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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1068 du 10 mai 2012/Première page

Première page


Sarkozy est battu mais pas les Edito:exploiteurs capitalistes, les banquiers, les financiers.

L’électorat populaire, dans sa majorité, voulait se débarrasser de Sarkozy. Il peut donc se réjouir d’avoir contribué à sa chute.
Et particulièrement en Guadeloupe où Hollande a remporté près de 72% des voix, et en Martinique plus de 68% Mais il semble que beaucoup dans l’électorat populaire l’ait fait sans illusions.
En réalité beaucoup ont voté contre Sarkozy et pour Lurel, Carabin, Chalus, Jalton, Letchimy, Manscour, Antiste, plus que pour Hollande.
Cela dit, même dans 99% des communes de droite, Hollande a eu la majorité. Car il est vrai que le courant général allait dans ce sens et que beaucoup aussi se font des illusions sur le fait que la gauche pourra changer les choses. 
Alors, on peut s’attendre à ce que Lurel ait peut être un poste ministériel pour le remercier du fait que le vote Hollande en Guadeloupe ait été le plus important de   « France » et peut être aussi un « éléphant » martiniquais. Mais ça nous ferait une belle jambe  d’avoir un nouveau ministre antillais ! Ça, on connait déjà, mais ça ne sera pas mieux avec un ministre antillais de gauche !
Lurel était déjà à Paris le week-end  des résultats pour aller « à la soupe » comme tous les politiciens carriéristes du parti socialiste. Tous font des courbettes au   « prince » en espérant avoir un poste important.
Les élus antillais du PS vont « monter » dans les honneurs et la promotion politique. Ce sont eux qui auront des retombées positives pour leur carrière personnelle. Et cela même directement en liaison avec le monde capitaliste. On a entendu un représentant de Guadeloupe du MEDEF, le principal syndicat des patrons, à la télévision au soir des résultats déclarer qu’il pouvait très bien s’entendre avec Hollande. Il a rappelé que Laurence Parisot, présidente du syndicat des patrons, préférait même Hollande à Sarkozy. La gauche n’est pas plus ennemie du patronat et des riches que la droite. Ses représentants, ministres ou pas, Antillais ou pas, ne changeront rien pour les travailleurs, les pauvres, les chômeurs.
Sarkozy, le président des riches a été contraint de partir mais le nouveau président n’est pas pour autant le président des pauvres.
Sarkozy parti, il reste les maîtres de l’économie et de la société : le grand patronat, les banquiers, les grands groupes industriels et financiers, qui ont fait la pluie et le beau temps sous la présidence de Sarkozy. Comme ils l’ont fait sous celle de ses prédécesseurs, et comme ils continueront à le faire sous celle de son successeur.
C’est à cette puissance-là que les travailleurs auront à s’opposer s’ils veulent défendre leurs conditions d’existence contre les licenciements, le chômage et l’abaissement de leur niveau de vie. L’élection de Hollande à la présidence de la république ne permettra pas aux travailleurs d’économiser une seule lutte. En occupant la présidence de la république, après avoir obtenu la majorité au Sénat et avant une probable majorité à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste aura tous les pouvoirs institutionnels. Mais les travailleurs ont toutes les raisons de ne pas lui faire la moindre confiance et ils n’accepteront pas que continuent l’aggravation du chômage, l’augmentation du coût de la vie et la dégradation de leurs conditions d’existence.
Combat Ouvrier pour sa part, sera présent dans les élections législatives à venir afin que l’opposition politique au pouvoir socialiste ne vienne pas seulement de la droite, mais de femmes et d’hommes qui sont du côté des intérêts des travailleurs, des chômeurs, des pauvres. Et ils n’accepteront pas que ces intérêts soient sacrifiés au profit du grand patronat, des banquiers et des financiers. Oui, nous serons présents dans cette campagne pour dire surtout aux travailleurs de préparer les luttes à venir !  
 
   

Guadeloupe : À l’usine Gardel les ouvriers tiennent bon.

Les ouvriers de Gardel se sont mis en grève depuis mardi 17 avril suite au refus de la direction de faire avancer les NAO et de prendre en compte l’accord Bino sur les 200 euros, obtenus grâce à la grève générale de 2009.
Malgré les pressions multiples venant de toutes parts, en raison du blocage de la récolte, ils demeurent combatifs. Ils méritent le soutien de tous les travailleurs.

Martinique : Notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud relaxée : une victoire de la mobilisation !

Le 3 mai, G. Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGTM et membre de la direction de Combat Ouvrier,  a été relaxée  par la cour d’appel de Fort de France suite à son assignation en justice pour "incitation à la haine raciale" par l’association «respect dom» sur plainte de M. Jean-François Hayot.
Notre camarade avait été condamnée en première instance pour avoir porté sur le livre d'or d'ATV un des slogans repris par des dizaines de milliers de manifestants pendant la grève de 2009 : « Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo ! On bann betché volè pwofitè nou ké fouté yo déwo, konba ta la fok nou kontinyé » (La Martinique est à nous, elle n’est pas à eux, une bande de békés, voleurs, profiteurs, on les mettra dehors, ce combat-là nous devons le continuer).
La relaxe en appel de notre camarade signifie que la dénonciation des exploiteurs, békés ou autres, ne saurait être considérée comme un délit.
Le lobby béké et autres possédants qui a voulu par là se venger de la grande grève générale de 2009, qui a voulu punir la liberté d’expression d’une dirigeante de cette  grève générale en a été pour ses frais.
Mais cette victoire est surtout :
- Celle des travailleurs mobilisés autour de Ghislaine Joachim-Arnaud,                        - - Celle de ses camarades de travail,
- Celle de ses camarades de la CTGM, principaux animateurs du comité de soutien.
Elle est aussi :
- Celle de tous les autres travailleurs, des militants des organisations du K5F, Collectif du 5 février (regroupement des syndicats dirigeants de la grève générale) en Martinique, et de son organisation politique Combat Ouvrier.
- Elle est une victoire aussi pour les organisations syndicales et politiques de Guadeloupe et de France, de gauche, d’extrême gauche, du mouvement ouvrier : la CGT française, la CGT guadeloupéenne, l’UGTG, le LKP, le Parti Communiste français, le NPA, Lutte ouvrière (nous ne pouvons les citer toutes car très nombreuses).
Elle est  aussi :
- Celle des associations antillaises de l’émigration en France comme Armada,
- Celle de militants syndicaux des hôpitaux et d’autres secteurs en France,
- Celle de tous ceux qui ont signé les pétitions de soutien.
Tous ceux-là ont dénoncé ce procès inique et ont exprimé leur solidarité, renforçant par là-même la mobilisation générale.                                                                                  Enfin, cette victoire est celle des avocats de la défense : maîtres Constant, Eloidin, Démocrite, Dufresne-Castets qui par leur défense juridique et aussi militante contre l’injustice ont fortement contribué à cette relaxe en appel.
Dans cette affaire on constate encore une fois que seule la mobilisation et la ténacité sont payantes.
Cela dit, ce combat contre la répression judiciaire n’est rien en comparaison de ce qui attend les travailleurs et les exploités demain.
Pour cette raison, Combat Ouvrier tout en se félicitant de cette victoire souhaite que l'ensemble des travailleurs fasse de nouveau entendre ces chants et slogans, dans les entreprises et dans la rue, plus forts et plus massivement encore !
Dans la période qui vient, contre les profiteurs-voleurs qui vont vouloir nous faire payer leur crise, le monde du travail n'aura pas d'autre choix que la lutte !