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Archives de CO/CO n° 947 du 17 juin 2006 /Quatrième page

Quatrième page

La fête annuelle de Lutte Ouvrière

Cette année encore plusieurs milliers de participants, étaient présents à la fête de Lutte Ouvrière les 3, 4 et 5 juin à Presles dans le Val-d'Oise. Le public a pu assister aux différents spectacles, notamment sur le grand podium, au village médiéval, sur le petit théâtre. Participer aux différents forum et débats sur des questions de tous ordres : sur l'actualité politique et scientifique. Et bien sûr danser et goûter aux spécialités culinaires de différentes régions de France et du monde. Et grâce au stand tenu par COMBAT OUVRIER, goûter aux spécialités de Guadeloupe et de Martinique.

                                                                                                                 

Fonctionnaires : Villepin fait des coupes sombres dans les effectifs : moins 15 000 en 2007

Dominique de Villepin a décidé, dans le cadre du budget 2007, de tailler dans les effectifs de la Fonction publique. Cela représente une suppression de 15 000 postes, soit trois fois plus qu'en 2006 (5 300).
En dépit du fait qu'il avait réaffirmé récemment qu'il n'était pas question pour lui d'utiliser le "rabot" à effectifs, M. de Villepin a finalement procédé, à un an de l'élection présidentielle, à la coupe la plus dure depuis 2002.
Au total, 15 000 postes de fonctionnaires seront donc supprimés (départs en retraite non remplacés et postes vacants), dont plus de 7 000 au sein de l'Education nationale. Ils  entraîneront "500 à 600 millions d'euros d'économies", somme pour moitié rétrocédée aux administrations concernées, a-t-on précisé.
Ce solde de 15 000 est le résultat de la différence entre les quelque 19 000 postes équivalents temps plein supprimés et les 4 000 créés dans le même temps.
Les députés de la majorité (UMP) se réjouissent évidemment d'une mesure qu'ils jugent "courageuse". "Ce n'est pas une lubie idéologique, mais le résultat d'une amélioration de la gestion. Il n'y a pas de bouc émissaire, ni de vache sacrée", a commenté l'un d'eux.
Dans le camp syndical, FO a fustigé la "vision purement comptable" du gouvernement qui fait des agents publics "une variable d'ajustement". La CGT, premier syndicat des fonctionnaires, a dénoncé une décision "inacceptable" relevant d'un "positionnement dogmatique". Mais sans plus : pas d'appel à s'opposer à ces mesures, aux travailleurs de la fonction publique, pas d'annonce de quelque opposition réelle que ce soit ! Il n'est évidemment pas trop tard pour que les syndicats s'y décident; mais les travailleurs-fonctionnaires feraient bien de s'en charger eux-mêmes !
Quant au Parti socialiste de Hollande, il s'est fendu d'une vague phrase de désapprobation !
Le gouvernement dit vouloir réduire le déficit de l'Etat. Mais il ne choisit pas d'économiser en réduisant les aides au patronat, qu'il abreuve de subventions. C'est cela qui vide les caisses publiques. Ceux que le gouvernement attaque, ce sont les employés des services publics utiles à la population comme les écoles, les hôpitaux, etc., dont on réduit les moyens et les effectifs de façon catastrophique, alors qu'il est urgent d'y créer des emplois.
On pourrait économiser et réduire les déficits en arrêtant les aides à fonds perdus aux patrons. La droite ne le veut pas, bien sûr. Quant au PS, il n'en parle pas.

Haïti : Un gouvernement qui n'a rien de nouveau

En Haïti le premier ministre Jacques Édouard Alexis a installé son gouvernement le 9 juin 2006, il a regroupé autour de lui des anciens ministres ou responsables des gouvernements antérieurs, dix-huit ministres issus de six partis : Lespwa, l'Alyans, Fusion des sociaux démocrates haïtiens, l'OPL, l'Union et Fanmi Lavalas.
Lors de son discours d'investiture, le premier ministre a rappelé aux partis politiques que les postes ministériels leurs ont été distribués en gage de maintien d'une entente qu'il leur a proposé : «un pacte de solidarité et de loyauté pour guider dans la gestion des affaires de la nation», dont la finalité est de les «amener collectivement à placer les intérêts de la nation au-dessus de toutes autres considérations.». C'est dire que les revendications de la population pauvre ne seront pas au premier plan, même si Alexis leur a servi le discours qui berce les illusions en promettant : «avec son équipe de contribuer à bâtir une meilleure Haïti, une Haïti qui sera la fierté de ses enfants.»
Alexis n'en est pas à une promesse près, et il a fait ses preuves auparavant lorsqu'il a été premier ministre de 1999 à 2001 lors de la première présidence de René Préval, il a été également ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports en 1998. Son programme est toujours de ramener dans le pays les entreprises capitalistes qui y investissaient et de permettre à la bourgeoisie haïtienne de retrouver les niveaux de bénéfices antérieurs. Il propose ainsi «une opération de marketing public tant au pays qu'à l'étranger », un langage habituel des politiciens au service de la bourgeoisie pour rappeler aux possédants que leurs intérêts ne seront pas lésés par ce nouveau gouvernement.

Suicide de trois prisonniers dans le camp de détention de Guantanamo

Deux Saoudiens, de 19 et 22 ans, et un Yéménite ont été retrouvés pendus dans un camp de prisonniers des USA à Guantanamo. Celui-ci a été ouvert en 2002 dans la partie sud-est de l'île de Cuba, toujours occupée par les Etats-Unis. Les prisonniers, plus d'un millier, sont suspectés de terrorisme par les Etats Unis, ils sont détenus depuis plusieurs années sans procès. Les tortures et traitements inhumains dont sont victimes ces prisonniers ont été dénoncés à plusieurs reprises par leurs avocats et les organisations de défense des droits de l'homme. Depuis l'ouverture du camp, les prisonniers ont observé plusieurs grèves de la faim pour dénoncer leur détention arbitraire et ses conditions atroces.
Plusieurs tentatives de suicide ont déjà eu lieu, c'est cependant la première fois que ces tentatives aboutissent car, au dire d'un des avocats, les prisonniers sont surveillés
individuellement par des caméras, 24h sur 24h, ce qui l'amène à mettre en cause la «version américaine» du suicide. Il demande qu'une commission indépendante enquête sur les causes du décès.

Nouvelles offensives de Sarkozy contre les sans papiers

Les élections présidentielles approchant en France, c'est la surenchère ; c'est à celui qui sortira la mesure la plus scélérate afin de flatter une opinion publique de plus en plus xénophobe et de courtiser l'électorat de droite et d'extrême droite.
Alors que Ségolène Royal (socialiste) propose de mettre aux mains des militaires les centres destinés à accueillir les jeunes rejetés de l'école ou devenus des petits délinquants, Sarkozy, lui, prévoit d'expulser des enfants émigrés de leurs écoles et de les reconduire dans le pays d'origine de leur parents !
La décision devrait prendre effet à la fin de la période scolaire, fin juin, où des centaines d'élèves sans papiers ainsi que leur famille, sous le coup d'un arrêté préfectoral, feront l'objet d'une reconduite à la frontière.
Mais c'était sans compter sur la mobilisation d'enseignants et de parents d'élèves qui se sont insurgés contre une telle ignominie, allant jusqu'à manifester concrètement leur solidarité en se rendant dans les centres de régularisation avec les familles.
Devant l'indignation soulevée, Sarkozy a fait un petit pas en arrière en demandant aux préfets d'envisager «au cas par cas» la régularisation des familles sans papiers dont les enfants sont scolarisés en France.
Mais ce recul ne suffit pas ! Les conditions de régularisations avancées par Sarkozy sont d'ailleurs inacceptables : il faudrait que l'élève ait rompu tout lien avec sa culture d'origine pour pouvoir prétendre à une régularisation ! En effet, selon le rapporteur du projet de loi à l'assemblée nationale «les familles qui pourront bénéficier d'un droit exceptionnel de séjour seront celles dont les enfants sont présents en France depuis deux ans ou ayant un enfant né en France ou arrivé en France en très bas âge, scolarisé depuis au moins une année scolaire dans l'enseignement obligatoire, ne parlant que le français et n'ayant plus de lien avec son pays d'origine». Toutes conditions difficiles à apprécier et qui laissent à l'arbitraire de fonctionnaires des préfectures le soin de dire qui doit bénéficier ou non de la régularisation.
En fait, il s'agit pour Sarkozy de jeter une aumône à la mobilisation, car de telles conditions sont presque impossible à rassembler, tout en gardant l'essentiel : des mesures xénophobes et racistes.