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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1075 du 15 sept. 2012/Quatrième page

Quatrième page

Afrique du Sud : La fin de l’apartheid peut-être, mais pas celle du capitalisme !

Les grévistes de la mine de platine de Marikana, l’un des gisements les plus riches au monde, ont déclenché leur mouvement début août pour l’augmentation de leur salaire. Ils ont déclaré « refuser de continuer à vivre comme des animaux » avec 400 € par mois et revendiquent un salaire minimum de 1250€ (12 500 rands, la monnaie sud-africaine). Lâchés par le syndicat majoritaire, la NUM (syndicat national des mineurs), et par l’ANC, le parti de Mandela, les grévistes se sont retrouvés seuls face aux dirigeants de la Lonmin, groupe britannique multimillionnaire qui exploite la mine. Avec 75% de la production mondiale, l’Afrique du Sud est le premier producteur de platine.                                   La Lonmin a décidé de ne rien lâcher, et en guise de réponse aux revendications des mineurs, a fait appel à la police sud-africaine qui jeudi 16 août a effectué un massacre digne du temps de l’apartheid : 34 mineurs tués à l’arme automatique et 78 blessés. Ce qui fit dire au quotidien Times  que ces images de tueries « semblaient appartenir à une Afrique du Sud du passé, lorsque les confrontations entre la police et les civils étaient monnaie courante… mais ces images n’étaient pas des images de l’apartheid ». Et pour cause ! La fin du système de ségrégation raciale ne fut pas synonyme de la fin du système capitaliste !                                                                                                     Si la fin de l’apartheid a permis à une couche de possédants noirs d’intégrer le système capitaliste comme nouveaux possédants, à l’instar de Cyril Ramaphosa, ancien dirigeant du NUM, qui se retrouve aujourd’hui directeur exécutif  de Shanduka, l’un des plus grands fonds d’investissement sud-africains. Il possède par ailleurs des actions dans le secteur de l’énergie, des mines, de l’immobilier, des banques, des assurances et des télécommunications… et est aussi l’un des directeurs de la Lonmin ! Si la fin de l’apartheid a également permis à une nouvelle couche de politiciens noirs d’accéder au pouvoir, de nouveaux soldats noirs ont aussi intégré les forces de sécurité sud-africaines mais dans le cadre du système capitaliste c’est-à-dire au service de la même minorité possédante, cette fois-ci blanche et noire.                                         Quant à la  majorité noire de la population, les travailleurs, les chômeurs et tous les pauvres en général, elle vit dans un dénuement encore plus grand.                          L’Afrique du Sud est le pays le plus riche du continent africain ; cette richesse est le fruit du travail collectif d’une classe ouvrière qui vit en grande majorité au-dessous du seuil de pauvreté. Les maladies infectieuses comme le Sida, la malnutrition, l’analphabétisme gagnent du terrain et les promesses du président Zuma, lors de son élection en 2009, n’ont pas changé les conditions de vie de ceux qui extraient diamant charbon ou platine. Les réformes policières annoncées n’ont pas rendu la répression anti-ouvrière moins féroce ; au contraire, la police a gardé les mêmes méthodes que sous l’apartheid.                                                                                                             Non contente de cette tuerie et en vertu d’une loi anti-émeute qui date du régime de l’apartheid et que l’ANC au pouvoir n’a pas abrogée, la justice sud-africaine a inculpé pour meurtre et emprisonné 270 mineurs grévistes, y compris 11 mineurs blessés le jour du massacre de leurs camarades et qui ont été trainés en prison à leur sortie de l’hôpital. Au lendemain de la tuerie, contrairement au temps de l’apartheid, ce sont des policiers noirs qui sont venus se justifier du massacre des ouvriers noirs lors d’une conférence de presse. Le président Zuma s’est contenté de décréter une semaine de deuil national et a ouvert une commission d’enquête. C’est un moyen de noyer le poisson, mais pour les mineurs de Marikana le combat continue.                       Finalement, face au scandale déclenché par l’inculpation collective des mineurs, le 3 septembre le gouvernement a dû faire machine arrière et toutes les inculpations liées au massacre du 16 août ont été levées et 162 mineurs libérés, mais plus d’une centaine restent encore en prison.     
Jusqu’à présent, toutes les tentatives de briser cette grève par la répression ont échoué devant la détermination des mineurs qui tiennent bon, soutenus par leurs femmes qui reprennent les chants révolutionnaire de l’époque de la lutte contre l’apartheid.
                                                                                                                 

Haïti : Pendant la tempête ISAAC, le système Martelly en panne pour les pauvres.

Le passage de la tempête tropicale «Isaac» sur Haïti, les 24 et 25 août, a causé de nombreuses pertes et d’énormes dégâts matériels. L’ONU a comptabilisé 24 morts, une dizaine de disparus, et plus de 6000 familles sans abri ; mais on ne saura pas le nombre précis de victimes par manque de recensement exact. Dans les départements au sud du pays, ce sont les cultures et le bétail qui ont été dévastés. Dans la zone métropolitaine ce sont les habitants des camps de réfugiés qui ont subi les plus lourds dommages.
Les mesures  avancées par le gouvernement n’ont eu qu’un effet dérisoire. Les sinistrés ont attendu en vain l’aide prévue par Martelly et son gouvernement dans leur propagande, la veille de la tempête. Ce sont les habitants qui, eux-mêmes, s’en sont sortis tant bien que mal. Dans les camps les conditions d’hygiène se sont encore dégradées favorisant une recrudescence du choléra durant  la première semaine de  septembre.
Pourtant les moyens pour reloger les familles sinistrées existent, les moyens pour relancer la construction existent. Des moyens pour préparer des kits alimentaires  et hygiéniques, il n’en manque pas dans le pays. 
Martelly et son gouvernement ont fait aux pauvres de nombreuses promesses et n’ont utilisé aucun de ces moyens. Le gouvernement se préoccupe des problèmes des banquiers ou des patrons des entreprises de textile ou bien des bagarres entre parlementaires qui craignent de perdre leurs postes. Les pauvres découvrent la méthode de Martelly : de la poudre aux yeux pour la population laborieuse.
 
 

Jean-Jacques Edmond
Nous publions ci dessous l'article de Lutte ouvrière suite au décès de notre camarade jean jacques Edmond. Nos camarades des Antilles le connaissaient bien aussi. Il s'y tait fait non seulement des camarades mais aussi beaucoup d'amis.

Jean-Jacques, pour ses camarades  Soble ou Roger Meynier, est mort à 61 ans,  après sept ans de maladies, des maladies qui lui avaient laissé des rémissions assez longues pour qu’il puisse profiter de la vie pendant de longs moments, avant cette dernière année où il fut cloué chez lui. Et pour lui, la vie c’était avant tout sa vie militante. Il a tenu jusqu’au bout à ce que les réunions aient lieu chez lui, pour qu’il puisse y participer, et continuer à militer, ne serait-ce qu’à travers les camarades plus jeunes qui l’entouraient. Et il appréciait les visites de tous les camarades, pas seulement parce que c’était le signe qu’on tenait à lui, mais parce qu’ils lui apportaient des nouvelles de la vie militante. 
Toute sa jeunesse, Jean-Jacques l’a passée à Saint-Ouen, une banlieue communiste. Influencé par ses grands-parents et grands-oncles ouvriers dont certains étaient communistes, d’autres marqués par la guerre de 14-18, et révolté par les sales guerres d’Algérie et du Vietnam, c’est tout naturellement qu’il se tourna, à 14 ans, à la suite de son frère, vers les Jeunesses Communistes. Seulement, on était en 1965, l’année où le Parti Communiste appela à voter Mitterrand, et parce qu’il exprimait son désaccord avec le fait que le PC appelait à voter pour Mitterrand, ce politicien que leur grand-père leur décrivait comme un ministre qui avait été décoré de la francisque pendant la guerre, qui avait participé à bien des gouvernements de droite, qui avait guillotiné un ouvrier communiste algérien, Jean Jacques se trouva écarté des Jeunesses Communistes avant même d’y avoir formellement adhéré. Et c’est alors qu’il se tourna, pour comprendre, vers les idées trotskystes et Voix Ouvrière, l’organisation qui donna naissance à  Lutte Ouvrière après mai 1968.
C’est dire que toute sa vie consciente, Soble la passa à Lutte Ouvrière, militant dans la région parisienne, et partout où il eut l’occasion de donner un coup de main à des camarades, en province,  dans les îles de la Caraïbe, vivant de petits boulots, et souvent de ses maigres économies, pour avoir plus de temps pour militer. Tout au long de ses quarante-six ans de vie militante, il s’est fait non seulement des camarades, mais des amis fidèles, qui l’entourèrent jusqu’à sa mort.
Dévoué à sa classe, la classe ouvrière, à son organisation, à ses camarades, à ses amis, méprisant toute forme de vanité, gouailleur, volontaire, ayant comme on dit « du caractère » avec ce que cela implique de courage et parfois d’emportements, voilà le Jean-Jacques, le Soble, dont nous nous souviendrons. Il était un militant, un ami, sur lequel on s’appuie, même sans quelquefois en avoir conscience.
Et nous  sommes solidaires dans le chagrin avec sa compagne, qui l’accompagna jusqu’au bout et sut lui  organiser, en cette dernière année difficile, beaucoup de moments heureux, avec sa famille et ses proches.

Syrie : Poursuite des combats et manœuvres hypocrites de l’impérialisme

Depuis 18 mois, les combats n’ont pas cessé en Syrie entre les forces armées du pouvoir de Bachar el Assad et celles rebelles de l’ALS, Armée Libre Syrienne. Cette fin de semaine, 54 civils ont été tués à Alep. Depuis le début de la rébellion contre le pouvoir, 27 000 personnes auraient été tuées selon l’OSDH (Observatoire syrien des droits de l’homme), et des centaines de milliers ont dû fuir le pays.
Dans d’autres pays de la région où des révoltes ont éclaté contre les régimes au pouvoir, Tunisie, Egypte, Yemen, les grandes puissances (Etats-Unis, France et Angleterre notamment), sont intervenues en faveur de leur renversement, au profit de l’armée. En Libye, ces  puissances sont intervenues militairement pour installer au pouvoir un régime à leur solde. Le cas de la Syrie semble leur poser davantage de problèmes. Les puissances membres de l’ONU, principalement les Etats Unis, l’Angleterre, la France, s’abritent derrière le veto de la Chine et de la Russie qui soutiennent ouvertement le régime d’El Assad. Mais leur indignation n’est qu’hypocrisie.
La Syrie est un pays important pour l’impérialisme. Elle est frontalière de cinq autres pays du Moyen Orient (Turquie, Irak, Jordanie, Israël, Liban), dans une zone stratégique pour les grandes compagnies pétrolières. Les grandes puissances ont  besoin de «stabilité» dans la région, c'est-à-dire de régimes à leur solde qui écrasent leurs populations et permettent aux multinationales de piller tranquillement les richesses naturelles. C’est le rôle qu’à bien joué jusqu’ici le régime d’El Assad. Cette dictature est aujourd’hui confrontée à une rébellion peu organisée et l’impérialisme n’a pas pour l’instant de solution de rechange. Le CNS, Conseil national syrien, organe reconnu de l’opposition au régime, fabriqué par les puissances occidentales, n’a que peu de liens directs avec le pays. De plus, le régime d’El Assad tient toujours le coup face à la rébellion.      
Les principales victimes du conflit sont les civils pauvres qui subissent les bombardements ou sont contraints à fuir en laissant tout derrière eux. Ecrasés par la dictature d’El Assad, ils n’ont rien à attendre des puissances impérialistes dont les tractations ne concernent que les intérêts des multinationales qu’elles représentent. Quant à l’ALS, si elle parvient à renverser le pouvoir en place, il y a peu de chance qu’elle apporte plus qu’une nouvelle dictature.
Les masses pauvres de Syrie comme du Moyen Orient ne pourront se libérer qu’en se débarrassant de tous ces exploiteurs locaux et étrangers, et des religieux démagogues qui n’ont d’autre projet que de les écraser à leur tour.

RÉUNION PUBLIQUE DE COMBAT OUVRIER

VENEZ NOMBREUX  A LA
RÉUNION  PUBLIQUE  DE  COMBAT OUVRIER
VENDREDI 26 OCTOBRE   19H
SALLE RÉMY NAINSOUTA  A POINTE- A- PITRE
THÈMES :
- 95 ème anniversaire  de la révolution communiste d'octobre 1917. Les travailleurs russes montraient la voie pour changer le monde !
-La crise économique actuelle
-La lutte des travailleurs et des classes populaires pour ne pas faire les frais de la crise