Site

Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1074 du 28 juillet 2012/Troisième page

Troisième page

Martinique : Affectation des nouveaux enseignants : Peillon essaie de jouer la montre

Depuis de nombreuses semaines, des enseignants se mobilisent pour que les affectations dans des académies en France soient annulées. Ils sont soutenus par divers syndicats d’enseignants et des associations de parents d’élèves regroupées au sein du Front Commun pour l’Éducation. En effet, ces enseignants avaient émis des vœux pour être affectés en Martinique, mais ces vœux n’ont pas été pris en compte. Ils ont sollicité divers parlementaires (députés et sénateurs) pour que leurs demandes soient relayées au niveau du gouvernement.
 
Suite à une question posée par le député Marie-Jeanne au début du mois de juillet, Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, a, dans sa réponse, critiqué le gouvernement précédent. Il le tient pour responsable de la situation dans l’Éducation Nationale. Ensuite, il annonce que certains qui étaient contractuels durant l’année scolaire 2011/2012 effectueraient leur stage en Martinique. Mais, selon lui, d’autres stagiaires durant cette même année scolaire devraient rejoindre l’académie d’affectation désignée, dès la rentrée de septembre 2013. Seules, quelques situations individuelles appréciées par le recteur, représentant du ministre ici, pourraient se trouver modifiées.
 
Cette annonce a été considérée par certains membres du Front Commun comme une victoire. En fait, il ne s’agit là que d’une petite avancée. Elle serait juste destinée à gagner du temps avant de tenter de trouver une formule que le gouvernement demanderait aux syndicats de faire accepter aux enseignants concernés.
 
En effet, Peillon, deux jours après l’élection de Hollande, avait répondu qu’il ne pourrait rien pour modifier la rentrée de septembre 2012. « Toutestdéjàboucléetcestleprécédentgouvernementquienestresponsable » avait-il fait savoir sur RFI (Radio France Internationale) dans l’émission "Mardi Politique".
 
En fait, ce ministre n’a aucun désaccord avec la politique menée par le précédent gouvernement. Et il n’entend nullement revenir sur les suppressions de postes qui sont à l’origine de cette difficulté d’affecter en Martinique les nouveaux recrutés. Il a pourtant bien pu abroger le décret sur l’évaluation des enseignants qui devait entrer en application dès septembre 2012.
 
Cette tactique du gouvernement ne doit pas conduire les enseignants qui protestent contre l’affectation que le gouvernement veut leur imposer à baisser leur garde. Au contraire, c’est parce que depuis plusieurs semaines ils sont mobilisés qu’il y a eu cette mince avancée.


 

BTP en Martinique : la mobilisation du 23 juillet

La manifestation de lundi 23 juillet a réuni une centaine de personnes, qui ont manifesté de la maison des syndicats vers la Préfecture puis le Conseil Général. À chaque fois, une délégation a été reçue, composée d'un délégué par organisation appelante, à savoir SEBTPAM (Syndicat des Entrepreneurs de BTP de la Martinique), CAPEB et CNATP côté patronal, CGTM, CGT-FO, CSTM et CGTM-FSM pour les organisations de salariés. La lettre ouverte commune a été chaque fois remise, de manière symbolique.
La préfecture a renvoyé vers une table ronde du secteur à tenir en septembre, tandis que le vice-président du Conseil Général, lui, mettait en perspective la future Assemblée Unique qui "doit permettre de renforcer notre soutien financier". Les manifestants, salariés pour la plupart, ont scandé dans les rues: "Il manque des crèches, des hôpitaux, des écoles, ouvrez de grands travaux pour donner du travail aux Martiniquais". Les banderoles présentes étaient celles de la CGTM et de la CGTM-FSM, ce qui n'a pas empêché, comme on pouvait s'y attendre, aussi bien Martinique-Première que, le lendemain, France-Antilles, de présenter C. Louis-Joseph (secrétaire du SEBTPAM) comme le "leader du mouvement"...
De vraies bonnes nouvelles dans ce secteur, ce serait que le chômage cesse de peser de plus en plus sur les salariés du bâtiment. Ce serait aussi, et c'est lié, que ceux-ci ne subissent plus la baisse du pouvoir d'achat des salaires et l'aggravation des conditions de travail.
Pour cela, les travailleurs et la classe ouvrière du bâtiment ont tout intérêt à s’organiser dans leur propre camp pour défendre leurs intérêts et combattre l’exploitation capitaliste, pour ne pas faire les frais d’une crise économique dont ils ne sont, eux, nullement responsables.
 




 

Licenciement scandaleux d’Elie Varieux, militant de l’ugtg au crédit agricole

Élie Varieux,  qui est délégué syndical de l’UGTG au Crédit Agricole, membre du CHSCT et membre titulaire du Comité d’entreprise, a été licencié par la direction du Crédit Agricole le 15 mai dernier au motif qu’il aurait exercé  des violences physiques et verbales contre deux clients importants.  Élie Varieux conteste d’ailleurs cette version des faits de la direction. Il avait fait appel de la décision du ministère d’accorder le licenciement et avait saisi le tribunal administratif. Le Conseil des Prud’hommes a ordonné sa réintégration le 27 juin dernier en estimant que la procédure de licenciement était irrégulière. Et le tribunal administratif a décidé de suspendre la décision du ministère, prise à la veille du premier tour des élections présidentielles, le 20 avril dernier.
Mais la direction du Crédit Agricole refuse la réintégration d’Élie Varieux  et demande à ses vigiles de lui interdire l’accès de l’agence de Miquel où il travaillait. Le 13 juillet dernier, l’UGTG avait appelé ses militants à un rassemblement de soutien à Élie Varieux afin d’exiger sa réintégration à son poste de travail.  Une cinquantaine de militants étaient présents mais la direction n’a pas souhaité s’exprimer sur cette demande et ne l’a toujours pas réintégré.  Le secrétaire général de l’UGTG a menacé de mener une campagne de boycott de la banque afin de faire plier le Crédit Agricole.
La direction a fait appel de la décision des Prud’hommes et l’affaire doit repasser le 12 août prochain. Les Prud’hommes devront statuer sur le fond.  En tout cas le tribunal administratif a suspendu la décision du ministère, estimant qu’il y avait des vices de formes.
L’attitude de la direction est scandaleuse car en fait elle s’acharne depuis des années contre Élie Varieux, militant syndical jugé trop actif et pas assez souple. Elle avait déjà tenté à plusieurs reprises de le licencier sans succès, depuis 2007,  alors qu’elle n’a rien à lui reprocher sur le plan professionnel.
La mobilisation doit continuer pour soutenir Élie Varieux  et obtenir sa réintégration car si le mauvais coup de la banque passe, ce sont d’autres militants qui risquent d’être licenciés sous le moindre prétexte.
 
 

                                                                                  

Guadeloupe : Extraits du bulletin " L'écho de Jarry "

Générale des eaux : souriez vous êtes filmés !
Le directeur a fait installer des caméras à l’intérieur du  site de Jarry, y compris dans les toilettes !  Ka misyé ka chèché la ? Peut-être qu’il veut vérifier que les ouvriers pensent bien à tirer la chasse en sortant… Non, son objectif le plus probable est de sanctionner ceux qui y vont trop souvent.  Si ce monsieur aime les caméras, il n’a qu’à en installer une dans son propre bureau.
 
Générale des eaux : soufflez avant d’entrer !
Les lundis après les fêtes, le responsable du Pôle travaux fait souffler les travailleurs en prenant leur numéro de permis. La direction veut des cadres « gendarmes » pour mettre les salariés au pas. Ce chef a bien compris la leçon. Il se permet donc de faire du zèle en contrôlant l’alcoolémie des ouvriers. Yo oublyé bay on ti siflèt !

Guadeloupe : Solidarité avec les jeunes de Rebelle ! inquiétés par la justice

Le 10 octobre 2012, un jeune étudiant animateur du journal Rebelle ! et membre de Combat Ouvrier, Sony Laguerre, est convoqué devant le tribunal de Pointe-à-Pitre. Il est accusé de violences envers un policier lors du rassemblement du 18 mai 2012.
Ce jour-là, un officier de police avait convoqué une lycéenne de 17 ans ainsi que son père, suite à une plainte déposée par M. Alice, proviseur de Baimbridge, et par Mme Birman, professeur de français. Ces deux « éducateurs » reprochaient à la jeune fille d’avoir dénoncé le harcèlement que subissent les lycéennes dans les établissements scolaires.
Une quarantaine de jeunes rebelles s’étaient regroupés pacifiquement devant le commissariat, et ont été violemment attaqués par les policiers. Un autre étudiant, Raphaël Cécé, a été arrêté brutalement, et retenu pendant deux heures. Lui aussi devra passer au tribunal, le 16 janvier 2013, accusé de menaces envers les policiers.
Ces deux affaires visent à intimider les jeunes qui dénoncent les problèmes dont ils sont victimes (chômage massif, échec scolaire, abus de pouvoir) notamment dans le journal Rebelle ! Au lieu de régler ces problèmes, les autorités essayent de museler les contestataires.
Dès la rentrée scolaire, la campagne de soutien à Sony et Raphaël va reprendre largement. Il faut que nous soyons très nombreux devant le tribunal, le 10 octobre, pour montrer notre solidarité avec ces jeunes militants.
 
 

Guadeloupe : les occupants de la boucan passent de nouveau à l’action

Le mercredi 18 juillet, des habitants de "La Boucan" (hameau de la commune de Sainte Rose) concernés par la RHI (résorption de l’habitat insalubre) ont bloqué la route au milieu du bourg en y installant une case. Ils s’étaient déjà mobilisés au mois de mars contre les méthodes de la SEMAG (société d'économie mixte et d'aménagement de la Guadeloupe) responsable du projet.
Cette société a acheté des terrains occupés depuis plusieurs années par des occupants. La plupart d’entre eux sont des personnes âgées et sont installés sur ces terres depuis plus de quarante ans. La SEMAG n’hésite pas à les menacer d’expulsion par la force. Les occupants sont victimes de toutes sortes de tracasseries administratives et juridiques qui leur empoisonnent la vie. Ils ne comprennent pas pourquoi une opération qui devait être entreprise par les pouvoirs publics se retrouve entre les mains d’une société privée.
Au mois de mars, les négociations avec les représentants des occupants, de la Municipalité de Sainte Rose, de la SEMAG et de la SAFER (société d'aménagement foncier et rural) n’ont rien donné. Pire, il y a maintenant beaucoup plus d’occupants concernés car la SEMAG possède davantage de terrains que ce qui avait été constaté au départ.
Le "collectif de défense mobile" (LCDM) qui défend les occupants a exigé une nouvelle rencontre avant la levée du barrage. Celui-ci a finalement été levé en début d’après-midi après que la préfecture ait adressé au LCDM un fax proposant une rencontre le 27 juillet. Les occupants réclament l’achat de leur terrain à un prix abordable.
Ce n’est pas la première fois que de tels problèmes se posent à Sainte Rose entre occupants et sociétés immobilières. En 2006 ce sont les occupants de Béron qui ont dû se battre contre la SEMSAMAR (Société d'économie mixte de Saint Martin). Ils avaient pu obtenir l’achat de leur terrain à un prix abordable. La SEMSAMAR qui avait obtenu ces terres de la municipalité de l’époque à un prix symbolique voulait faire payer les terres à un prix exorbitant. Plutôt que de régler le problème directement avec les occupants en régularisant et en réhabilitant les logements, les municipalités qui se sont succédées ont préféré laisser les sociétés immobilières prendre possession des terrains.
Les occupants de La Boucan ont raison de se défendre et ne doivent compter que sur eux-mêmes. La préfecture, la municipalité, la SEMAG et la SAFER ne sont pas réellement soucieuses de défendre les occupants, car ce sont des intérêts financiers et des pots de vin qui sont en jeu dans de telles opérations immobilières.