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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1073 du 14 juillet 2012/Quatrième page

Quatrième page

Syrie : la résistance ne faiblit pas

Après plus d’un an d’affrontement avec l’armée, les dizaines de milliers de morts, les tortures etc… la résistance de la population syrienne ne faiblit pas, ni sa haine et sa détermination pour obtenir le départ de Assad.
Les soi-disant amis du peuple syrien ont bien compris que le régime est en train de tomber, de perdre le contrôle du territoire et certains dignitaires du régime, comme le général Manas Tlass, haut gradé de l’armée, commencent à quitter le navire Syrie pour ne pas avoir à rendre de comptes.
À Paris les projets des pays occidentaux et arabes réunis pour la troisième fois, se succèdent sans rien régler. En fait, ils sont à la recherche d’une solution qui permettra certes de remplacer Bachar-Al-Assad, mais surtout de maintenir « l’équilibre » dans la région, de garantir la stabilité que les dictatures maintiennent tant bien que mal.
Alors les Hollande et autre H. Clinton, doivent trouver rapidement une solution qui permettrait de mener le mouvement de colère des masses dans le sens de leur intérêt. Les signes de leur peur de perdre le contrôle sont là : l’intransigeant Al-Assad lui-même a accepté un tête à tête avec Kofi Annan - l’émissaire de l’hypocrisie internationale - et le gouvernement russe affirme aujourd’hui «rejeter catégoriquement laformulation selon laquelle laRussie soutient le régime deBachar-Al-Assad» !
Devant leur échec à «réconcilier» Bachar-Al-Assad avec son peuple, ces hypocrites espèrent canaliser le mouvement pour qu’il ne déborde pas plus loin que le simple remplacement du dictateur en place par un autre qui continuera la répression sur les masses populaires. Pour cela ils se sont déjà entendus à Genève sur la formation d’un «gouvernement de transition».
Et pendant qu’ils échafaudent des plans, les masses populaires syriennes continuent de payer par des dizaines de morts chaque jour.

Il y a 50 ans, le 5 juillet 1962 : l'indépendance pour l'Algérie mais pas l'émancipation sociale des travailleurs

(Nous publions ci-dessous cet article de nos camarades de lutte ouvrière).
 
Le 5 juillet 1962, le peuple algérien obtenait le droit, arraché de haute lutte, à son indépendance politique.
Cette indépendance mettait fin à plus de 130 années de colonisation française.
Elle fut obtenue au terme de huit ans d’une guerre féroce contre le pouvoir colonial : 500 000 morts, un million de personnes internées dans les camps, des régions dévastées par la guerre, des villages bombardés, rasés, des populations déportées ou massacrées, torturées ou exécutées sommairement par l’armée française. En Algérie comme dans la quasi-totalité des pays colonisés, les peuples s’étaient soulevés contre la tutelle coloniale et, les uns après les autres, ils avaient réussi à arracher leur indépendance politique. La France ne fut pas à l’écart de cette tempête.
Ce 5 juillet, toutes les grandes villes algériennes connurent des scènes de liesse. La population algérienne avait de quoi se réjouir de cette victoire. Leur combat victorieux montrait que, lorsque les exploités sont déterminés à rejeter leur oppression, les oppresseurs n’y peuvent plus rien. Les Algériens n’étaient plus des étrangers dans leur propre pays. L’indépendance politique était enfin arrachée, mais la lutte pour l’émancipation sociale restait à mener.
LE MAINTIEN DE LA DÉPENDANCE ÉCONOMIQUE AU PROFIT DE L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
L’Algérie, marquée par un siècle et demi d’exploitation coloniale, restait cependant dépendante économiquement de l’impérialisme français. Les accords d’Évian, signés le 18 mars 1962, consacraient cette dépendance, en particulier dans le domaine des industries minières, du pétrole, du gaz, qui restaient sous contrôle français. Si, au moment de la signature des accords, les dirigeants du FLN, le Front de libération nationale, avaient tenté de refuser la sécession du Sahara que demandait de Gaulle, ils n’avaient pu empêcher que la France garde la main sur l’exploitation des ressources minières et pétrolières du désert saharien. Un an après l’indépendance, les entreprises pétrolières françaises empochaient quatre fois plus de bénéfices que l’Algérie. Quant aux banques françaises, elles firent des prêts au nouvel État algérien, à des taux usuraires, qui entraînèrent une dépendance financière. Et il y eut toutes les contreparties imposées par la France : quotas de produits français que le nouvel État s’engageait à acheter, en particulier de produits alimentaires ; quotas de pétrole et de gaz que l’Algérie devait fournir à la France à des tarifs préférentiels. Comme chaque pays colonial, l’Algérie avait des difficultés à se dégager de l’emprise économique du pays colonisateur.
LA POLITIQUE DU FLN : L’IMPASSE DU NATIONALISME
Les dirigeants du FLN, sous la direction duquel le peuple algérien mena la lutte, tentèrent de résister à cette mainmise. En vain, car le FLN ne s’était pas battu pour bouleverser l’ordre social en Algérie et libérer les classes exploitées algériennes de l’exploitation sociale. Par ses perspectives, par son programme, le FLN était, de fait, le représentant des intérêts de la bourgeoisie algérienne, dont les affaires se faisaient avec le monde impérialiste.
En 1954, on lisait dans la proclamation du FLN : «Notremouvement se présente sousl’étiquette de Front de libérationnationale,(...) offrant la possibilitéà tous les patriotes algériens detoutes les couches sociales, de tousles partis et mouvements purementalgériens, de s’intégrer dans lalutte de libération sans aucuneautre considération. » Dès le début, sous couvert de rassembler toutes les forces contre l’impérialisme français, le FLN demandait aux travailleurs et aux paysans pauvres d’Algérie d’oublier leurs intérêts propres. Et s’il parlait parfois de socialisme, il ne refusait pas de s’appuyer sur les préjugés religieux pour souder la population derrière lui.
Durant toute cette guerre d’indépendance, le FLN se plaça hors du contrôle de la population qu’il disait représenter, se méfiant toujours de l’organisation autonome des masses exploitées. Il y eut certes des manifestations importantes de la population, comme celles de décembre 1960, qui furent surtout l’occasion pour les dirigeants nationalistes de montrer que la population algérienne était derrière eux.
Dans la perspective d’un État algérien indépendant, les dirigeants du FLN construisirent très tôt l’embryon du futur appareil d’État, à savoir une «armée des frontières». Cette armée, stationnée en Tunisie, devait devenir l’ossature du futur État algérien et servir, en cas de besoin, y compris contre la population algérienne elle-même.
C’est dans ses rangs que furent intégrés les combattants de l’intérieur. Après une guerre des chefs, Ben Bella, un des dirigeants historiques du FLN, devint le président du Conseil de l’Algérie indépendante en septembre 1962. Il fut ensuite, en 1963, le premier président élu de la République algérienne.
Le régime mis en place, issu d’un soulèvement révolutionnaire qui avait mobilisé des millions d’hommes et de femmes, réussit à maintenir un temps sa popularité auprès des paysans, des ouvriers, qui voyaient dans l’indépendance l’espoir de vivre mieux. Un certain nombre de mesures furent prises, dont une réforme agraire et la nationalisation d’un important secteur de l’économie. Cela permit au nouveau pouvoir de maintenir le mirage d’un « socialisme » arabe.
Mais les masses algériennes durent vite déchanter.
L’ABSENCE D’UNE DIRECTION COMMUNISTE RÉVOLUTIONNAIRE
Le peuple algérien avait obtenu l’indépendance, mais il n’obtint pas au bout du compte la liberté, et encore moins son émancipation sociale. Pourtant, il constituait une force, qui aurait été d’autant plus puissante si elle s’était alliée à la classe ouvrière française. De part et d’autre de la Méditerranée, les travailleurs algériens et français étaient liés depuis des décennies par mille liens, pour avoir souvent travaillé dans les mêmes usines et s’être retrouvés côte à côte dans les mêmes combats. Mais les travailleurs français avaient laissé parler en leur nom les dirigeants socialistes, ceux-là mêmes qui généralisèrent la guerre d’Algérie, tandis que les travailleurs algériens de leur côté restaient derrière une direction nationaliste. Il aurait fallu qu’existent, de part et d’autre, des partis qui proposent aux travailleurs des deux pays d’intervenir avec une politique de classe, les unifiant en une même force, afin d’offrir une perspective d’émancipation sociale et internationale.
Aline RETESSE
 


Guadeloupe : Succès du meeting de soutien aux jeunes du journal Rebelle !

Une centaine de personnes se sont réunies le mercredi 27 juin autour des jeunes du journal Rebelle ! pour défendre la liberté d’expression et protester contre la répression dont sont victimes les animateurs de ce journal.
Les jeunes ont rappelé que depuis la création de Rebelle ! en septembre 2008, les autorités scolaires ont exercé de multiples pressions pour tenter de les faire taire. La répression a franchi un cran supplémentaire le 18 mai 2012, lorsqu’un rassemblement pacifique a été brutalement attaqué par la police.
Les rebelles ont expliqué que ces tentatives d’intimidation ont pour but de protéger les chefs des établissements scolaires de Guadeloupe, qui se comportent tous les jours comme des petits dictateurs vis-à-vis des élèves. Cette brutalité vise à mater les jeunes, dans l’espoir de les préparer à devenir des salariés « taillables et corvéables à merci ».
Plusieurs représentants de syndicats, associations et organisations politiques, ont exprimé leur soutien. Des parents ont aussi pris la parole, pour témoigner des abus dont leurs enfants et eux-mêmes ont été victimes. Tous ont chaleureusement félicité les jeunes rebelles pour leur action, et les ont encouragés à continuer.
Cette solidarité devra s’amplifier dans les mois à venir, puisque deux des étudiants de Rebelle ! – également membres de Combat Ouvrier – sont convoqués devant les tribunaux : Sony Laguerre le 10 octobre 2012, et Raphaël Cécé le 16 janvier 2013.