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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1072 du 30 juin 2012/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe: Épandage aérien : La santé de la population ? Le cadet des soucis des planteurs et des pouvoirs publics !

Les autorités ont fait mine de demander son avis à la population concernant la prolongation de la dérogation accordée aux planteurs pour l’épandage aérien. Il s'agit de produits de lutte contre la cercosporiose noire, des produits toxiques.
Depuis deux semaines, on voit fleurir à l’entrée de la plupart des plantations des panneaux annonçant cet épandage. Et pourtant, une première dérogation a déjà été accordée pour la période du 1 janvier au 30 juin 2012. Ou ces panneaux ont été implantés trop tard, ou ils le sont parce que les planteurs savent que la prolongation de la dérogation pour une période d’un an est déjà « dans le sac ».
Il apparaît  donc de plus en plus clairement que la prolongation sera accordée au groupement « Les Planteurs de Guadeloupe ». Mais aussi, que bien des articles de l’arrêté préfectoral du 10 janvier 2012 autorisant l’épandage aérien de janvier à juin 2012, n’ont pas été et ne seront nullement respectés par les planteurs à l’avenir.
Un exemple : les panneaux annonçant l’épandage, en plus de la liste des composants du produit concerné, dont le Banole, portent seulement la mention « Epandage possible à partir de 14H ». Quel jour ? A quel endroit précis ? Rien. Et pourtant, la population des zones concernées est censée être informée 48h à l’avance.
Quant au respect d’une distance minimale de 50 mètres vis-à-vis des lieux suivants : habitations et jardins, bâtiments et parcs d’élevage de gibiers, parcs naturels, etc., on ne voit pas comment cela sera possible. Dans pratiquement toute la région de Petit-Bourg à Baillif et particulièrement à Capesterre-B-E où dans bien des sections, les habitations ne sont qu’à quelques mètres des bananeraies. Et nous ne parlons même pas des rivières et des oiseaux. Concernant ces volatiles, on vient d’apprendre que deux espèces, la tourterelle à queue carrée et celle à pattes jaunes, sont interdites à la consommation car infestées par la chlordécone.  
Autant dire que seule une mobilisation très massive de la population pourra mettre un coup d’arrêt à ce qu’on peut considérer comme la répétition de l’empoisonnement à la chlordécone. Et les déclarations qui se veulent rassurantes de L. Lignières, le président du groupement des « planteurs de Guadeloupe » ne sont là que pour nous tromper. La nocivité des produits utilisés pour la lutte contre la cercosporiose noire et par la technique de l’épandage  aérien est avérée. Car pour tous ces gens-là, la santé de la population est le cadet de leurs soucis. Seul leur coffre-fort compte.



 

Les élus martiniquais de la "vague rose"

Sur un fond d'une abstention  majoritaire (61,2%), l'électorat martiniquais a envoyé à la chambre deux députés sortants : Serge Letchimy du PPM, et Alfred Marie-Jeanne du MIM. Il a élu deux nouveaux venus : Jean-Philippe Nilor du MIM et Bruno Nestor Azérot, divers gauche ayant le soutien du RDM.
 
Deux Clans en piste pour l'Assemblée Unique
Le clan PPM-Letchimy a été battu par le clan Marie Jeanne. Le premier est partisan de l'article 73 de la constitution qui prévoit un changement institutionnel dans le cadre du droit commun français. Le deuxième est partisan de l'article 74 qui prévoit  une plus large autonomie.
A peine réélu S. Letchimy estimait que les quatre députés martiniquais devaient intervenir en consensus à l'Assemblée. Façon pour lui de tenter de se placer comme «chef de file» pour préparer la revanche, c'est-à-dire une victoire du PPM et de ses alliés au sein de EPMN (Ensemble pour une Martinique Nouvelle) aux élections à l'Assemblée Unique, en 2014.
Mêmes préoccupations du côté de Marie-Jeanne du MIM qui met dans un tiroir ses mots d'ordre de «responsabilité» et de «nouvelles compétences». Dans l’interview au quotidien local, il déclarait récemment : «Je ne vais pas relancer le débat du 74... Nous avons obtenu la Collectivité Unique. C'est pour cela que le peuple est rassuré...». En effet au référendum, la population de la Martinique a choisi l'article 73. Marie-Jeanne s'en contentera. Il sait très bien que la population pour l'instant n'est pas favorable à une large autonomie pouvant éventuellement conduire à une indépendance par la suite. Aussi Marie-Jeanne et une fraction des indépendantistes visent surtout la direction de la future Assemblée Unique (fusion des Conseils Régional et Général) votée par référendum par la population. Pour ce faire ils ne veulent pas effrayer la population. Ils feront tout pour que cette nouvelle et future sinécure ne leur échappe pas. Tout comme d’ailleurs les  notables du clan EPMN de Letchimy
 
Comment entretenir les illusions au sein de la population
Marie-Jeanne regrette seulement pour l'Outre-mer le mot «population» à la place de «peuple» dans l'article 72-3 de la Constitution. La différence est ténue mais, sans doute, «population» n'évoque pas assez, à ses yeux, des intérêts communs entre exploités et exploiteurs.
Quant à B.N. Azérot, candidat dans le Nord, soutenu par le RDM et le MIM, durant sa campagne, il expliquait carrément que selon lui il fallait que les Martiniquais «fassent peuple» et que tous travaillent ensemble qu’ils soient «nèg, chabin, milat, ou bétché ». Rajoutons riches et pauvres ou exploiteurs et exploités…. Aujourd’hui député du Nord, il se veut plus responsable. Il tient à préciser qu'il est "un homme libre, homme de gauche certes, mais divers-gauche"... "Nous ne sommes plus en campagne" dit-il, "mais en responsabilité... Que ce soit [avec] Serge Letchimy, Alfred Marie-Jeanne ou Jean-Philippe Nilor, l'important est d'obtenir des résultats...».
Evidemment "divers gauche" laisse plus de place à toutes "diversions" possibles !
 Ces propos de nos députés n'ont  qu'un seul but : tromper la population. Lui faire croire que tous les Martiniquais ont les mêmes intérêts, riches comme pauvres, patrons comme travailleurs. Tous ceux qui professent de telles idées sont en réalité dans un autre camp que celui des travailleurs et des exploités. Ils sont dans le camp de la bourgeoisie, tout comme l'est la majorité "socialiste" avec laquelle ils vont siéger à l'Assemblée nationale.
 


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Guadeloupe : Affaire Bino, le procès de Rudy Alexis reporté

Le procès aux Assises de l’assassin présumé de Jacques Bino a débuté le lundi 18 sous haute protection policière. Le 21 juin, l’audience a été suspendue car le président de la Cour ayant eu un malaise, il n’a pu se rendre au tribunal. Finalement, le 22 le procès a été ajourné et reporté au 19 novembre 2012.  
Après les trois premiers jours, au tout début du procès, aucune des multiples zones d’ombre qui entourent cette affaire n’a été levée. En revanche, certaines contradictions de l’accusation sont apparues au grand jour. Et tout d’abord, l’accusation a tenté de présenter Alexis comme un délinquant notoire. Or, après avoir annoncé qu’Alexis avait été condamné en Martinique, face au démenti formel de l’accusé qui affirme n’avoir jamais mis les pieds en Martinique, l’accusation est incapable de prouver le contraire.  
Dans une autre affaire, Rudy Alexis aurait été condamné or il s’avère qu’il a été relaxé et même indemnisé par l’Etat. Les témoignages des policiers se sont révélés pas aussi solides que le laissait entendre l’accusation. Ils reposent surtout sur l’intime conviction des policiers qui estiment qu’Alexis est le coupable. L’arme du crime n’a pas été retrouvée et des munitions qui ont été retrouvées dans le jardin d’Alexis ne correspondent pas aux balles qui ont tué Bino.  
Rudy Alexis a été maintenu en prison où il a déjà passé plus de trois ans avec des périodes d’isolement. Il n’a cessé de clamer son innocence.
Le procès reprendra au début, et les audiences du mois de juin sont purement et simplement annulées.

Martinique : Suppressions de vols Air-France, signe révélateur

Le 6 juin, Air-France a annulé une rotation Orly Fort-de-France et retour. Deux autres vols devaient être annulés les 12 et 19 juin. Ceci s'ajoute à des vols régionaux eux aussi récemment annulés.
Déjà, en 2011, l'agence commerciale du centre-ville de Fort-de-France avait fermé. Il y avait eu 15 suppressions d'emploi. Aujourd'hui ce sont de nouveaux «signes» vers de nouvelles suppressions de poste qu'envoie la direction d'Air-France. Un vaste plan de suppressions de plus de 5000 employés a été annoncé par la direction à l'échelle de toute la compagnie.
 C'est cela leur crise : le maintien et l'augmentation des profits quel que soit le prix à payer pour les travailleurs.



Guadeloupe : Le projet Gabar’Belle prend-il de l’eau ?

Le SICTOM (Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères) a décidé de résilier le contrat qui le liait à Urbaserre (Valorgabar), l’entreprise chargée de réaliser les travaux concernant le projet de traitement multi-filières    des ordures ménagères. Le motif : le retard pris par les travaux a entraîné des surcoûts jugés trop importants d’une part et que d’autre part l’entreprise n’aurait pas respecté plusieurs points prévus par la délégation de service public.
Cela fait plusieurs années que des études sont réalisées pour mettre la décharge de la Gabarre aux normes. L’Europe par le biais du FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) a accordé une subvention de 52 millions d’euros qui risque d’être perdue si le projet n’aboutit pas.  
Pour l’instant les deux parties se renvoient la balle. Le directeur du projet déclare dans le journal France-Antilles «que la résiliation du contrat serait une erreur pour la Guadeloupe » et qu’en réalité le surcoût n’est pas si important que cela. Mais selon SICTOM, le coût du projet est passé de 180 millions d’euros fin 2007 à 211 millions aujourd’hui. Et 10 millions d’euros ont déjà été dépensés pour les travaux d’étude du projet. Et toujours selon le directeur d’Urbaserre, le surcoût n’est pas lié au retard pris par le projet, mais aux difficultés rencontrées pour le financement car dans le contexte actuel de crise financière, les banques sont frileuses.
L’Europe a condamné la France à mettre un terme aux décharges du type de celle de la Gabarre et il est urgent de trouver une solution pour le traitement des ordures ménagères. Et pourtant un constat s’impose : les choses traînent depuis plusieurs années, des millions sont consommés pour des études interminables et depuis la pose de la première pierre en 2009, nous sommes toujours à la case départ car rien n’a avancé. 
Avec cette rupture de contrat entre le SICTOM et Urbaserre, les choses vont encore traîner, car maintenant c’est la justice qui va peut-être intervenir pour  départager les différents protagonistes du projet. En attendant, le problème du traitement des ordures ménagères reste entier alors qu’il est urgent de trouver une solution.



Martinique : Carbet, mort pour le profit capitaliste

Le mardi 19 juin, un ouvrier agricole est mort après avoir été écrasé par un chariot à bananes à l’habitation Beauregard au Carbet. Il était âgé de 46 ans. 
Ce nouveau drame a provoqué un grand émoi notamment parmi les ouvriers agricoles de la banane qui connaissent les conditions de travail déplorables existant sur les habitations, mais aussi les pressions exercées par les patrons sur les travailleurs.
Une enquête judiciaire a été ouverte sur les causes directes et les circonstances de l’accident. Mais une fois de plus, un ouvrier est mort pour le profit  capitaliste.
  Nous publions ci-dessous, le communiqué de la CGTM
 
COMMUNIQUÉ
PERDRE LA VIE EN VOULANT LA GAGNER !
 
Parce que quotidiennement, confronté aux mauvaises conditions de travail, d'hygiène et de sécurité, un ouvrier agricole vient de perdre la vie dans des conditions atroces sur l’Habitation Beauregard au Carbet.
Le Syndicat CGTM des Ouvriers Agricoles dénonce ce nouveau drame qui illustre bien que sur certaines exploitations de banane, les responsables des entreprises ne mettent pas les équipements nécessaires pour protéger la sécurité des salariés à savoir les remplacements des pneus de tracteurs, les chaînes de sécurité sur les chariots à banane, ou encore la réparation des freins des véhicules de transport des salariés.
Le Syndicat CGTM des Ouvriers Agricoles considère que ce malheur qui est survenu sur l’Habitation Beauregard au Carbet, et qui a causé la mort d’un ouvrier agricole, n’est en rien fortuit, parce qu’il était prévisible quand on sait que les conditions nécessaires à la sécurité des salariés ne sont pas toujours observées.    
Indigné, de cette situation et des larmes de crocodiles qui sont versées, le Syndicat CGTM des Ouvriers Agricoles exige aujourd’hui des organismes concernés (Inspection du travail, Service Prévention de la CGSSM, Médecine du travail) de tout mettre en œuvre pour le respect de la réglementation sur les questions de sécurité et des conditions de travail. C’est seulement à ces conditions là, que les ouvriers agricoles pourront à l’avenir éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
 
Fort-de-France, le 22 Juin 2012
Pour le Syndicat CGTM Agriculture
B. GROS DÉSORMEAUX

Errata

-1-Dans notre dernier numéro daté du lundi 18 juin 2012 (n° 1071), dans l'éditorial, nous avons écrit : "les 2481 voix qui se sont portées sur les noms de nos huit candidats"... En fait ce sont : « 2512 voix qui se sont portées sur les noms de nos huit candidats".
-2- Dans l'article en page 2, titré "Manifestation avec les jeunes de Rebelle devant le tribunal de Pointe-à-Pitre», il est écrit concernant l'affaire Raphael Cécé : "l'affaire sera donc jugée le 16 juin 2013". En fait "l'affaire sera donc jugée le 16 janvier 2013".