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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1079 du 10 nov. 2012/Première page

Première page

Editorial: Barack Obama ni défenseur des pauvres, ni des noirs pauvres.

Barack Obama a donc été réélu président des Etats-Unis d'Amérique pour un deuxième et dernier mandat.  Le candidat du parti démocrate  sort vainqueur de cette élection, contre celui du parti républicain, Mitt Romney.
Depuis plus de cent cinquante ans, ces "deux partis uniques" se partagent périodiquement le pouvoir, même s'il arrive que certains comme Obama ou Bush gardent le pouvoir deux fois de suite. Ils entretiennent ainsi l'illusion du changement au sein de la population. Mais en réalité, tous deux défendent les mêmes intérêts fondamentaux, ceux de la bourgeoisie.
Romney, lui, incarne parfaitement cette bourgeoisie. C'est un homme d 'affaire, un capitaliste. Il  a accumulé un quart de milliard de dollars de fortune personnelle grâce à son fonds d'investissement "Bain Capital".  Son "travail" c'est  d'acheter des entreprises en difficulté, de licencier des travailleurs et de revendre ces mêmes entreprises avec un bénéfice confortable.IL a bénéficié à fond ainsi que l'ensemble de la classe bourgeoise des baisses d'impôt reconduites par Obama après son prédécesseur Bush.
Quant à Obama, ce n'est pas un homme d'affaire, mais un commis de la bourgeoisie. Il incarne parfaitement ce type d'homme de la classe moyenne, mais dont se sert la bourgeoisie pour faire croire aux gens du peuple  qu'il est des leurs. De plus, un metis "noir/blanc" ne pouvait que renforcer cette image aujourd'hui.  Et sous le premier mandat d'Obama, la bourgeoisie s'est enrichie. Mille milliards de dollars ont été octroyés aux banques lors de la crise financière de 2008 dont ils étaient responsables. 50 milliards de dollars ont été directement versés à General motors (GM) plus 45 milliards de cadeaux fiscaux pendant que GM diminuait les salaires de 3 à 10% et qu'il licenciait 47000 travailleurs. Ces deux exemples sont largement symboliques de la politique menée par Obama en faveur de la bourgeoisie. Pendant ce temps, les licenciements et la pauvreté s'accroissent  et la crise fait des ravages dans les classes pauvres.
 Pourtant ce même Obama bénéficie d'une image de défenseur des pauvres parmi bon nombre de gens. Il est vrai qu'en face de Romney ce n'est pas difficile. Mais par exemple, l'extension de la couverture maladie est un rideau de fumée. La loi d'Obama oblige ceux qui n'ont pas d'assurance publique à en contracter une privée, sous peine d'amende!!  Vingt trois millions de personnes n'en auront aucune.
Quant au Obama défenseur des Noirs et représentant des Noirs, là encore, c'est du vent. Défenseur des noirs riches peut être mais en tout cas pas celui des noirs pauvres. On ne peut être commandant en chef des intérêts de la bourgeoisie et des milliardaires et en même temps défenseur des intérêts des pauvres qu'ils soient blancs ou noirs. C'est incompatible. Et là encore, bon nombre d'Antillais n'ont envers Obama qu'une réaction épidermique et sentimentale. On peut certes la comprendre par l'histoire des peuples noirs d'Amérique. Mais il faut combattre une telle réaction car Obama est surtout le représentant en chef de la première puissance impérialiste du monde, la même qui opprime tous les travailleurs et encore plus les travailleurs noirs.
On remarque quand même que "l'Obamania" antillaise se retrouve plus dans les rangs des petits bourgeois, des étudiants, des milieux aisés que chez les travailleurs. Chez ces derniers, l'exploitation quotidienne par des patrons blancs en majorité mais aussi par des cadres et autres noirs zélés et aux ordres de ces mêmes patrons génère une certaine défiance contre tous ces exploiteurs et autres dominants de couleur. Du coup, bon nombre de travailleurs se montrent  aussi bien plus sceptiques envers Obama . Et c'est bien dans cet élément de prise de conscience  de classe des travailleurs que réside l'espoir .

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Guadeloupe : Dans la Banane, des patrons exploiteurs et menteurs…

Suite à l’affaire de l’épandage aérien, un cadre représentant les patrons de la Banane est intervenu sur une radio le mardi 6 novembre. Pour ce «porte parole», les patrons de la Banane ne sont pas ce qu’on croit, à savoir des exploiteurs seulement préoccupés par leur gain et se moquant de l’environnement, il faudrait ajouter et de la santé des travailleurs et de la population en général. A l’entendre on aurait presqu’envie de pleurer sur le sort des Lignières, Damba, Dormoy et autres Adolphe.
 
EXPLOITATION  MAXIMUM…..
Or, s’il y a un secteur où l’exploitation patronale est particulièrement rentable, c’est bien dans la banane. Quelques exemples :
            - Pas de treizième mois (rappelons que pour obtenir la prime de fin d’année de 630 €, il a fallu une grève de 54 jours et certains patrons ne la payent pas régulièrement).   
            - Pas d’ancienneté, ni de qualifications : que l’on travaille depuis une semaine ou depuis trente ans sur  la même plantation, tout le monde est payé au SMIC, même les conducteurs d’engins.
            - Certains planteurs ont des cannes sur leurs plantations, et la convention collective-Canne est plus avantageuse pour les travailleurs que celle de la banane. Et bien, les travaux effectués dans ces cannes sont payés comme travaux dans la Banane. 
            -Les heures supplémentaires ne sont presque jamais payées. Quant aux primes de toutes sortes comme par exemple la prime de transport, cela n’existe sur aucune plantation…
 
ET DONC  PROFIT  MAXIMUM…
La réponse des patrons de la Banane à la moindre revendication salariale est : on ne peut pas, sinon la Banane disparaitra…et pourtant en dépit de leurs pleurs et gémissements, le paiement de la prime de fin d’année ne les a pas fait disparaitre…
Quand de plus on sait que ces exploiteurs ne payent pas de charges sociales patronales et qu’ils reçoivent en permanence des aides et subventions de toutes sortes de la Région, du Département, de l’Etat, et de l’Europe, on constate à quel point ce sont des profiteurs loin d’être sur la paille et de fieffés menteurs en plus. Par exemple, il y a quelques années de cela, le groupement «Les planteurs de Guadeloupe», lors de l’acquisition d’une murisserie par les planteurs des deux îles (Guadeloupe et Martinique) a reçu 4 millions d’euros, dont deux sous forme de prêt et deux en aides de la Région Guadeloupe…
 
TRAVAIL  PRÉCAIRE…
Et comme si cela ne suffisait pas, les patrons de la Banane ont depuis quelque temps recours au travail précaire. Un GIE, sorte de société de travail par intérim, met à leur disposition des travailleurs pour des durées variables, dont ils peuvent se débarrasser quand ils veulent. Cela n’est pas toujours légal, mais l’illégalité, les patrons peuvent user et en abuser. Il n’y a que les coups de colère des travailleurs qui peuvent y mettre fin.  
 Alors, quand on entend ce cadre, dont bien évidemment le salaire n’a rien à voir avec celui des ouvriers de la Banane, essayer de nous faire pleurer sur le sort des planteurs, on a envie de lui dire …

 

Compétitivité : les vœux du patronat sont exaucés, les engagements vis-à-vis des travailleurs sont piétinés
(Communiqué de Nathalie Arthaud)

C’est Noël en novembre pour le patronat ! Le gouvernement lui offre 20 milliards d’euros, soit une baisse de moitié de l’impôt sur les sociétés.
C’est un cadeau sans contrepartie. Le gouvernement prétend que ces milliards doivent « inciter » le patronat à investir, mais depuis des années, les grandes entreprises, celles qui exportent et qui n’ont que le mot « compétitivité » à la bouche, dépensent plus en dividendes qu’elles n’investissent !
Pour financer son cadeau au patronat, le gouvernement piétine sans vergogne son engagement de ne pas augmenter la TVA. Mais si cette TVA était injuste sous Sarkozy, elle le reste avec Hollande !
Les travailleurs vont payer à double titre : par l’augmentation de la TVA et par la réduction des dépenses publiques qui va encore dégrader les hôpitaux, l’Éducation, les transports et priver les collectivités de ressources indispensables pour la population.
Il n’aura pas fallu longtemps pour que le gouvernement socialiste montre à quel point il est prêt à s’aplatir face au patronat et capable des pires attaques contre les travailleurs.
Nathalie Arthaud

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