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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1072 du 30 juin 2012/Première page

Première page

Éditorial: SMIC : UN « COUP DE POUCE » SYMBOLIQUE

Michel Sapin, le nouveau ministre du travail et de l'emploi a annoncé l'augmentation du SMIC mardi 26 juin. Elle sera de....2% au premier juillet soit 21,50 euros par mois.
 Sur ces 2%, 1,4% représente le rattrapage de l'inflation. Le véritable "coup de pouce" au SMIC est donc de ...0,6%. Autrement dit, presque rien. Le montant du SMIC est revu chaque année en fonction de l'inflation au premier janvier. Depuis six ans il n'y avait eu aucun "coup de pouce". Seule l'inflation avait été prise en compte. La dernière augmentation réelle était de 0,3%, sous le gouvernement Villepin. Hollande peut toujours dire hypocritement qu'il fait mieux que la droite et en plus qu'il augmente avant le premier janvier. Au royaume des aveugles..
Il n'est donc pas étonnant que le principal syndicat patronal, le MEDEF, soit très peu critique sur cette augmentation ridicule. Le président de la commission sociale du syndicat patronal a de suite déclaré " c'est une augmentation qui ne va pas dans le sens que nous préconisons mais c'est une hausse raisonnable". Il envoie donc un bon point au gouvernement Hollande et encore il trouve le secret de faire la moue.        Evidemment, Parisot, la patronne du MEDEF avait mis en garde le gouvernement contre une augmentation exagérée. Eh bien elle aura bien été entendue par lui.  D'ailleurs elle a déclaré après l'annonce que "cette mesure permet aux salariés d'avoir un peu plus que la simple augmentation liée aux critères économiques de l'inflation et, en même temps on peut estimer que ce coup de pouce limite les risques à l'égard de l'emploi, de la création d'emplois et du maintien de l'emploi".  Donc satisfait le milieu patronal ! 
Les patrons auront été mieux entendus que les travailleurs payés au SMIC et qui revendiquent des augmentations substantielles pour sortir un peu de la misère. Mieux entendus aussi que les dirigeants syndicaux qui se lamentent. Le représentant de la CGT déclare que " c'est une très forte déception" (comme s'il en espérait beaucoup plus) et un très mauvais signe envoyé aux salariés qui se sont notamment exprimés en faveur de François Hollande. Le chiffre qu'il faut retenir est 0,6% et ça représente une baguette de pain par semaine.La représentante de FO déclare : "cette décision va engendrer frustration et mécontentement chez les salariés qui attendaient une mesure plus significative"
Mais ces dirigeants syndicaux ont pourtant  bien contribué à l'élection de Hollande et à entretenir encore des illusions sur la gauche auprès des travailleurs. Et il n'aura pas fallu longtemps pour que les masques (déjà transparents) commencent à tomber.  Car ce qui attend les travailleurs derrière ce "coup de pouce" ridicule est encore pire. Le gel des dépenses publiques annoncé par le gouvernement Hollande se précise. Les suppressions d'emplois dans la fonction publiquevont se poursuivre, laissant au chômage de plus en plus de travailleurs du secteur public. La dégradation des services publics va s'accroître et en particulier dans le domaine de la santé où il est déjà de plus en plus difficile d'être correctement admis et soigné. 
D'autres suppressions d'emplois ou licenciements sont prévus comme par exemple à France Télécom ou à Air France. Mais ailleurs aussi. Les prix aussi vont augmenter avec notamment l'annonce de l'augmentation des prix du gaz et de l'électricité. Il  est  sûr que sans se battre eux mêmes avec leurs propres moyens les travailleurs n'obtiendront rien de mieux. C'est donc l'exemple des agents des hôpitaux de la Martinique qu'il faut suivre. Ils poursuivent leur mobilisation avec une grande détermination pour refuser les suppressions de postes annoncées. C'est une telle force morale qui permettra aux travailleurs de forger une force collective plus puissante sur le terrain pour gagner des emplois, lutter contre les licenciements et obtenir des augmentations substantielles de salaire.    
Cette misérable augmentation du SMIC est un signal du gouvernement vers une politique de restrictions, d'austérité accrues. Aux travailleurs de se préparer à la lutte collective !

Martinique : La mobilisation des agents contre la politique d’austérité dans les hôpitaux.

Au fil des semaines la tension monte parmi les agents et les  organisations syndicales de Santé. La cause en est l’aggravation de la dégradation des conditions de travail, la non titularisation des contractuels et la politique de l’autruche de tous les responsables et notamment du nouveau gouvernement. Les organisations syndicales revendiquent  le gel de la fusion de trois hôpitaux : CHU de Fort de France, centre hospitalier Mangot Vulcin,  centre hospitalier de Trinité, et des moyens budgétaires pour garantir le maintien des emplois, la qualité et la sécurité des soins pour les patients.
En effet, face au déficit budgétaire chronique de ces hôpitaux, le gouvernement précédent avait décidé leur fusion. Cette mesure a été présentée comme solution comptable  à la détérioration des conditions de travail et de soins de qualité, au manque de matériels. Pour les organisations syndicales, cette fusion aurait surtout pour conséquence des suppressions de postes. 1141 suppressions sont d’ores et déjà annoncées sur les trois prochaines années. Pour l'ensemble de la population, cela entrainerait une aggravation de la politique d'austérité dans le secteur de la santé.  
De nouvelles mobilisations se préparent pour les semaines à venir.
Les organisations syndicales entendent mobiliser l’ensemble de la population pour la défense des hôpitaux publics et la santé en comptant également sur le concours des municipalités qui ont participé à leur rencontre.
Face aux difficultés aggravées par le manque de décisions face à la gravité de la situation actuelle, elles ont fixé une journée de protestation générale avec une :
 
 DOUBLE ACTION DE MASSE LE JEUDI 5 JUILLET :
*un ruban blanc à apposer sur voiture ou sur soi pour exprimer son accord personnel avec  la défense de l’hôpital public
*UN  ARRÊT DE  TRAVAIL  PENDANT  UNE  HEURE  DE 10H  A 11H  DANS  TOUT SECTEUR  TOUTE  ENTREPRISE  EN  SE  POSITIONNANT  DEVANT L’ENTREPRISE .
Depuis le mardi 12 juin dernier, les agents des hôpitaux sont passés en effet à un cran supérieur dans leur mobilisation. Les actions de mobilisation n’ont pas cessé.
 Il y a eu la grève des personnels avec barrages à l’entrée des hôpitaux, au CHU de Fort de France, au CH Mangot Vulcin, au CH de Trinité, mais aussi à l’hôpital de St Esprit. La grève, sous forme de perturbation des entrées a duré plusieurs jours, notamment au CH Mangot Vulcin et à Trinité.
 Le mercredi 13, la rencontre prévue à l’ARS ( Agence Régionale de Santé) ne s’est pas tenue face au déploiement de policiers et vigiles avec chiens aux abords du bâtiment, déploiement policier effectué à la demande du directeur de l'ARS.
 Le jeudi 14, c’était au tour des médecins de décréter une journée sans facturation des actes pratiqués, en opposition à leurs conditions actuelles d’exercice.
La rencontre avec Lurel, le ministre des Outremers qui a suspendu sa signature au bas du décret de fusion, n’a guère créé d’illusions.
Après  les élections législatives, les organisations syndicales se sont présentées devant les grilles de la station de radio, Martinique première, pour un premier contact avec les nouveaux élus.
Durant la semaine du 18 juin au 25 juin, elles ont décidé d’alerter une fois de plus les élus et parlementaires. Une réunion de travail a eu lieu le jeudi 21 entre syndicats de la Santé, syndicat des médecins, les élus, sénateurs, parlementaires et certains représentants de municipalités, suivie d’une conférence de presse le samedi 23 juin.
Le lundi 25 juin,  les syndicats du CHU de Fort de France ont organisé une assemblée générale pour décider des suites à donner à ces mobilisations. L’intégration des personnels contractuels était au centre de leurs préoccupations.
Des réunions communes au personnel des trois établissements ont été organisées avec le directeur préfigurateur de la fusion.
Le point d’orgue de la semaine a été l’irruption d’une délégation des organisations syndicales de la Santé, le jeudi 21 juin,  lors de l’assemblée plénière du Conseil Régional !
 
COMBAT OUVRIER  APPELLE  LES  TRAVAILLEURS  ET  L’ENSEMBLE  DE  LA POPULATION  AU  SOUTIEN  MASSIF  DE  CES  ACTIONS  QUI  VISENT  A REFUSER  LA  POLITIQUE  D’AUSTÉRITÉ  DÉCIDÉE  PAR  LES  GOUVERNANTS DANS  LES HOPITAUX  ET  SES  CONSÉQUENCES  NÉFASTES  POUR  DES  SOINS DE  QUALITÉ  A  L’ENSEMBLE  DE  LA  POPULATION.