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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1079 du 10 nov. 2012/Deuxième page

Deuxième page

Grenade : Manifestation de colère des ouvriers contre les licenciements

Les ouvriers d’une entreprise de matériaux de construction Gravel, Concrete & Emulsion Production Corporation (GCEPC) ont manifesté leur colère dans les rues de Saint Georges à Grenade.  
Plusieurs d’entre eux, 55 dès le 5 novembre, ont reçu des lettres de licenciement, «pour commencer». Les manifestants sont aussi indignés du fait qu’ils font depuis des mois des sacrifices en faveur de l’entreprise GCEPC. En particulier ils ont, avec leur syndicat, accepté un gel des salaires pendant 3 ans «pour sauver les emplois». Ils dénoncent le fait qu’aucun personnel d’encadrement n’est menacé de perdre son emploi.
Les manifestants demandent aussi que l’Etat fasse des commandes à GCEPC pour les travaux publics en projet. Par exemple ils ne voient pas pourquoi l’Etat achète des matériaux à une société privée alors que graviers et sable pourraient être extraits de la carrière publique par les ouvriers de GCEPC. Ils ont brandi des pancartes avec des slogans tels : «Stop aux licenciements de travailleurs, licenciement du gouvernement».
A Grenade dans la Caraïbe, comme ailleurs dans le monde, les capitalistes prennent prétexte de la crise pour s’attaquer aux travailleurs. Les ouvriers de Grenade réagissent avec raison contre la misère qui les menace. A l’heure où de nombreuses constructions sont en projet dans l’île, ils ne voient pas pourquoi ils devraient être exclus du monde du travail. 

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Guadeloupe : un cautère sur une jambe de bois

Le mardi 9 octobre dernier, le parlement a adopté  le projet de loi pour la création de 150 000 «emplois d’avenir» pour les jeunes de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés vivant dans des zones urbaines ou rurales défavorisées. Ainsi 100 000 emplois seront créés en 2013 et 50 000 en 2014. Ces emplois seront subventionnés à 75 % par l’Etat et seront surtout proposés dans des Collectivités locales ou des associations pour trois ans. Ce seront des emplois à temps plein, en CDI ou CDD avec une rémunération de départ correspondant au SMIC. C’était l’une des promesses de campagne du candidat Hollande qui dit avoir fait de la jeunesse la priorité de son quinquennat.
L’Outre-Mer n’est pas oubliée et la présidente de la Région Guadeloupe s’est rendue personnellement à Paris pour signer une convention avec l’État en présence du premier ministre, J.M Ayrault. D’ailleurs selon le ministre des Outre-Mer, V.  Lurel, 1500 emplois seront créés pour la Guadeloupe et 1500 pour la Martinique.  
La  Région Guadeloupe s’engage à recruter 50 emplois d’avenir avant la fin de l’année 2012 et en prévoit 250 à 300 d’ici 2013. Par ailleurs, Josette Borel Lincertin a émis le souhait que la Guadeloupe bénéficie au moins de 3 000 emplois d’avenir dans le cadre du nouveau dispositif. 
Alors bien sûr ceux qui vont bénéficier de ces emplois vont sortir du chômage. Mais ces emplois sont loin de régler le fléau du chômage des jeunes, qui atteint un pourcentage de près de 60 % en Guadeloupe. Va-t-on mettre en place les formations nécessaires pour permettre à ces jeunes d’apprendre un métier ? Ces contrats seront-ils suffisants pour inverser la tendance en ce qui concerne le chômage ?  Ces dernières années les différents gouvernements n’ont créé pour les jeunes que des emplois précaires subventionnés par l’Etat, les fameux contrats aidés. Bien souvent il n’y a aucune formation pour les jeunes et ils enchaînent les différents contrats sans aucune perspective d’avoir un emploi pérenne et bien rémunéré. Les «contrats d’avenir» seront de toute façon insuffisants pour régler le problème du chômage des jeunes.


 

Guadeloupe : Affaire J. Bino, procès de Rudy Alexis, l’assassin présumé

Dans la nuit du 17 au 18  février 2009, en pleine grève générale, un membre dirigeant de la CGTG, Jacques Bino, était tué par balle dans sa voiture. Quelque temps plus tard, la police a arrêté Rudy Alexis, présumé coupable de cet assassinat, arrestation effectuée semble-t-il sur la base d’une dénonciation anonyme. Le procès a débuté le 18 juin dernier au tribunal de Basse Terre. Mais dès le 22, le procès a été ajourné, suite à un malaise du président de la cour d’appel.
L’accusé a été maintenu en détention. Il est emprisonné depuis plus de trois ans  et a toujours clamé son innocence. Le procès devrait reprendre du 19 au 30 novembre prochains. Dans cette affaire il subsiste de multiples zones d’ombre. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée, et les munitions qui ont été récupérées dans le jardin d’Alexis ne correspondent pas aux balles qui ont tué Bino. La CGTG a mis en place un comité pour la vérité sur l’assassinat de Jacques Bino.

            

Martinique : Et pourquoi pas revenir à l'esclavage ?

L’émission d’ATV «52 minutes pour comprendre» organisée le jeudi 1 novembre avait pour thème : «L’hôtellerie martiniquaise est-elle dans l’impasse ?». Étaient invités : Véronique Des Chaumes, présidente de l’hôtel «La Pagerie» aux Trois-Ilets, arrivée en Martinique depuis septembre 2010, Karine Roy-Camille présidente de CMT (Comité Martiniquais du Tourisme), Benoit Lecesne, directeur général du groupe Karibéa Hôtels et le secrétaire général de la CDMT (Centrale Démocratique Martiniquaise des Travailleurs), Philippe Pierre-Charles. 
On a pu entendre le directeur Benoit Lecesne se plaindre des «difficultés que rencontre l’Hôtellerie» face à la crise du système capitaliste, pour aussitôt déclarer que «les charges sociales sont trop élevées», et aussi «qu’on ne peut pas supporter à notre charge le 13ème mois».
Interviewé dans le cadre de cette émission, Yann Montplaisir, PDG de l’hôtel la Batelière, patron également d’un hôtel à Sainte-Lucie, a manifesté son arrogance vis-à-vis des travailleurs par ses déclarations sur leur  train de vie. Il déplore en effet que le salaire mensuel d’un employé de Martinique soit trop élevé par rapport à celui de l’employé Saint-Lucien. Il affirme : «quand nous faisons le salaire mensuel de février pour un employé de Martinique, c’est l’équivalent du salaire annuel d’un employé de Sainte-Lucie. C’est inadmissible». Pour faire plus de profits, ce capitaliste rêve ouvertement d’avoir en Martinique des employés payés aux mêmes salaires de misère que ceux qu’il exploite à Sainte-Lucie.
Le secrétaire général de la CDMT, Ph. Pierre-Charles, pour sa part, a souligné «je ne suis pas venu faire ici de la figuration», et il a dénoncé les mauvaises conditions de travail des salariés dans l’Hôtellerie, les salaires trop bas et des menaces continuelles de licenciements. 
C’en était trop pour V. Des Chaumes, patronne de l’hôtel «La Pagerie». Tout en affichant son mépris pour le mouvement syndical, elle a aussitôt rétorqué à Ph. Pierre Charles, que «la convention collective de l’Hôtellerie est obsolète». Et d’ajouter que «les salariés Martiniquais bénéficient de trop d’avantages sociaux, ils bénéficient de trop de jours fériés, la masse salariale est trop élevée, ces avantages coûtent trop cher aux entreprises, c’est ce qui les rend déficitaires».
Les petits avantages dont bénéficient les travailleurs de Martinique ont été obtenus de haute lutte sur plus d'un siècle de combats. Ils l'ont été face aux fusils de la soldatesque coloniale des patrons békés et autres. Les travailleurs ont payé de leur sang, de leurs morts au travers de grèves régulièrement réprimées par la troupe.
Les patrons de l'Hôtellerie font des profits, sinon ils fermeraient leurs entreprises. Mais ils en veulent toujours plus, quitte à plonger les travailleurs dans la misère digne d'un autre siècle. Du reste, l'hôtel «La Pagerie» n'est-il pas le nom du domaine de la famille de Joséphine de Beauharnais, femme de Napoléon Bonaparte, celui-là même qui a rétabli l'esclavage en 1802 ?
Oui, ces propos de patrons sont bien dignes de patrons nostalgiques des plantations coloniales du 19 ème siècle !

 
 

Martinique : au service du patronat !

Le journaliste de France-Antilles qui couvrait la Conférence Economique et Sociale a rapporté dans l’édition du 31 octobre 2012 cette scène entre l’ancien président du Medef Martinique, Cyril Comte, Yan Monplaisir, capitaliste local bien connu, et Serge Letchimy, président PPM du Conseil Régional à propos des contrats d’avenir que le gouvernement Hollande va lancer pour permettre à certains jeunes peu qualifiés ou sans qualification d’avoir un emploi temporaire.
«CyrilComte,administrateurduMedefaproposéqu'unepartiedescontratsd'avenirsoitréservéeausecteurmarchand.Cequiconsisteraitàuneréservationde30%decescontratspourleprivéetlereste(70%)ausecteurassociatifetpublic.LeprésidentduConseil Régionalpritlaballeaubond :ʺNousdevrionsavoir1500contratsd'aveniràlaMartinique.Jeproposerai1000deplusmaisdestinésauxentreprisesetleConseil Régionalprendraitenchargeunepartiedel'enveloppedestinéeàleurfinancementʺ.UnmomentdeflottementsurlesbancsdesreprésentantsduMedef.EtYanMonplaisirneputseretenir : ʺMessieurs,prenezledéfi !Cestdel'emploipournosjeunes !ʺ».
Ceux qui ne connaîtraient pas les acteurs de cette scène pourraient croire en toute bonne foi à une certaine sincérité de ces personnes. En réalité, il s’agit plus d’un acte d’une comédie dont chaque acteur a tenu son rôle en n'en laissant rien paraître.
Lors de l’élection municipale en 1995 à Fort de France, au nom d’une ouverture à la «société civile» (sic), S. Letchimy avait recruté, sur la liste qu’il conduisait, Eliane Chalono, gérante d’une pâtisserie et d’un restaurant à Fort-de France. Cette femme a la particularité d’être également un membre influent du… Medef Martinique. Elle est adjointe au Conseil Municipal.
Autre figure bien connue du Medef Martinique, Daniel Robin, membre du PPM, ancien dirigeant de Crocquet SA (Peugeot) et de ATV (télévision privée), est l'actuel dirigeant du Complexe de Madiana (cinémas) pour le compte de Jean-Max Elizé, fils de Max Elizé. Elu sur la liste de S. Letchimy, il est également Conseiller régional et président de la Commission Education de cette collectivité.
Autre figure connue du patronat local et très proche conseiller de Letchimy, Marcel Osenat (Comia, Librairie Antillaise), membre du Medef Martinique, est membre du Conseil Economique et Social.
Quant à Yan Monplaisir, il n’est plus nécessaire de présenter ce capitaliste local (Club Méditerranée, Hôtel Batelière, Groupe SEEN, Servichef, Martinique Catering, etc.) qui a profité et profite encore largement des subventions, exonérations, effacements de dettes sociales et fiscales, etc.
Ce ne sont là que quelques uns des membres de la famille des possédants et autres profiteurs locaux, bien implantés au cœur de la Collectivité régionale et de la mairie de Fort de France, entre autres. Alors, tenter de faire croire que la demande du Medef par la voix de Comte, ancien président du Medef, a pu surprendre, n’est qu’une supercherie. On peut tout au plus dire que le coup était bien monté.
 
En fait, à travers les contrats d’avenir, une promesse de campagne du candidat Hollande, le patronat a trouvé un bon moyen pour atteindre son objectif : avoir à sa disposition une main d’œuvre bon marché, flexible, et payée avec des deniers publics. Et les dirigeants actuels du Conseil Régional, comme les précédents, n’ont qu’une mission : servir leurs maîtres !

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Grèves et manifestations en Grèce contre l’austérité

En Grèce, le gouvernement va imposer un nouveau plan d’austérité qui prélèvera 18 milliards d’économies supplémentaires sur le dos des travailleurs et des classes populaires avec un recul de l’âge du départ à la retraite à 67 ans, de nouvelles coupes dans les pensions et les prestations sociales, des suppressions d’emplois dans la fonction publique et des révisions à la baisse de salaires publics, ainsi que de nouvelles mesures contre les quelques protections dont bénéficient les travailleurs.
Le gouvernement justifie ces nouvelles attaques par la banqueroute qui menace l’État et par les aides européennes qui ne seront débloquées qu’à ces conditions, et qui serviront en grande partie à payer les intérêts de la dette aux financiers et aux banquiers européens.
Les banques ne sont pas menacées de banqueroute : à elles de payer la dette qu’elles ont largement contribué à creuser !
( Brève de nos camarades de "Lutte ouvrière")