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Archives de CO/CO n° 947 du 17 juin 2006 /Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Bras de fer au CHU Pointe-à-Pitre/Abymes ou action d'ensemble des travailleurs ?

Le mardi 6 juin l'UTS-UGTG a appelé à un mouvement de grève qui fut suivi par des travailleurs de différents services.
L'appel avait deux buts. Le premier soutenir G. Clavier, un des dirigeants de l'UTS, qui comparaissait ce même jour devant les tribunaux pour avoir soutenu les travailleurs de Danone. L'autre poser différents problèmes qui assaillent le CHU. Ce même mardi, lors d'une entrevue des syndicats du CHU avec 'la direction, différents problèmes dénoncés par les grévistes ont été posés devant le directeur. La délégation de l'UTS demanda :
• De reclasser une travailleuse au poste d'assistante sociale, comme sa réussite au concours lui en donne droit,
• De  revenir sur le licenciement de deux jeunes, prononcé il y a un an de cela
• De s'expliquer sur les 30 millions de déficit de l'hôpital.
Le Directeur général Jolivière répondit au deux premiers points, avec une certaine arrogance, qu'il était prêt à faire un geste pour le reclassement si le syndicat UTS remonte les portes de la direction des Ressources humaines, qu'il accuse ces militants d'avoir enlevées ! Pour les licenciements, c'est non. Il ajoute que si le syndicat n'est pas d'accord il n'a qu'à faire appel aux Prud'hommes.
L'attitude du directeur se résume donc à un affrontement individuel, presque personnel, vis-à-vis des responsables de l'UTS. Il s'agit d'un bras de fer mais non de résoudre réellement les problèmes ! Cette attitude fut confirmée dès le lendemain mercredi quand il demanda aux forces de l'ordre d'intervenir contre le piquet de grève devant le CHU. Les travailleurs présents devant les entrées du CHU désapprouvèrent cette intervention et le montrèrent en refusant de franchir l'entrée sous la protection des forces de police. Il fut clair que le directeur Jolivière ne cherchait pas à résoudre les problèmes, mais à réprimer les grévistes !
Les problèmes du CHU ne se réduisent pas à une simple affaire d'opposition entre des syndicalistes qui réclament le départ de ce directeur et la volonté de celui-ci de les faire plier.
Les problèmes sont légion au CHU, comme en témoignent les nombreux mouvements de ces derniers temps en médecine B, médecine A, en réanimation, en radiologie, ainsi que les ratés de l'informatique etc.
Problèmes qui détériorent les conditions de travail et l'ambiance dans le CHU. Ils ne pourront être résolus que par une intervention massive des agents qui, au delà du directeur du CHU, obligera ceux qui ont l'argent, comme l'ARH, représentant du ministère de la santé et du gouvernement, à donner au CHU les moyens de fonctionner correctement.
D'ailleurs le jeudi 8, après les incidents à la porte entre forces policières et grévistes, celui-ci déclara sur les ondes qu'il injectera 16 millions d'euros au CHU pour ramener son déficit à 10 millions. Donc les moyens existent mais l'ARH et au-dessus de lui le ministre, ne veulent pas financer correctement ce service public. Sauf si les travailleurs se mettent en colère : c'est l'ARH lui-même qui le démontre !
Seule une action combative de tous les travailleurs pour faire de ce mouvement qui se poursuit un véritable mouvement d'ensemble de tous les personnels du CHU décidé et contrôlé par eux, et non par une petite poignée de syndicalistes, pourra mettre le gouvernement et «nos» élus locaux dans l'obligation de doter la population de Guadeloupe d'un hôpital correctement équipé, où les conditions de travail des agents hospitaliers et d'accueil des patients seront réellement satisfaisantes.

 

 
 

Projet de programme du Parti Socialiste : rien de bien nouveau

Le projet de programme PS pour les élections présidentielles de 2007 a été voté le 7 juin dernier par le bureau national du parti. Tous les candidats potentiels étaient présents : Hollande, Royal, Fabius, Lang, Strauss-Kahn. Et le programme reprend une partie des propositions de chacun. Il n'apporte rien de bien nouveau et derrière les très vagues et très générales déclarations d'intention, telles que «agir à gauche», «rassembler la gauche» ou encore «transformer la société» face à la «domination de la finance mondiale», les mesures proposées sont extrêmement timides, voire vides de tout contenu.
Le parti socialiste promet particulier d'augmenter le SMIC. Il est actuellement de 1217,88 euros. Le PS propose de le porter à 1500 euros brut d'ici 2012, soit une augmentation annuelle de 4% par an environ. Le SMIC registre une petite augmentation chaque année, en fonction de l'indice de la hausse des prix calculé par l'Insee. Ce que propose le PS ne change donc rien à ce qui existe déjà. Les autres prétendus «point forts» du programme sont eux aussi bien chancelants : un «bouclier logement» pour les plus démunis, une «couverture professionnelle universelle» et l' «avènement d'une république parlementaire». Derrière quelques formules ronflantes pour «faire gauche», la réalité du projet de programme n'a pas de quoi inquiéter le patronat ni donner un quelconque espoir aux travailleurs.
C'est d'ailleurs la difficulté pour les différents candidats du PS pour les présidentielles : comment avoir les votes des travailleurs sans rien promettre d'important qui risque de choquer les patrons ! Bien sûr ils pourront compter sur le PCF pour leur apporter cette caution de gauche, voire ouvrière, qui leur manque ; la secrétaire du PCF, Buffet, et le journal L'Humanité n'ont-ils pas déjà affirmé que le programme du PS se situait à gauche ! Pas très exigeants ces soi-disant «communistes» !


 

L'offre de zones franches en campagne de promotion pour les Antilles

Dominique de Villepin vient de décider la création de quinze zones franches urbaines supplémentaires et que les grandes entreprises qui investiront au capital des PME implantées en zone sensible pourront en tirer profit. Puis ce fut au tour de François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste, lors de sa tournée électorale aux Antilles de poursuivre les enchères.
Si Dominique de Villepin propose aux entreprises de déduire 50% des sommes investies de leur impôt sur les sociétés, lui Hollande a annoncé mieux, car dit-il en plus des mesures d'exonérations fiscales et sociales les employeurs bénéficieraient d'allègement de TVA dans ces zones franches globales.
En tout cas, ces appels de sirènes ont déjà fait cogiter dans les assemblées locales puisque le Conseil régional et le Conseil général de Guadeloupe, réunis en congrès, ont décidé d'engager la création de nouvelles zones franches, dans les régions de l'île les plus touchées par le retard économique. Ainsi des parties de territoire de la Côte sous le vent, du Nord Grande-Terre mais aussi Marie-Galante, les Saintes et Désirade pourraient être classées en zones franches, en 2015, au terme du processus engagé par les deux assemblées.
Et d'ailleurs, ces temps-ci, ce thème de la zone franche globale développe une véritable frénésie. Le Campus de Schoelcher était il y a peu le théâtre d'une conférence sur la question. La CCI de la Martinique (chambre de commerce et d'industrie) a elle aussi organisé une réunion d'information dans son auditorium. Quant à la Cour d'Appel de Fort-de-France, des experts s'y sont produit en traitant de «la performance des entreprises et résorption des poches de sous-développement en économie développée».
En vérité, ces «zones franches» dont on nous chante tant les vertus de développement sont en fait de petits coins clos et tranquilles dans lesquels s'appliquent des privilèges aux entreprises.
Le dispositif zone franche urbaine repose sur cinq exonérations fiscales et sociales à destination de l'entreprise : exonérations d'impôt sur les bénéfices, de la taxe professionnelle, de la taxe foncière sur les propriétés bâties, des charges sociales patronales, des cotisations sociales personnelles des artisans et commerçants et enfin taux réduits du droit de mutation aux acquisitions de fonds de commerce ou de clientèles ! La durée des exonérations est fonction de la taille des entreprises : pour les entreprises de moins de cinq salariés, la durée des exonérations est de cinq années à taux plein, cinq années à 60%, deux années à 40% et deux années à 20%. Pour les entreprises de cinq salariés et plus, la durée des exonérations est de cinq années à taux plein, une année à 60%, une année à 40% et une année à 20%. Les chiffres sont clairs et alléchants !
En fait, plus que les emplois créés, c'est bien aux capitalistes que tout est offert. Car ces infrastructures vont agir pour le seul développement de leurs affaires, ni plus ni moins.
Et lorsque la concurrence sera exacerbée entre eux cette situation provoquera pour les travailleurs le nivellement par le bas des conditions de travail et des politiques sociales. Les lois du travail ne s'appliqueront plus dans ces zones, les multinationales y feront la loi au sens propre du terme. Les normes de santé et de sécurité au travail seront bannies et les syndicats indépendants du pouvoir ou des patrons n'y seront pas tolérés.

 

Martinique Monplaisir et l'UMP recueillis pour le 22 mé

Cette année, en Martinique, la commémoration de la lutte de libération des esclaves du 22 mai 1848 a connu un caractère particulier.
Plus encore que les années  précédentes, cette date a été l'occasion de commémorations, de recueillements, de fêtes ou manifestations       sportives organisées par un grand nombre de municipalités, d'associations, syndicats ou groupes politiques.
Pour la première fois, les militants UMP et leur nouveau patron Yan Monplaisir ont eux aussi organisé une commémoration du 22 mai en se réunissant à l'Anse Cafard dans la commune du Diamant.
Dans une interview au journal Antilla du 31 mai, où T. Delsham lui demandait si «le 22 mé était désormais porteur aux élections», Monplaisir répondait  sans gêne et sans retenue : «Nous avons... une appréciation différente (de celle des anciennes générations) avec la volonté affirmée de mettre fin à un malentendu, conséquence du fait que certains ont voulu à travers le 22 mai opposer les Martiniquais et non les rassembler. Pour ma part j'appelle à la réconciliation, à la Fraternité.»
Le gouvernement français ayant décidé de faire du 10 mai une journée commémorative des luttes anti-esclavagistes en France, la droite locale se sent confortée et affirme ainsi sa volonté de faire partie intégrante du «paysage martiniquais». Comme quoi, sur le terrain du nationalisme ou du régionalisme, il y a de la place pour tous les politiciens bourgeois et petits bourgeois quelle  que soit leur couleur politique, même pour ceux qui rappliquent tardivement.

 

Guadeloupe : Lycée Augustin Arron de Baie-Mahault : chute de coursive

Une dalle de béton d'environ 40 mètres s'est effondrée en un lieu fréquenté régulièrement par les élèves.
L'établissement était heureusement vide quand cet incident eut lieu, samedi en fin de soirée.
Le président du Conseil général, Victorin Lurel, a décidé la fermeture du Lycée en attendant les résultats de l'enquête d'experts appelés pour déterminer les causes exactes de l'incident.
Remarquons que la structure mise en cause date d'une trentaine d'années mais qu'elle a pu subir des contrecoups des tremblements de terre assez intenses qui, il y a un an, firent des dégâts dans différentes communes de Guadeloupe.
Du coup, tous les établissements similaires du département subiront une expertise des ingénieurs désignés par la collectivité régionale.
Selon   diverses informations venant des milieux proches de la DDE, ce ne sont pas seulement ces bâtiments scolaires qui ont été fragilisés par les tremblements de terre mais aussi un certain nombre de structures publiques, ponts et passerelles de la région.
Des experts de passage avaient même désigné le CHU de Pointe à Pitre comme établissement    qui serait dangereux en cas de 'renouvellement de séisme relativement intense ! On comprend mal la désinvolture des responsables chargés de lancer un programme de reconstruction d'un hôpital neuf ou de faire vérifier l'état réel des diverses structures publiques (ponts, bâtiments, routes, etc.) afin d'y faire de sérieuses réparations ou reconstructions.
Il est vrai que la sécurité de la population n'est pas une priorité, dans ce pays, encore administré en état de sous équipement, dans la bonne tradition coloniale d'antan ! A quoi s'ajoute que la politique d'économie sur les services publics des gouvernants passés et actuels n'est pas faite pour arranger les choses mais pour les aggraver !