Site

Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1065 du 24 mars 2012/Quatrième page

Quatrième page

Guadeloupe : Mobilisations contre les suppressions de postes dans l’Éducation

Depuis le 8 mars, plusieurs mouvements de colère ont eu lieu dans les établissements scolaires. Les parents d’élèves se sont mobilisés à Marie-Galante, à Gosier, à Trois-Rivières, à Sainte-Rose, à Capesterre-Belle-Eau, et à Basse-Terre. Ils ont déjà obtenu l’annulation de 4 fermetures de classe.
Certains enseignants ont fait grève le 12 mars, et un nouvel appel est lancé pour le 27 mars. Le personnel du lycée professionnel du Moule a débrayé une première fois le 13 et est toujours mobilisé à l’heure où nous écrivons.
Au total, à la rentrée prochaine, 174 postes seront supprimés en Guadeloupe : 134 postes d’enseignants du primaire, 35 postes d’enseignants du secondaire, et 5 postes d’administratifs. Pourtant, la situation est déjà critique, avec des résultats académiques qui placent la Guadeloupe en avant-dernière position.
Le rectorat esquive ses responsabilités, en affirmant que cette politique de suppressions de postes est générale. C’est vrai que c’est peut-être la seule promesse que Sarkozy a tenue : depuis son élection en 2007 le service public d’éducation a perdu 80 000 emplois.
Mais rien n’oblige les services académiques à mettre en œuvre cette politique avec autant de zèle. À lui seul, le lycée professionnel du Moule va perdre 15 enseignants. Le collège Abymes Bourg, pourtant classé comme prioritaire, va perdre 10% des heures de classe dont il disposait. Cela ressemble fort à un acharnement sur les élèves qui ont déjà le plus de difficultés !
Dans le primaire, la situation est encore plus délirante : les responsables du rectorat font carrément «disparaître» des enfants pour justifier les fermetures de classe. Alors que l’INSEE (organisme chargé des statistiques officielles) dit que l’Académie a perdu environ 300 élèves, le rectorat affirme qu’il y aura 1500 enfants en moins dans les écoles ! Où sont passés les 1200 élèves manquants ? Personne ne répond pour le moment.
Ce qui est certain, c’est qu’au-delà des querelles de chiffres c’est la qualité du service public d’éducation – déjà fragile – qui est menacée. Les parents et les enseignants mobilisés ont bien raison de le défendre.

La parole à Nathalie Arthaud notre candidate à l’élection présidentielle
(Extrait du meeting d’Argenteuil du 9 mars 2012)

……Alors les travailleurs n’ont, bien sûr, rien à attendre de Sarkozy et de ses coups de bluff. Mais ils n’ont rien non plus à attendre de Hollande !                   
Hollande ne veut rien imposer à la bourgeoisie, il ne veut pas la contraindre à quoi que ce soit. C’est le grand patronat qui gouverne réellement, qui impose ses diktats et Hollande ne veut le forcer à rien. Voilà pourquoi Hollande ne s’est pas engagé à augmenter les salaires.Que ce soit sur la promesse des contrats de génération, sur la création des emplois dans l’éducation, ou sur la retraite, Hollande s’en tient au strict minimum, tout en expliquant que ces maigres mesures sont, en plus, conditionnées à la croissance… et qu’il faudra payer la dette d’abord et avant tout. Alors si les travailleurs ont bien des raisons de vouloir se débarrasser de Sarkozy mais ils n’en ont aucune, vraiment aucune de faire confiance à Hollande.
Pour départager la gauche et la droite, il y a les discours sur la fiscalité ! Et en annonçant une tranche de 75% sur les revenus dépassant le million d’euros, on peut dire que Hollande a eu son petit effet !  Mais Hollande lui-même le dit : c’est une mesure symbolique. En réalité, pas plus sur ce terrain de la fiscalité que sur d’autre le parti socialiste ne fait preuve d’audace.Car il ne peut pas y avoir, ne serait-ce qu’un début de « justice fiscale », sans mettre fin à la TVA et à toutes les taxes indirectes qui l’accompagnent. La TVA est l’impôt qui rapporte la moitié des recettes de l’État mais c’est l’impôt le plus injuste qui est payé au même taux que l’on soit riche ou pauvre. Et qui pèse même, en proportion bien plus sur les pauvres qui consomment la totalité de leurs revenus. La TVA devrait être supprimée et sa suppression devrait être compensée par une imposition plus forte sur les revenus du capital, c’est-à-dire sur les revenus de l’exploitation.On nous présente comme une grande idée de gauche que les revenus du travail soient taxés au même niveau que les revenus du capital. Mais la justice serait que seuls les revenus de l’exploitation soient taxés, que l’on supprime l’impôt sur les salaires.Ce ne serait qu’un rendu pour un volé.
De cela il n’en est évidemment pas question pour Hollande !
Dans son discours du Bourget, Hollande s’en est pris à la finance. Mais une semaine plus tard on l’a vu avec un tout autre langage vis-à-vis des marchés financiers. Il a au contraire essayé de donner des gages aux financiers de la City en expliquant qu’ils n’avaient rien à craindre, car en France, il n’y avait plus de communistes ! Que cela plaise ou pas à ses partenaires du PC qui ne demandent qu’à gouverner avec lui s’il est élu n’est pas rentré en ligne de compte pour Hollande. Le problème de Hollande était d’expliquer clairement aux possédants que si les socialistes revenaient au pouvoir, ils ne gouverneraient pas à gauche et qu’ils seraient comme à leur habitude des gestionnaires loyaux et responsables ! Il a même tenu à souligner que la gauche au pouvoir avait su très bien privatiser et libéraliser la finance ! Eh bien nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été avertis ! Si futur gouvernement socialiste il y a, il fera ce que la finance imposera. Et nul doute que si la crise s’aggrave, que le gouvernement soit de droite ou de gauche, il imposera aux travailleurs les mêmes sacrifices imposés aux travailleurs grecs aujourd’hui, les amputations de salaire et de retraite, la démolition des services publics et le chômage forcé.On entend de tous les côtés qu’«il faut battre Sarkozy», que «cela ne peut pas être pire». Mais si, cela peut être pire, parce que la crise peut se poursuivre et s’aggraver et que ce soit Hollande ou Sarkozy les coups tomberont quel que soit l’élu. Et si les coups viennent de la gauche, cela ne les rendra pas meilleurs. Alors plutôt que de nous bercer d’illusions, préparons nous à nous défendre par nous-mêmes. Le 21 avril Combat Ouvrier appelle à voter communiste, à voter Nathalie  Arthaud aux Antilles comme en France !
 

LES SALAIRES DES GRANDS PATRONS EXPLOSENT

En 2011, les bénéfices des sociétés cotées en Bourse ont atteint 74 milliards d’euros, et la hausse des rémunérations de leurs patrons va être supérieure à celle de 2010 (qui était déjà de 34 % en moyenne !)
La part fixe des salaires des patrons du CAC 40 se monte à près d’un million d’euros par an, soit l’équivalent du salaire annuel de 1 000 travailleurs au smic. Si l’on ajoute les primes (1,3 million d’euros en moyenne par an) et les stocks options, on arrive à des salaires annuels de plusieurs millions d’euros pour certains PDG, tel celui de Sanofi, avec plus de 7 millions, soit une hausse de plus de 16 % ! La palme revient au PDG de la Société générale, qui a vu son salaire augmenter de 55 % en 2011 ! Et ils osent nous dire qu’il n’y aurait pas d’argent pour augmenter les salaires des travailleurs !