Site

Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1066 du 7 avril 2012/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Succès de la fête de Combat Ouvrier !

Prés de 400 personnes ont participé à la fête de Combat Ouvrier, dimanche 1 avril au Pako, dans une ambiance fraternelle.
Danielle Diakok, Jean-Marie Nomertin, Nice Cotellon-Cambronne firent de  courtes allocutions. Ils représentaient respectivement, Combat Ouvrier, la CGTG et SOS-Basse-Terre-Environnement. Chacune de ces organisations ont tenu un stand. Les jeunes regroupés autour du journal « Rebelle ! » ont aussi tenu un stand très apprécié.
Le premier forum, sur l’importance du vote en faveur de Nathalie Arthaud, fut tenu par Jean-Marie Nomertin. Le deuxième fut une conférence de M. Christian Saad, maître de conférences, sur la crise économique. Ces deux thèmes suscitèrent des discussions animées. Après animation musicale et artistique, après le «bal titane», la fête fut clôturée en musique et en danse. Combat Ouvrier remercie tous ceux qui ont contribué par leur aide à faire de cette fête un succès populaire.


Il y a cinquante ans, les accords d’Évian mettaient fin à huit ans de guerre en Algérie.

Le 18 mars 1962, dans la ville d’Évian, des représentants du Front de Libération Nationale algérien (FLN), membres aussi du GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne) signaient des accords  avec le gouvernement français sur l’indépendance de l’Algérie. Lors du référendum du 1 juillet qui s’ensuivit en Algérie, 99,7% des votants algériens disaient oui à l’indépendance.  
Les causes de l’insurrection
C’est en novembre 1954 que les militants nationalistes algériens  avaient déclenché  par des actions terroristes l’insurrection algérienne contre le colonialisme français.
Puis, la répression  de l’armée française, les exactions, la torture à grande échelle, les bombardements de villages au napalm, le déplacement de centaines de milliers d’algériens des campagnes dans des camps de regroupement misérables, tout cela fit petit à petit basculer la population dans le camp de l’indépendance et du FLN (Front de libération nationale).
Mais le FLN n’hésita pas à utiliser aussi la terreur sur son propre peuple pour le contraindre à suivre sa politique, y compris en massacrant des civils pour l’exemple.
Cependant,  ce qui avait poussé des milliers de combattants algériens dans les rangs du FLN et de l’ALN (Armée de libération  nationale), ce qui poussait aussi une partie de la population à soutenir l’insurrection remontaient à bien plus loin. La conquête militaire de l’Algérie par la France au 19ème siècle, l’exploitation et la misère des travailleurs qui suaient sur les exploitations des gros possédants pieds noirs (français d’Algérie), les discriminations, le racisme, tout cela était ressenti douloureusement et depuis fort longtemps par un nombre important d’Algériens. Le massacre de Sétif  et Guelma par l’armée française à partir du 8 mai 1945 avait soulevé rancœur, mécontentement et révolte et a constitué un tournant décisif pour certains vers le nationalisme radical.
Tout comme en Indochine et pour les mêmes raisons, la durée de vie du pouvoir colonial français était forcément comptée.
La crise politique en France
La guerre d’Algérie  entraîna une véritable crise politique en France. En 1954 c’est la gauche qui est au gouvernement avec le parti socialiste. Elle décide l’intervention militaire en Algérie. En 1956 les communistes votèrent les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet, ce qui entraîna une répression accrue en Algérie.  
Mitterrand, plusieurs fois ministre pendant cette période, refusa de gracier les militants nationalistes algériens condamnés à mort, ainsi que le militant communiste Yveton. C’est à cette époque aussi qu’il déclara que  « la seule solution c’est la guerre ». En 1958 le retour de la droite avec  De Gaulle  se fit dans un contexte où cette guerre devenait impopulaire et où les forces d’extrême droite soutenaient la fraction de l’armée qui  tenta un coup d’état en Algérie. Après l’échec du putsch militaire, se créa l’OAS  (organisation de l’armée secrète) qui organisa  attentats et meurtres en Algérie comme en France pour défendre « l’Algérie française ».
 
La lutte pour le pouvoir entre combattants algériens
Pendant ce temps et pendant  les pourparlers d’Evian entre le FLN et le gouvernement français, des dissensions et une quasi guerre civile se firent jour au sein du FLN. Les factions militaires aux frontières algéro-tunisienne et algéro-marocaine dirigées par Ben Bella et Boumediene  menèrent une lutte armée interne pour le pouvoir. Elles s’opposèrent à une fraction des dirigeants et combattants de l’intérieur qui avait déclenché la lutte armée. La lutte pour le pouvoir fut sanglante entre les deux camps. Finalement c’est  Ben Bella qui prit la direction politique de l’Algérie indépendante, et Boumediene celle de l’armée algérienne. En 1965, ce dernier renversa Ben Bella.
Victoire sur le colonialisme mais pas sur l’exploitation capitaliste
Certes, les nationalistes algériens et le peuple algérien ont vaincu le colonialisme français. Mais l’indépendance n’a pas tout réglé, loin de là, ni sur le plan économique ni sur le plan politique. C’est la bourgeoisie algérienne qui  possède  les entreprises. Certains  secteurs sont contrôlés par la bourgeoisie  française. La population vit dans la pauvreté et ses forces vives sont frappées par le chômage. Les dirigeants nationalistes du FLN qui se sont succédés au pouvoir ont imposé le parti unique  ou presque. La corruption gangrène les couches dirigeantes. La classe ouvrière d’Algérie demeure exploitée et misérable. L’État brime la liberté d’expression. Les syndicats sont baillonnés, les mouvements de protestation sont violemment réprimés.
Alors si la guerre d’indépendance a permis au peuple algérien de s’émanciper
d’une atroce tutelle coloniale, sa complète émancipation, celle qui le libèrera de l’exploitation capitaliste et de multiples formes d’oppression qu’il engendre, reste encore à conquérir.
 

États-Unis : meurtre raciste

 
Le 26 février, dans une banlieue de la ville d’Orlando en Floride, un jeune noir de 17 ans, Trayvon Martin rentrait chez lui à Sanford en Floride quand il a été abattu par un homme qui faisait des rondes dans son quartier résidentiel. Le tireur, d’origine mexicaine, qui n’a pas été arrêté a déclaré qu’il trouvait que «quelque chose clochait avec le jeune».
La communauté noire considère que c’est un acte raciste. Des manifestations de protestation ont rassemblé des milliers de personnes dans différentes villes des États-Unis et se sont poursuivies durant tout le mois de mars. Une pétition réclamant justice a déjà recueilli 2 millions de signatures.
Face à cette vague de  protestation Barak Obama est intervenu et a déclaré que s’il avait un fils, il ressemblerait à Trayvon.
Ce crime et les manifestations qu’il a provoquées sont la conséquence d’un malaise encore profond. Les Noirs sont les premiers touchés par le chômage et la misère. Le racisme n’a pas disparu et dans plusieurs États il n’est pas condamné par la Justice. Ceux qui manifestent pour Trayvon dénoncent une Justice qui est prompte à condamner des Noirs qui tuent des Blancs et qui laisse en liberté les Blancs qui tuent les Noirs.
Pour lutter contre le racisme les Noirs américains n’ont pas à compter sur Barak Obama même si ce dernier a fait la promesse de suivre cette affaire. Seule leur lutte et le soutien des couches les plus pauvres et de l’ensemble des travailleurs américains pourront faire arrêter et condamner l’assassin.

Sénégal : Macky Sall remplace A.Wade, mais rien ne changera pour les travailleurs

Macky Sall a été élu le 25 mars dernier, président de la République du Sénégal au deuxième tour de scrutin avec 65,80% des voix. Il a battu son ancien mentor, le président sortant, Abdoulaye Wade qui n’a obtenu que 34,20% des voix. Ce dernier s’est présenté à cette élection en faisant voter une loi l’autorisant à briguer un troisième mandat alors que l’ancienne loi limitait le nombre de mandats à deux maximum. 
La situation des classes laborieuses est désastreuse : la plupart des salaires sont compris entre 50 000 à 60 000 francs CFA (75 à 90€) et avec un salaire mensuel minimum officiel de 47700 frs CFA (71,55€). Le chômage frappe la majorité de la population. Le prix d’un sac de riz de 50 kg est passé de 18 000 à 25 000 frs CFA alors que les salaires ne bougent pas. La caste politique elle, vit dans l’opulence.
C’est tout cela qui a soulevé les mécontentements chez les travailleurs et les jeunes qui ont manifesté leur colère et réclamé le départ de Abdoulaye Wade. Avec des grèves notamment dans les hôpitaux, pour des augmentations de salaires.
 S’agissant de Macky Sall, qui fut pendant une vingtaine d’années au côté de Wade, cet ingénieur et géophysicien de 50 ans était membre du parti PDS de Wade et a dirigé plusieurs ministères de son gouvernement ; il fut notamment premier ministre. M. Sall a rompu avec Wade en 2008 et a créé sa propre organisation «l’Alliance pour la République» car ce dernier prévoyait son remplacement à la tête de l’État par son fils Karim.     
Les travailleurs et toutes les classes pauvres du Sénégal ne doivent rien attendre d’un tel homme. La politique qu’il mènera ne sera en rien différente de celle qu’a menée son ancien mentor, l’ex-président A. Wade. Car, ce ne sont pas des désaccords politiques qui les séparent. D’ailleurs le dimanche 1 avril dernier, la veille de son investiture, M. Sall a reçu longuement Alain Juppé, premier ministre de Sarkozy, qui a déclaré qu’il y était venu afin de renforcer les liens avec Dakar. C’est surtout pour vérifier le degré de docilité du nouveau président du Sénégal et obtenir des garanties quant aux intérêts des grandes entreprises françaises qui pillent le Sénégal.
Il est à espérer que les travailleurs et tous les pauvres du Sénégal finissent par trouver le chemin pour mettre fin au pillage et à la misère qui sévissent dans ce pays comme dans tout le reste du continent africain.