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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1066 du 7 avril 2012/Troisième page

Troisième page

L’ÉCHO DE L’AÉROPORT

AIR CARAÏBES : LA DIRECTION VEUT–ELLE NOUS FAIRE PAYER SA DETTE ?                                               
La direction vient d’annoncer publiquement un déficit de 5,6 millions d’euros. Elle accuse les hausses du prix du pétrole.                                                                                                     
Est-ce pour cela qu’elle veut nous imposer de travailler un jour gratuitement?                             
Les patrons devront cesser d’arnaquer les travailleurs. Quand les affaires vont bien, ils ne nous font pas de cadeaux.
 
BRINK’S : SOMMES NOUS TROP NOMBREUX ?                                                                                                  
Un salarié licencié, un autre sur le point de changer d’orientation après sa formation.                   
La Brink’s dit qu’elle n’a pas l’intention d’embaucher d’autres salariés. D’un côté, elle prétend ne pas être payée par la CCI pour l’ensemble de l’effectif. De l’autre, elle déclare faire des bénéfices et se moque « d’autres patrons » qui n’en font pas.                                    
En gros, il est profitable à la Brink’s de faire appel à des CDD et ainsi de maintenir des salariés en situation précaire au lieu d’embaucher et de promotionner des personnels qualifiés.
 
AVIATION CIVILE : HALTE À LA SUPPRESSION DES POSTES !                                                                            
Les postes d’ouvriers sont systématiquement non remplacés en cas de départ à la retraite. En quelques années, on est passé d’une dizaine à 4 aux Moyens Généraux. Cela devient impossible pour ceux qui restent de rendre le service demandé.                                                      C’est pourquoi, lors de la grève du 27, la CGTG et la CFDT ont demandé l’ouverture du poste de climaticien et le remplacement de l’ouvrier d’entretien parti en 2011.


 

 

Guadeloupe : Deux jours de grève dans l’ensemble des bureaux de Poste

Les agents de La Poste ont observé deux jours de grève les 28 et 29 mars derniers à l’appel de tous les syndicats de l’entreprise : CGTG, CFTC, CFDT, FO et SUD PTT Gwa. Cette mobilisation bien suivie le 1 jour a pour objectif de dénoncer les problèmes du manque d’effectifs rencontrés par les agents.
La Poste, depuis qu’elle a récupéré le marché des plis publicitaires (voir CO N°1065) a alourdi la charge de travail et sa pénibilité (le poids des courriers augmente ainsi que leur nombre) mais n’entend pas recruter du personnel supplémentaire. Pire le nouveau directeur a tout simplement voulu se débarrasser du vivier de contractuels qui existaient (environ 84). Il n’a voulu en conserver que 27 qui ont été tout simplement transférés à la société d’intérim Manpower.
 Les syndicats majoritaires (CGTG et Sud) ont toujours exprimé leur opposition au recours systématique à l’intérim. Ils estiment qu’il doit être exceptionnel et qu’il faut privilégier le recrutement de contractuels et leur permettre d’être titularisés à La Poste. La grève a permis de remettre ce problème sur le tapis, car les syndicats réclament la reprise des 84 contractuels à La Poste. Mais la direction, elle, n’a accepté finalement que 30 agents, c'est-à-dire les 27 qui devaient être transférés à Manpower plus 3 autres qui seront tous recrutés par La Poste. Affaire donc à suivre.
Le problème de l’insuffisance des effectifs se pose dans tous les bureaux de La Poste. Ceux de Sainte-Rose/Deshaies ont fait grève auparavant ainsi que les 28 et 29 mars  pour réclamer des moyens humains pour effectuer le travail correctement.
 En fait, La Poste qui est en train d’être privatisée cherche à se rendre le plus attractive possible pour les éventuels repreneurs, et pour que «la mariée» soit la plus belle possible, on supprime des emplois, on aggrave les conditions de travail pour que le profit soit maximum. Et bien évidemment ce sont les agents qui font les frais de cette politique.  
Lorsqu’ils se mobilisent, la direction lâche quelques moyens supplémentaires mais qui restent toujours insuffisants. Un point important a été obtenu, c’est la règle du 50/50, à savoir que le recrutement se fera 50 % par tableau de mutation et 50 % par recrutement externe car il faut tenir compte du contexte de chômage important qui existe en Guadeloupe. Jusque-là  la direction privilégiait uniquement les mutations internes et les jeunes en Guadeloupe n’avaient aucune chance d’être recrutés.
Dans l’accord signé la direction a proposé de faire une pause sur le projet Facteur d’Avenir jusqu’au 1 septembre 2012 et envisage de véritables négociations sur ce projet avec les organisations syndicales qui contestent ce projet.
Bien sûr tous les problèmes  ne sont pas réglés et une commission de suivi se mettra en place. La première réunion est prévue au mois d’avril pour mettre les choses à plat.
 Le travail a repris le 30 mars. Les agents ont exprimé un ras-le-bol mais restent vigilants car ils devront vérifier l’application effective des engagements de la direction et savent que tout n’est pas réglé.

 

L’ÉCHO DE JARRY

EDF : nouvelle centrale : pas vraiment un progrès !
Sous prétexte de moteurs plus performants et plus écologiques, la direction prévoit de diminuer fortement le nombre de salariés. Une fois l’ancienne centrale fermée, ce sont 60 emplois qui seront supprimés, sur les 150 qui existent actuellement.
 
EDF : licenciements sans douleur ?
Pour ne pas déclencher de protestations, ces licenciements seront probablement « maquillés ». Un départ en retraite non remplacé par-ci, un intérimaire non rappelé par-là, et le tour est joué ! Pendant ce temps-là, combien de jeunes ne trouvent pas de travail ? Mais sur cette question, personne n’endosse la responsabilité.
 
Socréma : élève Despointes peut mieux faire !
Dernièrement aux négociations annuelles obligatoires (NAO) les ouvriers ont obtenu 2% d’augmentation de salaire. C’est mieux qu’avant, sauf que 2% c’est peu face aux prix des produits qui augmentent sans cesse. Donc c’est l’échelle mobile des salaires qu’il faut exiger. 
 

 
                                                                                  

Martinique : Fin de la grève des employés de stations-service

La grève des employés de stations-service qui avait redémarré le vendredi 16 mars 2012 a cessé le jeudi 29 mars 2012 après 14 jours de lutte et de mobilisation. Si l’on rajoute les quatre jours de grève effectués en février, ce sont 18 jours de lutte intense au total que les employés de stations-service ont livré pour tenter d’arracher une grille de salaires qui leur offrirait un salaire plus intéressant.
La grève a pris fin suite à un accord signé entre la Chambre Syndicale des Gérants de Stations-service de la Martinique (CSGSSM) et le syndicat UGTM Stations-service. La CGTM Produits Pétroliers, estimant que les dernières propositions faites par les représentants des gérants adhérents étaient inacceptables, avait décidé de mettre un terme à sa participation dans le cadre de la médiation mise en place pour régler le conflit opposant les salariés aux gérants de stations-service sur la grille des salaires.
Rappelons que les gérants, qui ne versent à leurs salariés qu’un salaire qui est quasiment toujours le SMIC, n’appliquent pas la convention collective nationale alors qu’elle est applicable en Martinique depuis sa date d’extension, c’est-à-dire le 23 juillet 1990. Depuis le 8 septembre 2009, ces messieurs encaissent une augmentation de marge qui leur a rapporté plus de 10 millions d’euros pour, entre autres, permettre la «sortie du SMIC» des employés de stations-service en appliquant la convention nationale. Ce qu’ils n’ont jamais fait à ce jour. Pire, ils osent dire qu’ils ne doivent rien. Et surtout, ils bénéficient depuis le 21 juin 2008, d’une sorte de bonus, l’Accord Interprofessionnel Pétrolier (AIP) qui leur a rapporté à ce jour plus de 8 millions d’euros. Cette taxe a été instituée dans le plus grand secret au seul profit des gérants, avec l’accord de la préfecture qui a fixé son taux. Car ces messieurs, non contents de s’enrichir de façon éhontée tout au long de leur activité, rançonnent de plus l’ensemble des automobilistes afin de financer leur «retraite». Cette taxe s’applique sur toutes les qualités de carburants (sauf fuel lourd) vendues en Martinique. Et ne parlons même pas des autres avantages en nature que leur fournissent les stations qu’ils exploitent, au vu et au su de tous leurs employés (essence, produits alimentaires, etc.).  
C’est parce qu’elle a considéré que la part offerte aux salariés n’était pas acceptable que le CGTM PP a refusé de cautionner l’accord signé qui ne laissait que des miettes aux employés.
Durant 4 jours en février et 14 jours en mars, soit 18 jours au total, les employés de stations-service ont tenu tête à tous ces rapaces et à leurs soutiens : préfet, juges, élus indifférents à leurs revendications, et autres réactionnaires. Ils ont ainsi montré leur détermination et leur capacité à contester le sort que certains veulent leur imposer. Et, n’en doutons pas, il y aura d’autres «rendez-vous» avec les gérants !
Tirer le bilan des mobilisations de février et mars 2012, et jeter de nouvelles bases pour l’avenir, tels vont être leurs nouveaux objectifs pour préparer dès maintenant ces rendez-vous futurs.

Martinique : Hôpitaux : Une mobilisation large et réussie

 
Le 27 mars, la mobilisation des agents hospitaliers de tous les hôpitaux a été largement suivie. Ce jour-là, de 13 à 14h, les agents étaient appelés par les syndicats de la santé : la CGTM, la CDMT, FO et l’UGTM, et le SMH (syndicat des médecins), à se regrouper devant leurs établissements pour manifester leur inquiétude voire leur colère face aux dégradations de la situation dans les hôpitaux. Il s’agissait aussi pour eux de sensibiliser la population sur la dégradation des soins. De forts rassemblements ont donc eu lieu au CHU de Fort de France, à l’hôpital Mangot Vulcin du Lamentin, ou à Trinité, mais aussi au CH Colson, au St Esprit, ou à St Pierre. Plus de 1300 d’entre eux se sont ainsi retrouvés. Certains  agents ont porté des témoignages sur le manque de moyens qui les empêche de travailler, sur le retard pris pour la titularisation, etc. Les responsables syndicaux sont également intervenus insistant sur la nécessité de renforcer la lutte pour obtenir des moyens supplémentaires.