elle risque de se poursuivre encore : il faut du temps, dans le contexte que nous connaissons, pour freiner puis inverser cette trajectoire. Les mesures du gouvernement mises en place depuis quelques mois ou en cours de négociation (emplois d'avenir, contrat de génération...) n'ont pu encore produire de premiers effets". Très rassurant en effet ! Et parfaitement cynique !
Non, vraiment aucune solution ne viendra si les travailleurs, les chômeurs eux-mêmes et l'ensemble de la population ne remettent pas un bon coup de colère dans la balance ! En plus, on connaît le mode d'emploi  depuis 2009 et la  grève générale, les manifestations gigantesques, les barricades etc. C'est ce chemin là qu'il faudrait reprendre, c'est celui de mai 68 en France aussi, et en faisant mieux  encore.
Il faut  notamment se battre pour la répartition du travail entre tous, en diminuant le temps de travail, mais sans diminution de salaire. Une telle revendication, la seule en cette période de crise qui corresponde vraiment à la situation, n'est pas crédible si on ne l'inscrit pas dans une perspective de luttes d'ensemble. Oui, face à l'offensive de la bourgeoisie, du grand patronat, face à l'État des Hollande et Lurel qui font en réalité leur jeu en nous bernant  par une politique de la phrase, il faut une contre-offensive générale des travailleurs et des pauvres.

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Guadeloupe : ceux qui veulent faire taire Rebelle sont ceux que la vérité effraie

Mercredi 21 novembre 2012, devant le lycée agricole de Convenance, les gendarmes de Baie-Mahault ont interpellé et emmené à la gendarmerie trois membres du journal Rebelle. Le responsable de cette énième tentative d'intimidation? Le proviseur Franck Gastine, que la liberté d'expression effraie.
À travers les l00 exemplaires vendus mensuellement en Guadeloupe, le journal Rebelle permet aux lycéens et aux étudiants de s'informer et de dénoncer les abus de pouvoir, le mépris ouvert des procédures et lorsque c'est nécessaire, l'incompétence d'un certain nombre de responsables de l'éducation.
Dans le cas de Franck Gastine, on se souvient qu'il a fallu que les lycéens se mettent en grève plusieurs années de suite pour que soit mis fin au scandale de la cantine insalubre de Convenance. M. Gastine trouvait alors malin de répondre avec mépris que «les asticots c'est bon pour la santé», jusqu’à ce qu'une inspection des services sanitaires l'oblige à y mettre bon ordre. Il n'a rien eu de plus pressé, après cela, que de fermer le seul lieu d'expression libre du lycée, le «foyer», et d'instaurer à grands frais un système de badges électroniques...
Les vigiles du lycée avaient vraisemblablement reçu des ordres : ils ont malmené et menacé une jeune femme membre du journal Rebelle, une heure durant, dans le but manifeste (mais vain) de déclencher un incident. Cela n'a pas empêché les lycéens d'acheter le journal sur le parking, comme d'habitude avant d'aller en cours, et tout s'est déroulé dans le calme... ce que les militaires appelés par M. Gastine ont constaté en arrivant.
Mercredi 21 novembre, M. Gastine, venu faire sa déposition à la gendarmerie où les trois rebelles étaient détenus en est reparti sans porter plainte. Les trois jeunes militants ont été immédiatement relâchés.
Entre temps, plusieurs militants étaient venus soutenir leurs camarades. La presse aussi est venue les interviewer.
Mais dès la semaine suivante, les gendarmes ont convoqués les jeunes pour leur demander de signer un «rappel à la loi» alors gue ces jeunes n'avaient enfreint aucune loi. Il est regrettable que les gendarmes de Baie-Mahault, qui savent très bien qu'aucun délit n’a été commis, s’obstinent à faire pression sur les jeunes rebelles pour satisfaire un proviseur qui se prend pour un petit dictateur. En tout cas, ces jeunes restent déterminés à défendre leur liberté d'expression.
 

La violence faite aux femmes : une situation qui s’aggrave.

Depuis le début de l’année, six femmes ont été assassinées en Guadeloupe par leurs conjoints. La Guyane et la Martinique n’ont pas été épargnées par ces violences. Lors de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris. En Tunisie il y a eu une forte mobilisation des femmes. En France, au cours de l’année 2011, 146 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints. Ce sont surtout des violences causées par la jalousie masculine dans le couple. L’homme n’accepte pas que la femme le quitte. Il la considère comme sa propriété et son esclave. Cette situation révoltante que vivent beaucoup de femmes à travers le monde, est le reflet d’une inégalité qui existe dans la société entre les deux sexes. Dans de trop nombreux pays frappés par la misère, les préjugés religieux et les traditions les plus barbares dont sont victimes les femmes sont imposés par des états réactionnaires. Les femmes y sont officiellement condamnées à mort pour adultère. Elles n’ont pas le droit de choisir librement un époux. Elles sont exclues du pouvoir politique et des postes de responsabilité. Mais dans les pays soi-disant démocratiques comme la France, des discriminations subsistent. A travail égal la femme continue à percevoir un salaire poins élevé que celui de l’homme. L’écart est de 20%. Il y a seulement quelques années que la parité entre hommes et femmes a été appliquée sur des listes électorales. Mais les femmes demeurent minoritaires dans les assemblées. Les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, ne font pas de la protection des femmes leur priorité. La loi sur le harcèlement sexuel a été abrogée au mois de mai de cette année par le Conseil Constitutionnel. Les procès en cours ont été annulés. Les hommes poursuivis pour harcèlement ont été relaxés. Le gouvernement socialiste a proposé un  nouveau projet mais ce projet est confus sur les interprétations du harcèlement et la sévérité des sanctions. De nombreuses femmes qui sont victimes de viols préfèrent se taire n’ayant pas confiance en la justice.
Avec la crise économique et les mesures d’austérité qui réduisent l’accès aux soins, de nombreuses femmes ont des difficultés pour avorter. Certains centres de planning familial ont été fermés, ce qui  limite la contraception en particulier pour les jeunes femmes.
C’est grâce à la mobilisation des femmes dans les années 1960 en France que certaines libertés ont été accordées, en particulier le droit à l’avortement. Il faudra que les femmes se mobilisent partout où elles sont opprimées pour défendre leurs droits.

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