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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1077 du 13 oct. 2012/Première page

Première page

Éditorial: La dégradation des services publics et la multiplication des agressions ! Un exemple édifiant : à Pôle Emploi Guadeloupe

Zoom Depuis plusieurs mois, dans les agences de Pôle Emploi comme dans d’autres services publics, les agressions verbales contre les agents se multiplient. Certains usagers mécontents s’en prennent aux employés et à plusieurs reprises des menaces de mort ont été lancées. Tour à tour, les agences de Pointe-à-Pitre, Abymes, Saint-Martin, Capesterre Belle-Eau, Port-Louis, Morne-à-l’Eau ou Baie-Mahault ont été le théâtre de scènes de violences verbales ou physiques.                                                                         Le mécontentement et la colère qui s’expriment contre les agents du service public sont le reflet des difficultés sociales des demandeurs d’emploi qui ne cessent d’empirer en Guadeloupe, et des économies dont pâtissent les services publics.                    Les esclandres dans les services naissent bien souvent à l’accueil, de conditions de réception très mauvaises. Il est devenu presqu’impossible pour un chômeur d’obtenir des informations par téléphone. Depuis la fusion des Assedic et de l’ANPE, le Pôle Emploi a supprimé les standards pour faire des économies de personnel et a décidé d’imposer une plateforme téléphonique censée apporter des réponses de premier niveau aux chômeurs. Cette plateforme n’est pas toujours accessible par téléphone et coûte plus qu’une communication normale. La grande mode c’est aussi ce que les directions dénomment les services à distance, sur internet. Les plateformes et l’internet ne permettent pas de rencontrer des agents et de résoudre des problèmes complexes. Les demandeurs d’emploi sont bien souvent obligés de se déplacer à plusieurs reprises pour se rendre dans les bureaux. Lorsqu’ils se déplacent jusqu’à l’agence ils dépensent de l’argent pour prendre le car ou la voiture. Les files d’attente sont extrêmement longues. Bien souvent les gens font la queue et parfois n’obtiennent que des réponses incomplètes voire pas de réponse du tout à leurs demandes.                                                                  La plupart du temps, ce qui provoque la colère, ce sont les questions de paiement d’allocation chômage. L’une des causes majeures de l’attente à l’accueil c’est le manque de personnel. Les gouvernements qui se succèdent ont choisi de faire payer la crise aux travailleurs en diminuant le nombre d’agents. La principale raison de la fusion des Assedic et de l’ANPE était précisément de faire des économies en personnel. Et cela a des conséquences directes sur la qualité de l’accueil, la qualité de la formation des agents, et la qualité des conditions de travail. Les agents d’accueil sont souvent embauchés temporairement et ne bénéficient que de formations au rabais qui ne permettent pas de prendre en compte toutes les interrogations des gens.                       La réponse de la direction de Pôle Emploi face à cette violence, c’est de demander l’intervention rapide de la force de répression. Mais les policiers ou les gendarmes débarquent la plupart du temps quand l’agression a déjà eu lieu et le mal a déjà été fait. Des plaintes sont déposées et les individus violents écartés, mais pour un temps toujours limité. Une partie de l’encadrement supérieur se rend aussi sur place et organise des réunions sur le site, pour calmer les choses. La direction donne le numéro d’un psychologue et laisse à l’initiative de chacun le fait de l’appeler ou pas. Et le lendemain, la vie reprend.
                                                                                                        Face à la violence et au manque de moyens, les agents de Pôle Emploi se sont à plusieurs reprises mobilisés pour exiger du personnel supplémentaire. En mai 2011 ils avaient, après une grève victorieuse, réussi à faire intégrer 8 CDD en CDI. Mais c’est encore largement insuffisant. La privation d’un emploi stable et rémunéré correctement constitue une violence sociale de plus en plus insupportable. C’est aussi avec cette violence là qu’il faut en finir pour que dans les services publics on diminue celle subie par les agents !

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Martinique : 50 millions pour les hôpitaux : le déficit ne sera que réduit !

Entre 40 et 50 millions d’euros, telle sera l’enveloppe dédiée par le ministère de la Santé  pour la réduction du déficit des hôpitaux de Martinique.
Les parlementaires se sont félicités de cette décision gouvernementale. Le ministère s'est également engagé sur «la garantie d’emploi et de réemploi du personnel hospitalier», la réorganisation des sites du CHU de Fort de France, de celui de Mangot-Vulcin et du CH de Trinité, le maintien d’un service d’urgence sur le site de Trinité.
La ministre de la Santé aurait par ailleurs indiqué qu’elle recevrait, à titre exceptionnel, les organisations syndicales de la Santé d’ici la fin du mois d’octobre pour aborder la question de la fusion des trois hôpitaux.
Ces mesures ont été prises en grande partie grâce aux mobilisations des salariés et des syndicats. Grâce aussi à celles des médecins. Les hospitaliers n'ont pas intérêt cependant à baisser la garde.
En effet, les organisations syndicales font remarquer qu’avec une telle somme on est loin du compte. La preuve en est que le directeur pressenti du CHU de Martinique avouait il y a peu qu’il avait besoin de 30 millions d’euros pour les salaires du dernier trimestre de 2012. C’est dire que la différence, de 20 millions environ, servira tout juste à payer quelques fournisseurs supplémentaires. Et malgré les annonces ministérielles concernant la garantie des emplois, les travailleurs ont intérêt à rester mobilisés pour obtenir l’embauche des contractuels et le remplacement des départs en retraite. De plus, jusqu’à présent, de nombreux problèmes de fond, concernant le financement des hôpitaux et les spécificités dues à l’éloignement, ne sont pas abordés.
Comment payer les agents dans les conditions prévues par leurs statuts ?  Comment payer les fournisseurs pour remplacer le matériel obsolète ? Comment acheter les médicaments ou les produits de soins par exemple ? Comment faire pour que les hôpitaux ne soient pas constamment sur la corde raide ?
Il est évident que sans une trésorerie saine et suffisante les hôpitaux ne peuvent remplir leur mission de bien soigner la population.
 

Epandage Aérien : V. Lurel a ouvertement choisi son camp : celui des lobbies de la banane.

Zoom 
Victorin Lurel, ministre des Outremers, a décidé de faire appel, au nom de l'Etat, de la décision du tribunal administratif de suspendre l’épandage aérien. Il a annoncé sa décision au cours d’une séance plénière du Conseil régional. Puis il l'a annoncé à nouveau après que le tribunal administratif ait pris la même décision en Martinique.
En Guadeloupe, alors que ce sujet n’était pas à l’ordre du jour, Lurel avait déjà provoqué un incident. Harry Durimel  Conseiller Régional, avocat des opposants à l’épandage, l’a vivement critiqué, et s’est retiré quelques instants de l’assemblée. Ainsi, c'est avec un comportement autoritaire que Lurel transmet les pressions qu'il subit de la part des planteurs en particulier ceux de la Martinique où le poids économique des békés dans la banane est important.
 
Suspension de l’Epandage aérien en Guadeloupe et en Martinique.
 
En Guadeloupe suite au recours de quatre organisations du Collectif contre l’épandage aérien auprès du Tribunal Administratif pour l’annulation de la dérogation préfectorale autorisant cet épandage dans les bananeraies, le juge en a décidé la suspension durant 8 mois. Il a reconnu que l’intérêt de la Collectivité était supérieur aux intérêts des planteurs et a fait valoir le principe de précaution inscrit dans la Constitution. 
Le Tribunal Administratif de Fort de France a pris la même décision.
Les planteurs qui utilisent cette pratique depuis des années n’ont pas obtenu l’autorisation de l’Agence nationale de Sécurité Sanitaire pour l’usage du banole, fongicide très dangereux reconnu par des scientifiques comme cancérigène. Ces planteurs agissent comme bon leur semble, au nom de leurs intérêts. D’autres mesures ne sont pas non plus respectées. Par exemple la distance d’au moins 50 mètres entre les zones traitées et les zones ou résident les populations. Ou encore les contrôles qui doivent être faits au niveau de l’eau et de l’air de façon régulière et qui ne le sont jamais.
Quant aux pouvoirs publics, on ne peut guère leur faire confiance car ils  n’exercent pas un véritable contrôle et ne font pas respecter les règles sanitaires dans l’intérêt  de la santé de la population ? En réalité l’Etat et ses représentants sont au service des possédants.      
        
 

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