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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1070 du 1 juin 2012/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Licenciement d’un représentant du personnel au Crédit Agricole

Le mercredi 23 mai dernier, les salariés du Crédit Agricole ont observé une journée de grève pour contester le licenciement pour faute grave d’Elie Varieux, représentant UGTG au CHSCT et au Comité d’Entreprise. Il faut savoir que le ministère du travail a autorisé le licenciement quelques jours avant les élections présidentielles alors que l’inspection du travail en Guadeloupe l’avait refusé.
Que reproche-t-on à Elie Varieux ? Il y a déjà des années que la direction du Crédit Agricole cherche à se débarrasser de ce syndicaliste jugé gênant car il ne cesse de remettre en cause leur fonctionnement et exige la remise de certains documents nécessaires à l’exercice de son mandat. Une première tentative de licenciement a eu lieu en 2007 sans succès. Cette fois-ci on lui reproche d’avoir exercé des violences  physiques et verbales sur deux clients du Crédit Agricole le 21 mars 2011. Ce ne sont pas de simples clients, mais ces derniers se sont présentés au siège en dehors des heures d’ouverture, sans badge et voulaient entrer par la porte du personnel. Ils n’ont pas accepté d’avoir été refoulés par Elie Varieux et ont porté plainte contre lui. La direction du Crédit Agricole trouvant là le bon prétexte, n’a pas tardé à lancer la procédure de licenciement que le ministère s’est empressé d’accepter.                                        La section UGTG du Crédit Agricole a introduit un recours au Tribunal administratif et l’affaire doit être plaidée début juin.                                                                                           Si la direction du Crédit Agricole attaque ainsi les représentants du personnel et obtient aussi facilement l’aval du ministère du travail, elle n’hésitera pas à s’en prendre aux autres employés pour notamment aggraver leurs conditions de travail.                                             Elie Varieux doit bénéficier du soutien de tous les travailleurs dans son combat contre l’arbitraire de la direction du Crédit Agricole qui cherche avant tout à se débarrasser de représentants du personnel combatifs.

Guadeloupe : Les jeunes de Rebelle ! frappés devant le commissariat de Pointe-à-Pitre

Vendredi 18 mai, 43 jeunes âgés de 12 à 28 ans étaient rassemblés pacifiquement devant le commissariat de Pointe-à-Pitre. Ils accompagnaient Maïssa, élève de Baimbridge, qui, avec son père, était convoquée à la suite d’une plainte du proviseur de ce lycée.
Ces jeunes ont d’abord été « gazés » par les fonctionnaires de police en tenue de combat. Certains ont dû être évacués, mais sont revenus dans l’heure qui suivait. Par la suite, les policiers ont décidé d’interpeller R. Cécé, un militant de Combat Ouvrier qui s’est alors enfuit. Et ce fut alors la course poursuite. Certains de ses camarades qui essayèrent de le protéger et faciliter sa fuite, ont été bousculés et frappés. Il ya eu des blessés parmi eux.  
Finalement Cécé a été bousculé, frappé et jeté par terre, menotté et amené au poste pour soi-disant contrôle d’identité. Six parmi les jeunes ont été blessés assez sérieusement. 
Entre temps des militants de différentes organisations, qui ont appris l’arrestation de Cécé ont commencé à se rassembler devant le commissariat. Finalement un peu plus d’une heure après son arrestation, Cécé a été libéré. Maïssa l’avait été un moment avant.
Le harcèlement dont sont victimes les jeunes du journal Rebelle ! montre  qu’ils dérangent dans une académie que les attaques du gouvernement ont laissée en ruine. Combat ouvrier soutient la lutte des jeunes de Rebelle !

Haïti : Sur fond de dégradation des conditions de vie des classes pauvres, une année de duperies

Dans le dernier numéro de leur journal La Voix des travailleurs, daté du 18 mai 2012, nos camarades de l'Organisation des travailleurs révolutionnaires (OTR) dressent le bilan d'un an de pouvoir du nouveau président, Michel Martelly. Nous en citons ci-après quelques extraits.                                                                                                                 
« Pour Michel Martelly, l'heure est au bilan après une année passée au pouvoir. Le chef de l'État s'est donné un satisfecit en fait de réalisations pendant ces douze mois et s'est même attribué une note : 8/10. Presque parfait ! Alors que le président sablait le champagne avec son équipe de grands mangeurs, ce 14 mai, à l'occasion du premier anniversaire de son accession au pouvoir, des manifestants en colère devant le Palais national prenaient le contre-pied de sa propagande mensongère sur le bilan positif de sa première année de gouvernance. C'est ainsi qu'aux côtés des partisans de Michel Martelly, plusieurs centaines de manifestants criaient : «Président, on a faim, on a faim !». (...)                                        Aucun des problèmes de la population pauvre n'a été abordé avec sérieux par le pouvoir de Martelly, marqué pendant ces douze premiers mois par des conflits de toutes sortes dûs à l'arrogance du président, par des déplacements fréquents et inutiles du chef de l'État à l'étranger en avion privé, par la ruée d'une nouvelle meute de grands mangeurs sur les caisses publiques, par le prélèvement de taxes sur les couches les plus pauvres via les transferts d'argent de la diaspora et les appels téléphoniques internationaux, et surtout par la propagande et des mensonges de toutes sortes pour berner la population pauvre.                                                                                                        Le Programme de scolarisation universelle, gratuite et obligatoire (Psugo) (...) est selon le chef de l'État le point fort de son bilan. Environ un million d'élèves seraient allés à l'école grâce à ce programme, qui coûte cette année 52 millions de dollars américains à l'État haïtien. Mais une enquête de l'Initiative de la société civile (ISC) vient de révéler des magouilles de toutes sortes qui entachent ce programme.                       Par exemple sur les 64 écoles faisant l'objet de cette enquête, «19 qui figurent sur la liste des écoles du Psugo publiée sur le site ne participent pas réellement au programme », a déclaré le responsable de l'ISC. Pourtant les virements bancaires ont bien été effectués sur les comptes de ces écoles, les retraits également, à l'insu des responsables de ces établissements.                                                                                      Autre exemple, des écoles qui détiennent leur licence de fonctionnement soumettent des listes de classes, mais n'ont pas de local. Leurs responsables reçoivent néanmoins leur subvention comme toutes les autres écoles, avec la complicité des décideurs du Psugo. Alors combien de ces 52 millions iront vraiment à la scolarisation des enfants ? Est-ce que la part du lion de cette somme n'atterrira pas dans les comptes en banque des grands mangeurs de l'équipe de Martelly, avides de s'enrichir avant la fin du mandat de ce dernier ? (...)                                                                                                                 Le chef de l'État (...) s'est lancé dans une série d'actions cosmétiques, comme la distribution de motocyclettes, et ne s'est pas gêné pour inscrire dans son bilan insignifiant les actions des ONG et les ouvrages initiés par le gouvernement précédent. (...)                                                                                                                                               Les problèmes auxquels sont confrontées les classes pauvres restent entiers. Le chômage va crescendo, les prix des produits de consommation courante sont en hausse continue, le coût du logement flambe, l'insécurité bat son plein, dans la capitale notamment, les premières averses de la saison pluvieuse entraînent des pertes considérables en vies humaines, les populations mal logées sont dans la tourmente à chaque intempérie.                                                                                                                Le président est pourtant content de lui et fier de son bilan.                                                            Les manifestants du 14 mai devant le Palais national avaient bien raison de cracher leur colère face à un président cynique et sans scrupule. Il y a de quoi être révolté ! Par cette mobilisation, les manifestants ont indiqué le chemin à suivre pour contraindre les maîtres du pays, les classes possédantes, ainsi que leurs serviteurs au pouvoir, à satisfaire les revendications des classes pauvres. (...) »

 
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Québec : Les étudiants poursuivent leur mobilisation contre la hausse des frais scolaires.

Depuis trois mois, les étudiants dans différentes provinces du Québec font grève et manifestent dans les rues pour protester contre la décision du gouvernement d’augmenter  les droits d’inscription de 82%. Un étudiant devra débourser près de 3800 dollars canadiens (2919 euros) par an pour s’inscrire aux cours. Face à ce mécontentement le gouvernement a voté une loi pour interdire les manifestations et sanctionner par de lourdes amendes ceux qui ne respectent pas cette loi.
Cela n’a pas empêché les étudiants de continuer à manifester. Ils ont été rejoints par la population qui les soutient. Des heurts ont eu lieu avec les policiers à Montréal. Plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés. Malgré cette répression et ces interdictions, les manifestations continuent d’avoir lieu la nuit. Les étudiants se font entendre dans un tintamarre de bruits de casseroles.                                                                                                Si les étudiants sont soutenus par la population c’est aussi la manifestation d’un mécontentement plus large contre le gouvernement dirigé par le parti libéral québécois. Aujourd’hui le gouvernement fait payer les étudiants pour renflouer les caisses de l’État, demain ce sera au tour des travailleurs et des couches pauvres de la population d’être pressurés si les étudiants perdent leur combat contre l’augmentation des frais scolaires.