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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1080 du 24 nov. 2012/Quatrième page

Quatrième page

Hollande devant les maires d'Outre mer : les riches ça coûte !

Avant le congrès des maires, Hollande est venu parler à cette sorte de mini congrès des maires d'Outre mer qui a toujours lieu avant l'autre. Après avoir promis l'égalité entre les DOM et la "métropole", mais "pas tout en même temps"- chanson connue depuis des décennies- Hollande a réaffirmé de nouveau son soutien à la défiscalisation. Il a parlé d'un nouveau dispositif dans un an  "aussi fort, aussi coûteux" "mais encore plus efficace "pour que l'investissement Ooutre mer puisse être soutenu et développé". Oui, les cadeaux aux patrons et aux riches sont bien coûteux ! Mais pour eux, on ne compte pas, n'est ce pas ?


 

                                                                                                                 

Ile de La Réunion : un ministre sensible aux intérêts... du patronat

Les crédits prévus pour l'Outre-Mer dans le budget 2013 vont augmenter de 4,5 % par rapport à l'année précédente, ce qui portera leur montant à 2,2 milliards d'euros. Sur cette somme la moitié précisément servira, nous dit le gouvernement, à l'emploi. Ce montant correspond en fait au financement des exonérations de cotisations sociales patronales dont bénéficieront 70 000 entreprises des DOM. 
À l'annonce du vote quasi unanime de l'Assemblée nationale sur ce texte, le ministre de l'Outre-mer Victorin Lurel a remercié les députés et s'est dit «ému, merci pour ce vote». En revanche, c'est sans aucune émotion que ce même ministre a annoncé, à l'occasion de sa venue à La Réunion les 31 octobre et 1er novembre, que «le financement des dispositifs de type bonus Cospar ou accord Bino n'a jamais eu vocation à être pérennisé.» Et voilà qu'en une phrase le ministre tire un trait sur les principaux avantages que les travailleurs avaient arrachés en 2009, lors de la grève générale aux Antilles et des manifestations à la Réunion.
À La Réunion, le bonus Cospar d'un montant de 50 à 60 euros par mois est versé par les patrons (contre allégement de cotisations sociales) aux salariés payés à moins de 1,4 smic. À ce bonus s'était ajouté le RSTA, un revenu transitoire de solidarité, payé par l'État et d'un montant de 100 euros mensuels. C'est dire que jusqu'à présent les salariés parmi les moins bien payés touchaient 150 euros par mois... que le gouvernement voudrait tout bonnement supprimer à compter du début de l'année 2013.
Si la mesure était adoptée, 45 000 travailleurs verraient donc leur revenu baisser de cette somme, ce qui est totalement inacceptable. Le dispositif Cospar-RSTA était il est vrai limité dans le temps puisqu'à l'origine il n'était prévu que sur la période 2009-2011. Quand le problème de sa suppression s'était posé au début de l'année 2012, le gouvernement Sarkozy avait finalement reculé en prolongeant le dispositif pour une année supplémentaire, ce que ne compte pas faire, du moins pour l'instant, le gouvernement socialiste.
C'est peut-être sans compter sur la colère que cette annonce risque de provoquer parmi les 45 000 travailleurs de La Réunion ainsi volés, et tous ceux outrés par ce que concocte le gouvernement, mielleux envers les patrons mais dur à l'égard des classes populaires.
(Article de nos camarades de Lutte ouvrière de l'île de la Réunion)


 

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Israël : le terrorisme d'Etat à l'œuvre contre Gaza!

Des négociations autour d'une trêve entre le Hamas et Israël ont commencé entre divers émissaires internationaux et le Premier ministre israélien Netanyahou. Pour l'instant, l'Etat d'Israël après avoir rappelé 75000 réservistes met son armée sur pied de guerre. Les menaces d'intervention terrestre sur Gaza demeurent réelles, même si Israël a suspendu cette option pour le moment.  Mais le feu déclenché par Israël sur Gaza a déjà fait plus de 100 morts en quelques jours. Parmi ces derniers, il faut compter le chef militaire du Hamas de Gaza froidement éliminé par un missile ciblé sur son véhicule.  Ces attentats ciblés  sur des dirigeants palestiniens sont depuis plusieurs années une tactique éprouvée  par Israël. Mais le plus lourd tribut est payé par la population civile palestinienne dont  des enfants, tués ou blessés.  
Le terrorisme de l'Etat d'Israël exercé contre le peuple palestinien et contre Gaza aujourd'hui se voudrait être une réponse aux tirs de roquettes du Hamas sur Israël. Mais voilà des années que Gaza est une véritable prison à ciel ouvert, et entouré par l'armée et les chars israéliens. 1,6 millions de Palestiniens vivent dans un espace grand comme trois fois la superficie de Paris. En 2006, l'armée israélienne avait envahi Gaza en faisant 200 morts et 800 blessés. Fin 2008, l'Etat d'Israël avait lancé une nouvelle opération militaire extrêmement sanglante qui fit 1700 morts. Les Palestiniens et singulièrement le Hamas réclament une partie de la ville de Jérusalem, ils veulent un Etat indépendant, le retour aux frontières d'avant la guerre de 1967, la fin de la colonisation  de leurs territoires, une réparation pour les palestiniens chassés de leurs terres en 1948 par les israéliens. Mais l'Etat  d'Israël n'en a cure. Fort de l'appui  des puissances occidentales et en particulier des USA, il bénéficie d'une impunité totale et use de la violence à, tout crin quand il le veut contre le peuple palestinien .Obama vient de lui renouveler son soutien. Fabius est allé voir les chefs des deux pays tout juste pour montrer qu'il est ministre des affaires étrangères français. Mais c'est tout. Il s'est contenté d'un petit bla bla sur la paix.
  Cette politique  d'Israël et des puissances occidentales ne mène nulle part. Non seulement elle soulève toujours plus de rancœur, de colère et de désir de vengeance chez les Palestiniens, mais elle ne permettra pas non plus l'avènement d'une paix durable au peuple d'Israël lui même. Voilà l'impasse dans laquelle les dirigeants et la classe dominante  d'Israël et  ceux des puissances occidentales placent les deux peuples  depuis des décennies.

Porto Rico : nouvel État américain ?

Le 6 novembre 2012, 61% (sur 44,61% des inscrits) des électeurs Portoricains ont voté pour que l’île devienne le 51 État américain. Les partisans de l'indépendance ont récolté un peu plus de 5% des suffrages. Lors de sa campagne, Barack Obama avait affirmé qu’il respecterait le choix des Portoricains, mais ce changement de statut ne pourrait être appliqué qu’après l’approbation du Congrès américain.  
Après la guerre hispano-américaine, l’ancienne colonie espagnole devint un territoire américain en 1898. Depuis 1917, l’île a un statut d’État libre associé aux Etats-Unis. Mais les Portoricains sont des citoyens américains de «deuxième catégorie». Ils ne peuvent pas voter pour l’élection du président américain (sauf s’ils vivent sur le continent). Leur unique représentant à la Chambre des représentants américaine n’a même pas le droit de vote.
Le passé colonial de Porto Rico se traduit dans sa situation économique précaire. Par rapport aux autres régions des États-Unis, l’île subit beaucoup plus fortement les effets de la récente crise mondiale. Porto Rico compte près de 3,8 millions d’habitants. Parmi eux, 45% vivent sous le seuil de pauvreté, contre 22,4% au Mississippi, qui est l’Etat le plus pauvre des États-Unis. Le taux de chômage de l’île est le plus important des territoires américains, il atteint 14%. Les salaires des travailleurs portoricains sont entre 20% et 35% inférieurs à ceux des travailleurs américains. La dette de Porto Rico s’élève actuellement à 68 milliards de dollars. Pas étonnant donc que depuis plusieurs années des manifestations de travailleurs et d'étudiants se déroulent contre la rigueur.  Trois consultations concernant le statut de l’île avaient déjà été réalisées en 1967, 1993 et 1998. À chaque fois, le statut d’État libre associé aux États-Unis l’avait emporté. Mais cette fois-ci, les difficultés économiques ont pesé dans la balance. En 2006, les États-Unis ont suspendu leurs prêts à Porto Rico. En conséquence, les fonctionnaires portoricains n’étaient plus payés. Aujourd’hui, sous la menace de nouveaux plans d’austérité pour le remboursement de la dette, une majorité de votants  Portoricains voient ce changement de statut comme un choix pour la sécurité.  Quoiqu'il en soit, 51ème Etat américain ou pas, le destin véritable des travailleurs et des exploités portoricains est entre leurs mains. Ce sont eux seuls, par leur lutte, qui pourront changer vraiment leur sort dans l'avenir.

République Dominicaine : Manifestations contre la hausse des prix

Le gouvernement dominicain a imposé une réforme fiscale qui augmente la TVA de 16 à 18% y compris sur des produits de consommation courante comme le café, le sucre ou l’huile. Il est aussi question d’augmenter le prix des carburants.
Ces nouvelles  hausses sont insoutenables pour une population dont plus de 30% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les manifestations se développent dans la capitale Santo Domingo et des villes de province.  Un étudiant de 22 ans a été tué de deux balles tirées par un policier.
Le nouveau gouvernement, dirigé par M. Medina, a été élu en mai dernier. Le nouveau président est issu du même parti que le précédent, le Parti de la Liberté. Il a conservé la même équipe économique.
Le gouvernement entend récupérer 46 milliards de pesos, équivalent de 920 millions d’euros sur le dos de la population en augmentant les taxes, dans le but de signer un accord avec le FMI. Dans le même temps, de hauts fonctionnaires du gouvernement précédent se sont gratifiés de pensions allant jusqu’à 13 000 euros par mois, en plus de leur rémunération comme auxiliaires du nouveau gouvernement. L’ex président et ses proches se sont vu attribuer 124 appartements de luxe. Cette  corruption et ce pillage suscitent une  colère croissante de la population.
 

UMP ou "Union Marécageuse Perdue ?"

L'élection du nouveau président de l'UMP (Union pour la majorité présidentielle) a donc été pour le moins un vrai spectacle de politique politicienne plutôt boueux.
Si Copé a été finalement proclamé élu avec 98 voix de plus que Fillon, l'ex Premier ministre, il l'a été plus de 24 heures après le début du dépouillement. Car, à la fin de ce dépouillement, dimanche 18 décembre, les deux candidats proclamaient chacun leur victoire. Les deux camps s'accusaient mutuellement de fraudes. En effet, dans un certain nombre de bureaux de vote, on aurait trouvé bien plus de bulletins que de signatures sur les registres.
Sachant le scrutin très serré, Copé  faisait un coup d'état en se proclamant rapidement  vainqueur avec un coup de bluff de plus de mille voix d'écart, alors que la commission des opérations électorales n'avait encore rien décidé. Ce n'est que lundi soir 19 novembre très tard que le président de cette commission a proclamé Copé vainqueur avec une toute petite avance sur Fillon.
 C'est la première fois que l'UMP osait organiser une élection publique par tous les adhérents. Eh bien ce que ces politiciens appellent un  "exercice de démocratie" a montré en grandeur nature ce qui se passe d'habitude en privé, dans les couloirs et les réunions internes. Crocs en jambe, magouilles, mensonges, attaques personnelles, concurrence déloyale etc., c’est la vie quotidienne et "normale" de ces politiciens. Cette fois ils n'ont pu le cacher. 
C'est exactement, cette fois par la droite, le spectacle que nous avait  montré le Parti Socialiste lors de l'élection de Martine Aubry contre Ségolène Royal il y a quelques années.
Car à droite comme à gauche en réalité ce sont les mêmes mœurs qui règnent au sein de ces partis de gouvernement. On aurait pu se contenter d'en rire si ces mœurs internes n'étaient pas l'image même de leurs mœurs politiques publiques envers la population. Mensonges, trahison, hypocrisie, défense des riches et des patrons en faisant croire aux travailleurs et aux pauvres qu'ils les aiment les défendent, voilà leur quotidien envers la population. Cette élection interne avec toutes ses magouilles est le reflet exact de ce que sont ces partis et les hommes qui les dirigent.

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