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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1073 du 14 juillet 2012/Première page

Première page

Éditorial: PSA-Citroën : une déclaration de guerre contre tous les travailleurs !

Jeudi 12 juillet, la direction de PSA-Citroën a fini par annoncer officiellement la fermeture de l'usine d'Aulnay en 2014 et 8000 suppressions d'emplois, dont 1400 à l'usine de Rennes. Immédiatement, l'annonce a écœuré et mis en colère les travailleurs d'Aulnay, même s'ils s'y attendaient. Ils se sont mis en grève et se sont rassemblés devant l'usine.
Depuis déjà un an et demi les syndicats avaient pu dévoiler le plan "secret" de la direction. Les gouvernements, de droite comme ceux de gauche qui sont aujourd'hui au pouvoir savaient très bien à quoi s'attendre de la part des dirigeants de PSA-Citroën. Ils ont été incapables d'inverser le processus et aujourd'hui, ils font comme si la nouvelle les émouvaient presqu'autant que les salariés concernés. Les hypocrites !
Un des responsables de la CGT de l'usine d'Aulnay, notre camarade Jean-Pierre Mercier, par ailleurs militant de Lutte ouvrière, a déclaré : «douzemois de mensonges... la lutte va démarrer maintenant... en temps de criseéconomique, c'est un crime social de fermer une usine... pour plus derentabilité et plus de bénéfices pour la famille Peugeot... le président dudirectoire a déclaré la guerre aux salariés. Nous la ferons cette guerre.Nous sommes déterminés à sauver nos emplois, nous sommes prêts àaller jusqu'au bout. En septembre une grande bataille va commencer».
Voilà le seul langage qui effectivement doit être tenu. Et ils ont parfaitement raison, ceux d'Aulnay, de ne pas entrer dans le jeu des patrons. Car s'il est vrai - ce qui reste à contrôler - que PSA-Citroën aurait vu ses ventes chuter de plus de 13% au début 2012, en 2010 et 2011 il a réalisé les deux meilleurs chiffres de vente de son histoire. Alors, même avec 13% de chute le groupe resterait encore bien plus bénéficiaire qu'au cours des années 90. Mais en réalité, il n'y a même pas de baisses des ventes du tout. Il y a le fait que suite à un accord avec Général Motors (et cet accord est aussi une affaire de gros sous) PSA-Citroën a décidé de ne plus exporter vers l'Iran... Et ce sont 457.000 voitures par an qui ne sont plus fabriquées.
Le fait que ces annonces de fermeture d'usine et de suppressions de poste font immédiatement monter le cours de PSA-Citroën en bourse prouve bien qu'alors que la misère va s'accroître dans le monde ouvrier, les spéculateurs, eux s'enrichissent ! Ce sont des charognards qui prospèrent sur la misère des travailleurs !
C'est la crise ! Et les suppressions de postes s'accroissent partout, dans le privé comme dans la fonction publique. En Martinique avec la politique de fusion des hôpitaux plus d'un millier d'agents risquent de se retrouver au chômage. À France Télécom, les suppressions de postes se poursuivent alors même que l'on demande plus de travail et de rendement aux travailleurs, à Air France... et la série est longue.
La brutalité de l'annonce de PSA-Citroën, même si on s'y attendait, et l'ampleur des fermetures de postes sont un des plus importants signaux de danger pour l'ensemble des travailleurs de France et des Antilles.
Les mineurs espagnols soutenus par des milliers d'autres grévistes et de gens de la population ont montré par leurs manifestations de colère qu'ils n'étaient pas prêts à se laisser faire ! C'est cette détermination qui est la bonne. Mais pour gagner, pour les obliger à conserver et à créer des emplois, pour prendre l'argent sur les profits, dans les coffres forts remplis de la famille Peugeot et bien d'autres capitalistes (le plus pauvre des 500 plus riches Français possède 60 millions d'euros), il faudra une lutte d'envergure.
La rentrée de septembre peut être l'occasion d'unifier toutes les colères des travailleurs, toutes les déterminations pour déclencher une offensive générale contre la bourgeoisie qui accule de plus en plus de travailleurs à la précarité et à la misère !
Préparons dès maintenant une rentrée de lutte tous ensemble !
 

Martinique : La mobilisation du 5 juillet des agents hospitaliers

Le jeudi 5 juillet était jour de protestation et de mobilisation des agents hospitaliers. Les organisations syndicales de la Santé appelaient à une nouvelle action sur les revendications suivantes : gel de l’opération en cours de fusion des hôpitaux de Fort de France, du CH Mangot Vulcin du Lamentin et du CH de Trinité, moyens supplémentaires pour la titularisation des contractuels, la qualité et la sécurité des soins pour tous. La population avait été appelée à se joindre à cette mobilisation par des arrêts de travail durant une heure ou en accrochant un ruban blanc sur les véhicules.
Dès le matin plusieurs groupes d’agents des hôpitaux se sont regroupés à l’extérieur de leurs établissements et se sont retrouvés avec d’autres agents, municipaux pour la plupart, pour manifester sur la voie publique. Cela a été le cas pour ceux des hôpitaux de Saint-Esprit, du Marin, des Trois Ilets, du Carbet, de Saint-Pierre, du Lamentin Mangot Vulcin, du CHU de Fort de France, de Trinité, de Saint-Joseph, des Maisons de Retraite du Robert et des Anses d’Arlet.
Les groupes de manifestants, installés avec leurs banderoles dans les carrefours interpellaient les automobilistes durant environ une heure par des diffusions de tracts ou des prises de paroles. Les agents de l’hôpital de Trinité ont choisi de faire une caravane et d’aller à la rencontre des populations du Nord de l’île pour les alerter sur les menaces qui pèsent sur les hôpitaux publics à cause du manque de moyens.
Environ 700 travailleurs ont ainsi répondu à ces actions d’arrêt de travail.
Bien sûr les manifestants ont noté qu’ils n’étaient pas en grand nombre et que la population n’a guère participé à cette action.
Mais cela n’a pas entamé leur conviction sur la nécessité de rester vigilants et d’alerter la population. Car cette dernière risque de faire les frais de la politique de restriction budgétaire du gouvernement et de l’ARS (Agence Régionale de Santé).


Guadeloupe : Centrale Géothermie Bouillante : les grévistes ont gagné leur combat pour obtenir le statut des IEG

 
Après 4 mois et 20 jours de grève, un accord a été signé le 5 juillet entre la direction de la centrale et les travailleurs affiliés à la Fédération CGTG de l’Énergie. Le PDG a enfin daigné venir sur place pour finaliser les négociations.
Les travailleurs, surtout des techniciens, réclamaient l’application pleine et entière du statut des IEG (Industries Électriques et Gazières). Plusieurs séances de négociations ont eu lieu avec la direction sans qu’un accord soit signé. Finalement un préavis de grève a été déposé le 8 février et la grève a réellement commencé le 15 février à l’appel de la Fédération CGTG de l’Énergie.
Le 1 juin on pensait s’acheminer vers la signature d’un protocole de fin de conflit, mais le point d’achoppement portait sur les conditions de la reprise du travail.
La direction avait déjà accepté l’application du statut, mais restait la question de l’organisation du travail : les horaires et l’effectif pour faire tourner correctement la centrale en respectant la loi sur les 35 heures, ce qui n’était jusque là pas le cas. La direction refusait de faire des embauches supplémentaires. Elle croyait les travailleurs à bout de souffle après tant de mois de grève ; mais elle s’est trompée car les grévistes ont tenu bon. Ils ont eu raison.
L’accord prévoit l’application du statut des IEG avec la revalorisation des salaires, l’octroi de l’indemnité spéciale DOM qui majore les salaires de 20 %, l’embauche de 8 salariés (certains travaillent déjà en tant qu’intérimaires). Il stipule bien qu’à qualification égale il faudra privilégier des embauches dans la région, voire en Guadeloupe.
Des élections des représentants du personnel seront organisées d’ici la fin de l’année.
Par contre la direction a refusé catégoriquement de payer les jours de grève mais les travailleurs se réservent le droit de faire une action en justice pour obtenir gain de cause.
Du début à la fin de leur mouvement, les grévistes ont obtenu le soutien des militants de la CGTG que ce soit par l’organisation de repas, de listes de souscriptions, d’une manifestation de soutien à Bouillante même. Le combat n’était pas facile mais grâce à leur détermination, ils ont obtenu satisfaction. Le travail a réellement repris le lundi 9 juillet. Les travailleurs pour qui c’était le premier combat, ils venaient juste d’adhérer à la CGTG, ont beaucoup appris durant cette période et retiendront que c’est leur grève qui a fait reculer leur patron.