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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1066 du 7 avril 2012/Deuxième page

Deuxième page

Guadeloupe : Les salariés de la Centrale Géothermique de Bouillante en grève pour leur statut.

La  majorité des salariés de la Centrale est en grève depuis le 16 février dernier à l’appel de la Fédération CGTG de l’Énergie. La principale revendication est l’application du statut national des IEG (Industries Électriques et Gazières). Rappelons que les salariés de CTM et de Diesel Export ont dû faire grève à plusieurs reprises  pour l’obtenir.
Cette centrale qui produit 12MW est totalement stoppée car 95% du personnel est en grève.
La Centrale Géothermique de Bouillante (GB) est une filiale du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et d’EDF. Jusque là les salariés n’étaient pas directement sous contrat avec la Centrale, ce qui s’est fait récemment. C’est d’ailleurs lors de tous ces changements qu’ils ont constaté qu’ils auraient dû bénéficier du statut car la Centrale Géothermique de Bouillante est productrice d’électricité et ce qui explique que le conflit n’éclate que maintenant. De fait ils auraient dû bénéficier totalement du statut des IEG et des avantages financiers que cela entraîne car ils deviennent salariés effectifs de GB. C’est lors de tous ces changements que les salariés se sont rapprochés du syndicat majoritaire dans l’énergie, à savoir la CGTG, pour revendiquer l’obtention totale du statut. Les employés des industries électriques et gazières sont régis par un statut particulier qui s’impose à toute entreprise du secteur.
Les revendications des salariés sont :
-      La pleine et entière reconnaissance de l’ancienneté dans la branche des IEG,
-      L’application intégrale des dispositions nationales du statut des  industries électriques et gazières.
Après 44 jours de grève, 7 rencontres ont eu lieu avec la direction dont 2 sous l’égide de l’Inspection du travail de Basse-Terre. La direction refuse d’appliquer les textes du statut et déclare même «que ce ne sont pas des textes qui vont lui dicter l’organisation dans son entreprise et qu’il est même prêt à payer des amendes s’il le faut».
Dans un souci de conciliation les salariés étaient même prêts à ne réclamer qu’un an d’ancienneté, mais devant l’attitude méprisante de la direction ils ont retiré cette proposition et réclament désormais la totalité de leur ancienneté. Ils restent déterminés et estiment que la durée de la grève étant du fait de l’employeur ce dernier devra payer les jours de grève.
                                                   

Martinique : Le congrès de la CGTM

Le 13  congrès de la CGTM s’est déroulé les 23 et 24 mars. Il était placé sous le signe de la lutte contre la crise de l'économie capitaliste et de la préparation de la contre-offensive du monde du travail. Il a été l'occasion de débats intéressants sur la situation sociale, sur la crise financière, sur les conflits en cours. Plus de 200 délégués représentant près de 7000 syndiqués y ont participé.
La CGTM-Santé, une des principales forces de la confédération, continue la lutte pour que s'exprime, dans l'unité la plus large, le refus du personnel et de l'ensemble de la population, de cette dégradation générale dans le secteur de la Santé.
Concernant le procès inique fait à notre camarade G. Joachim-Arnaud le 15 décembre dernier, une résolution a été approuvée dans laquelle il est dit que «Les congressistes réunis à Rivière Pilote dénoncent énergiquement cette magouille orchestrée par les possédants de Martinique pour affaiblir notre organisation…Le 13 Congrès de la CGTM rejette l’accusation d’incitation à la haine raciale fait à G.J.A pour avoir exprimé comme l’ensemble des participants à la Mobilisation de Février-Mars 2009 «Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo, an bann pwofitè volé, nous kay fouté yo déwo». De nombreuses autres résolutions ont été votées par les délégués sur le renforcement de la CGTM, sur la solidarité lors des conflits, le maintien de l’emploi face aux restructurations ou fusions, par exemple.
Le congrès s'est conclu par l'élection du nouveau bureau de la CGTM et la réélection de sa secrétaire générale Ghislaine Joachim-Arnaud.


                      

Le 27 mars a été une première riposte nécessaire des travailleurs

La journée de grève générale et de manifestation organisée par tous les syndicats et LKP a été un succès, surtout du point de vue de la manifestation. En effet, elle a rassemblé environ 4000 manifestants, en grande majorité des travailleurs des entreprises, mais aussi des enseignants, des jeunes, des étudiants et  lycéens. Les manifestants ont lancé entre autres des slogans contre la vie chère et la pwofitasyon, pour l’application de l’accord Bino. Le grand nombre de manifestants et le dynamisme du défile ont réconforté tous ceux qui y ont participé. Un court meeting final a été tenu par Elie Domota, Jean Marie Nomertin et Max Évariste.
Quant à la grève  elle-même, si elle n’a pas été « générale », elle a quand même mobilisé une fraction des travailleurs des entreprises. Une fraction minoritaire, certes, mais bien déterminée. Des travailleurs municipaux, de France Télécom, de Gaddarkhan (Jarry), de l’aviation civile, du CHU, de la santé, certains des entreprises de l’aéroport, des banques et assurances, des travailleurs et enseignants de l’éducation nationale, les employés des crèches, ceux de pôle emploi, les travailleurs du Sictom de Grand Camp, de l’hôtellerie.  Les travailleurs déjà en grève comme ceux du Câble, de la géothermie de Bouillante, de la municipalité de Goyave se sont sentis soutenus et encouragés, comme d’autres en lutte.
Mais, même si dans beaucoup d’entreprises les travailleurs n’ont pas fait grève, ils ont été  néanmoins solidaires du mouvement. Demain, ils renforceront le lot des grévistes qui ont pris les devants cette fois-ci. Oui, les grévistes du 27 mars ont préparé le terrain pour de plus grandes luttes demain. Et ces luttes il faut les préparer. Il faudrait donc que dans chaque entreprise aient lieu des assemblées générales ou alors des petites réunions entre travailleurs pour faire le bilan de cette grève du 27 et pour envisager l’avenir proche. Il faut échanger entre grévistes et non grévistes du 27 mars. Il faut aussi discuter des revendications à mettre en avant dans chaque entreprise. Mais il est impératif, vu la crise qui va aggraver considérablement les conditions de vie et de travail, de mettre en avant des revendications encore plus adéquates à la situation : contre le chômage, interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, politique de grands travaux utiles à la population pour embaucher des dizaines de milliers de chômeurs. Contre la vie chère : échelle mobile des salaires, des pensions et des retraites, c'est-à-dire augmentation des salaires et des pensions à chaque fois que les prix augmentent. La grève et la manifestation du 27 sont déjà un premier pas pour aller plus loin et mieux !
 

 

 

Martinique : Procès en appel de Ghislaine Joachim-Arnaud : Le racisme c'est l'idéologie des maîtres !

C'est quelque trois cent personnes qui se sont regroupées, jeudi 29 mars, dans et aux abords de la cour d'Appel de Fort-de-France, au morne Tartenson. Elles ont manifesté leur soutien à notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud, qui a fait appel de sa condamnation en 1ère instance à 3.000 euros d'amende et 1€ de dommages et intérêts, sur plainte de l'association Collectif DOM. La plainte avait été déposée à l’issue d’une émission de télévision sur ATV, parce que Ghislaine Joachim-Arnaud avait marqué sur le livre d’or : « Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo, an bann béké volè, pwofitè nou ké fouté yo déwô », slogan repris par des dizaines de milliers de manifestants lors de la grève générale de 2009. (La Martinique est à nous, elle n’est pas à eux ; une bande de békés voleurs, profiteurs, on les mettra dehors).
Cette audience d'appel a été une nouvelle occasion de souligner le caractère politique, de classe, de ce procès, le fait qu'il oppose deux camps : celui des travailleurs à celui de tous les gros possédants, notamment békés (descendants des vieilles familles esclavagistes).
Après les interventions de l'avocate de la partie civile et du procureur, tous deux pour dire que l'usage même du mot «béké» vaut «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », Ghislaine Joachim-Arnaud a fait une déclaration. En voici quelques phrases-clés :
«Un certain M.Hayot a choisi de tenter d’inverser les rôles en m’accusant d’inciter à la haine raciale.
Alors, qu’importent ses accusations et sa volonté de se faire passer pour victime !
On sait que depuis bien longtemps les seules victimes de l’arrogance, de l’oppression et du racisme de certains gros propriétaires, gros patrons et planteurs issus du milieu béké, ce sont les travailleurs, la couche majoritaire de la population, issue d’une histoire que personne ne peut changer. Cette histoire qui a perpétué des rapports de maître à esclave en rapport de patrons à salariés, tels que nous les vivons aujourd’hui...
Ce n’est pas à moi, ni à quiconque de la population laborieuse qui se bat pour mieux vivre, pour être mieux traité par ces patrons, à démontrer notre non-racisme...».
Le représentant de la CGT-France, témoin de moralité, confirma l'hostilité de tout le mouvement syndical, partout et toujours, à toute manifestation de racisme. D'autres témoins, militants de la CGTM, réaffirmèrent que le sens de «béké», en créole, s'élargissait depuis toujours pour désigner le «patron» (travay bétché : travail du patron – quelle que soit la couleur de celui-ci, voire même l’administration). L'un d'eux, tirant de l'évangile de Luc l'image de Jésus chassant les marchands du temple : «...vous avez fait de ma maison une caverne de voleurs», souligna que personne n'y voit un appel à la haine.
Jean-Marie Nomertin secrétaire général de la CGTG et militant de Combat Ouvrier en Guadeloupe fit une forte déclaration à la barre : ouvrier agricole de la banane il donna quelques exemples de l’exploitation éhontée et du mépris des patrons békés dans les plantations de banane. Les applaudissements retentirent alors dans la salle d’audience. Une délégation du LKP avec Elie Domota avait aussi fait le déplacement de Guadeloupe, ainsi que Combat Ouvrier Guadeloupe avec Max Céleste
Les quatre avocats, dans leurs plaidoiries, insistèrent notamment sur la forte dose d'ignorance, volontaire ou non, qu'il y a à vouloir juger un slogan, sans se soucier le moins du monde inique dans lequel il est apparu et de son histoire.
Le jugement est mis en délibéré jusqu'au 3 mai. Mais pour tous les participants au rassemblement la condamnation de la société d'exploitation, et de la justice qui est là pour la défendre est bien effective.
A la sortie du tribunal les «Matinik sé pa ta yo... » redoublèrent, et on entonna «l'Internationale».

 
 

Guadeloupe : WSG Le Câble : La grève se poursuit.

Les salariés du Câble continuent leur grève débutée le 13 mars contre le licenciement de 4 d’entre eux. La direction a refusé de revenir sur ces licenciements qu’elle prétend économiques sans aucune justification.
Les salariés sont convaincus qu’il y a magouille de leur direction. Pendant la grève celle-ci a déménagé des documents comptables et administratifs et décidé de transférer le service comptable en Martinique. Elle ferme la boutique après avoir encaissé toutes sortes de subventions de l’État et des collectivités !
Les grévistes sont persuadés que les actionnaires ont déjà pris la décision de licencier l’ensemble du personnel. C’est pourquoi ils ont décidé d’exiger le prix fort pour partir, si cette volonté de fermer l’entreprise pour ne garder que le réseau se confirmait.