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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1068 du 10 mai 2012/Troisième page

Troisième page

Guadeloupe : Victoire des grévistes de WSG Le Câble

Après 44 jours de grève, les salariés du Câble ont repris le travail. Ils ont obtenu la totalité de leurs revendications, à savoir :                                                                          - l’annulation de 3 licenciements,                                                                                        - la pérennisation de tous les emplois,                                                                             - et l’amélioration des conditions de travail.                                                     Il aura fallu de longues heures de négociation et le refus des salariés d’accepter le licenciement de certains d’entre eux pour en arriver là. Plusieurs évènements avaient conduit les salariés à penser que la direction cherchait à licencier tout le personnel. D’une part, avant la grève, les circonstances de l’incendie et de la fermeture de la boutique commerciale étaient suspectes. Aucune raison valable n’expliquait pourquoi tous les magasins alentour avaient rouvert leurs portes et que seul WSG Le Câble prétendait ne pas être en mesure de le faire. Ce sont les 4 employées de cette boutique que la directrice avait décidé de licencier.      D’autre part, pendant le mouvement, la directrice Mme Simon avait décidé de transférer le service comptabilité en Martinique. Le déménagement de documents administratifs s’est effectué en catimini pendant les premières semaines du conflit. Pour les grévistes, l’entreprise décidait de mettre la clé sous le paillasson après avoir grassement profité des subventions de la défiscalisation. C’est sur cette base qu’ils ont argumenté le refus de tout licenciement. Face à l’entêtement et au mépris de la directrice qui refusait toute négociation, les grévistes ont demandé la médiation de l’inspection du travail. Quelques jours après ils ont durci la grève en occupant le cœur névralgique de l’entreprise, au Lamentin.                                                                                                                       Avant de discuter de tout autre point, les salariés ont démontré à l’Inspecteur du travail que les licenciements n’avaient d’économique que le nom et ont réclamé des documents comptables sur la situation financière de l’entreprise. WSG Le Câble, appartenant à un des actionnaires de Numéricable, leader sur son marché, n’est pas en difficulté. La directrice avançait des chiffres complètement bidons pour tenter de faire croire au déficit du Câble en Guadeloupe.                          L’entêtement des grévistes a obligé l’Inspecteur du travail à rechercher les preuves tangibles que l’entreprise avait perçu des subventions de l’État et des Collectivités locales. Il a ainsi pu établir que ces aides étaient versées en contrepartie du maintien de l’effectif de l’entreprise et de l’embauche de 4 personnels supplémentaires. Les actionnaires ont désavoué la directrice et sont venus négocier eux-mêmes la fin de la grève. Au vu des éléments en la possession des grévistes il était impossible de faire croire que les revendications étaient illégitimes. Bien au contraire ! Les actionnaires qui chaque jour que durait la grève perdaient des clients et de l’argent ont accordé tout ce que demandait le personnel. Les jours de grève ont été intégralement payés et virés sur les comptes des salariés grévistes le jour-même de la signature de reprise du travail. Une victoire dont se souviendront encore longtemps tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à ce succès !

 

 

Martinique : Les suppressions de postes de plus en plus contestées

Depuis la rentrée, après les congés de Pâques, divers mouvements ont eu lieu dans plusieurs établissements scolaires pour contester les suppressions de postes envisagées pour cette année. Ce sont au bas mot 204 postes budgétaires qui devraient disparaitre à la prochaine rentrée de septembre 2012.
Ainsi, les personnels du lycée du Lorrain ont arrêté les cours du jeudi 19 au lundi 23 avril 2012. Dans cet établissement qui accueille près de 900 élèves cette année, ce sont 15 postes qui doivent être rendus au ministère. Au cours d’une assemblée générale qui s’est tenue à la suite d’une réunion avec le chef d’établissement, la suspension de la grève a été votée et les cours ont repris le mardi 24.
Au LP Fanon à Trinité, le jeudi 19 avril, les enseignants ont arrêté les cours et le vendredi ils ont été rejoints par ceux du lycée général. Dans ces deux établissements qui font partie de la cité scolaire Fanon, ce sont 11 postes qui doivent disparaitre.
Réaction identique des enseignants du lycée de Sainte-Marie qui ont arrêté le travail  le jeudi 19 pour marquer leur opposition avec les dispositions rectorales pour la rentrée.
Du côté des chefs d’établissement également, la pilule a du mal à passer. En effet, lors d’une réunion avec le recteur et ses proches collaborateurs le 30 mars, ils ont fait savoir à ces derniers que les efforts supplémentaires qu’on leur demandait n’étaient pas possibles.
Bien que non sollicité, le recteur a déclaré à l’ensemble des syndicats appelant à manifester qu’il était disposé à les recevoir mais qu’il ne faisait qu’appliquer les décisions du gouvernement.
C’est cette situation qui a conduit l’ensemble des syndicats de l’Éducation ainsi qu’une association de parents d’élèves à appeler à une journée de grève le vendredi 27 avril 2012. Après des assemblées générales dans les établissements scolaires, les personnels se sont retrouvés à la Maison des Syndicats pour un défilé dans les rues de Fort de France qui a rassemblé 400 manifestants.
À l’issue de cette manifestation, l’ensemble des syndicats a décidé de maintenir la pression et d’appeler tous les personnels à un 1 mai offensif.


 

Guadeloupe : Le personnel du CROUS se mobilise contre une situation intenable

Les employés du centre régional des œuvres universitaires, le CROUS, ont dû se mettre en grève et s’imposer au Conseil d’administration qui se tenait le 2 mai. Depuis des années un chef terrorisait le personnel et parfois les étudiants, en toute impunité. Ces derniers temps des incidents se sont multipliés, mettant en danger la santé des employés. La direction en France, informée, souhaitait une solution qui ne venait pas. Avec leur syndicat, la CGTG, les employés ont déclenché la grève.                                                                                                     Dans un tract, les grévistes ont présenté leurs revendications : d’abord le départ immédiat du chef en question ; que soit garantie «la santé physique et mentale des agents» ; le remplacement des agents en congé de maladie ; la réalisation d’un audit comptable (demandé depuis 10 ans !) ; l’arrêt de toute « pwofitasyon » des chefs de service ; un badge pour tous les personnels, y compris les chefs. Il y avait aussi des revendications en faveur des étudiants qui souffrent d’un mauvais accueil au CROUS et de retards inexplicables dans le traitement de leurs dossiers de bourse. Avec le groupe Rebelle, des étudiants étaient venus soutenir les grévistes. Egalement quelques personnels de l’université témoins de l’état de souffrance de leurs collègues au CROUS étaient présents. Enfin, les agents du CROUS à Kourou et en Martinique ont manifesté leur solidarité par la grève.                                                                                           Devant le conseil d’administration, les représentants du rectorat de Guadeloupe, et le recteur de Martinique, la nouvelle directrice a signé la suspension conservatoire du chef. C’est un grand soulagement pour le personnel. Restent les autres points de revendications.                                                                                         Les agents ont eu raison de se mobiliser et ils restent vigilants.


 
                                                                                  

Martinique : Mobilisation des contractuels hospitaliers pour l’emploi

Le 24 avril dernier près de 500 contractuels se sont mobilisés de 10h à 12h au CHU de la Meynard, à la cité hospitalière de Mangot Vulcin-Lamentin, au CH de Trinité, mais aussi au CH du Marin, du Carbet, de Colson ou à la maison de retraite du Robert. Ils ont quitté leur service et se sont regroupés à l’entrée de leurs établissements. Ils étaient accompagnés de certains titulaires. Ils avaient le soutien des syndicats de la Santé.
Au CHU de Fort de France, après avoir fait plusieurs prises de parole, ils se sont invités à une réunion des directeurs préfigurateurs du CHU de la Martinique. Ces derniers sont nommés pour préparer la fusion du CHU de Fort de France, du CH du Lamentin, et de celui de Trinité. Dans un premier temps, ils ont demandé que tous les directeurs se présentent. Puis ils leur ont fait connaître leurs exigences. Ils ont affirmé qu’ils voulaient la titularisation de tous les contractuels et notamment l’application concrète des dispositifs réglementaires prévus pour la résorption des emplois précaires dans la fonction publique.
Bien sûr, cela n’a pas empêché Riam, le directeur préfigurateur, de confirmer sur les ondes que sa feuille de route pour les trois années à venir était de diminuer la masse salariale en supprimant 1141 postes. Même si selon lui, il ne s’agirait pas de licenciements. Mais selon ce directeur, la diminution de postes serait le résultat de « non remplacement des départs à la retraite, de reconversion des personnels vers des fonctions soignantes, ou mobilité des services en surnombre vers les autres ou vers d’autres établissements. » Une façon hypocrite et malhonnête d’essayer de faire passer la pilule. La suppression de 1141 postes ne pourra évidemment qu’aggraver la dégradation des conditions de travail pour les agents. Mais elle aggravera aussi la mauvaise qualité des soins pour la population.
En fait, les agents hospitaliers entendent cette même chanson depuis la mise en chantier de la fusion des hôpitaux par l’ARS avec comme objectif avoué d’améliorer la situation budgétaire des hôpitaux. Alors, les agents ont raison de continuer à s’organiser et se mobiliser. Ils se battent pour qu’aucun d’entre eux, titulaire, contractuel, ne soit écarté de ces fameux plans de reconversion. Ils se battent aussi pour les contractuels permanents, pour tous les autres qui sont appelés pour assurer des remplacements lors des congés ou des jours de récupérations.

 

SUCRERIE EN LUTTE (Gardel)

L’ACCORD BINO N’EST PAS UNE PRIME
La direction ne veut pas que les 200€ soient intégrés dans le salaire de base.  Elle voudrait les transformer en prime. L’intérêt pour les ouvriers est qu’ils soient versés au salaire de base permettant ainsi d’augmenter les indices et par là-même la valeur des heures supplémentaires et de la retraite.
 
LÉ PATWON VLÉ KASÉ AKÒ BINO
La proposition des patrons de la filière de donner 125€ est une manœuvre qui amènerait  à modifier l’accord Bino. Il serait alors cassé et invalide. Si cette manœuvre réussit à Gardel, les patrons pourrait l’étendre aux autres entreprises. Ce coup ne passera pas.
 
LA DIRECTION N’AIME PAS LE CONTRÔLE                                                                                                         Le mardi 24 avril dernier tout le personnel était présent aux côtés des syndicats UGTG-CGTG pour négocier avec la direction. Pour que tous puissent suivre les discussions, la table de négociation avait été mise dans la cour devant les bureaux de la direction. La direction n’aime pas le contrôle, elle est partie. Mais les ouvriers sont toujours là et ne lâchent pas le terrain.
 
LES GENDARMES À LA RESCOUSSE
Le mardi 24, la direction a laissé la table de négociation  appelant au secours les gendarmes pour protéger sa fuite. Ils pensaient créer un incident ou même une provocation, mais les ouvriers ne sont pas tombés dans ce piège.



 
 

L’ÉCHO DE L’AÉROPORT

 
 
AIR ANTILLES EXPRESS (AAE) : NOUS VOULONS DES CDI POUR DES GENS QUI TRAVAILLENT       Nous sommes vraiment trop « juste » en personnel. Il faudrait davantage d’agents. Au contraire nous voyons qu’une collègue qui faisait des CDD lors des hautes saisons n’est pas rappelée. Elle était pourtant compétente et efficace. Nous avons besoin de gens comme elle.                                                                                                                                                      À Air Antilles Express comme ailleurs, il faut arrêter avec cette politique mesquine de CDD jetables.
 
A.A.E. : SUPPRESSION D’UN MAIGRE AVANTAGE…                                                                                          Nous avions droit à un bon pour panier-repas le dimanche. Cette « grande largesse » nous est refusée aujourd’hui. Nous venons travailler du matin au soir le dimanche et, avant, nous devons préparer notre casse-croûte pour déjeuner sur le pouce.