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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1074 du 28 juillet 2012/Première page

Première page

Éditorial: LA CRISE S'AGGRAVE ! À LA BOURGEOISIE DE LA PAYER, PAS AUX TRAVAILLEURS !

La crise dite de l'euro se poursuit et s'aggrave. Oui, "dite de l'euro" car en réalité il ne s'agit pas au fond d'une "crise de l'euro" mais d'une crise du système capitaliste. Car c'est un système anarchique et une économie aux mains de riches qui ont comme toute devise "après moi le déluge". Ce sont ces gens, les capitalistes, les banquiers, les spéculateurs qui font la pluie et le beau temps et qui ont autorité sur les gouvernements et non l'inverse. Les gouvernements et les chefs d'État ne sont que les sous-fifres, les commis de ces grands groupes capitalistes et financiers qui dirigent le monde. C'est ainsi par exemple que Hollande et Montebourg, ministre du "redressement productif", ont eu beau pester contre la fermeture du site d'Aulnay de PSA-Peugeot, ils se sont vite calmés après la visite de Varin, PDG du groupe, et de Thierry Peugeot, héritier du groupe Peugeot dont la famille est principale actionnaire. Ils sont incapables d'empêcher la fermeture du site d'Aulnay. Ils ont juste pleurniché auprès des dirigeants de Peugeot pour que tout cela se fasse en douceur, et qu'il y ait le moins de licenciements secs possible. Il y aura bien d'autres  séries de licenciements ; c'est le cas à Air France, chez Doux, Sanofi pour ne citer que celles-là. Aux Antilles, dans le bâtiment, dans la banane, dans le secteur de la radio-télévision, et ailleurs, bon nombre de travailleurs vont être jetés sur le carreau rejoignant ainsi les 25% de chômeurs officiels. C'est le système capitaliste mondial qui est moribond.
De sommet européen en sommet européen, de plan d'aide et de soutien en plan d'aide et de soutien, les accalmies sont rapidement suivies de tensions au sein de l'économie européenne et même mondiale. Après la Grèce, c'est maintenant l'Espagne qui est dans la tourmente. Le plan européen de 100 milliards accordé vendredi 20 juillet aux banques espagnoles a pour contrepartie de nouveaux sacrifices draconiens imposés aux travailleurs et à la population d'Espagne. Mais apparemment, cette nouvelle aide est déjà insuffisante. Les régions espagnoles comme Valence, la Catalogne et plusieurs autres réclament, ou s'apprêtent à le faire, des aides financières à l'État car les banques pratiquent des taux d'intérêt beaucoup trop élevés.
Dans le même temps, elles ont accru l'inquiétude des banquiers et spéculateurs qui ont fait monter les taux d'emprunt de l'Espagne bien au-dessus de 7%, alimentant d'autant plus les craintes et la crise. Le vrai cercle vicieux ! L'inquiétude des banques, des capitalistes, des spéculateurs vient du fait qu'ils ne savent pas si l'Union européenne, le FMI (Fond Monétaire International), la BCE (Banque Centrale Européenne) ont les moyens d'un plan général de sauvetage de l'Espagne. Et alors même qu'il n'est pas sûr que la Grèce pourra satisfaire aux exigences des institutions prêteuses de l'Europe, c'est presque la panique. Les bourses chutent à ce moment-là, après être remontées à la suite du dernier sommet européen. C'est le règne de l'incertitude quotidienne. Mais ce qui est certain c'est que pendant ce temps la bourgeoisie d'Europe pressure toujours plus les travailleurs et les peuples pour leur faire payer une dette dont elle seule, la bourgeoisie, est responsable.
Le seul espoir pour les travailleurs et les exploités c'est qu'ils se battent à l'exemple de ceux d'Espagne avec la perspective d'aller encore plus loin pour imposer les revendications transitoires telles que l'échelle mobile des salaires, la répartition du travail entre tous, la création de grands travaux, l'abolition du secret des affaires aux mains d'une bande de gangsters et de racketteurs internationaux, la dissolution des banques en une seule banque sous contrôle des travailleurs. Mais à terme c'est toute l'économie qu'il faudra enlever des mains de ces affameurs pour la mettre sous le contrôle des travailleurs et de la population.
 
 

La face cachée des jeux olympiques de Londres

Les jeux olympiques 2012 de Londres et la préparation de l’évènement ont généré un coût très important. Ainsi, le budget initial qui était de 3 milliards d’euros est passé à 13 milliards (8,8 milliards de livres) et ce n’est pas un record comparé aux JO de Pékin en 2008 qui avaient coûté environ 32 milliards d’euros.  Les entreprises et différents sponsors se frottent les mains et espèrent des retombées sonnantes et trébuchantes. Le gouvernement anglais pense récupérer son investissement par la vente des billets qui doit atteindre le montant record de 2 milliards d’euros, et également grâce à la vente des droits publicitaires et au sponsoring.
Mais tout n’est pas rose du côté de ceux qui travaillent pour le succès des jeux. Ainsi les médias ont parlé des conditions d’hébergement des agents d’entretien qui demeurent dans un campement constitué de préfabriqués à l’abri des regards. Ces agents recrutés pour les jeux se retrouvent à dix dans un baraquement, dans des locaux où il y a un seul WC pour 25 personnes, une douche pour 75. Certains étudiants qui voulaient postuler pour un emploi ont renoncé lorsqu’ils ont vu les conditions d’hébergement car ils ont eu l’impression d’être dans une prison. D’ailleurs ces travailleurs ont interdiction de recevoir leur famille ou amis et se sont engagés à ne pas parler à la presse.  Le plus scandaleux est qu'ils doivent débourser la somme de 18 livres (soit 22 euros)  par jour comme loyer. Des conditions d’hébergement indignes et pourtant autorisées par le gouvernement. Et tout ça pour faire le maximum de profits à l’occasion des jeux olympiques.


Épandage aérien : l’état défend les intérêts des patrons de la banane au mepris de la santé de la population

 
Le préfet a pris un arrêté de prolongation  de l'épandage aérien pour six mois encore. Il s’agit de l’épandage de pesticides hautement toxiques, utilisés contre la cercosporiose, champignon qui affecte les feuilles de bananier.
Cette décision a été prise au mépris des protestations qui se sont exprimées contre cette pratique. En effet, la consultation populaire en préfecture et sous-préfecture a eu comme résultat qu'une majorité de personnes s'est prononcée contre. Une pétition pour la suppression de l’épandage aérien a recueilli près de 10 000 signatures.
Certaines conditions sont présentées comme des solutions pour épargner la population, à savoir l'épandage éloigné de 50 mètres des habitations et l’information donnée à la population deux jours avant l’exécution. Leurs défenseurs sont les planteurs et le préfet. Mais leurs arguments ne tiennent pas la route. Les produits utilisés se dispersent facilement dans l’atmosphère quel que soit le parcours utilisé par l’hélicoptère. Quant aux informations données à la population elles pourraient se résumer ainsi : " vous serez intoxiqués dans deux jours "  ou " vous serez intoxiqués depuis les 50 mètres ". La population n'a en effet aucun moyen de vérification et de contrôle, et encore moins de protection préventive.
L’État s’est donc rangé du côté des planteurs, en particulier du lobby béké qui n’a pas manqué de faire des déclarations méprisantes et hypocrites pour justifier l’épandage. Que ce soit le président du groupement des producteurs de banane, M. De Lucy, ou bien M. Lignières, ces patrons ont cherché à minimiser les effets nocifs des produits utilisés. Pourtant,au niveau de la recherche médicale ou environnementale les conclusions sont claires. Les fongicides ont des effets néfastes sur les poumons, sur la peau, et peuvent causer des cancers. Le conseil scientifique du parc national a adressé ses conclusions au préfet pour signaler les dégâts que l’épandage produit au niveau des rivières, de la faune et de la flore du parc. Les Eaux et Forêts ont fait les mêmes constats.
Si l’on en croit les patrons de la banane, tous ces scientifiques sont des menteurs. En réalité, ils défendent leurs profits y compris en faisant prendre des risques à la population et en détruisant l’environnement. On a pu le constater concernant la chlordécone qui a fait des dégâts considérables et pour des siècles.
Pendant des années, dans les plantations, les ouvriers de la banane ont utilisé des pesticides dangereux tels le mokap, sans protection. Certains d’entre eux ont eu de graves problèmes de santé, d’autres ont perdu la vie.
Quand les De Lucy et Lignières déclarent sur les ondes et dans la presse que supprimer l’épandage entraînerait la mort de la banane et la suppression d’emplois, ce n’est que du chantage pour mettre de leur côté les pouvoirs publics et les élus à leur service. Ils vont jusqu’à faire la comparaison avec la situation à PSA-Peugeot en France, où des milliers d’emplois sont menacés. Quelle hypocrisie !
Cela fait des années qu’il y a de moins en moins d’emplois dans la banane. De nombreux travailleurs ont été licenciés dans les plantations. Certains gros patrons ont préféré investir dans le commerce. Ils ont également investi dans la banane en Côte D’Ivoire où la main d’œuvre est meilleur marché. Et en Guadeloupe c’est en grande partie la main d’œuvre haïtienne qu’ils utilisent et qu’ils exploitent pour faire davantage de profits.
Ce qui les intéresse ce sont les subventions qu’ils reçoivent de l’État. C’est pour mieux en profiter qu’ils se sont organisés en groupement avec les patrons de la Martinique.
La population et les travailleurs de la banane ont intérêt à s’unir pour empêcher l’épandage aérien nuisible à tous. Pour faire reculer l’État et les patrons de la banane il faudra des actions fortes et une mobilisation très large. Sans cela il y aura d’autres prolongations, 6 mois après 6 mois voire pendant plusieurs années, pour les profits d’une minorité et contre notre santé.   
 

AVIS AUX LECTEURS SUR LA PARUTION DU JOURNAL

Comme chaque année pendant cette période de vacances, nous suspendrons la parution du journal à compter de ce numéro. Le prochain numéro paraîtra le samedi 15 septembre. Tous ceux qui veulent prendre contact  avec nous peuvent le faire par notre site Internet ou l'adresse du journal. À tous nous souhaitons de bonnes vacances pour ceux qui en prennent et/ou une bonne période !
Le comité de rédaction.