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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1075 du 15 sept. 2012/Deuxième page

Deuxième page

France : Contre les fermetures d’entreprises, les licenciements, le chômage, une riposte générale de la classe ouvrière s’impose.

Le nombre de chômeurs en France, selon le  recensement officiel, a dépassé la barre des 3 millions. Enréalité, il est beaucoup plus important car de nombreux travailleurs sans emploi, non recensés, ne sont pas pris en compte. Mais en plus, le chômage risque de s’aggraver dans les mois à venir avec les menaces de licenciements annoncées pour l’instant comme à Air France, Sanofi, Carrefour, Peugeot, Doux, Technicolor etc. Ce ne sont que les plus grandes entreprises dont on parle dans la presse. Mais dans de nombreux secteurs, que ce soit dans le public ou dans des petites et moyennes entreprises, des travailleurs sont menacés d’être jetés à la rue.
Sitôt le nouveau gouvernement élu, Peugeot Citroën a annoncé la fermeture de l’usine d’Aulnay Sous Bois et la suppression de 8000 emplois. Face à la colère des travailleurs, Montebourg (nouveau ministre du redressement productif) a dénoncé la direction de PSA. Mais bien vite le ton a changé à la rentrée, car il a fait appel à la responsabilité des syndicats et pense bien jouer au pompier en cas de mobilisation et des grèves annoncées pour le mois d’octobre.
Ce gouvernement mène la même politique que celui de Sarkozy en rassurant le patronat par des aides sous prétexte de compétitivité. Dans le secteur de l’automobile où des emplois sont menacés, des primes à l’achat plus élevées ont été accordées. Pour lutter contre le chômage le gouvernement a seulement annoncé la création de 150 000 contrats d’avenir pour les jeunes d’ici 2014. Mais ces emplois sont des emplois précaires. Hollande vient d’annoncer qu’il faudra attendre deux ans pour que le chômage recule. D’ici là, la situation va s’aggraver, car les patrons ne se sont pas engagés à revoir leur politique d’emploi. Ils ne sont inquiétés ni par des mesures interdisant les licenciements, les délocalisations ni par  un contrôle sur les aides qu’ils perçoivent. La participation  d’une dizaine de ministres, accompagnés par le Premier ministre Jean Marc Ayrault, à l’université  d’été du Medef, est bien significative du soutien que le gouvernement porte au patronat. Tous ces ministres ont eu un ton rassurant à la tribune des patrons en promettant des mesures sur la relance économique et la compétitivité. Parisot, représentante du Medef n’a pas caché sa satisfaction au Premier ministre. 
Alors, il ne faudra pas s'étonner si  patrons et gouvernement ne parviennent pas demain à arrêter la vague de mécontentement qui risque d’exploser. Car face à l’incertitude sur l’avenir de l’emploi, incertitude qui concerne non seulement les travailleurs directement menacés aujourd’hui par des licenciements, mais également l’ensemble du monde du travail, c'est bien la lutte généralisée des travailleurs qui sera la meilleure des réponses.
 
 
 

Guadeloupe : Rentrée scolaire : malgré les promesses, des conditions difficiles.

Lorsqu’il était candidat, Hollande promettait le changement, en particulier dans le domaine de l’éducation. Une fois élu, sans surprise, il nous explique que le changement, ce sera pour plus tard. Sur le terrain, la rentrée scolaire est marquée par de multiples difficultés.
Comme chaque année, les enseignants non-titulaires ont commencé à travailler sans contrat de travail, y compris pour ceux qui ont droit à un CDI (contrat à durée indéterminée) depuis la loi du 13 mars 2012. Pour la première fois depuis longtemps, leur affectation a eu lieu dans la plus grande opacité, sans réunir la commission où ils ont des représentants.
Les conditions de travail des élèves se dégradent encore un peu plus. Suite aux mauvais résultats du bac, le recteur a affirmé dans la presse : « On va mettre le paquet ». Difficile de le croire quand on entasse des élèves de terminale à 35 dans une classe ! De nombreux emplois du temps font l’impasse sur des matières importantes, comme les maths en série S, et devront être revus.
Quant aux conditions matérielles, là encore les choses ne changent guère. Les bâtiments restent vétustes, hors-normes, et sous-équipés. Et cette année, il manque dans la plupart des établissements des tables et des chaises, des ordinateurs, ainsi que des manuels scolaires. De nombreux élèves n’ont pas de transport scolaire, et pas de cantine non plus.
Bref, cette rentrée scolaire est placée sous le signe de l’austérité budgétaire. S’ils veulent vraiment que les élèves réussissent, comme ils le disent, le gouvernement et les collectivités devront mettre les moyens pour les accueillir décemment !
 

 

Martinique : Education Nationale : une mobilisation nécessaire qui a partiellement payé.

L’annonce par le ministère de dizaines de suppressions de postes, l’affectation hors de l’académie de Martinique de dizaines de stagiaires et de néo-titulaires en mars/avril 2012 ont suscité de nombreuses réactions. Elles ont contribué à mobiliser jusqu’à la rentrée l’ensemble des syndicats d’enseignants ainsi que deux associations de parents d’élèves regroupés au sein d’un Front Commun de l’Education. Une dernière réunion a eu lieu le vendredi 7 septembre 2012 en préfecture avec V.Lurel9, ministre des Outre-mers. 
Les revendications portaient sur l’annulation des suppressions de postes, l’affectation en Martinique des enseignants qui n’avaient  jamais demandé une affectation hors de cette académie et l’envoi d’une mission ministérielle pour faire le point sur l’état de La population, des élus (maires, conseillers généraux et régionaux, parlementaires, etc.) ont été sollicités et se sont impliqués de manières diverses et à des degrés divers pour soutenir les enseignants concernés.  
Suite aux actions menées, des solutions provisoires ont été trouvées. Des enseignants resteront pour une année. D’autres devront partir après la menace du ministre des Outre mers et de l’administration rectorale, s’ils ne veulent pas perdre le bénéfice du concours.
Les affectations hors de Martinique sont la conséquence des suppressions massives de postes et de formations dans toutes les académies. Rappelons au passage que le secteur hospitalier subit lui aussi la même politique de cure d’amincissement de ses effectifs. Car l’Etat, qui a accordé et accorde encore des milliards en cadeaux fiscaux et autres exonérations aux entreprises, se retrouve dans une situation budgétaire difficile. Et ayant fait le choix de satisfaire les revendications du Medef, entre autres, les gouvernements successifs ont décidé que ce sont les services publics qui feraient les frais de sa réorganisation budgétaire. Ce n’est donc pas qu’en Martinique que les syndicats se sont mobilisés. Et naturellement, on a vu et entendu des individus dénoncer cette mobilisation et pire, justifier les mesures drastiques mises en œuvre par les gouvernements. 
Le changement de gouvernement intervenu en mai 2012 ne changera pas l’orientation prise. Au contraire. Même s’il a été annoncé que des recrutements dits importants interviendraient dans les prochaines années, ce sera au détriment d’autres services publics. Cela a été très clairement annoncé. Le problème n’aura donc été que déplacé. Nous sommes  toujours dans la logique de la politique menée depuis des années : réduire les services publics (Education, Santé, etc.) à leur plus simple expression et favoriser l’émergence d’un secteur privé au nom d’une soi-disant meilleure efficacité. L’Education nationale n’a pas échappé à cette politique. Et il est à souhaiter que de nouvelles mobilisations éclatent, et pas seulement de façon sporadique, notamment lors des prochains recrutements et des affectations qui suivront.
 

Guadeloupe : Délinquance, violence ? Ce ne sont que les produits de l’organisation sociale

Ces dernières semaines la Guadeloupe a été le théâtre d’une série de faits de violences avec armes à feu ou pas, ayant entrainé parfois la mort de plusieurs personnes et impliquant très souvent des jeunes. La délinquance s’étend. Des «bandes» de jeunes apparaissent ça et là et qui s’affrontent parfois violement ou pour  défendre ce qu’ils considèrent comme leur territoire ou pour toute autre raison. Cela a été en particulier le cas dans l’affaire qui a opposé des «supporters» des deux chanteurs de dance-hall, Kéros-N et Saïk et qui a suscité un très vif émoi dans la population. On se souvient que lors d’un  concert de Saïk à Goyave, ce dernier a été victime d’une agression au couteau. Blessé et transporté au CHU-Pointe-à-Pitre-Abymes, des agresseurs se sont présentés au service des urgences pour semble-t-il terminer leur «besogne». Fort heureusement des dispositions avaient été prises pour contrecarrer le plan des agresseurs. Peu de temps après, c’était au tour de l’autre rappeur Kéros-N d’être victime d’une agression avec arme à feu au volant de sa voiture. Des arrestations ont été effectuées par la police dans ce milieu et la justice suit son cours. 
C’est alors que des débats, des émissions de toutes sortes ont été organisés par les médias pour la énième fois sur le problème de la violence. Des responsables d’associations, des professionnels comme des psychologues par exemple et des gens s’occupant de l’encadrement des jeunes etc. sont intervenus, chacun pour donner son avis sur les causes de la violence, et les solutions à mettre en œuvre pour la combattre et y mettre fin.
Pour certains, et ils sont majoritaires, c’est le déficit d’éducation, la démission des parents. D’autres accusent le manque de moyens mis à la disposition des forces de police et de gendarmerie donc l’insuffisance des moyens de répression. Pour d’autres encore, mais moins nombreux ceux-là, c’est le chômage, le désœuvrement qui sont la cause de ces agissements, et tout particulièrement dans le milieu jeune. Un des intervenants a parlé de «rupture du lien social».  
Mais personne ou presque ne met en cause l’organisation sociale dans laquelle nous vivons. Car c’est elle la vraie responsable de ces plaies que sont la délinquance et la violence. Sinon pourquoi retrouve-t-on ces plaies partout : à Saint Martin tout près de nous, en Martinique et un peu partout et surtout dans les villes ou les banlieues des villes les plus défavorisées de France et partout dans le monde. Cette société capitaliste qui génère inégalité, injustice, chômage, pauvreté, misère pour la majorité alors qu’une infime minorité jouit de moyens et de fortunesconsidérables. Cette société qui laisse sur le bord du chemin des millions de chômeurs dont tous ces jeunes sans avenir, désespérés, à qui la société n’a rien à proposer sinon végéter dans le dénuement et qui sombrent facilement dans tous les travers.
Ces temps derniers, l’un des hommes les plus riches de France a occupé le devant de la scène, pourquoi ? Tout simplement parce que cet homme, première fortune de France (32 milliards d’euros et parmi les 5 premières fortunes du monde) ne veut pas payer un peu plus d’impôt. Alors que précisément, si on veut vraiment changer les choses, il faudra s’en prendre aux fortunes de cette minorité de privilégiés dont fait partie B. Arnaud, fortunes  qui sont générées par le travail de tous ces hommes et femmes qui vivent dans la misère. Il faudra exproprier tous les capitalistes qui tiennent la planète en coupe réglée et utiliser toutes les richesses de la terre dans le seul but de produire pour satisfaire les besoins de tous les hommes et femmes de la planète et non pas pour permettre aux riches de s’enrichir encore plus. C’est cela le socialisme. C’est la seule façon de mettre fin aux fléaux dont la terre est encore victime. 

En Bref !

PSA : UN RAPPORT FAVORABLE AUX LICENCIEURS
Le rapport Sartorius commandé par l’État a été rendu public. Sans surprise, il valide les arguments de la direction de PSA qui, comme le gouvernement, peut s’en servir pour tenter de justifier la fermeture d’Aulnay et les licenciements dans le groupe.
L’appel de Montebourg à « un dialogue social exemplaire » est une hypocrisie sans nom. Il est clair que le gouvernement ne fera rien pour empêcher la fermeture des usines menacées et que seule la lutte des travailleurs pourra faire reculer la famille Peugeot, riche à milliards.
 
HANDICAP : ÉTAT ET PATRONS HORS-LA-LOI
Pourtant prévue par une loi de 2005, l’obligation de rendre accessible aux personnes handicapées d’ici au 1er janvier 2015 tous les bâtiments recevant du public ne pourra « en aucun cas être tenue », vient de conclure un rapport officiel. 85% de ces établissements, dont bon nombre de services publics, seraient aujourd’hui encore inaccessibles.
Une situation qui illustre le mépris de l’Etat comme des patrons à l’égard des handicapés.
 
TROP TIMIDE POUR ÊTRE EFFICACE
Hollande vient de promettre la création de 150 000 emplois dits d’avenir. Une goutte d’eau alors qu’il y a trois millions de chômeurs. L’État payera les trois quarts des salaires et les collectivités le reste. Tant mieux pour les jeunes qui trouveront ainsi un emploi.
Mais le même gouvernement s’apprête à laisser PSA licencier 8 000 salariés, sans compter les sous-traitants.
Pour être vraiment efficace contre le chômage, il faudrait imposer aux capitalistes, riches à milliards, de maintenir les emplois. Mais cela exigerait de contraindre les patrons, pas de les servir.