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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1074 du 28 juillet 2012/Deuxième page

Deuxième page

Espagne : face à la crise, les travailleurs et la population manifestent avec force !

Voilà plusieurs semaines que la population manifeste sans arrêt son mécontentement contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement. La  hausse de la TVA est un nouveau coup porté au pouvoir d’achat après la diminution des salaires, des retraites et des aides sociales. Le chômage a déjà atteint le taux de 25%.  Les économies que l'État endetté doit faire le conduisent à imposer de plus en plus de restrictions à la population.
Certaines familles n'ayant plus de logement se voient contraintes de camper dans la rue.
Pour lutter contre les expulsions des logements, des comités se sont créés dans les quartiers où les habitants refusent de se retrouver à la rue.
Dans les Asturies, en Aragon, en Castille-La Manche, en Andalousie, les mineurs sont en grève pour défendre leur emploi menacé par la fermeture des mines. Ils ont manifesté à Madrid avec le soutien de la population. Malgré les heurts violents avec les forces de police les manifestations se poursuivent. Dimanche 22 juillet, plusieurs milliers de chômeurs ont manifesté ; ce qui prouve que ce sont toutes les couches de la population  qui s’expriment dans la rue. Face à des licenciements qui s’annoncent dans plusieurs entreprises, les syndicats ont appelé à de nouvelles manifestations et à une grève générale pour le mois d’octobre. Ce qui est remarquable c'est la participation massive de la population et des travailleurs à ces manifestations en chaîne. Espérons qu'elles ne s'arrêteront pas là et déboucheront sur des mouvements encore plus larges et offensifs !




 

Haïti : à Manutech, la lutte paye

D’après une information des camarades de l'organisation haïtienne OTR (Organisation des Travailleurs Révolutionnaires) :
Dans la zone industrielle de Port-au-Prince, les ouvriers de l’entreprise Manutech ont paralysé la production pendant une grève du 2 au 5 juillet. Dans cette entreprise où ils fabriquent des pièces électroniques qui entrent dans les circuits de voitures et d’avions, la direction change le nom de l’entreprise tous les deux ans pour bénéficier de la franchise sur les taxes d’État.
Si la direction ne paie pas les taxes, par contre elle les répercute sur le salaire des ouvriers. Elle prélève une cotisation directement sur le salaire, censée payer un fond de retraite appelé « l’ONA », mais n’y verse pas les sommes correspondantes. Quand les ouvriers demandent à bénéficier du fond de retraite, leur nom n’apparait pas dans les listings de l’ONA. L’argent va directement dans la poche du patron.
De plus, dans l’usine, il est interdit d’entrer avec de l’eau. Alors que le choléra poursuit ses ravages, c’est seulement l’eau de bassin non traitée qui est disponible.
La colère des ouvriers a éclaté le 2 juillet, pour arrêter les prélèvements abusifs. La direction internationale (Américains, Haïtiens et Philippins) a été tellement surprise de voir les ouvriers se rebeller qu’elle n’a rien pu faire. L’usine a été paralysée. Un comité a représenté les grévistes dans les discussions avec la direction, il a tenu bon face aux pressions. La reprise s’est faite après réévaluation des salaires suite à l’arrêt des prélèvements.
Le combat n’est pas fini, car après la reprise la direction a répliqué en licenciant certains  des grévistes. Les camarades ont fait une lettre ouverte dans la presse qui a amené  l’arrêt des révocations (licenciements). Les ouvriers restent mobilisés et sur leur garde.

 



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PSA-Peugeot : le gouvernement aboie mais ne mord pas... le patronat.

Le patronat de  PSA-Peugeot a prévu 8000 suppressions de postes en France. Il est prévu que l’usine d’Aulnay en Seine Saint-Denis ferme en 2014. 3000 travailleurs  risquent de se retrouver au chômage. Les emplois des sous-traitants seront aussi touchés. Et de plus, dans cette région, avec la fermeture de l’usine, ce sont plusieurs milliers d’emplois dans les services et commerces qui sont menacés. 1400 emplois sont aussi menacés à l'usine de Rennes.
Au sein du gouvernement,  Hollande et Montebourg ont fait mine d’être scandalisés par les plans de fermeture. On a pu entendre François Hollande déclarer le 14 juillet : « l’État ne se laissera pas faire ». Il a aussi rajouté que  ce plan était « inacceptable en l’état » et devait être renégocié. Derrière ces propos qui se veulent fermes, se cachent en réalité l’hypocrisie et l’incapacité du gouvernement à imposer quoi que ce soit aux capitalistes. PSA-Peugeot et compagnie ont toujours fait ce qu'ils voulaient pour augmenter leurs profits. Ils ont déjà bénéficié de toutes sortes d’avantages, de cadeaux fiscaux, sans oublier une aide de 4 milliards d’euros de l’État. La contrepartie de ces aides était qu’ils maintiennent les emplois. Ces capitalistes ne l'ont jamais respectée.
Le gouvernement a prévu des rencontres avec la famille Peugeot pour négocier encore une fois le maintien des emplois. C’est du « déjà vu », entre un gouvernement courbant l’échine et des capitalistes avides de profits. Les travailleurs ne pourront compter que sur eux-mêmes pour exiger l’interdiction des licenciements. Seule une mobilisation de grande ampleur pourra contrecarrer les attaques de PSA. C’est ce que les travailleurs qui manifestaient le 25 juillet ont annoncé pour la rentrée.
 
 

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE : Les femmes victimes de violences et de crimes en série !

Ces derniers temps, en République Dominicaine, on assiste à une importante recrudescence de meurtres de femmes. Les femmes dominicaines sont de plus en plus victimes de violences aggravées de la part des hommes.  Le 12 juillet dernier, c'est  une jeune femme de 32 ans, Ymilda Urbaez, qui a été assassinée par son mari de 14 coups de couteau après une dispute.
Selon la militante féministe dominicaine, Sergia Galvan, depuis le début de cette année 2012 « 108 femmes sont déjà victimes de cette tragédie. Le "féminicide" est devenu la principale cause de la mort des femmes en âge de procréer, en République Dominicaine ». Et elle ajoute qu’il y a un manque de volonté politique face à ce drame. 
On dénombre 800 enfants par an orphelins de mère dans le pays.
Très souvent, les causes invoquées de cette violence des hommes contre les femmes sont la jalousie. Mais dans ce pays où la grande masse de la population est très pauvre, sans travail, dans le dénuement total, c'est bien sûr la misère physique et morale qui exacerbe cette violence contre les femmes. Et la crise économique et financière mondiale, notamment dans les îles de la Caraïbe, ne fait que raviver misère et violence.
Des dizaines d’organisations de femmes, des syndicats et des membres de la société civile de la République Dominicaine s'étaient pourtant rassemblés dans une journée de "deuil national", le 11 juillet, la veille du meurtre d’Ymilda Urbaez. Ils entendaient honorer la mémoire des victimes, et réclamaient des actions concrètes de la part du gouvernement.
C'est effectivement cette mobilisation populaire des femmes et aussi des hommes qui pourra mettre un terme à ces actes de barbarie exercés contre les femmes.
 




Syrie : massacres de population et intérêts des grandes puissances

Depuis février 2011, la Syrie, après la Tunisie, l’Égypte et la Libye, a été gagnée par une vague de protestation contre le régime dictatorial de Bachar El-Assad. L’exaspération contre cette dictature haïe et les difficultés insupportables dues à la misère économique ont été à l’origine de cette flambée de colère.
Une répression sanglante contre la population, orchestrée par l’armée du dictateur Assad, suivait chaque manifestation regroupant des milliers d’opposants au régime dans plusieurs villes du pays. Puis, ce fut le pilonnage de quartiers entiers comme à Homs. Les milices de Bachar El-Assad font régner la terreur parmi les opposants et dans la population, achevant à terre le travail que n’ont pas pu accomplir les chars et les avions. À ce jour, on compterait près de 17 000 morts dont la plupart sont des civils.
Cependant, le régime n’a pas réussi à éradiquer l’opposition. Celle-ci a lancé ces dernières semaines des attaques contre le régime dans Damas, la capitale, et dans Alep, la deuxième ville du pays. Des milliers de réfugiés fuient le pays et vont grossir les camps au Liban ou en Turquie. Un attentat a tué deux dirigeants dont le beau-frère de Bachar El-Assad. L’armée enregistre la défection de quelques généraux, qui ont choisi de rejoindre l’opposition.
Dans ce pays créé de toutes pièces par les colonisateurs anglais et français après la première guerre mondiale, l’opposition est composée d’une mosaïque de groupes de confessions religieuses ou d’origines culturelles diverses. Les anciens colonisateurs, la France et la Grande Bretagne, ont à dessein attisé les rivalités entre sunnites et chiites. La minorité alaouite est issue d'un vieux schisme au sein de la religion chiite. Le colonialisme français a encouragé entre les deux guerres mondiales un particularisme alaouite dont est issu Bachar El-Assad. Mais la Syrie est aussi composée, tout comme la Turquie, d’une forte communauté de Kurdes et de dizaines de milliers de Palestiniens chassés de leurs terres par l’État d’Israël.
Devant les massacres de population civile qui se poursuivent, les autorités internationales - au premier rang desquelles l’ONU - font semblant de s’émouvoir. Les grandes puissances occidentales protestent contre les exactions du régime. La France, les États-Unis, ou la Grande Bretagne, sont d’autant plus indignés que le vote d’une intervention militaire est rendu impossible pour l’instant, du fait du véto de la Chine et de la Russie, contrairement à ce qui s’est passé en Libye. La mission de Kofi Annan, chargé de faire signer un cessez-le-feu entre troupes rebelles et armée fidèle au dictateur, a été un échec sur toute la ligne. Le jour même du cessez-le-feu, celui-ci était rompu par l’armée de Bachar El-Assad.
Le Moyen-Orient est une poudrière instable depuis des décennies. Une intervention militaire occidentale pourrait  embraser toute la région. En réalité les grandes puissances n’ont que faire du sort de la population syrienne.  Le dictateur Bachar El-Assad et son père Hafez ont joué le rôle de gendarme de la région au profit des puissances impérialistes, en faisant régner une dictature contre leur peuple dont aucune puissance impérialiste ne trouvait à redire. La Syrie est située au cœur du Moyen-Orient. Elle possède une frontière commune avec la Jordanie, le Liban, la Turquie, l’Irak et Israël. Le régime des dictateurs Assad père et fils a réprimé dans le sang plusieurs tentatives de révolte des Palestiniens et envahi le Liban en 1976 pour y préserver l’ordre établi par les puissances occidentales. En 2008, Bachar El-Assad, tout comme Hosni Moubarak dirigeant de l’Égypte, étaient reçus en grande pompe par Sarkozy en France.
C’est dire si aujourd’hui ce qui préoccupe les occidentaux n’est pas l’arrêt des massacres contre la population mais bien plutôt de préserver leurs intérêts dans la région. Bachar El-Assad les a garantis pendant plusieurs années.
Pour la population pauvre de Syrie comme des autres pays du Moyen-Orient, la lutte ne se limite pas à en finir avec les dictatures actuelles. La lutte contre l’oppression et la misère passe aussi par la fin de la mainmise des grandes puissances sur les richesses de la région et par la fin de l’obscurantisme des fanatiques religieux.