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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1078 du 27 oct. 2012/Deuxième page

Deuxième page

Projet de loi contre la vie chère - Le changement n’est pas pour maintenant

Nous publions ci-dessous un article de nos camarades de Lutte-Ouvrière de l'île de La Réunion
Le projet de loi dit de «régulation économique», présenté par le ministre de l’Outre-Mer Victorin Lurel, a été adopté par le Sénat le 26 septembre. Le projet devra également passer à l’Assemblée Nationale dans le courant du mois d’octobre avant d’être définitivement adopté. 
Les élus socialistes sont évidemment satisfaits de cette loi censée lutter contre la vie chère tandis que ceux de droite, ainsi que les principaux représentants du patronat local, poussent des cris d’orfraie, voyant dans le projet rien moins qu’une nouvelle forme d’économie planifiée. Si cela pouvait être vrai !
La réalité est en fait toute autre. La future loi que propose le ministre de l’Outre-Mer a comme seule ambition de recréer les conditions d’une concurrence normale dans les DOM-TOM, qui serait paraît-il plus bénéfique aux consommateurs. Aujourd’hui, dans les DOM-TOM, les prix sont globalement de 10 à 12 % plus chers qu’en métropole et cette différence atteint 35 à 60 % dans l’alimentation. Pas étonnant alors que les populations manifestent régulièrement contre la vie chère comme ce fut le cas aux Antilles, à la Réunion et plus récemment à Mayotte.
Seulement, la loi Lurel ne répond en aucune façon aux attentes des classes populaires. Rien dans les articles qu’elle comporte ne leur est favorable. Ce ne sont que de vagues incantations au bon vouloir des patrons, toutes assorties d’une position de recul au cas où la classe capitaliste manifesterait de trop fortes résistances.
Ainsi, l’article prévoyant que dans les contrats commerciaux seront prohibées les clauses accordant «des droits exclusifs d’importation à un opérateur» est aussitôt modéré par la formule : «sauf lorsqu’elles sont justifiées par des motifs objectifs tirés de l’efficacité économique». Ou encore : «en cas d’existence d’une position dominante [] l’Autorité de la concurrence peut [] faire connaître ses préoccupations de concurrence à l’entreprise». Tout est dans le «faire connaître», une expression douce, choisie pour ne pas heurter un quelconque patron.
Cette future loi est tellement vide que la députée socialiste de la Réunion Ericka Bareigts a tenu à préciser que «les effets de cette loi ne seront pas visibles immédiatement, ce n’est pas le but». 
Autant dire qu’il n’y a pas là de quoi effrayer les capitalistes d’autant qu’il n’est nulle part question d’envisager ce qui pourrait véritablement améliorer la situation des classes populaires : une réelle augmentation des salaires.

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Martinique : L'urgence de l'heure pour le PCM !

Le dimanche 14 octobre au Robert, le Parti Communiste Martiniquais (PCM), a tenu sa réunion de rentrée politique.
A cette occasion, il apparaît que la préoccupation essentielle des dirigeants du PCM est la collectivité unique de Martinique prévue pour 2015.
G. Erichot, le secrétaire général du parti, souligne dans l’éditorial de Justice du 18 octobre: «Quelle que soit la date retenue, la préparation de cette échéance demeure une priorité pour notre Parti». Dans le même numéro, F.Papaya, autre dirigeant du PCM, écrit quant à lui : «G. Erichot a appelé à l’urgence d’une vraie politique de développement durable et solidaire et, pour cela, à renforcer le Front de la responsabilité martiniquaise».
Un militant communiste sincère pourrait alors poser à ces deux dirigeants  "communistes" les questions suivantes : «L’urgence ou la priorité c’est quoi ? Quelle politique doit mener la classe ouvrière, face à la crise actuelle ? Quelle perspective pour les travailleurs et les classes pauvres de Martinique face au chômage, quelles revendications pour les travailleurs de Martinique contre la cherté de la vie ? ».
Mais  ce ne sont pas là les priorités des dirigeants du PCM. Et quand ces derniers parlent de responsabilité martiniquaise, ils mettent dans ce même sac de "société martiniquaise" plusieurs classes sociales : la classe ouvrière, les travailleurs et les exploités d'une part; et  la classe capitaliste, celle des possédants et des riches d'autre part. Aux travailleurs conscients, à la population pauvre, de faire la différence pour ne pas se fondre dans un tel Front où leurs intérêts en tant qu’exploités seront bafoués.

 

Martinique : un 19ème congrès du PPM, bien loin des préoccupations populaires !

Comme il fallait s’y attendre, rien de bien nouveau ne ressort du 19 congrès du Parti Progressiste Martiniquais, parti fondé par Aimé Césaire, qui s’est tenu au cours du week-end du 19 et 20 octobre, six ans après le précédent. Les dirigeants du parti : Serge Letchimy, le président, et Didier Laguerre, le secrétaire général, ont été réélus.
En ligne de mire de ce congrès : les  élections municipales de 2014 mais surtout les élections pour la Collectivité Unique qui devraient se tenir en 2015. C'est d'ailleurs ce qui semble être la préoccupation majeure de tous les partis traditionnels de la Martinique : qui prendra la direction de la future Assemblée dotée de plus de pouvoir local ?
 Des questions d’organisation ont été mises en avant avec l’adoption de la parité homme-femme dans les instances du parti. Ceci comme pour masquer les préoccupations essentiellement électoralistes. Il a par exemple été question de la stratégie des alliances pour gagner les futures élections. En effet, lors des dernières législatives la stratégie électorale du PPM a connu certains  échecs. Ce fut le cas notamment avec le candidat socialiste du Nord, Louis Joseph Manscour qui n’a pu être réélu, en raison du nombre de candidats en lice dans le camp PPM intitulé "Ensemble pour une Martinique Nouvelle".
Le congrès du PPM s’est donc prononcé pour ne pas se contenter uniquement des «alliances de gestion qui ont bien fonctionné pour l’élection au Conseil Régional ou au Conseil Général». Il s’agirait surtout (en parole tout au moins) d’écarter tout rapprochement opportuniste avec les adversaires du Camp des "patriotes", camp regroupé autour du MIM(Mouvement indépendantiste martiniquais de Marie Jeanne) en vue des prochaines élections municipales de 2014 et surtout des élections pour la nouvelle Collectivité Unique de 2015.
En dehors de cette cuisine électorale, une autre question présentée comme fondamentale, a été remise en avant par les congressistes du PPM. C’est le mot d’ordre «Vers l’autonomie».
Cette fois-ci, le congrès a missionné le député PPM S. Letchimy et le sénateur divers gauche S.Larcher, pour demander à l’Etat français d’ouvrir un «processus de négociation» en vue d’une révision de la Constitution permettant que soit inscrit «le maintien des droits et le droit à la différence».
Sur la défense des intérêts spécifiques des travailleurs et de la population laborieuse, ce congrès a été bien muet. C'est révélateur du terrain sur lequel se situe le PPM au moment où les travailleurs et les pauvres ont plus que jamais besoin d’un programme de lutte. Les exploités en effet font face à un  patronat de plus en plus conquérant et arrogant, face à des agents de la finance qui font tout pour mettre à genoux les peuples.
Le projet du PPM est très insuffisant par rapport à ce que les milliers de travailleurs, de femmes, de jeunes, frappés par la crise, auraient pu attendre d’un parti qui, lorsqu’il a pris naissance dans les années 60, était fortement ancré dans les quartiers les plus populaires 


            

Hôpitaux de Martinique, les mesures qu'ils veulent imposer :

Des restrictions au CHU...
La "direction préfiguratrice" du futur CHUM (Centre Hospitalier Universitaire de Martinique) a rendu public le contenu des fiches-projet transmises au Ministère de la Santé pour validation. Ces fiches doivent servir de base à la signature d'un contrat entre la direction et l'Etat. Ce dernier devant apporter 353 millions d'euros, sur 5 ans, en échange de l'application d'un plan de restrictions.
Ce plan a été détaillé et commenté par la CGTM Santé, dans un tract dont nous reproduisons ci-dessous des extraits significatifs :
« ...les suppressions d’emploi vont s’élever à 47 pour le personnel médical et à 829 pour le personnel non médical, soit un total de 876 de 2012 à 2016.
Sur ce total, 194 suppressions d’emploi seraient concernées  par des redéploiements et 682 correspondraient à des départs à la retraite non remplacés sur les 3 établissements : Centre Hospitalier de Trinité, Centre Hospitalier du Lamentin Mangot-Vulcin et Centre Hospitalier Universitaire de Fort-de-France.    
Les effectifs totaux de ces établissements passeraient de 5681 en 2011 à 4805 en 2016...  
...[La direction] prévoit aussi un accroissement des activités. Il est aussi prévu d’externaliser la Blanchisserie et de transférer la cuisine sur Mangot-Vulcin
Toutes ces autorités  affirment qu’il n’y aura pas de licenciements secs ! Est-ce à dire que tous les collègues contractuels seront maintenus au travail ? Que certains contractuels ou titulaires seront redéployés sur des postes du secteur public ou sur des postes du secteur privé ? Lesquels, pour ces derniers, ne relèvent pas du même statut?...
Hollande, comme Sarkozy, mobilise l’argent public pour les banques sans exigence, sans condition ! Par contre pour accorder 353 millions d’euros sur 5 ans aux 3 plus importants hôpitaux de la Martinique il faut des conditions d’austérité et de restrictions pour les travailleurs et la population. 
Pour changer la donne, une réaction collective, déterminée et massive des travailleurs de la Santé et de la population  est nécessaire
Et dans les autres hôpitaux
Les autres hôpitaux sont dans la même situation.
Au Centre Hospitalier Spécialisé de Colson, par exemple, le directeur a été remplacé en septembre par un administrateur jugé plus efficace et pourquoi ? Pour organiser, quelles que soient les conditions, le transfert d’environ 180 des 280 patients sur la cité hospitalière de Mangot Vulcin au Lamentin et aussi pour imposer l'austérité et le «retour à l'équilibre». Il est maintenant prévu la suppression de 100 ETP (équivalents temps-plein) et rien pour la titularisation des contractuels qui devait, c'était acté, avoir lieu en 2012. Ces titularisations sont maintenant renvoyées aux calendes grecques.
 
 

Combat Ouvrier organise une Réunion Débat

Réunion Débat
Combat Ouvrier organise une Réunion Débat
Mardi 13 novembre à 18h à l’AMEP – Route de Redoute à Fort de France
Thème : Afrique du Sud, Haïti, les luttes actuelles des travailleurs
Soyons nombreux !

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