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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1075 du 15 sept. 2012/Première page

Première page

Éditorial: Le projet de loi Lurel contre la vie chère en Outre-mer : du pipeau !

Le 5 septembre dernier, Victorin Lurel, ministre des Outre-mers du gouvernement Hollande-Ayrault, a présenté  son  projet de loi contre la vie chère Outre-mer, devant le conseil des ministres. Le projet de loi est dit être fondé  sur une volonté de «régulation des marchés de gros par la levée des obstacles à la concurrence», «Le non respect de ces mesures de régulations pouvant être sanctionné dans le cadre du droit commun des injonctions prononcées par l'Autorité de la concurrence saisie par le ministre de l'économie».Le projet comporte aussi un article «contre les droits exclusifs d’importation»,  mais …. «à la condition toutefois que ces clauses ne soient pas justifiées par des motifs objectifs tirés de l'efficacité économique au bénéfice des consommateurs» (Art 2).Voilà comment le gouvernement veut nous faire croire qu'il s'attaque aux monopoles, aux profits exorbitants etc. Dans un premier temps on a vu une levée de boucliers des organisations patronales contre ce texte. Les pressions sur Lurel ont été fortes. Et ce dernier a dû rassurer le patronat en affirmant notamment qu'il ne s'agit pas de lutter contre les positions dominantes sur le marché mais contre " les abus ". Ce que Willy Angèle, patron du Medef-Guadeloupe n'a pas manqué de souligner avec soulagement et satisfaction.       
Ce projet de loi est présenté comme un projet phare du gouvernement socialiste. Mais les travailleurs et les populations pauvres, ceux qui avaient massivement manifesté leur colère en 2009 et continuent aujourd’hui d’être rackettés par les magnats de la grande distribution et de l’import-export  et leurs  compères, ne se font guère d’illusions sur l’efficacité de ce nouveau dispositif.Un document récent du Sénat soulignait pour l'Outre-mer que « les revenus sont en moyenne inférieurs de 38% à celui des ménages de métropole ».« Les écarts de prix entre les DOM et la métropole dépassent 55% ». Même en diminuant légèrement l'écart resterait considérable.                                                      
Alors, pour que les familles puissent vivre dignement aujourd’hui, il aurait au moins fallu que ceux qui dirigent prennent des mesures d’urgence de contrôle des prix des marchandises mises sur le marché et de contrôle des profits considérables pratiqués par tous les intermédiaires. Il faudrait parallèlement une augmentation véritable des salaires et des revenus et leur indexation sur les hausses de prix dues aux fluctuations du marché, c'est-à-dire une échelle mobile des salaires et des pensions. Mais cela on le sait, seules les luttes des travailleurs et de la population laborieuse pourront l'obtenir. La politique de Lurel et de son gouvernement est une politique qui cherche à préserver les intérêts des nantis et des privilégiés, tout en chantant une petite chanson douce à la population pour l'endormir. Le «projet de loi relatif à la régulation économique Outre-mer» est présenté par le ministre comme une «boite à outils». Comprenons, «chacun peut y trouver et y prendre ce dont il a besoin». Tout cela est bien peu contraignant pour ceux qui détiennent les capitaux !  C’est plutôt un bricolage juridique dont la complexité ne pourra que faciliter les habituelles dérobades de ces gros possédants. Lurel, les politiciens officiels, la bourgeoisie ont eu très peur de la grève générale et des manifestations énormes de 2009 contre la «pwofitasyon». Ils ne l'oublient pas, et tentent d'y répondre sans faire mal aux « pwofitans », aux patrons. Mais ceux qui, en 2009, avaient pris le chemin des luttes d’ensemble, des luttes déterminées, pour exiger et faire appliquer eux-mêmes des mesures favorables pour la majorité d’entre eux, étaient sur la bonne voie, la seule voie de changement possible.
 

Guadeloupe : Le 10 octobre, soutenons les jeunes du journal Rebelle !

Sony Laguerre, étudiant, membre de Combat Ouvrier, fait partie de l’équipe d’animation du journal Rebelle ! Les jeunes dénoncent dans ce petit mensuel les difficultés auxquelles ils sont confrontés : contrats précaires, mauvaises conditions d’études, abus de pouvoir dans les établissements scolaires… Depuis sa création il y a quatre ans, les autorités académiques cherchent donc par tous les moyens à faire disparaître ce journal.
Le 18 mai, une lycéenne de Baimbridge était convoquée au commissariat sur ordre de son proviseur. Le rassemblement de soutien organisé par "les rebelles" a été attaqué par la police. Comme souvent dans les cas de violence policière, les officiers se justifient après coup, en accusant les victimes. Sony est convoqué au tribunal le 10 octobre 2012 pour  "violence sur policier ". Son camarade Raphaël Cécé passera le 16 janvier 2013, pour  "menaces ".
Beaucoup d’anomalies devront être éclaircies lors du procès de Sony. La police acceptera-t-elle de diffuser les images de sa propre caméra de vidéo-surveillance, qui prouvent que la violence était de son côté, et non des jeunes ? Expliquera-t-elle pourquoi, le 18 mai, c’est Raphaël qui a été arrêté pendant deux heures, accusé de menaces, et non Sony, qui est resté sur place et qui est maintenant accusé de violence ? Pourquoi, lors d’une confrontation organisée une semaine plus tard, le policier soi-disant victime a eu besoin d’une photo pour reconnaître Sony, alors qu’il était assis face à lui ? Pourquoi Victorin Lurel a-t-il reçu un rapport des renseignements généraux qui prétend que les jeunes ont bloqué le commissariat (ce qui faux) et lancé des roches (ce qui est également faux) ?
Les procédures lancées contre Sony Laguerre et Raphaël Cécé ne visent qu’à les intimider, et à servir d’exemple pour tous les jeunes qui refuseraient de courber l’échine.
Combat Ouvrier appelle tous ceux qui veulent défendre la liberté d’expression à se rassembler devant le tribunal de Pointe-à-Pitre le mercredi 10 octobre, à partir de 8h. !

Prix des carburants : Etat et compagnies pétrolières complices

 
FrançoisHollande avait, durant sa campagne présidentielle, fait la promesse de baisser les prix des carburants et de les bloquer durant trois mois. Depuis début septembre, une baisse de 6 centimes est donc intervenue : une moitié prise en charge par l’Etat et l’autre par les compagnies pétrolières. L’hebdomadaire « LeCanard Enchaîné », dans un article du 29 août 2012 parle des « coulisses de la négociation entre gouvernement et pétroliers » et poursuit : « Hollande confronté à l’essence de sa promesse. L’aide des pétroliers et des distributeurs, pas vraiment désintéressés, permet au gouvernement de faire illusion ». On s’en doutait…
En Guadeloupe et en Martinique, les usagers s’attendaient également à en bénéficier, même pour quelques euros sur une durée de trois mois. Déception ! Comme ils savent si bien le faire, compagnies pétrolières et surtout l’Etat, représenté par le préfet, se sont entendus et ont précisé que cette baisse se traduirait par le maintien du prix du gazole à son niveau du mois d’août et par le rajout d’un centime sur le litre de sans plomb en Martinique et deux centimes en Guadeloupe. Bien entendu, ce sont les récentes augmentations des prix du brut qui ont été mises en avant pour justifier cette décision. Car si on les croit, le sans plomb aurait dû augmenter de 7 centimes et le gazole de 6 centimes. Le préfet a publié un communiqué qui se veut pédagogique, mais qui en fait est purement démagogique.   
Racketter l’usager, le consommateur, le client pour faire du profit : voilà la vraie motivation des capitalistes aux commandes des compagnies pétrolières. Et quand dans leur croisade, ils bénéficient du soutien inconditionnel de l’Etat, les résultats financiers ne sont que plus intéressants pour eux.