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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1064 du 10 mars 2012/Première page

Première page

Éditorial: Une belle flambée des prix, oui !
Aux travailleurs d'être les pompiers !

 
En présentant le niveau de prix de son panier-type, le journal France-Antilles Martinique du 28 février 2011 titrait : «Une belle flambée des prix». Il chiffrait la majoration des prix Martinique par rapport à la France à 36%. En Guadeloupe ça ne doit pas être très différent.
Le 6 janvier 2011, la revue «Linéaires» des professionnels de la grande distribution, sur la base de son propre panier d'une centaine de produits alimentaires de grandes marques, chiffrait, elle, cette différence à 84%.
Pour impressionnants qu'ils soient, ces chiffres ne sont qu'une petite partie de la réalité, car on ne dépense pas qu'en produits alimentaires ou d'entretien.
Le carburant, par exemple, ne figure pas dans les paniers. Eh bien, au 1 mars, le litre de super est passé de 1,40 € à 1,54 € : une majoration de 10%. Pour le gazole, sur la même période, l’augmentation est de 8,46%. En Guadeloupe, les augmentations sont moindres, mais les prix des carburants sont déjà plus élevés : 1,57€ pour le super et 1,44€ pour le gazole. Quel travailleur a vu son salaire augmenter de 10% dans le même temps ? Aucun !
Cette augmentation n'est qu'un exemple parmi d'autres. Les frais de santé augmentent sans cesse avec le déremboursement progressif de nombreux médicaments.
En 2012, selon la « Mutualité française », qui regroupe 600 mutuelles-santé, l'augmentation moyenne des tarifs sera de 4,7%, augmentation à attribuer surtout à la décision du gouvernement de doubler de 3,5 à 7% la taxe sur les contrats de santé.
Et on pourrait citer l'augmentation récurrente de la fiscalité locale, due principalement au désengagement de l'État en ce qui concerne le logement, l'entretien des locaux scolaires, des routes, etc.
En réalité, la hausse des prix et des ponctions diverses s'accélère, et les salaires sont à la traîne. C'est le niveau de vie de tous qui est menacé.
Dans la grande distribution, quand ils sont affichés, les prix de revient des produits sont bizarrement très proches des prix de vente. On ne peut pas faire confiance à cet affichage-là. Il y a des doutes sur les prix de revient.
Mais les travailleurs auraient tort de se sentir désarmés devant cette menace, car leur mobilisation, leur entrée en lutte autour d'objectifs s'attaquant à la toute puissance patronale, pourrait enrayer ce mécanisme.
 Mobilisés, les employés administratifs de ces grands groupes pourraient, avec l'ensemble des salariés, mettre au grand jour les coûts réels d'entrée des produits, publier les factures, dévoiler les marges réalisées. Ils devraient avoir le droit le faire. Les Parfait, Fabre, de Jaham ne pourraient plus remplir des colonnes et des colonnes dans le journal pour pleurer misère. Ils ne pourraient plus amuser la galerie en prétendant «travailler» à l'élaboration d'une liste de produits de base « sur lesquels on pourrait garantir des prix bas » (France-Antilles Martinique du 28 février). Et, surtout, ils ne pourraient plus s'engraisser autant sur le dos de leur clientèle captive. De telles initiatives bénéficieraient de la sympathie et du soutien de tous les travailleurs.
À l'autre bout de la chaîne de consommation, il faudra forcer le patronat à assurer le maintien du pouvoir d'achat des salariés, il faudra imposer au gouvernement la même chose pour les retraites, pensions, etc. Le  pouvoir d'achat doit être garanti par l'échelle mobile, l'indexation des salaires, retraites et pensions sur les hausses des prix, mesurées, non pas par des services gouvernementaux, mais par la population elle-même, mobilisée pour cela.
Pour ne pas risquer de nous diriger vers la misère, il faudra que ces revendications soient celles des luttes prochaines.
 

 

Procès en appel contre notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud: Encore une fois, ce sera le procès d’une caste possédante et exploiteuse, celui de tous les exploiteurs, celui du lobby colonial de la Martinique !

Rassemblement le Jeudi 29 mars à 8H
devant la Cour d’Appel de Tartenson

À Fort de France !
Le jeudi 29 mars la Cour d’Appel  de Fort de France jugera en appel notre camarade Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGTM et dirigeante de Combat Ouvrier.
 
Notre camarade a été condamnée le mercredi 1  mars 2011 en première instance, par le tribunal correctionnel de Fort de France, à 3000 euros d'amende, une publication de la décision dans la presse, et obligée à verser 1 euro de dommages et intérêts à l'association Collectif Dom, partie civile dans ce dossier ainsi que 2000 euros pour les frais d'avocat.
 
Le motif de la Justice pour prononcer une telle condamnation était la « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes, (en l’occurrence les békés) en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une race déterminée.» La plainte avait été déposée à l’issue d’une émission de télévision sur la chaîne ATV lors de laquelle G. Joachim Arnaud avait marqué sur le livre d’or : « Matinik sé ta nou, Matinik a pa ta yo, an band béké volè, nou ké fouté yo déwô » ! (La Martinique est à nous, la Martinique n’est pas à eux, une bande de békés voleurs, on les mettra dehors).
Ce slogan avait été scandé par des dizaines de milliers de manifestants lors des 38 jours de grève générale de 2009.
 
Que cela soit Ghislaine Joachim Arnaud qui soit condamnée pour racisme, c’est le monde à l’envers !
 
C’est un jugement de classe contre les travailleurs et les pauvres de Martinique et en faveur des békés riches.
Ce jugement est arbitraire et inacceptable !
 
C’est pourquoi, notre camarade et ses avocats ont fait appel de cette décision inique.  
 
 
Alors, le procès du 15 décembre 2010 n’a été rien d’autre qu’une forme de répression judiciaire et d’intimidation directes contre l’un des principaux dirigeants de la grève de 2009. Et à travers Ghislaine, c’est l’ensemble des travailleurs qui manifestaient en 2009 qu’on voulait atteindre.
Mais ce jour là, c’est Ghislaine Joachim-Arnaud et ses avocats qui ont fait le procès des capitalistes békés, et autres exploiteurs.
Le racisme, l’exploitation, de la classe des exploiteurs qu’ils soient békés, mulâtres, noirs, indiens, ou chabins, contre les travailleurs, c’est la réalité vécue par les masses populaires de Martinique depuis des dizaines d’années. C’est l’histoire de ce pays issue de plus deux siècles d’esclavage et de colonialisme direct, sanglant, répressif puis insidieux. Oh pas toujours violent, mais sournois, officiel et administratif. Lorsque tous les postes de direction ou presque sont dirigés par des Blancs dans un pays où la majorité est noire et de couleur ! C’est cela le racisme officiel. Aimé Césaire l’appelait « le génocide par substitution ».
 
Ghislaine Joachim-Arnaud comparaîtra pour la même affaire le jeudi 29 mars à 8h00 devant la Cour d’Appel de Fort de France à Tartenson.
 
Aujourd’hui, le camp du lobby colonial,  le camp de nos exploiteurs, n’a pas changé. Avec leurs compères, ceux de la finance, ils voudraient  faire payer la crise de leur système, le système capitaliste, aux travailleurs et aux masses pauvres pour continuer à s’enrichir.
 
Alors pour eux, l’affaire Ghislaine JOACHIM ARNAUD n’est pas terminée, et ils voudraient voir le camp des travailleurs affaibli pour continuer leurs affaires, leur pwofitasyon,  leur exploitation,
 
Mais nous ne sommes pas prêts à nous taire, et nous continuerons à les dénoncer et à combattre leur système inique.
 
C’est une question de dignité pour tous les travailleurs, pour tous les exploités noirs et de toutes couleurs de ce pays, de venir devant le tribunal de Fort de France.
 
Alors camarades et sympathisants de Combat Ouvrier, travailleurs, membres des organisations politiques de lutte de classe, anticolonialistes, membres des associations de défense des droits de l’Homme, et autres organisations démocratiques, le 29 mars,
 
Combat Ouvrier vous appelle à vous joindre à la manifestation initiée par le Comité de soutien à Ghislaine Joachim Arnaud, avec la CGTM.
 
 
MatInik SÉ TA NOU, AN BAND BÉKÉ VOLÈ,
 NOU KÉ FOUTÉ YO DÉWÔ !

 
 
TRAVAYÈ MATINIK, É TOUT DÔT PÉYI
FOK NOU INI NOU KONT TOUT LÉ ZÈSPLWATÈ,
SÉ DÈYÈ KONBA KI NI KONBA !
 
VIV LIT A TRAVAYÈ ! POU YO RÈSPEKTÉ NOU É POU NOU CHANJÉ LAVI NOU !
 
Venez nombreux le jeudi 29 mars 2012
devant la Cour d’Appel de Tartenson à 8H

 

 

Guadeloupe : le 27 mars, tous en grève, tous à la manifestation !

Une  journée de grève générale avec manifestation de rue a été annoncée par LKP et les syndicats qui le composent c'est-à-dire pratiquement l’ensemble des syndicats de la Guadeloupe.
Combat Ouvrier appelle aussi à la mobilisation pour cette journée du 27, car il s’agit d’une journée de lutte et dont les principales revendications sont pleinement justifiées :
- Baisse des prix.
- Application de toutes les dispositions de l’accord Bino sur les 200 euros
- Respect des accords du 4 mars 2009
- Maintien en service  des hôpitaux de Marie Galante, de Capesterre
- Arrêt de la casse des services publics et notamment dans la santé avec la dégradation de l’offre de soins au CHU.
Oui, avec la crise, la situation ne cesse de s’aggraver pour le pouvoir d’achat des travailleurs. Le  coût de la vie ne cesse d’augmenter. Les récentes augmentations des prix des  carburants ne font qu’aggraver les choses. Le chômage s’accroît.  Les salaires sont gelés. Le gouvernement et les capitalistes puisent dans nos poches pour nous faire payer la dette de l’État, et tout augmente : loyers, assurances, mutuelles, TVA, produits de première nécessité, et tout à l’avenant.
La précarité de l’emploi devient peu à peu la règle partout. Des milliers de jeunes connaîtront cette précarité à vie si la lutte n’y met pas un terme.
Et par dessus le marché, les licenciements ou ceux qui sont programmés deviennent toujours plus nombreux, notamment : à Nouvelles Frontières, dans l’hôtellerie  (Club Med), dans la banane, à l’ONF (Office nationale des forêts), à « Espace cuisine », au Câble (télévision) et ailleurs.
Face à une telle situation, il faut  absolument une mobilisation  massive et générale des travailleurs face au patronat et au gouvernement.
Les travailleurs de plusieurs entreprises sont déjà en lutte, certains depuis plusieurs semaines. Il faut les soutenir et aussi s’inspirer de l’exemple de combativité qu’ils donnent à tous.
Soutien aux luttes en cours !
Combat Ouvrier apporte son soutien total :
-  Aux travailleurs de  l’énergie de la centrale géothermique de Bouillante
-  Aux travailleurs de WSG Le Câble en grève depuis le 13 mars
-   Aux postiers de Sainte-Rose
-   À la centrale de l’énergie du Moule
- Aux travailleurs municipaux de Goyave en grève depuis 12 semaines
- Aux employés des crèches dont certains ne sont pas payés depuis des mois à Pointe à Pitre
À tous les travailleurs qui se préparent à la lutte au sein de leur entreprise.



Camarades, travailleurs,
Nous savons bien que ce n’est pas une journée de grève et de mobilisation qui changera les choses. Mais cette journée peut être une préparation importante pour des luttes de plus grande envergure  prochainement.
Nous savons bien aussi que parfois nous payons cher une grève, car on nous enlève la journée sur notre fiche de paie (et pour éviter cela nous avons intérêt à exiger le paiement des jours de grève, toujours). Mais, de toute  façon, si nous ne faisons rien aujourd’hui, nous perdrons 10 fois, 100 fois plus demain !
Se battre aujourd’hui c’est commencer à rebâtir un rapport de force conséquent face au patronat. C’est l’avertir que nous n’accepterons pas le gel ou la baisse de nos salaires, mais qu’on veut des augmentations.
Se battre aujourd’hui c’est avertir le patronat qu’il n’est pas question d’accepter les licenciements !
Si la grève est vraiment effective dans le plus possible d’entreprises, cet avertissement au patronat sera entendu par lui ! Sé pou sa fo nou « pwan douvan avan douvan pwan nou » !
À Combat Ouvrier, nous pensons que vu la gravité de la situation, vu la crise mondiale qui est celle des financiers et des capitalistes, il est vital pour les travailleurs d’avancer les revendications suivantes :
- Interdiction des licenciements !
- Contre le chômage, répartition du travail entre tous, sans diminution de salaire !
- Contre la vie chère, baisse des prix mais aussi :
- Échelle mobile des salaires et des pensions ! C’est à dire l’augmentation des salaires, des pensions, des retraites à chaque fois que les prix montent.
- Ouverture publique des comptes des entreprises et  du patrimoine des patrons, et en particulier du grand patronat, les groupes « Bernard Hayot », Despointes,  Total,   et autres, qui font des milliards de bénéfices : 86 milliards de profit pour les entreprises du CAC 40 en 2011 !


 
Le 27, donc, faisons la grève, et mobilisons nous aussi massivement dans la rue !
 
Manifestation À 9h devant le palais de la mutualitÉ À Pointe-À-Pitre !
 
FÊte de combat Ouvrier
Venez nombreux aussi à notre fête annuelle, le dimanche 1 avril au Pako à Baie-Mahault, de 11h30 à 20h.
Ce sera l’occasion de se détendre, mais aussi de discuter de autour d’exposés et de débats.
La participation est de 20 euros, 10 euros pour les enfants de moins de 10 ans.                      

 
17 mars 2012