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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1077 du 13 oct. 2012/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Le procès intenté à notre camarade Sony Laguerre, renvoyé.
Répression contre Rebelle ! : Le culot de ceux qui accusent

Le 10 octobre, un jeune camarade de Combat Ouvrier passait en procès à Pointe-à-Pitre. Sony Laguerre est un des animateurs du journal étudiant et lycéen Rebelle !, journal qui dérange les autorités du rectorat et de la préfecture et qu’un certain nombre de «grosses légumes» ont publiquement juré de «faire disparaître»…                         Sony était accusé d’avoir blessé un policier le 18 mai dernier, lorsqu’un rassemblement d’une quarantaine de jeunes a été brutalement chargé par la police… Comme son camarade Raphaël Cécé, le 13 juin dernier, Sony était soutenu au tribunal par une centaine de jeunes, de militants politiques et syndicaux et de parents d’élèves. À noter aussi, un débrayage a eu lieu au lycée Coëffin de Baie-Mahault. Les lycéens protestaient contre les injustices et les brimades quotidiennes qu’ils subissent, mais aussi pour la défense de Rebelle ! et de la liberté d’expression.
À l’audience procureur et avocat des policiers – ceux qui accusent les jeunes – n’étaient pas à la fête et ont carrément demandé le report du procès prétextant le « respect des droits de la défense »… alors que ce sont eux qui ont porté plainte contre Sony ! Un lapsus qui démontre en tout cas qui se sent coupable et que la campagne de mobilisation et d’information a rabaissé un peu la confiance de ces messieurs.
Le procès de notre camarade est reporté au 18 janvier prochain, deux jours après celui de Raphaël Cécé. Alors le 16 et le 18 janvier nous serons plus nombreux encore !

 
 

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Nous publions ci-dessous le communiqué de notre camarade, Nathalie Arthaud à propos des manifestations du 9 octobre en France

Des dizaines de milliers de travailleurs ont manifesté aujourd’hui pour affirmer que seule la lutte collective peut payer
Les manifestations d’aujourd’hui (le 9 octobre) ont montré qu’il y a dans ce pays des dizaines de milliers de travailleurs conscients que face au patronat, seule la lutte collective peut payer, et que face à un gouvernement de gauche, ils ne resteront pas l’arme au pied.
 Contre le chômage, la seule mesure efficace du point de vue des travailleurs est l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution des salaires. Et il faudra un mouvement général de l’ensemble de la classe ouvrière pour imposer cela.
 Aujourd’hui, ceux qui se sont mobilisés sont minoritaires, mais leur mobilisation est un gage pour l’avenir. Car il est certain que, dans cette période d’aggravation de la crise, l’avidité du patronat et la couardise du gouvernement vis-à-vis des ces patrons petits et grands, pousseront inévitablement les travailleurs à se défendre collectivement et massivement. Et alors, les travailleurs seront en position d’imposer les mesures vitales pour eux face à la crise.
Nathalie Arthaud

 

Martinique : À propos de l’épandage aérien, un débat éclairant

À la suite de la décision rendue en Guadeloupe, celle du tribunal administratif saisi en Martinique pour obtenir l'interdiction de l'épandage aérien de pesticides sur les bananeraies était très attendue. L'audience a eu lieu le lundi 8 octobre et le jugement devrait être rendu à la fin de la même semaine.
En marge de cette action de justice, la télévision Martinique Première présentait le 4 octobre un débat entre L. Boutrin, de Martinique Écologie et L.F. Gloriane, planteur à la tête d'une exploitation bananière employant 5 salariés. L. Boutrin semblait surtout préoccupé de «ménager la chèvre et le chou». Il regrettait l'épandage de pesticides sans remettre en question la soif  aveugle de profit des capitalistes de la banane.
Par contre L.F. Gloriane était pénétré de son rôle de défenseur de ceux-ci. Et, en fait d'arguments, il offrit une caricature : «Le diesel aussi est dangereux, pourtant personne ne demande la fermeture de la rocade», «Les cultivateurs d'aujourd'hui n'ont jamais vu de chlordécone, alors...». On a bien compris que ce qui le désole dans une éventuelle baisse de production consécutive à la cercosporiose noire, c'est le manque à gagner sur les aides de la PAC (Politique Agricole Commune) de 404€ la tonne.
L. Boutrin citant les problèmes de santé, notamment le risque de cancer de la prostate, semblait parler à un sourd. Un sourd qui n'évoquait les salariés que pour laisser planer la menace de leur licenciement, et pas du tout dans l'optique de leur droit à travailler sans  menace pour leur santé.
Les patrons de la banane, comme les autres, ont un portefeuille à la place du cœur. Quelle que soit la décision rendue par la justice, il est plus qu'urgent pour les travailleurs de les mettre sous surveillance, de se donner les moyens de les empêcher de nuire, dans tous les domaines de la vie sociale.
 
            

Martinique : Les contractuels, nouvelle cible du rectorat.

Après la mobilisation pour le maintien en Martinique d’enseignants stagiaires et néo-titulaires, de nouvelles difficultés apparaissent entre le rectorat et les personnels non titulaires.
La loi prévoit que des personnels non titulaires régulièrement au service de l’Éducation Nationale depuis plus de six ans ont droit à un Contrat à Durée Indéterminée (CDI). Pour les personnels enseignants non titulaires, la durée hebdomadaire retenue est de 18 heures.
Or, des contractuels qui jusqu’à maintenant avaient été embauchés sur cette base de 18 heures se voient proposer un nombre d’heures d’enseignement inférieur à ces 18 heures depuis septembre 2012. De plus, ils ont été appelés plus de deux semaines après la rentrée. Et le service qui gère ces personnels a fait savoir qu’ils seraient payés en fonction du nombre d’heures effectuées réellement par semaine et de leur date de prise de fonction. Enfin, bien que titulaires d’un CDI, ils ont constaté que leur paie de septembre n’avait pas été effectuée. Bien évidemment, cette rupture entraîne des difficultés pour ces personnels. Mais cela, le rectorat le savait dès le départ.
En fait, pourquoi le Recteur, qui représente l’Etat, aurait-il décidé de violer les textes ?
Tout simplement pour imposer aux contractuels une modification à la baisse de leur quota d’heures. Et bien évidemment, ceux qui envisageraient de refuser la proposition rectorale se verraient remercier. Cette démarche du rectorat porte un nom : cela s’appelle du chantage!
Nous ne sommes ni en Grèce, ni en Espagne et encore moins au Portugal. Mais nous ne pouvons que constater que la politique de baisse de salaire déguisée, suivie par les représentants de ce gouvernement, s’apparente à celle de ces pays. Et tout cela pour faire des économies sur le dos des enseignants.
 
 

Haïti : Face à la vie chère des ouvriers réclament l’augmentation du salaire minimum

Vendredi 5 octobre, des centaines d'enseignants ont défilé dans les rues de  Port au Prince et dans la ville des Gonaïves contre la hausse des prix des produits alimentaires. Ils exigeaient des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail. Des centaines de jeunes ont rejoint les enseignants lançant des slogans contre Martelly dont ils ont réclamé la démission. Ces manifestations prolongeaient l'expression de colère des pauvres des villes du Cap et des Cayes la semaine précédente.
Au début de la semaine ce sont les ouvriers du parc industriel de Port au Prince qui ont donné le ton en réclamant l’augmentation du salaire minimum journalier. Ils demandaient l’application de la loi de du 6 octobre 2009 stipulant "À partir du 1er octobre 2012, pour les établissements industriels tournés exclusivement vers la réexportation, le prix payé pour l'unité de production doit être fixé de manière à permettre au travailleur de réaliser pour sa journée de huit heures de travail au moins Trois Cents Gourdes".  Soit 5,5 euros. 
 
 Sur la zone industrielle, il y a eu des débrayages dans plusieurs entreprises depuis le 1 octobre. Notamment dans 3 entreprises appartenant aux gros patrons Apaid et Baker, connus pour s’être lancés dans les élections présidentielles. Les ouvriers réclamaient 300 gourdes de salaire minimum pour 8 heures de travail et sans augmentation des cadences. 
La réplique des patrons a été de rappeler que le salaire minimum est de 200 gourdes et que les ouvriers peuvent atteindre 300 gourdes s’ils augmentent leur cadence. Mais la réalité c'est que les travailleurs ne perçoivent même pas 200 mais 150 gourdes. Les patrons de ces 3 entreprises ont mis à pied les ouvriers de mardi jusqu’à vendredi. Ils ont fait reprendre le travail en convoquant les ouvriers par équipe. Ces derniers ont finalement repris le travail le 5 octobre sur la base de 200 gourdes de salaire minimum, donc avec une augmentation de 50 gourdes.
Ce coup de colère montre la combativité de certains ouvriers qui savent que même pour garantir le minimum et le respect des textes, c’est le rapport de force qui compte. Ces travailleurs montrent le chemin à leurs camarades des autres entreprises de la zone industrielle qui n’ont pas encore réagi. Mais ils entendent bien poursuivre la lutte pour les 300 gourdes, qui n'est pourtant que le salaire prévu par la loi !

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