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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1068 du 10 mai 2012/Quatrième page

Quatrième page

Brève de Lutte Ouvrière : Insultant

La Commission européenne affirme qu’elle va demander des comptes aux banques sur l’utilisation des 1 000 milliards d’euros que leur a octroyés la Banque centrale européenne (BCE), au travers de prêts à taux d’intérêt quasi nuls. C’est qu’elle s’étonne de constater le « resserrement du crédit », du fait que les banques n’injectent pas cet argent dans l’économie réelle mais l’utilisent pour rétablir leurs comptes, y compris en prêtant aux États à des taux bien supérieurs ! Quand la Commission dit s’étonner de telles pratiques, c’est par naïveté ? Non, c’est de la duplicité.

Mai 1902, l'éruption de la montagne Pelée

Le 8 mai 1902, à 7h 50, 30.000 Pierrotins (habitants de Saint-Pierre) périssaient victimes d'une nuéeardente dévalant les flancs de la montagne Pelée. Le volcan était entré dans une activité intense depuis des semaines, mais les autorités locales, absorbées par la perspective du deuxième tour des élections législatives prévu le 11 mai, s'étaient voulues rassurantes.
 
Nous publions ci-dessous l'article de la révolutionnaire communiste allemande, dirigeante de la révolution allemande de 1918, Rosa Luxembourg, consacré à cette tragédie, paru dans le journal Leipziger Volkszeitung, dès le 15 mai 1902.
 
« Martinique » de Rosa Luxembourg
 
Des montagnes de ruines fumantes, des tas de cadavres mutilés, une mer fumante, partout où l'on se tourne boue et cendres, c'est tout ce qui reste de la petite ville prospère perchée comme une hirondelle sur la pente rocheuse du volcan. Depuis quelque temps, on avait entendu le géant en colère gronder et s'emporter contre la présomption humaine, contre la suffisance aveugle des nains à deux jambes. Au grand cœur dans sa colère même, un véritable géant, il avait prévenu les créatures insouciantes qui rampaient à ses pieds. Il fumait, répandant des nuages ardents ; dans son sein il y avait un bouillonnement et un fourmillement, des explosions semblables à des coups de fusils et au tonnerre du canon. Mais les seigneurs de la terre, ceux qui ordonnent à la destinée humaine, ont maintenu la foi inébranlable en leur propre sagesse.
Le septième jour du mois, une commission expédiée par le gouvernement a annoncé à la population inquiète de Saint-Pierre que tout était en règle dans le ciel comme sur la terre. Tout est en règle, aucune cause d'alarme ! Comme ils l'avaient dit, intoxiqués par les danses de salon, à la veille du serment du Jeu de paume à l'époque de Louis XVI, alors qu'une lave ardente s'accumulait avant l'éruption du volcan révolutionnaire. Tout est en ordre, la paix et la tranquillité règnent partout ! Comme ils le disaient il y a 50 ans à Vienne et à Berlin à la veille de l'éruption de mars. Mais, le vieux titan souffrant de la Martinique n'a prêté aucune attention aux rapports de l'honorable commission ; après que la population ait été rassurée le septième jour par le gouverneur, il fit éruption au cours des premières heures du huitième jour et il a enterré, en quelques minutes, le gouverneur, la commission, la population, les maisons, les rues et les bateaux sous les exhalaisons ardentes de son cœur indigné.
Le travail a été radical. Quarante mille vies humaines fauchées, une poignée de réfugiés sauvés, le vieux géant peut gronder et bouillonner en paix, il a manifesté sa puissance, il s'est affreusement vengé de cet affront à sa puissance primale. Et maintenant, dans les ruines de la ville détruite, un nouvel arrivant s'invite en Martinique, un invité encore inconnu, jamais rencontré auparavant : l'être humain. Ni maître, ni serf, ni noir, ni blanc, ni riche, ni pauvre, ni propriétaire de plantation ou esclave salarié, l'être humain survient sur l'île brisée et minuscule, l'être humain qui ressent seulement la douleur et constate seulement le désastre, qui cherche seulement à aider et secourir. La vieille montagne Pelée a réalisé un miracle ! Oubliés les jours de Fachoda, oublié le conflit de Cuba, oubliée "la Revanche" ; les Français et les Anglais, le Tsar et le Sénat de Washington, l'Allemagne et la Hollande donnent de l'argent, envoient des télégrammes, tendent une main secourable. La confrérie des peuples contre la haine brûlante de la nature, une résurrection de l'humanisme sur les ruines de la culture humaine s'est manifestée. Le prix du retour à l'humanité fut élevé, mais le tonnerre de la montagne Pelée a capté leur attention.
 
(suite dans le prochain numéro de Combat Ouvrier)

Guadeloupe : Combat Ouvrier se joint à l’appel à la mobilisation des syndicats et du LKP pour le 10 mai

Combat Ouvrier appelle les travailleurs, les chômeurs et tous les exploités à se joindre cette mobilisation !
Concernant  la grève du 10 mai, nous appelons les travailleurs à discuter dans les entreprises et à se décider eux-mêmes de se mettre en grève ou pas après en avoir débattu entre eux en assemblée générale ou par des discussions. Les assemblées générales et les discussions permettront un riche échange entre tous, tout en sachant que ce sont toujours ceux qui se battent qui ont quand même raison.
Car les raisons de se mettre en lutte ne manquent pas et notamment : 
     - Soutien aux grèves en cours pour exiger l’application de l’accord Bino !
     - Pour l’application de l’accord Bino partout !
     - Protestation contre la vie chère !
      - Augmentation du Smic à 1700 euros nets !
      - Augmentation de 300€ pour tous les salaires !
      - Échelle mobile des salaires, c’est à dire augmentation des salaires à chaque fois que les prix augmentent !
- Interdiction des licenciements !
- Contre le chômage : mesures d’urgence avec la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire !
- Paiement de la canne des planteurs, broyée ou pas, à la richesse du départ de la campagne par les capitalistes de Gardel !
TOUS AU
Meeting des syndicats et du LKP MERCREDI  9  mai  À 19H devant la mutualité à Pointe-à-Pitre !
TOUS AU RASSEMBLEMENT JEUDI  10 mai, À 16H  devant la mutualité à Pointe-à-Pitre !

 
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Syrie : Des observateurs qui n’arrêtent en rien les massacres

La guerre de Bachar El Assad, le président-dictateur, contre la population syrienne, a déjà fait plus de 11000 morts et des milliers de disparus. Pour faire semblant d’intervenir les puissances occidentales envoient des  missions d’observations, comme si ce qui se passe en Syrie n’est pas clair !                                                                       Outre le massacre de civils qui dure depuis un an, les conditions de vie des habitants se dégradent de jour en jour ; les prix ont explosé, le marché noir est en pleine expansion. La rareté des denrées, la pénurie d’essence, les coupures d’électricité et des moyens de communication sont leur lot quotidien. Un habitant de Damas témoigne : «Quand il y a une coupure de courant soudaine, cela signifie souvent qu’une intervention des forces armées va avoir lieu». Les Syriens vivent dans l’insécurité, la peur des kidnappings. Toutes les villes sont quadrillées par l’armée, des barrages routiers sont érigés presque partout par les forces de répression.                                  Lors de la première mission des observateurs, après deux jours de visite, le chef de la mission d’observation de la Ligue Arabe avait déclaré qu’il n’y avait en Syrie «…rien d’effrayant » et que la «… situation était  rassurante ». Ces déclarations n’avaient cependant rien d’étonnant : le chef de la mission est un général soudanais qui s’est lui-même illustré par ses crimes de guerre au Darfour et la Ligue Arabe est un «club» de dictateurs habitués à laisser le voisin écraser son peuple en toute tranquillité. Et Bachar El Assad ne s’en est pas privé !                                                                               Malgré le plan de paix présenté par l’émissaire de l’ONU Kofi Annan, malgré les promesses de cessez-le-feu, la répression continue de plus belle. Les villages sont attaqués à l’arme lourde et par hélicoptère, des milliers de réfugiés fuient vers la Turquie pour échapper aux violences.                                                                              Depuis peu, une deuxième mission d’observateurs de l’ONU vient de débarquer sans qu’il y ait pour autant le moindre signe de diminution de la répression. Le dictateur Bachar connait la complaisance des observateurs ou la soi-disant neutralité de leurs mandants quand il s’agit de massacrer des révoltés !                                                           Mais malgré l’important déploiement des forces de répression, la population continue à manifester chaque vendredi dans tout le pays et il est à espérer qu’elle finira par faire tomber la clique dirigeante de Bachar El Assad.                                                                      
 

 
                                                                              

États-Unis : Obama intensifie la guerre au Yémen
Nous publions ci-dessous un article de Lutte Ouvrière du 4 mai 2012

Obama a accordé début avril à la CIA et aux militaires américains une plus grande latitude dans l'utilisation des drones pour frapper les membres supposés d'Al-Qaïda au Yémen. Jusqu'à présent, les drones ne pouvaient viser que de hauts responsables nommément identifiés d'Al-Qaïda. Désormais les cibles n'ont plus besoin d'être des responsables identifiés : il suffit que la CIA ou les militaires américains soient convaincus que ce sont des personnes qui se livrent à des activités terroristes ou antiaméricaines.                                                                                                                        Il faut donc s'attendre à une multiplication des assassinats par des drones et à une multiplication des bavures dont les populations civiles sont victimes.                                          Ce n'est pas cela qui tarira le recrutement d'Al-Qaïda, bien au contraire. D'ailleurs l'organisation s'est renforcée après que l'un de ses chefs, Anwar al-Alex, a été tué ainsi en septembre dernier. Selon le Wall Street Journal, certains au Yémen considèrent que les frappes des drones constituent « un puissant outil de recrutement pour Al-Qaïda et ses alliés ».                                                                                                                                  Obama fait ainsi la guerre sans exposer directement les soldats américains. Il a intensifié les opérations au-dessus du Pakistan et les a étendues au Yémen. Sous prétexte de mener la guerre au terrorisme, il sème la mort parmi les populations civiles mais en même temps il sème la haine et le désir de vengeance aux quatre coins du monde.                                                                                                                               Obama est tout autant va-t-en guerre que l'était Bush, au service comme lui de l'impérialisme américain.