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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1064 du 10 mars 2012/Deuxième page

Deuxième page

Martinique : Déficit des hôpitaux : face à l’inertie des dirigeants pour régler les problèmes des hôpitaux, la mobilisation est à l’ordre du jour

Les dettes annoncées des trois hôpitaux de Fort de France, du Lamentin et de Trinité, s’élèvent à plus de 260 millions d’euros. La semaine dernière, les médecins du CHU de Fort de France étaient à nouveau mobilisés pour dénoncer le manque de sécurité et de qualité dans lesquelles ils exercent leurs activités. Lors de la réunion où ils remettaient leurs revendications au directeur, ils ont même quitté la salle suite au discours de ce dernier. Ils ont par ailleurs fait savoir à la direction, qu’ils ne reviendraient sur leurs démissions dans les instances telles la chefferie de pôle ou la présidence des commissions médicales d’établissement, qu’avec un calendrier engageant la direction sur leurs revendications tant du point de vue des effectifs que du matériel nécessaire et de sa maintenance .
De leurs côtés, et face au manque de réactions du directeur de l’Agence Régionale de Santé et du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, les personnels sont inquiets. Ils comprennent bien qu’il leur sera nécessaire de rentrer en lutte pour aller chercher ces moyens, et peut-être demain, leur salaire.                                                                       Dans un tract daté du 4 mars 2012, la CGTM-Santé fait le point sur cette situation désastreuse, sur l’irresponsabilité des dirigeants et sur la nécessité pour les personnels de se préparer à la lutte.
 
Extrait du tract de la CGTM Santé.
« … Nous sommes bien sûr en phase avec l’analyse du SMH. (Syndicat martiniquais des hospitaliers) sur la qualité et la sécurité des soins.
Nous, la CGTM-SANTÉ comme d’autres syndicats avons réagi, lutté et dénoncé cela  de nombreuses fois !!!
 
FACE À CETTE SITUATION GRAVE,  QUE FONT LE MINISTRE ET NOS DIRIGEANTS ?
Les réponses données par Xavier BERTRAND : 3 millions d’euros et le énième prêt de RIAM (le directeur du CHU de Fort de France) : 5 millions d’euros sont très largement insuffisants pour prendre en compte les graves problèmes qui se posent.
Le Directeur Général de l’ARS est toujours muet sur la cellule d’accompagnement pour traiter le volet social.
La liste nominative des effectifs par grade, par statut et par unité fonctionnelle : il refuse de la donner aux organisations syndicales de même que celle des retraités.
 
NOUS COLLÈGUES DE DIFFÉRENTS SERVICES,  DE DIFFÉRENTS MÉTIERS ET DE DIFFÉRENTS GRADES, nous avons tous intérêt à nous réunir et à voir réellement ensemble ce que sont nos exigences revendicatives en matière d’emploi, d’organisation, de contrôle de ce qui se fait et s’élabore.
Les dirigeants ont tendance à pointer du doigt le personnel qui est trop nombreux, selon eux !
Mais quand un directeur part à la retraite ou est muté, il est remplacé immédiatement. Et des fois par deux personnes !
Notre devoir en qualité de salarié d’un Hôpital Public est de mettre notre nez partout et d’avoir des exigences qui garantissent et préservent l’Hôpital Public dans la production de soins de qualité pour la population.
Cela ne peut se faire en supprimant des emplois, ce qu’ont déjà commencé nos dirigeants et qu’ils veulent poursuivre (d’où leur refus de nous donner les listes nominatives par grade, statut et unité fonctionnelle des actifs et des retraités de 2010, 2011 et  2012).
L’heure n’est plus aux tergiversations, l’heure est à la mobilisation de tous et de toutes pour exiger des moyens pour préserver nos emplois, nos salaires et des soins corrects.
Une réunion de responsables syndicaux s’est tenue vendredi 02 mars, une autre est programmée le 07 mars à 18H à laquelle sont conviés le SMH et l’AMUF. (Syndicat martiniquais des hospitaliers et Association des médecins urgentistes de France).
Il ressort de cette réunion qu’il faut se préparer à agir pour la 4 semaine de mars. … »
 

Académie de la Martinique : le Recteur s’en prend aux plus faibles !

Non content de supprimer des postes budgétaires par centaines pour faire des économies (règle du non remplacement d’un départ à la retraite sur deux), le rectorat de la Martinique poursuit sa sale besogne en s’attaquant aux non titulaires, qui sont déjà sous payés.
C’est ainsi qu’un contractuel titulaire d’un Contrat à Durée Indéterminée (CDI) puisque cela fait plus de 6 ans qu’il enseigne, s’est vu verser un salaire de … 600 euros en janvier 2012 et la même chose en février. Alors que les mois précédents, il avait eu une paie complète.
Selon le rectorat, comme il n’effectue que 6 heures, alors il ne sera dorénavant payé que pour le nombre d’heures réellement effectué. Donc il sera payé comme un vacataire.
Il s’agit d’une illustration parfaite du type de mesure que le gouvernement mettra en œuvre, de manière brutale, en imposant à ses salariés d’accepter des réductions de salaires au motif que l’activité baisse. Et en procédant ainsi, il suggère aux patrons du secteur privé de procéder de la même manière.
C’est ce type de mesure et de décisions qui frappe la population grecque ou espagnole et que les travailleurs, quel que soit leur statut,  ne doivent pas accepter.
                      

Pour que la grève et la manifestation du 27 mars soient un succès, il faut les préparer dans les entreprises !

Il arrive trop souvent que les grèves appelées par les centrales syndicales ne soient pas suivies d’effet dans bon nombre d’entreprises. Ce peut être la conséquence soit d’un manque de préparation, soit que les travailleurs aient décidé de ne pas y participer.   Bien sûr ce sont les travailleurs eux-mêmes dans les entreprises qui doivent  décider de leur participation ou pas. Mais la plupart du temps, il n’y a ni consultation des travailleurs par les délégués syndicaux de l’entreprise, ni assemblée générale dans ces mêmes entreprises. Souvent, les délégués vont à la manifestation centrale sur leurs heures de délégation sans avoir parlé aux travailleurs ou avoir cherché à les réunir. Or, le rôle des délégués devrait être justement de rassembler les travailleurs de l’entreprise et d’ouvrir la discussion sur la nécessité de la grève.                                       Normalement, c’est en AG et démocratiquement que les travailleurs devraient dans chaque entreprise voter la grève ou pas, décider ou pas de faire la grève en minorité ou pas. Mais tout cela se discute, s’évalue plusieurs jours, voire plusieurs semaines avant la grève.                                                                                                                      Pour qu’une grève générale ou une journée d’action soit couronnée de succès il est indispensable que dans chaque entreprise s’ouvrent des discussions ou une ou plusieurs assemblées générales pour en discuter entre tous. C’est la première des conditions. Ensuite, il est nécessaire que les plus combatifs parmi les travailleurs cherchent à convaincre leurs camarades que la grève, la lutte sont indispensables pour faire  faire triompher les revendications. Il faut que non seulement les confédérations  impulsent le mouvement mais aussi les plus combatifs des travailleurs de l’entreprise. En l’occurrence, la grève générale et la manifestation de rue prévues le 27 mars en Guadeloupe sont importantes et adéquates pour lutter contre la vie chère, les bas salaires, et le respect de l’accord Bino. Bien sûr ce n’est pas une journée de grève ou deux qui changeront vraiment les choses en faveur des travailleurs. Mais mieux cette grève sera préparée à l’avance, plus nombreux seront les travailleurs prêts à y participer plus les chances de succès pour aujourd’hui et pour demain seront grandes. Si déjà le 27 les travailleurs parviennent à faire une véritable démonstration de force face au patronat et à leur État, ils seront en meilleure posture pour obtenir satisfaction de leurs revendications.
 

 

Goyave : Le maire F. Louisy fait appel à ses « complices »

Après avoir fait semblant de vouloir donner satisfaction aux grévistes sur la question du maintien des 40% de vie chère lors des congés de maladie, F. Louisy  dévoile sa véritable intention qui est peut-être aussi celle de nombre de maires du département.                                                                                                 Rappelons que lors des négociations qui avaient eu lieu le lundi 20 février, il avait proposé de suspendre pour une durée de huit mois l’application de l’arrêté municipal le prévoyant. Mais lors de la rencontre suivante du 28 février avec les employés grévistes, ces derniers ont quitté la réunion devant le refus du maire de supprimer carrément l’arrêté.                                                                                                    Comme s’il n’attendait que ce prétexte, F. Louisy a tout de suite après demandé une réunion de l’association des maires de la Guadeloupe pour que ces derniers disent leur position sur la question de la suppression ou non de l’indemnité de vie chère lors des congés de maladie.                                                                                                          Et c’est le maire de La Désirade R. Noël qui est intervenu sur les médias pour expliquer que l’arrêté voté par le conseil municipal prévoyant la suppression de cette majoration lors des arrêts maladie n’est pas illégal. Comprenez : F. Louisy n’enfreint pas la loi. L’UTC-UGTG a alors proposé un débat public sur la question avec des élus pour discuter du problème. É. Jalton, maire des Abymes a tout de suite déclaré qu’il n’entendait pas suivre l’exemple du maire de Goyave. Puis plus rien.                                 Cela signifie-t-il que la grande majorité des maires sont d’accord pour supprimer les 40% de vie chère lors des arrêts maladie ? Comptent-ils sur une victoire de leur « complice » Louisy pour s’engouffrer dans la brèche ? On attend toujours leurs positions. Cependant une chose est sûre, bien des élus aimeraient suivre l’exemple de F. Louisy. Sans parler du gouvernement qui lui aimerait supprimer carrément les 40% de vie chère.                                                                                                                                Il n’y a qu’une poussée de colère de tous les employés municipaux, quel que soit leur appartenance syndicale, et peut-être de tous les agents de la fonction publique qui pourra les en dissuader.

Île de la Réunion : Des mesures dérisoires face à la vie chère.

Après plusieurs jours d’émeute et la colère des jeunes des quartiers pauvres de Saint- Denis mais également dans d’autres régions de l’île, les représentants de l’État et des Collectivités ont pris certaines mesures : une baisse du prix de l’essence de 8 centimes, le prix de la bouteille de gaz a été fixé à 15 euros et une baisse  du prix de 40 produits de première nécessité.                                                                                                                 Ces mesures seront financées en grande partie par les pouvoirs publics, avec l’abaissement des taxes perçues par les Collectivités locales. Les patrons, en particulier ceux qui représentent la filiale de Total, auront une faible contribution de 2 centimes.
Si la population ne s’était pas mobilisée et les jeunes n’avaient pas manifesté leur colère l’État aurait continué à faire la sourde oreille face au mécontentement contre la vie chère. Les prix à la Réunion sont 36% plus élevés qu’en Métropole. Les patrons de la distribution qui possèdent les supermarchés imposent les prix qu’ils veulent. Et comme on l’a vu en Guadeloupe en 2009, ils sauront contourner les mesures qui ont été prises concernant la baisse de certains produits. Ils se rattraperont en augmentant les autres produits et feront disparaître des rayons les quelques produits dont les prix ont baissé. Le coût de la vie continuera d’augmenter. Quant à la situation des jeunes confrontés à un taux de chômage élevé rien n’a été prévu comme mesures d’urgence. Seule la répression a été la réponse à leur colère. Pour mater la révolte le gouvernement s’est empressé d’expédier dans l’île un renfort de 200 gendarmes. Des jeunes ont été arrêtés et condamnés.                 
Le parti socialiste et les élus ont surtout appelé au calme mais n’ont pas soutenu les jeunes. Le parti communiste réunionnais a avancé la revendication de 200  euros d’augmentation de salaire durant quatre mois sans appeler les travailleurs à se battre. Quant aux dirigeants syndicaux, ils n’ont pas appelé à la grève générale. Seule la paralysie totale des entreprises, des grandes surfaces, aurait obligé l’État et les patrons à augmenter les salaires comme on l’a vu aux Antilles en 2009. Mais rien ne dit que les travailleurs de la Réunion à leur tour n’exprimeront pas leur colère face à la situation qui continue de se dégrader.