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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1067 du 21 avril 2012/Deuxième page

Deuxième page

Martinique: Épandage Aérien : Le scandale continue…et les travailleurs paieront de leur santé

Le mardi 3 avril, en Martinique, s’est tenue la dernière réunion de la commission «épandage aérien». Un rapport devra être remis au président de Région, pour être par la suite rendu public.
Cette commission mise en place au mois de décembre dernier par le Conseil Régional et composée de : l’agence régionale de santé, de représentants de l’État, d’associations, de professionnels et de chercheurs avait pour mission de «faire le point sur le traitement aérien des bananeraies et d’envisager des solutions pour en sortir le plus rapidement possible». C’est l’objectif que c’était donné les autorités politiques, notamment le Conseil Régional.
Il faut se rappeler que sous le chantage et les pressions des lobbies békés, les Politiques et le Préfet s’étaient «couchés» devant eux. Le représentant de l’État avait même accordé une dérogation pour que soit poursuivi le traitement des bananeraies par l’épandage aérien jusqu’au 30 juin 2012. Et ce malgré l’intervention alertant des dangers sur la santé publique de deux associations du corps médical : Association Santé Environnement Martinique et l’Union régionale des Professionnels de Santé et Médecins de Martinique.
Pendant ce temps, ceux qui sont exposés à ce produit dangereux et parfois «arrosés» de produit par les hélicoptères sur les exploitations agricoles, ce sont bien les ouvriers agricoles et la population habitant à proximité.
Les résultats de ladite commission seront donc connus plus tard, mais pour l’instant l’épandage continue avec l’empoisonnement qu’il occasionne dans son sillage. Et comme l’a écrit un représentant des ouvriers agricoles sur le site de la CGTM : «Comment ne pas voir qu’à travers ces discussions  les dés sont pipés et qu’en fait, il ne s’agit nullement de protéger qui que ce soit, mais bien de faire par anticipation de sombres calculs pour aboutir à indemniser les grands propriétaires terriens qui n’hésiteront pas une seconde à empocher sans vergogne l’argent public».                                                                                           
En Guadeloupe aussi, les planteurs ont obtenu une dérogation pour continuer l’épandage de «leur poison» jusqu’au 30 juin 2012. Mais pour faire semblant de prendre des précautions contre les dangers de certains composants du produit, on fait mine d’exiger que certaines conditions soient respectées, comme par exemple : « …réaliser le balisage du chantier… ;  porter à la connaissance du public la réalisation d’un épandage 48 heures à l’avance… ; respecter une distance minimum par rapport aux habitations et aux rivières…etc. » Comme si toutes ces précautions seront prises par les planteurs avant tout épandage. C’est vraiment se moquer du monde.                                                                       Il reste aux travailleurs, à la population concernée, et à tous ceux dont la santé est menacée par ces poisons, à manifester leur colère pour qu’on respecte leur santé, leur vie. 

Guadeloupe : Pointe-à-Pitre : la crèche de Chemin Neuf en grève pour les salaires

Depuis le 29 février, les salariées ont cessé le travail, avec le soutien du syndicat UTAS-UGTG. Elles ont pris cette décision lorsqu’on leur a annoncé que les salaires de février ne seraient pas versés, alors que pour le mois de janvier elles n’avaient reçu qu’un chèque de 750€.
En deux mois, la situation a peu évolué. Les salariées soupçonnent que la crèche sera mise en liquidation, car tous les parents ont déjà trouvé une autre solution de garde. Les salaires de janvier et février ont finalement été payés, mais rien pour mars et avril. Les difficultés financières s’accumulent pour les employées, qui sont souvent des mères de famille.
La crèche de Chemin Neuf est co-gérée par la mairie de Pointe-à-Pitre et la Caisse d’Allocations Familiales. Depuis 2010, les subventions municipales ne sont plus versées, et ce sont les employées qui en font les frais, avec des problèmes de salaire à répétition. De plus, la crèche serait très endettée auprès de l’URSSAF.
La plupart des salariées voudraient « passer à autre chose » et changer de travail. Mais il faudrait qu’une décision soit prise. La mairie de Pointe-à-Pitre ne les reçoit pas. Pas plus que le président du conseil d’administration, habitué à gérer les choses comme un petit dictateur. Pour le rencontrer elles ont dû envahir le rectorat, où il travaille, et il leur alors remis … sa lettre de démission !
Face à l’indifférence de tous les soi-disant responsables les grévistes tiennent bon, malgré les pressions. Elles ont prévu d’organiser une foire culinaire de solidarité le 5 mai, sur la place de la mairie de Pointe-à-Pitre.
 

                      

Guadeloupe : Le maire de Goyave parviendra-t-il à ses fins ?

En tout cas il fait tout pour réussir le coup qu’il tente de porter aux 40% de vie chère dont bénéficient les agents titulaires de la mairie de Goyave.    
C’est ainsi que le vendredi 13 avril dernier, après 4 mois de grève des employés municipaux,  prenant prétexte de la nécessité de voter le budget de la commune, il a fait appel aux forces de la gendarmerie. Plusieurs dizaines de gendarmes, en tenue « ninja » sont intervenus tôt le matin pour permettre à des employés d’une société de nettoyage d’intervenir autour de la mairie. Et le lendemain, la mairie toujours encerclée par les gendarmes, des conseillers municipaux en compagnie de Ferdy Louisy ont pu y pénétrer  pour tenir un conseil municipal qui a duré toute la journée. Et depuis, il y a en permanence des gendarmes et des agents d’une société de sécurité privée en faction autour et devant la mairie.   
Rappelons que les employés municipaux sont en grève surtout contre un arrêté scélérat qui a été voté par le conseil municipal et qui supprime les 40% des agents en arrêt maladie. Le prétexte avancé par Louisy est l’abus, selon lui, des arrêts maladies par certains agents. Si cela est vrai, pourquoi ne pas prendre des mesures pour sanctionner ceux qui «abusent» au lieu de «punir» tous les employés municipaux ? C’est le principe de la sanction collective qui pose problème.    
En fait, quand on sait que depuis déjà plusieurs années, les pouvoirs publics cherchent un moyen de s’en prendre aux 40% de vie chère de toute la fonction publique, il est sûr que les autres maires, le gouvernement et tous les hommes politiques au service des capitalistes suivent avec intérêt le déroulement de ce conflit et espèrent, sans le dire ouvertement, que Louisy arrive à imposer sa mesure scélérate. La preuve ? Cette semaine encore, une délégation sénatoriale, en visite en Martinique pour discuter des moyens de lutter contre la vie chère, n’a rien trouvé d’autre comme cause de cette vie chère que… les 40% dont bénéficient les fonctionnaires. 
Bien sûr, pour le moment les 40% ne sont supprimés pour les employés municipaux de Goyave que pendant les arrêts maladie. Mais si la mesure s’applique définitivement, ce sera à coup sûr une brèche sérieuse contre les 40% de vie chère. Et alors tous les agents de la fonction publique, nationale, territoriale et hospitalière seront demain dans le collimateur de tous ceux qui veulent attaquer cet acquis.

 

 

Martinique : Délégation sénatoriale : Vers un plan contre la vie chère ou plan de rigueur déguisé ?

Une  délégation sénatoriale en consultation sur la vie chère était en Martinique. Son rapporteur était  un certain Doligé, membre de l’UMP (Union pour la majorité présidentielle), parti de Sarkozy. Pour  lui, la question de la vie chère reste «un thème d’actualité tristement permanent». Il faut, dit-il, passer des  «mesures de colmatage» prises pour «faire tomber la fièvre»,… (disons plutôt grâce aux mobilisations de 2009), à des «solutions pérennes» et une «approche globale».
Mais c’était pour aussitôt mettre dans la liste des mesures à prendre «revoir les sur-rémunérations des fonctionnaires».
Voilà une idée qui n’est pas nouvelle et qui pourrait bien intéresser ceux qui voudraient faire des économies budgétaires en prenant dans les poches des dits fonctionnaires. Il n’est pas étonnant qu’elle sorte de la bouche d’un homme du parti de Sarkozy. Mais elle pourrait aussi être reprise par ceux de la Gauche de Hollande qui se montrent tout autant préoccupés à élaborer, demain, des plans de rigueur pour satisfaire les appétits des marchés financiers.
Les salariés de la fonction publique voient leurs salaires bloqués depuis plusieurs années. Ils sont touchés par une plus grande précarité avec un grand nombre de salariés contractuels. Mais malgré tout, ils restent dans le collimateur des faiseurs de plans de rigueur maquillés en «plan contre la vie chère».
 
 

Martinique : Dans l’éducation, la pilule des suppressions de postes passe de plus en plus mal.

Dans de nombreux établissements scolaires, les personnels enseignants commencent à manifester de plus en plus fermement leur ras le bol des suppressions massives de postes.  
Le prétexte principal avancé par le Recteur et ses proches est la baisse des effectifs. Mais en réalité, ce sont des économies que l’État entend faire pour combler les déficits engendrés par les cadeaux faits sous forme de subventions ou d’exonérations à ceux qui sont riches déjà à milliards.
Une des conséquences de ces suppressions massives de postes en Martinique est que de nombreux collègues vont se retrouver affectés en France. Et cette perspective risque d’entraîner des mobilisations que le rectorat ne souhaite pas gérer. D’ailleurs, le Recteur l’avait clairement exprimé en novembre 2011 en cherchant la collaboration des syndicats. Et pour tenter de bloquer tout refus, on a appris le lundi 16 mars qu’il demandait aux collègues affectés contre leur gré en France de signer un document dans lequel il écrit qu’ils savaient qu’il s’agissait d’un concours national et qu’ils se devaient d’accepter tout poste.
Différents syndicats, dont le SMPE-CGTM, mettent en place la riposte et des préavis de grève de 24 heures reconductibles ont été adressés aux pouvoirs publics. Le vendredi 20 avril 2012, une rencontre entre syndicats et associations de parents d’élèves a eu lieu pour organiser cette riposte.

Martinique : Des soignantes du Centre hospitalier Colson seules face à leurs juges.

Le jeudi 5 avril on apprenait par le quotidien France Antilles qu’un procès était fait à deux soignantes de Colson suite au décès d’un de leurs patients. Le drame s’est déroulé le 9 avril 2009 alors qu’une infirmière et une aide-soignante ont du intervenir pour maitriser un patient très agité placé en chambre d’isolement.
Les deux soignantes devaient répondre du chef d’accusation d’homicide involontaire devant le Tribunal Correctionnel de Fort de France.
Et là, on apprend que les expertises médicales « semblent accablantes pour les deux prévenues », pourtant toutes deux « des professionnelles expérimentées, ayant 20 et 15 années d’expérience en psychiatrie. Elles auraient fait des erreurs dans la manière de (le) contenir le patient » aurait déclaré le Substitut du Procureur qui a requis 30 mois de prison avec sursis à l’encontre des deux soignantes.
Mais dans ce compte rendu d’audience, il y a un silence lourd sur les conditions de travail dans le service où s’est déroulé un tel drame. Combien de soignants présents, la nuit, par rapport au nombre de patients et en fonction de leur état de santé ? De quel matériel en état de bonne marche disposent les soignants la nuit pour déclencher une alerte et obtenir de l’aide avant de pouvoir se dégager lors d’une agression ? Quelle formation réelle reçoivent les soignants sur les procédures d’intervention en chambre d’isolement si tant est qu’elles existent ?
Face à ces réalités, les soignantes semblent avoir été bien seules devant leurs juges ! Comme elles l’ont été le soir du drame où, dans une succession de gestes inappropriés peut-être, leur patient est décédé, mais où elles aussi risquaient peut-être leur vie comme cela avait été le cas quelques années plus tôt pour leur collègue Doly Beneto.
On n’a surtout pas vu à leurs côtés, la Direction ou l’ARS friande de plans ou de projets (tel le SROS4 qui suscite la réaction des organisations syndicales du CH Colson) bien ficelés sur le papier, sur les graphiques mis sur Internet, mais sans les moyens humains et financiers nécessaires. Comme le dit le proverbe «les conseilleurs ne sont pas les payeurs».