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Elections/Elections présidentielles 2012

Elections présidentielles 2012

1/Intervention de Jean Marie Nomertin sur RCI à l'émission "sans langue de bois" le vendredi 30 mars.

Texte

2/Interventions lors du meeting de Pointe-à-Pitre du vendredi 2 mars 2012.
3/Extraits du meeting de Nathalie Arthaud à Bobigny
4/Positions politiques de Nathalie ARTHAUD


Danielle DIAKOK

Bonsoir camarades,
Cette réunion publique sera essentiellement consacrée à l’appel que nous lançons pour soutenir Nathalie Arthaud aux élections présidentielles. Mais je commencerai par vous dire quelques mots sur ce qui s’est passé à la Réunion, car ces événements sont l’expression de la lutte des pauvres, des malheureux des damnés de la terre que nous soutenons. Et Plus  il y aura de voix pour Nathalie Arthaud, mieux la voix de ces pauvres sera entendue. Car la voix de Nathalie Arthaud c’est la voix des pauvres, des exploités. Nous avons aussi des camarades réunionnais de Lutte Ouvrière qui militent sur cette île et nous leur envoyons tout notre soutien et notre salut fraternel !
L’explosion de colère contre la vie chère sur l’île de la réunion a montré l’exaspération, le ras le bol de la jeunesse des quartiers pauvres et d’une partie  de la population.
 Partie du quartier pauvre du chaudron  à Saint Denis, les émeutes se sont vite répandues dans plusieurs villes du pays.
Il aura donc fallu plusieurs jours et nuits d’émeute  pour que ce qui était impossible quelques jours avant soit  désormais possible, c'est-à-dire la baisse du prix des carburants et de quelques produits de première nécessité. Et pourtant, ce sont des baisses ridicules  par rapport au coût de la vie.
Il y aura une baisse de 8 centimes sur le prix des carburants et des baisses ou gel des prix sur 40 produits de première nécessité.  On ne connait même pas encore la liste de ces 40 produits de première nécessité et il n’y aura même pas une baisse des prix sur tous ces produits, mais sur certains, seulement un gel des augmentations. Pourtant, le coût de la vie est de 36%plus élevé qu’en France.  
Quant à la baisse du prix des carburants, elle sera financée presqu’essentiellement par les collectivités locales et non par Total ou Shell qui réalisent chaque année entre 10 et 15 milliards de profit chacun. C’est un véritable scandale. On voit bien que l’Etat ne peut rien contre les grandes multinationales.
 
Ce qui a été concédé à la population en colère calmera peut être un peu les choses mais ne fera pas disparaître la rancœur accumulée au sein de la jeunesse et de la population des quartiers pauvres, du Chaudron à Saint Denis et dans d’autres villes.
 Et il faut croire que la colère couvait déjà depuis plusieurs jours.
En effet, depuis lundi 20 février, les routiers bloquaient un dépôt de la société réunionnaise des produits pétroliers (SRPP) et les principales routes de l’île. Ils protestaient contre le prix du carburant et le coût de la vie.  Ils réclamaient une baisse du prix des carburants de 25 centimes. Le Conseil général et le préfet ont accordé aux seuls transporteurs, artisans et commerçant un prix préférentiel à la pompe.
Ce cadeau sera pris sur les deniers publics et devrait coûter environ 10 millions d’euros pour 2012. En revanche, pas un centime n’avait été demandé à la SRPP, filiale de Total et Elf.
 Quant à une baisse générale pour tout le monde, le préfet avait déclaré « qu’il n’y pouvait rien. »  
Voilà ce qui a fait éclater sans doute la colère d’une partie de la population et de la jeunesse. Mardi 21 février, des groupes de jeunes ont commencé à manifester leur colère contre la vie chère. Plusieurs centaines de jeunes ont affronté la police pendant plusieurs jours et plusieurs nuits. Il y eut,  comme lors de toutes les colères populaires des scènes de pillages, d’incendie. Mais les vraies raisons de cette colère sont le chômage, la vie chère dont sont victimes en particulier les jeunes et surtout les jeunes des quartiers pauvres.  Car cette île est ravagée par le chômage et la vie chère.
A la Réunion, plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, 60% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage.
La justice n’a eu aucune pitié ni compréhension pour les jeunes émeutiers qui ont été arrêtés et déférés devant les tribunaux. Beaucoup d’entre eux ont été condamnés à six mois, voire deux ans de prison ferme.
Voilà la seule réponse que donne le pouvoir à tous ces jeunes victimes du chômage en proie au désespoir.
 Evidemment, ces événements nous ont rappelé ceux de février 2009 en Martinique et en Guadeloupe, à ceci prés qu’il n’y a pas eu de grève générale sur l’île de La Réunion. Mais beaucoup d’entre nous n’ont pas manqué de faire la comparaison avec la cherté de la vie aux Antilles qui est revenue aussi à son plus haut niveau, aujourd’hui. C’est hier que le prix de l’essence augmenté de 5 centimes et est passé  à 1,57 euro, le gaz oïl a augmenté de 1 euro passant à 1,44.  Alors maintenant à chaque augmentation, on entend Lurel protester. Mais cela ne change rien à rien.
 Beaucoup d’entre nous ont chaudement approuvé la révolte populaire à La Réunion et ont pensé qu’il faudrait aussi aux Antilles à nouveau une bonne explosion de colère contre la vie chère.
Oui camarades, avec la crise, la situation empire. Et nous sommes sûrs qu’Il y aura d’autres émeutes. Il y aura d’autres février 2009 aux Antilles aussi. Et en France aussi, camarades. Car la crise pousse de plus en plus de gens dans la précarité, le chômage et la misère.
Mais il ne faudrait pas que les flambées de colère restent sans perspectives et sans lendemain. Il faut s’y préparer. Ce qui a manqué à la Réunion, c’est une réaction des travailleurs et de l’ensemble de la population pour appuyer et relayer la colère des jeunes des quartiers. Dans une telle situation une grève générale s’imposait.
Nous ne connaissons pas assez bien la situation à La réunion pour expliquer  les causes réelles du manque de réaction parmi les travailleurs et nous ne voulons surtout pas donner des leçons à nos frères réunionnais.
Mais ce dont nous sommes sûrs c’est qu’à la Réunion, comme en Guadeloupe ou en Martinique, l’absence de parti révolutionnaire des travailleurs communistes fait cruellement défaut, comme partout dans le monde. Et cela me donne l’occasion de rebondir sur ce thème du Parti ouvrier révolutionnaire des travailleurs communistes.
 Plus les mois et les années passent, plus la situation empire avec la crise, plus nous ressentons le manque d’un tel parti. Et dans la situation par exemple des pays arabes où il y a eu une succession de révoltes, cette absence de parti révolutionnaire des travailleurs se fait cruellement sentir.
 Tous ces derniers temps on a vu une succession de grèves générales : en Afrique du Sud, au Nigéria, en Belgique (wallons er flamands réunis). Il y a deux jours il y a eu une grève générale en Inde. Cela prouve peut  être que nous entrons dans une période de remontée des luttes ouvrières un peu partout. Ça, c’est l’avenir qui le confirmera. Mais ce qui est sûr c’est la crise mondiale qui est la cause de toutes ces grèves générales aux quatre coins du monde. Mais nulle part il n’y a de parti révolutionnaire des travailleurs.
Alors, vous allez me dire que nous en parlons tout le temps mais que ça reste des paroles. Eh bien pour l’instant, nous tentons de faire comprendre cette nécessité autour de nous pour regrouper tous ceux qui veulent bien agir dans le sens de la création d’un tel parti. Mais dans la situation actuelle aux Antilles et dans le monde, la création  d’un parti révolutionnaire ne peut se produire. Il ne suffit pas d’en parler pour qu’il se crée. Un tel parti se crée aussi dans l’action, dans une situation propice. Pour le moment la situation n’est pas propice. Il n’y a pas de montée de colère des masses ni ici ni ailleurs. Même une poussée de colère comme la grève générale de 2009 n’était pas assez forte pour faire naître un parti ouvrier révolutionnaire communiste. Par contre, tous les camarades qui veulent agir dans un regroupement plus restreint pour aller vers la création de ce  parti peuvent le faire avec nous. Et  nous appelons tous ceux qui le veulent à venir s’inscrire auprès de nous à la fin de cette réunion.
Tous ceux qui le veulent peuvent constituer l’embryon de ce parti avec nous. Nous les appelons à nous rejoindre.
Quelle que soit l'issue de l'élection présidentielle, quelle que soit la majorité qui sortira des élections législatives qui suivront, les problèmes resteront entiers pour les travailleurs, pour les chômeurs, pour les retraités, pour la majorité laborieuse de la population.
Les élections n'ont pas le pouvoir d'arrêter la crise. La classe capita­liste continuera à prélever sur les travailleurs de quoi compenser, et au-delà, ce que lui coûte la crise économique. Et le gouvernement nouvellement mis en place continuera à appliquer une politique d'aus­térité au nom de la nécessité de rembourser la dette de l'État., qu’il soit de droite avec Sarkozy ou de gauche avec Hollande.
Une fois les urnes rangées, les véritables batailles resteront à mener. Les liens tissés autour de la candidature de Nathalie Arthaud et des objectifs défendus pendant la campagne, seront précieux à l'occasion de ces luttes pour démultiplier la force de ceux qui défendront ce programme de lutte et, le cas échéant, pour coordonner leurs actions.
C'est dans ce sens que la campagne électorale peut et doit devenir une étape dans la construction d'un parti communiste révolutionnaire dans ce pays.
Les grands partis d'aujourd'hui sont tous, sans exception, des partis au service de la bourgeoisie. Aucun ne combat l’organisation capitaliste de l'économie, le monopole de quelques milliers de grandes familles bourgeoises surles entreprises et sur les banques.
La classe des exploités a besoin d'un parti quireprésente sesintérêts politiques, non pas seulement à l'occasion d'une consultation électorale pour pousser un cri d'indignation, mais pour peser sur la vie politique ; pour exprimer face à chaque décision du gouvernement de la bourgeoisie les exigences des exploités et pour proposer les actions nécessaires pour les faire prévaloir.
Le Parti socialiste à ses origines, à la fin du 19 siècle, puis les Partis communistes à leur début ont été de tels partis. Ils ont, tous les deux, fini par faillir à leur tâche et par s'intégrer dans le système institutionnel de la bourgeoisie. 

Aujourd'hui que ces partis ne représentent plus le long combat des travailleurs pour leur émancipation des chaînes de l'exploitation, reconstruire le parti qui reprenne le flambeau est une nécessité. Nul ne peut prévoir par quel cheminement un tel parti pourra se recons­tituer. Mais il sera nécessairement l'oeuvre de milliers  de travailleurs ou d'intellectuels prêts à se mettre dans leur camp. Ces travailleurs et ces intellectuels sont ceux qui parviendront à la conscience qu'il ne suffit pas de déplorer les dégâts du capitalisme. Il faut y mettre fin et, pour y mettre fin, la seule force sociale qui en a la capacité est celle des exploités en mouvement et organisés pour cela.
Combat Ouvrier, comme Lutte Ouvrière, comme Nathalie Arthaud  militent sur ce terrain. Et la reconstructiond'un parti communiste révolutionnaireest leur raison d'être. Pour que naisse un véritable parti ouvrier révolutionnaire aux Antilles et en France, il faut que surgissent à partir de la classe ouvrière des milliers, des dizaines de milliers de femmes, d'hommes, de jeunes, qui se consacrent aux intérêts collectifs de leur classe sociale jusqu'au but ultime qui est le renversement du pouvoir de la bourgeoisie. La faillite manifeste du capitalisme, illustrée par la crise actuelle, les dégâts qu'elle entraînera dans la société finiront par convaincre un nombre croissant de personnes que ce système ne mé­rite pas de perdurer. Cette conviction les amènera à prendre part au combat pour la nécessaire transformation de la société.
Il faut un parti qui soit présent dans les entreprises pour combattre le patronat capitaliste, là où se trouvent les sources de sa richesse.
Il faut un parti qui soit présent dans les quartiers populaires pour interve­nir sur les multiples problèmes du monde du travail : s'opposer à l'ex­pulsion d'un locataire étranglé par son bailleur ; vérifier les prix dans le supermarché du quartier et dénoncer les hausses excessives ; vérifier si le nombre de places dans la crèche est suffisant, s'il y a assez d'institu­teurs dans la maternelle et l'école primaire et d'enseignants au collège pour assurer une éducation convenable aux enfants des classes popu­laires.
Pour terminer, je dirai que, du point de vue des idées et du programme, ce parti ne surgira pas de rien. Le passé, la lutte séculaire du monde du travail pour son émancipation, ont laissé un riche capital d'expériences formulées par des générations communistes révolutionnaires depuis que Marx l'avait formulé dans le Manifeste Communiste : « L'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux mêmes-
Eh bien  camarades, c’est cela aussi notre programme le programme que défend Nathalie Arthaud. Cela fait partie des choses que nous répèteront tout au long de cette campagne électorale pour les présidentielles. Voter pour Nathalie Arthaud ce sera aussi voter pour que se regroupent tous ceux qui veulent créer ce parti à La réunion, en France et aux Antilles. Merci de votre attention !




Jean-Marie NOMERTIN

Notre organisation, Combat Ouvrier a décidé d’appeler à Voter pour Nathalie Arthaud aux prochaines élections  présidentielles.
 Nathalie Arthaud est la porte parole de Lutte ouvrière, le parti d’Arlette Laguiller.
Je rappelle que depuis longtemps déjà, nous faisons partie de la même organisation internationale qui s’appelle l’UCI (Union Communiste Internationaliste).
Mais ce n’est pas seulement parce que nous faisons partie de la même organisation  internationaliste que nous appelons à voter pour Nathalie Arthaud. Ce n’est pas par discipline organisationnelle. Car il nous est arrivé déjà d’appeler à l’abstention  aux Antilles alors qu’Arlette Laguiller était candidate. Nous l’avions fait pour des raisons propres à la situation aux Antilles à cette époque.
Nous appelons à voter Nathalie Arthaud, le 21 avril à l’élection présidentielle parce que Nathalie Arthaud est le seul candidat communiste dans cette élection, le seul candidat révolutionnaire. Elle est le seul candidat qui affirme se battre pour un bouleversement total de cette société.
Elle affirme qu’il faudra un  jour que  les richesses qui sont détenues par un petit groupe de capitalistes reviennent à l’ensemble de l’humanité. Car ce sont les travailleurs qui produisent ces richesses et fabriquent le profit des capitalistes. Oui, elle est la seule à dire  cela.
Alors bien sur, ce ne sont pas ces élections qui changeront la société.
  Ce qui fera changer la société ce sont les luttes des travailleurs, la lutte des masses exploités, la lutte des peuples contre l’oppression.
Nous utilisons ces élections  pour dire cela.
 Car si les élections ne changent rien en elles mêmes, elles permettent au moins de se faire entendre plus largement que d’habitude. Et ce serait idiot  de ne pas faire l’effort d’y participer lorsqu’on peur le faire.
Nathalie Arthaud n’est pas une candidate comme les autres. Ce n’est pas une notable, elle n’est pas ancien ministre ou sénateur comme Bayrou ou Mélenchon, ou ancien conseiller de président comme Hollande ;  Tous ces gens sont tous des gens qui sont au service des classes dirigeantes.
Nathalie Arthaud dit que pour changer radicalement les choses, il faut :
-        Contre le chômage, répartir le travail entre tous, sans diminution de salaire
-        Interdire les licenciements
-        Elle dit qu’il faut que les salaires augmentent à chaque fois que les prix augmentent, que les pensions augmentent à chaque fois que les prix augmentent. C’est ce  que nous appelons l’échelle mobile des salaires et des pensions !
-        Face à la crise du monde capitaliste dont les banquiers et les financiers sont responsables, il faut  le contrôle des travailleurs sur les entreprises. Il faut exiger l’abolition du secret bancaire, la publication des comptes des entreprises pour vérifier l’état de leurs richesses, de leurs profits !
-        Il faut supprimer cette quantité de banques et d’organismes financiers et ne laisser qu’une seule grande  banque ;
Voilà les principaux éléments du programme de Nathalie Arthaud. Comme vous le voyez, ce n’est pas un programme comme les autres. C’est un programme de lutte ! un programme qui ne peut se réaliser que par la lutte !
Tous ces points sont donc aussi valables en France qu’en outre mer, et aux Antilles.
Nous, travailleurs des vieilles colonies françaises de la France, en Guadeloupe, en Martinique, notre intérêt d’exploités et d’opprimés est de rallier cette candidature.  Nous, travailleurs, chômeurs, exploités des Antilles sous domination de l’Etat et des capitalistes français nous subissons une double exploitation : l’exploitation capitaliste comme tout le monde mais avec un supplément, le supplément colonial. Il s’agit d’un supplément colonial hérité de plus de trois siècles d’esclavage, de colonialisme direct et de colonialisme indirect sous couvert de départementalisation. Bien sur, aujourd’hui, à force de lutte, de combats, les travailleurs ont gagné des droits et émoussé le système colonial.
Mais nous subissons encore bien des discriminations
-        Discrimination par rapport au chômage : prés de 30% de chômage ici contre 9% en France.
-        Discrimination par rapport aux salaires qui sont généralement bien plus bas ici qu’en France
-        Discriminations par rapport aux prix qui sont bien plus élevés aux Antilles qu’en France
-        Discrimination à l’emploi, en France par rapport à note couleur de peau
-        Nous subissons aussi ici ce que nous appelons le racisme officiel car presque tous les postes de direction sont occupés par des Blancs dans une population à majorité noire ou indienne
-        Discrimination par rapport à une caste de possédants issue des vieilles familles esclavagistes, les gros békés riches, les Hayot, Despointes, Damoiseau  et compagnie. Ces gens là ont accumulé leur capital sous l’esclavage  par le travail de nos ancêtres esclaves ou des travailleurs indiens sur exploités.
Alors, oui, nous avons bien des raisons de voter pour une candidate comme Nathalie Arthaud qui se bat contre toutes ces formes d’exploitation et de discriminations.
C’est aussi pour ces raisons que pas une voix de travailleur conscient, ou de membre conscient de la population, conscient de tout cela, ne doit aller aux Sarkozy et aux Hollande. Leurs amis ici ce sont les Penchard et les Lurel.
 Ces gens là se sont opposés à la mobilisation lors de la grève générale de 2009. Ils se sont opposés au LKP.  
Penchard fait partie d’un gouvernement responsable de la vie chère, de l’augmentation des prix, du gaz, de l’électricité, du gaz oil et de l’essence.
-Sarkozy et Penchard ne sont que des valets de la bourgeoisie.
-Sarkozy, c’est celui qui a permis aux riches de payer moins d’impôt avec le  bouclier fiscal pour les plus riches.
-Sarkozy c’est celui qui a réduit l’impôt sur la fortune,
-Sarkozy c’est celui qui a fait une véritable saignée sur les emplois dans les services publics : 160.000 postes de fonctionnaires ont été supprimés depuis 2007
-Sarkozy c’est lui qui maintenant augmente la TVA et qui permet aux patrons de ne pas payer de cotisations sociales sur les bas salaires
Sarkozy  et Penchard sont les serviles exécutants des Bettencourt, des Bouygues, des Bolloré, des Hayot,  Despointes, de Total. Ce sont  les exécutants des banquiers. Pour les banquiers ils trouvent toujours des milliards. Pour les travailleurs ce sont les privations.
Mais les Hollande et Lurel ne défendent pas mieux les travailleurs et les classes pauvres. La gauche veut apparaître comme un recours. Elle cherche à profiter de la haine que Sarkozy et la droite suscitent contre eux.
 Mais attention camarades, il ne faut pas que la haine justifiée contre Sarkozy nous fasse croire qu’Hollande c’est mieux.
La bourgeoisie a toujours deux fers aux feux : la droite et la gauche. Elle veut faire croire au peuple que l’alternance gauche-droite, c’est le changement. Mais c’est une illusion. La gauche a déjà été au pouvoir plusieurs fois mais c’était pour mener la politique de la bourgeoisie. Sous Mitterrand, le chômage a augmenté, les licenciements ont été massifs, la politique de rigueur est revenue.
Que propose Hollande ? :
-Sur la retraite à 60 ans il l’a propose à une minorité de travailleurs qui aura cotisé 41 ans et demi. Mais il propose pour tous une augmentation des cotisations de 0,5% par an. Où est le progrès ?
-Hollande parle d’embaucher 60.000 personnes dans l’éducation nationale. Mais pour cela il propose le gel total des embauches dans toutes les autres administrations, sauf dans la police
-Il ne va pas annuler le service minium dans les transports
En fait, Hollande fera comme ses amis socialistes Papandréou et Zapatero ont fait en Grèce et en Espagne, une politique dictée par les grands patrons.
Hollande ne  propose strictement rien  pour empêcher le grand patronat de licencier, de réduire ses effectifs ou de délocaliser.  Il ne propose rien pour protéger le pouvoir d’achat des salariés, seule source de revenu pour la grande majorité de la population.  
Dernièrement,  pour faire croire qu’il prend aux riches, Hollande a proposé de fixer un taux d’imposition de 75% pour les revenus dépassant un million d’euros par an. Vu comme ça, ça a l’air d’une mesure très forte mais quand on regarde de plus prés, cela ne concernerait environ que 3000 personnes. Mais en plus, ce ne serait pas 75% sur l’ensemble des revenus qui seraient pris par le fisc mais seulement la tranche qui dépasse 1 million d’euros. Donc, en moyenne, cela ferait environ 40%. Et puis, il faut savoir que ce n’est pas la première fois qu’un taux aussi important serait pris sur les hauts revenus. Le taux maximum d’imposition sur les hauts revenus a déjà atteint en France jusqu’à 90% dans les années 1920.Il était encore supérieure à 60% dans les années 1980.
Mais de toute façon, les riches ne payent  jamais plus de 20% d’impôt, avec les multiples défiscalisations : emplois à domicile, investissements immobiliers etc.… Donc la proposition de Hollande est un leurre.
Quant au programme pour l’outre mer de Hollande, il est particulièrement vide et démagogique. Il promet 500 millions d’investissements pour l’outre-mer. Mais il ne dit pas où ira cet argent, vers quels investissements. Il ne dit pas non plus si ce sera une enveloppe supplémentaire ou si cette somme sera prise sur le budget annuel de l’outre mer. Et de toutes façons 500 millions pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion, la Nouvelle Calédonie, Wallis et Futuna, Saint pierre et Miquelon, c’est une misère !
Il promet aussi « une cité de l’outre mer à Paris ! »  comme si une cité de l’outre mer allait créer des emplois et faire baisser le coût de la vie ! On se souvient que Chirac, lui, avait promis un tunnel sous la rivière salée !
Hollande annonce que l’outre mer dépendra directement du Premier ministre et qu’il y aura un délégué à l’outre mer dans chaque ministère. Mais tout cela c’est du pipeau, c’est de la poudre aux yeux !  En réalité le programme des Hollande et Lurel pour l’outre mer est vide ! Et comme d’habitude, la gauche socialiste comme la droite va arroser le patronat et faire payer les travailleurs !
 
Alors camarades nous savons bien que les sondages nous prédisent 1%
en France comme aux Antilles. Nous savons bien que nos scores électoraux sont faibles. Et certains nous disent parfois : « oui, vous avez raison, mais si je vote pour vous, je perdrai ma voix car vous n’avez aucune chance.
Eh bien, nous, nous disons non, voter pour Nathalie Arthaud ne signifiera pas perdre son vote car le seul geste que nous pouvons faire dans les élections c’est faire un vote de colère, un vote qui montre vraiment notre mécontentement. Nous ne croyons pas, nous l’avons dit, que les élections peuvent changer les choses. La seule façon efficace de se servir du bulletin de vote, c’est de montrer son mécontentement réel et dire que c’est par la lutte qu’on pourra s’en sortir en reprenant le chemin des grèves générales, comme en 2009 avec plus d’ampleur et d’efficacité.
On nous dit souvent que notre candidature est une candidature de témoignage. Mais alors, dans  ce cas, tous ceux qui ne seront pas présents au second tour  sont  aussi des candidatures de témoignages.
Comme le dit Nathalie Arthaud : « une candidature communiste témoignera au moins de la persistance d’un courant révolutionnaire dans le mouvement ouvrier. Il y a plus d’un siècle,  ce courant s’intitulait «  socialiste » puis « communiste ». C’était un courant qui regroupait tous ceux qui aspiraient à la révolution sociale, à l’émancipation des travailleurs, à une société égalitaire. Ceux qui représentent aujourd’hui ce courant, c’est nous CO, Lutte Ouvrière et  Nathalie Arthaud.
On nous dit et on nous répètera que l’élection se joue dés le premier tour et qu’il ne faut pas disperser ses voix. On nous appelle déjà voter « utile ».
 Ne nous laissons pas influencer par le parti socialiste avec les Hollande et les Lurel.
La gauche socialiste veut faire voter massivement pour elle au premier tour pour obliger l’électorat à  faire un faux choix : voter Hollande pour éliminer Sarkozy.
Oui, c’est un faux choix car le Parti socialiste comme la droite nous appelle à respecter les institutions de la bourgeoisie, les institutions des riches.
Par contre, voter Arthaud massivement au premier tour, ce sera un message fort envoyé à Hollande et à Lurel. Ce sera un premier avertissement. Ce sera  leur dire qu’il  y a des plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, de  chômeurs, de jeunes qui sont prêts à descendre dans la rue, à se mettre en grève pour ne pas faire les frais de la crise Et pour nous, travailleurs chômeurs, exploités ce sera une victoire morale considérable.
 Le simple fait que soyons présents dans cette élection pour incarner le courant communiste révolutionnaire est déjà une victoire, car, vu nos faibles forces nous aurions ou ne pas être présents dans cette élection.
L’existence d’un courant comme le nôtre dans les luttes mais aussi dans les élections est vital pour l’avenir du mouvement ouvrier.
Il est vital surtout en cette période de crise économique mondiale ;
 
Depuis 2008 la crise économique du système capitaliste frappe le monde entier. C’est la crise la plus importante depuis les années 1930. Des groupes industriels très riches ferment leurs usines en France : Par exemple,  à  la raffinerie de petroplus en seine maritime, 550 travailleurs sont menacés de licenciement. Pourtant,  Shell qui a exploité cette usine de 1928 à 2008  a réalisé 15 milliards d’euros de profit par an.  Arcelor-Mittal a fermé son usine de Gandrange en 2009, mettant plus de 300 travailleurs au chômage. Aujourd’hui c’est son usine de Florange qui menace de fermer
Renault, Peugeot,  viennent de fermer deux sites pour plusieurs jours pour permettre d’écouler leur stock car les voitures ne se vendent pas bien en ce moment.
Dans le monde entier des multinationales jettent des millions de travailleurs à la rue. Pendant ce temps les capitalistes réalisent des profits fabuleux.
 En 2011 en France  les entreprises du CAC 40 ont réalisé 86 milliards d’euros de profit et 37,4 milliards ont été distribués aux actionnaires.
Et  on voudrait que ce soit les travailleurs, la population qui paient la dette de l’Etat français.
La dette des états, ce sont les banquiers qui la creusent, pas nous.
L’état emprunte aux banques privées à des taux qui sont parfois 600 fois supérieurs aux taux auxquels ces mêmes banques empruntent auprès des banques centrales. L’état est la vache à lait des banquiers. Voilà  une des causes de la crise.
Autres  causes de l’endettement de l’état : les aides aux capitalistes. En 2010, le total des aides aux capitalistes a été de 172 milliards d’euros.
Dans le dépliant de LO, les camarades disent qu’avec cette somme l’état aurait ou embaucher, 4,2 millions de personnes payées à un salaire net de 1700 euros par mois. Ce ne sont pas les travailleurs qui ont endetté l’état. Ce n’est donc pas à eux de payer ! ce sont les patrons et les banquiers qui ont endetté  l’Etat.
Voilà camarades toutes les raisons que nous avons de voter  pour Nathalie Arthaud,  voilà toutes les raisons que nous avons de voter communiste.
 
Et pour conclure, je répèterai que les bulletins de vote, bien sur, ne remplacent pas les luttes réelles des travailleurs. Mais ils donnent aux électeurs des classes populaires le moyen d’affirmer qu’ils sont d’accord avec de programme. En votant pour Nathalie Arthaud, cous direz  par votre vote que
-        Pour mettre fin au chômage, il faut imposer au grand patronat l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Il faut imposer à l’Etat d’embaucher dans les services publics utiles à la population
Vous direz par votre vote que
Pour assurer un pouvoir d’achat convenable pour tous, il faut imposer l’augmentation des salaires, des retraites et des pensions. Il faut garantir cette augmentation en fonction du coût réel de la vie. Cette augmentation du coût de la  vie devra être mesurée par des représentants de la population.
Nous réclamons actuellement au moins 1700 euros pour tous minimum !
Vous direz par votre vote qu’il faut imposer le contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires.
En 2008, les états ont mis des centaines de milliards à disposition des banques. En 2010, l’ensemble des banques ont réalisé 21 milliards d’euros. La BNP a réalisé 8 milliards d’euros de profits.  
Il faut exproprier les banquiers sans rachat ni indemnité.
 Il faut fusionner toutes les banques en un seul établissement qui fonctionnera sous le contrôle de la population et à son service.
Ce programme ne pourra se réaliser que dans la lutte ! C’est pour cela que notre programme est un programme de lutte !
C’est elle seule, la lutte, la lutte de masse qui peut vraiment changer les choses.
C’est pour tout cela camarades que je vous appelle  à voter, à faire voter pour ce programme, pour Nathalie Arthaud, le 21 avril prochain !
Merci
 


Extraits du meeting de Nathalie Arthaud à Bobigny

Travailleuses, travailleurs, camarades et amis, 
Sarkozy est entré en campagne il y a trois jours. Il n’y a rien vraiment de nouveau si ce n’est qu’avant on avait du Sarkozy chaque jour à 20h et que maintenant il faut se le payer matin, midi et soir !  
Sarkozy a commencé son cinéma en traitant Hollande de menteur. Il parle en spécialiste ! C’est lui qui prétendait être le « président du pouvoir d’achat », qui promettait que l’usine de Gandrange ne fermerait pas, qu’il n’y aurait bientôt plus un seul sans-abri et qu’il allait moraliser le capitalisme…
En fait, ils mentent tous. Sauf justement quand ils se traitent mutuellement de menteurs. 
Le premier mensonge, qui leur est commun à tous est de s’adresser aux « Citoyens » en général ou aux « Français ». Le premier mensonge est de faire croire que les riches et les pauvres, les travailleurs et les rentiers, les exploités et les exploiteurs ont des intérêts communs. 
Comme si ce qui est bon pour la famille Peugeot était forcément bon pour les travailleurs de PSA ! Comme si ce qui est bon pour Bettencourt l’était pour ses salariés !........Sarkozy veut lier dit-il les allocations chômage à une formation. Comme si les chômeurs refusaient des formations ! Et comme si à l’issue des formations il y avait un emploi ! Parmi les ouvrières de Moulinex de Cormelles le Royal licenciées il y a 10 ans, la grande majorité doit maintenant survivre avec les minimas sociaux, et ce n’est pas faute d’avoir fait des formations !   Derrière cette histoire de formation il y a surtout l’obligation qui sera faite aux chômeurs d’accepter le premier emploi proposé c’est-à-dire de contraindre les travailleurs à accepter tous les petits boulots, même ceux qui ne permettent pas de vivre ! Avec une telle politique on verra peut-être ici des jobs à un euro de l’heure comme en Allemagne, des emplois pour moins de 400 € à temps partiel !  En s’en prenant aux chômeurs, Sarkozy s’en prend à tous les travailleurs. Parce que le chômage est une menace qui pèse sur l’ensemble des travailleurs. Qui aujourd’hui peut se sentir à l’abri du chômage ? Même plus les fonctionnaires puisque l’État peut licencier tout fonctionnaire qui refuse trois reclassements ! Sarkozy veut culpabiliser les chômeurs ? Éh bien, nous avons à dire, à répéter, que les chômeurs ne sont pas responsables !        
Le chômage est le produit de la rapacité patronale, un produit de l’exploitation, ce n’est pas une fatalité ! On peut le combattre. Qu’on soit au chômage, en activité, ou à la retraite, nous subissons directement ou indirectement les ravages du chômage. Le chômage est notre problème à tous et il doit devenir l’objet de notre combat commun.
Voilà pourquoi je ne présente pas un programme de gouvernement mais un programme de luttes pour les travailleurs.       
Le premier objectif, c’est d’abord et avant tout imposer l’interdiction des licenciements.       
Dès que les commandes et l’activité diminuent du fait de la crise, dès même que le patronat anticipe une baisse de production, il renvoie les intérimaires, les CDD, il supprime des emplois et aggrave les conditions de travail pour ceux qui restent. Le patronat maintient le même niveau de rentabilité et de profits malgré la crise, parce qu’il se sert des travailleurs, de leur emploi et de leur salaire pour amortir les pertes. S’il y a moins de travail à faire, il faut forcer le patronat à répartir le travail entre les travailleurs, qu’il baisse les cadences, diminue les horaires, mais qu’il garde tous les travailleurs et qu’il garantisse les salaires. Qu’il partage le travail sur tous et qu’on maintienne le salaire à 100 %.
Et puis, il faut embaucher dans les services publics. Il suffit d’écouter le personnel hospitalier surchargé, les infirmières, les aides-soignantes incapables de prendre leurs jours de repos, pour comprendre qu’il faut répartir le travail dans les hôpitaux en embauchant. Oui, il y a de quoi embaucher dans les écoles, à la Poste, dans les transports.   
Il faudrait même développer de nouveaux services publics. Parmi les domaines où la défaillance du secteur privé est manifeste et dramatique par les temps qui courent, il y a le domaine du logement……
…..Pourquoi, alors que l’État supporte par exemple l’essentiel des dépenses de l’industrie privée de l’armement, il ne trouverait pas de quoi préempter les terrains et développer son propre service de construction en embauchant directement les maçons, ingénieurs, architectes. L’État pourrait le faire directement sans passer par les marchands de béton et autres spécialistes de fausses factures. Voilà comment on pourrait construire le million de logements qui manquent aujourd’hui cruellement.  
L’intérêt des chômeurs et de la société se conjugue, pour imposer non pas moins de personnel dans les services publics, mais plus !     
Sur les salaires : Il faut aussi imposer des augmentations des salaires et des pensions de retraite et obtenir leur indexation sur les prix, c’est-à-dire l’échelle mobile des salaires. Ces dernières années, tous les prix ont augmenté. Depuis 2005, le gaz à lui seul a augmenté de 60 %. Dernièrement, le gouvernement s’est réjoui que l’augmentation au 1 janvier ne serait que de 4,5 % ; mais quel est le salaire, l’allocation ou la pension de retraite qui a augmenté à ce rythme ? À cela il faut rajouter l’augmentation des loyers, des charges, du carburant, des produits alimentaires.
C’est sur la santé que le gouvernement a imposé les sacrifices les plus lourds. Les franchises médicales, les déremboursements de médicaments se multiplient, …….Alors, à chaque hausse de prix il faut que les salaires comme les retraites, le RSA, comme les allocations logement, familiale, comme l’allocation adulte handicapé augmentent automatiquement. Pour ne pas se laisser appauvrir quand tous les prix augmentent, il faut remettre d’actualité la lutte pour l’échelle mobile des salaires.
Aujourd’hui la bourgeoisie nous dit qu’elle n’a plus d’argent. Qu’augmenter les salaires, ce n’est pas possible. Que le pays a un problème de compétitivité.        Les mêmes qui nous expliquent qu’ils ne peuvent plus cotiser pour la santé, pour la famille, pour les retraites, versent 200, 300 fois le smic à leurs PDG. Ils versent des dizaines de millions aux grands actionnaires, millions qui seront dilapidés dans des caprices de riches ou, pire encore, dans la spéculation. 
Éh bien, il faut que la lumière soit faite sur l’argent qu’il y a réellement dans les entreprises.
……Et puis, une fois l’élection terminée et les urnes rangées, il faut que le programme que nous avons défendu pendant la campagne continue de l’être après. Pour cela il faut un parti et celui-ci n’existera que lorsqu’il sera rejoint par plusieurs dizaines de milliers de femmes et d’hommes prêts à se consacrer à la transformation de la société.
Il n’existera vraiment que lorsqu’il pourra être présent et actif dans tous les domaines de la vie sociale. Dans les entreprises d’abord, parce que c’est là que se mène jour après jour cette lutte de classe et que c’est là que se décidera l’issue du combat entre les deux classes sociales.       
Mais il faut que ce parti soit présent aussi partout ailleurs, dans les quartiers populaires, dans les écoles où se forme la jeunesse, dans tous les domaines qui touchent à la vie des travailleurs.      
Nous sommes encore loin de cette situation, mais c’est cette présence de militants communistes qui peut aussi prendre le contre-pied de l’extrême droite et des forces réactionnaires de tous ordres, qui essaient de capter à leur profit le mécontentement et la colère que la crise du capitalisme ne manquera pas de susciter. 
 
Alors, camarades et amis, en nous aidant dans cette campagne électorale, vous participerez à notre combat commun, à la propagation de toutes ces idées et de ces objectifs qui seront décisifs en cas de remontée des luttes.
Votez et faites voter pour ma candidature et, une fois l’élection terminée, continuons ensemble ce combat !
 
COMBAT OUVRIER APPELLE À VOTER POUR Nathalie Arthaud en Martinique et en Guadeloupe !


Meeting de soutien à Nathalie Arthaud du 4 février à Fort de France

 
Intervention de Louis MAUGEE
 
Travailleuses, travailleurs, camarades et amis
Nathalie Arthaud sera la seule candidate communiste dans cette élection présidentielle.
 
Depuis ses débuts, le courant communiste s’est employé à défendre la perspective de la révolution sociale, la perspective d’une société sans classe sociale, sans l’exploitation capitaliste.
Le courant communiste a toujours opposé à la politique bourgeoise une politique ouvrière, opposé aux valeurs de la bourgeoisie, les revendications des exploités.
 
Les différents candidats nous parlent souvent de République et de démocratie. En réalité, il s’agit de République et de démocratie bourgeoise, c'est-à-dire du droit du plus fort, du pouvoir absolu du capital.
Les injustices, les inégalités, ont toujours été combattues par le courant communiste révolutionnaire.
 
Ce courant a systématiquement pris le contre-pied du fatalisme et de l’acceptation prêchée par la bourgeoisie et s’est battu au contraire pour que les travailleurs, qui font tout tourner dans l’économie, prennent conscience qu’ils peuvent aussi la diriger et qu’ils pourraient collectivement le faire mille fois mieux que ne le font, aujourd’hui, les capitalistes.
 
Le courant communiste révolutionnaire a toujours refusé de s’intégrer au système politique de la bourgeoisie mais il a toujours tenu à se faire entendre dans toutes les élections.
C’est ce courant qui est représenté par Nathalie Arthaud dans cette campagne pour l’élection présidentielle.
En Martinique aussi, le courant communiste a été synonyme des grandes luttes des travailleurs contre les oppresseurs, les prédateurs et leur mainmise sur les biens et services de cette société.
Et nous sommes fiers, avec Nathalie Arthaud de relever le drapeau du communisme ! Il y 50-60 ans, en Martinique ce drapeau était celui levé par les militants du groupe Jean Jaurès, les Bissol, Del, Monnerot, Bayardin, puis les Aliker. Ces ouvriers et jeunes intellectuels à l’origine de l’introduction du courant communiste, ont eu le courage de se dresser contre la férocité et le mépris du colonialisme et de l’exploitation capitaliste , entrainant avec eux  dans des grandes luttes, les travailleurs, ouvriers de la canne, les petites gens, les humiliés, avec la conviction qu’un autre monde plus juste était possible. Aujourd’hui le parti communiste martiniquais a choisi de se fondre derrière le courant de J.Luc Mélechon. Nous y reviendrons !
 
Mais nous nous relevons ce drapeau !
Alors, toutes celles et ceux qui sont convaincus que cette société d’exploitation est à renverser et qu’il n’y a rien à garder du système capitaliste doivent l’affirmer.
Toutes celles et ceux qui sont fiers d’avoir conservé envers et contre tout leurs idéaux, leurs rêves et leurs convictions que l’avenir ne peut être que dans une société communiste doivent l’exprimer.
 
Même dans les élections on peut lever le drapeau de la révolution sociale. « On peut lever le drapeau futur de la révolution sociale qui ne manquera pas d’arriver un jour’ !
Oui, aujourd’hui alors que la faillite de ceux qui dirigent l’économie apparait de façon  plus évidente que jamais, il faut qu’il y ait des femmes et des hommes qui lèvent ce drapeau du communisme révolutionnaire.
Il faut que dans cette élection se manifeste un courant politique qui se place clairement du point de vue des travailleurs et principalement de ce point de vue.
 
Un courant qui affirme qu’il est vital, urgent, d’imposer et de contraindre la bourgeoisie à payer pour assurer et garantir les emplois, les salaires, les retraites, les services publics. Et ce, quoi qu’il en coûte à la bourgeoisie.
 
Et si les profits d’aujourd’hui ne suffisent pas, il faudra forcer les capitalistes à puiser dans les profits passés et même dans les fortunes privées accumulées au fil du temps.
Confrontés à la crise, les capitalistes compensent leurs pertes en aggravant l’exploitation.
Tout est bon pour baisser la masse salariale. A commencer par les licenciements et les fermetures de site.
En France, faire la liste des groupes capitalistes qui ont licencié ou supprimé des emplois depuis trois ans est impossible. Ils l’ont quasiment tous fait ! En 3 ans, 900 usines ont fermé une par jour. Il y a eu un million de chômeurs supplémentaires en 5 ans.
Actuellement plus de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.
 
Mais chez nous en Martinique, avec plus de 40 000 chômeurs, avec une forte proportion de travailleurs précaires, de retraités aussi, vivant avec des revenus au dessous du seuil de pauvreté,  pour la majorité de la population laborieuse, c’est le tarif de la double peine. 
Un exemple tiré  des chiffres, de l’INSEE, concernant les impositions de 2009, donc les revenus 2008.
Plus de la moitié (54%) des foyers de retraités touchaient moins de 9.400€ par an (783,33€ par mois).
Pour cette tranche, le revenu moyen par foyer était de 520,80€, moins que le seuil de pauvreté en Martinique, fixé en 2006 à 617€ disponibles après imposition,  par tête.
 
Nous avons aussi l’exploitation éhontée des grands groupes capitalistes qui ont la plupart leurs correspondants ou filiales locales –TOTAL, BNP-Paribas, Carrefour, et autres grands prédateurs , mais aussi le poids des vestiges du colonialisme avec la main mise du lobby béké sur une partie importante de l’économie (dans l’agriculture, dans le commerce, les services, l’import-export, le tourisme) et sur la férocité des rapports sociaux qui en découlent.
Sans parler des suppressions de postes dans la fonction publique, du non renouvellement des contrats aidés et autres, des intérimaires de la Poste, des hôpitaux ou de l’éducation nationale.
 
Et tout ça pourquoi ? Pour quelle société ? Pour que les dividendes des actionnaires soient préservés, pour que les fortunes des plus riches soient garanties !
Depuis 2008, c’est la crise, nous dit-on ! Sans nul doute !
On voit bien lors des grands messes G8 ou G20 par exemple, (c'est-à-dire les 20 plus grandes puissances mondiales), que les dirigeants, les experts économiques et financiers n’ont aucune maitrise sur les conséquences de l’emballement des marchés financiers.
 
Mais ce n’est pas la crise qui fait que le grand patronat s’en sort avec tous ses profits et que ce sont les travailleurs qui payent ! Ça, c’est le résultat de la lutte de classe.
 
 
Beaucoup s’étonnent que dans ce contexte il n’y ait pas plus de réactions de la part des travailleurs.
Mais la crise que nous vivons est souvent comparée à la crise mondiale de 1929. Eh bien, il faut se souvenir qu’il a fallu attendre 1934 aux Etats-Unis, 1936 en Espagne et en France, (plus de 5 ans après) pour que les travailleurs trouvent le chemin des luttes et de la grève générale. Il a fallu des années pour que les travailleurs passent de la résignation, du désespoir impuissant, voire réactionnaire à l’espoir d’inverser le cours des choses.
 
Aujourd’hui, on peut penser que la matière explosive s’accumule dans la classe ouvrière. Le moment de la révolte de millions de femmes et d’hommes viendra, tôt ou tard.
Tous les autres candidats n’imaginent pas ou refusent de mettre en avant les revendications vitales pour les travailleurs parce qu’ils craignent de gêner les affaires de la bourgeoisie. Alors il n’y aucune raison de laisser dans cette élection le monopole de la parole à tous ceux qui n’imaginent rien d’autre qu’une politique favorable ou acceptable par la bourgeoisie
Eh bien il faut que dans cette révolte les travailleurs aient une politique, leur politique, qu’ils sachent pourquoi se battre et comment faire pour inverser durablement le rapport de force avec la classe capitaliste.




Intervention de Gabriel JEAN-MARIE
 
 
SUR LE PROGRAMME DES DIFFERENTS CANDIDATS
Le patronat est à l’offensive et en la personne de Sarkozy, il a trouvé le porte-parole idéal et le serviteur zélé. Ceux qui le soutiennent ici sont ceux de la Droite, les Thiraud de l’UMP, les Lesueur ou Laventure des Forces martiniquaises de progrès, ou encore Chantal Maignan du PRM.
Sarkozy, un serviteur zélé qui dans la campagne s’adresse sans détour à son électorat : les petits et les grands privilégiés. Et pour plaire à l’électorat le plus réactionnaire, de droite et d’extrême droite, Sarkozy sort la grosse artillerie contre les chômeurs, contre les allocataires du RSA, et surtout contre les travailleurs immigrés.
Il utilise les préjugés les plus abjects, les mensonges les plus grossiers.
Il a quelques temps, il présentait les vieux travailleurs immigrés comme des profiteurs d’allocation ! Eux, que le patronat a usés jusqu’à la corde sur les chaînes de production, dans le bâtiment ou dans le nettoyage !
Et pourquoi y aurait-il trop d’étrangers en France ? Au prétexte que c’est la crise ?
Au prétexte qu’il n’y a plus de travail, il faudrait dire à tous ceux qui ont trimé et qui continuent de trimer dans les travaux publics, dans la restauration, dans les hôpitaux, qu’il n’y a plus besoin d’eux et qu’ils n’ont plus qu’à crever ?
Et après qui y aura-t-il en trop dans la société ? Les jeunes, qui, en Martinique par exemple, se retrouvent à plus de 60% frappés par le chômage ? Les femmes  qui sont les premières touchées aussi par les petits boulots, les temps partiels imposés et le chômage !
Eh bien non, il n’y a aucun travailleur de trop dans la société.
L’intérêt collectif serait de répartir le travail et les efforts entre tous et d’avoir chacun un salaire qui permette de vivre. Mais cela, il faudra l’imposer au patronat et pour l’imposer il ne faudra pas se laisser diviser mais il faudra au contraire unir toutes nos forces.
 
Et puis Sarkozy veut aussi des voix des ouvriers. Alors il essaye de refaire le coup du « président du peuple », proche de « la France qui se lève tôt » ! Il se fait filmer visitant des usines, enfilant un bleu de travail !  Mais ce n’est pas ce cirque qui en fera un « candidat du peuple ».
Mais, on en a déjà soupé, des promesses de Sarkozy !
Sarkozy s'était engagé à ce qu'il n'y ait aucune hausse des impôts ! Durant son mandat, il y a eu une redistribution des prélèvements obligatoires : les riches paient moins d'impôts tandis que les classes populaires en paient plus…
 
Pour les riches, la suppression du bouclier fiscal très impopulaire en 2011, a été compensée par la baisse de l'impôt sur la fortune, les plus riches ont finalement gagné à ce changement. Rappelons qu’en Martinique 2010, il y avait 800 redevables de l’impôt sur la fortune avec un patrimoine supérieur à 790 000€.
D'autres cadeaux fiscaux ont aussi été faits aux plus riches. Baisse de la fiscalité sur la transmission du patrimoine, baisse des impôts sur  les entreprises, et plus celles-ci sont importantes, moins elles paient : celles du CAC40 (c'est-à-dire les plus grosses capitalisations boursières) ne sont imposées qu'à 8 % de leurs bénéfices, tandis que les PME le sont à 30 %. À cela s'ajoutent toutes les niches fiscales dont bénéficient les plus aisés, dont le montant total équivaut aux rentrées de la TVA !
Pour payer ces cadeaux faits aux riches, le gouvernement a mis les plus pauvres à contribution à travers une série de mesures qui, grèvent lourdement leur budget. Ainsi avec le gel du barème de l’impôt décidé par Sarkozy-Fillon dans le cadre du 2è plan d’austérité en novembre 2011, certaines personnes, qui ne payaient pas d'impôt à cause de la faiblesse de leurs revenus, vont devoir le faire.
Ces mesures sont d'autant plus pénalisantes qu'elles font perdre des exonérations, des dégrèvements ou des allocations liés au fait de ne pas être imposable, notamment en ce qui concerne la taxe d'habitation ou l'aide au logement. À cela s'ajoutent l'imposition de 50 % des indemnités journalières en cas de maladie, etc.
 
Sacrifier les services publics pour consacrer le budget de l'État à secourir les profits des grands groupes et à assurer la rente des banquiers, laisser continuer l'hémorragie d'emplois dans le privé et en supprimer 150 000 dans le public, bloquer les salaires pendant que les prix à la consommation augmentent sans contrôle, reculer l'âge de la retraite, diminuer les remboursements des soins médicaux, couper dans les budgets sociaux. Voilà le bilan catastrophique de Sarkozy.
N’oublions pas non plus les plans d’austérité déguisés sous prétexte de RGPP- la Révision Générale des Politiques Publiques-et visant en premier lieu à diminuer le nombre d’emplois publics.
 
En Martinique, le résultat, c’est le non remplacement d’un départ à la retraite sur 2 dans la Santé, La direction du CHU de Fort de France vient de l’annoncer  après sa récente rencontre avec le ministre de la Santé. C’est la même politique à Pole emploi, aux services des Impôts - Trésor Public, ou dans les administrations territoriales,  etc… Dans l’Education nationale, 239 postes budgétaires ont été supprimés en 2011, le Ministre prévoit, 98 postes  en moins dans le second degré et 97 dans le premier degré. Et puis le recteur vient de demander aux directeurs de supprimer 60 postes supplémentaires en 2012.
Les menaces restent permanentes sur les 5000 contrats aidés.
Alors les travailleurs n’ont, bien sûr, rien à attendre de Sarkozy, de ses coups de bluff, de ses discours de campagne pleins de mépris à leur égard.
 
Mais si Sarkozy part, sa politique partira-t-elle avec lui ?
Et là, comme Nathalie Arthaud, je vous dis que les travailleurs n’ont rien non plus à attendre de Hollande !
Hollande ne veut rien imposer à la bourgeoisie, il ne veut pas la contraindre à quoi que ce soit. C’est le grand patronat qui gouverne réellement, qui impose ses diktats et Hollande ne veut le forcer à rien.
Que ce soit sur la promesse des contrats de génération, sur la création des emplois dans l’éducation, ou sur la retraite, Hollande s’en tient au strict minimum, tout en expliquant que ces maigres mesures sont, en plus, conditionnées à la croissance… Même quand il s’agit de donner un coup de pouce au smic ? Hollande répond : « Oui, mais, à condition que « nos » entrepreneurs en aient les moyens.. »
 
En particulier, Hollande répète qu’il faudra payer la dette d’abord et avant tout, mais il ne dit pas  que ce n’est pas aux travailleurs de payer cette dette.
Alors si les travailleurs ont bien des raisons de vouloir se débarrasser de Sarkozy mais ils n’en ont aucune, vraiment aucune, de faire confiance à Hollande.
Alors, pour départager la gauche et la droite, on entend qu’il y a des discours sur la fiscalité ! Et en annonçant une tranche de 75% sur les revenus dépassant le million d’euros, Hollande a eu son petit effet !
Mais Hollande lui-même le dit : c’est une mesure symbolique. En réalité, pas plus sur ce terrain de la fiscalité que sur d’autres, le parti socialiste ne fait preuve d’audace.
Car il ne peut pas y avoir, ne serait-ce qu’un début de « justice fiscale », sans mettre fin à la TVA et à toutes les taxes indirectes qui l’accompagnent. (comme les taxes sur les carburants par exemple).
La TVA est l’impôt qui rapporte la moitié des recettes de l’Etat mais c’est l’impôt le plus injuste qui est payé au même taux que l’on soit riche ou pauvre. Et qui pèse même, en proportion bien plus sur les pauvres qui consomment la totalité de leurs revenus.
La TVA devrait être supprimée et sa suppression devrait être compensée par une imposition plus forte sur les revenus du capital, c’est-à-dire sur les revenus de l’exploitation.
On nous présente comme une grande idée de gauche que les revenus du capital soient taxés au même niveau que les revenus du travail. Mais la justice serait que seuls les revenus de l’exploitation soient taxés, que l’on supprime l’impôt sur les salaires.
Ce ne serait qu’un rendu pour un volé.
 
De tout cela il n’est évidemment pas question pour Hollande, alors qu’on est en période de crise !
Il y a quelques temps, dans son discours du Bourget, Hollande s’en est pris à la finance. Mais une semaine plus tard on l’a vu avec un tout autre langage vis-à-vis des marchés financiers. Il a au contraire essayé de donner des gages aux financiers de la City à Londres, en expliquant qu’ils n’avaient rien à craindre, car en France, il n’y avait plus de communistes !
Le fait que cela plaise ou pas à ses partenaires du PC qui ne demandent qu’à gouverner avec lui s’il est élu, n’est pas rentré en ligne de compte pour Hollande. Le problème de Hollande était d’expliquer clairement aux possédants que si les socialistes revenaient au pouvoir, ils ne gouverneraient pas à gauche et qu’ils seraient comme à leur habitude des gestionnaires loyaux et responsables ! Il a même tenu à souligner que la gauche au pouvoir avait su très bien privatiser et libéraliser la finance !
Eh bien nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été avertis ! Si futur gouvernement socialiste il y a, il fera ce que la finance imposera. Et nul doute que si la crise s’aggrave, que le gouvernement soit de droite ou de gauche, il imposera aux travailleurs les mêmes sacrifices imposés aux travailleurs grecs aujourd’hui, les amputations de salaire et de retraite, la démolition des services publics et le chômage forcé.
 
Concernant l’Outre mer, Hollande avec son représentant Lurel,  président du conseil régional de Guadeloupe, se sont fendus d’un programme spécifique.
 
En fait Hollande a décliné une série de promesses dans le style : « Je ferai », « Je lutterai », « J’engagerai », « Je mettrai en œuvre etc. ». Mais Hollande n’a annoncé  aucune mesure un  tant soit peu radicale pour résoudre les graves problèmes et notamment le chômage véritable gangrène de ces territoires.
Ainsi, il dit qu’il «fera en sorte» qu’aucun jeune entre 16 et 18 ans ne se retrouve sans solution d’insertion ». Alors, d’une part, Hollande réduit ses prétentions aux jeunes entre 16 et 18 ans alors que le taux de chômage des 18-25 ans est particulièrement important aussi, ainsi que celui de toute la population. Mais, d’autre part, même à ces « 16-18 ans » il n’offre qu’une vague « insertion », mais aucun horizon sérieux vers des emplois stables et durables.
 
Autre promesse à dose homéopathique : 500 millions d’euros pour l’investissement outre mer. Mais 500 millions pour quatre « départements d’outre mer » et six « territoires d’outre mer », c’est une goutte d’eau dans les océans qui les séparent ! Cela ne représente même pas le double de la dette cumulée des 3 hôpitaux de la Martinique, engagés par le ministère de la Santé dans une fusion qui se chiffre à 268 millions d’euros !  Une misère, en somme !
Bref, les 30 propositions pour l’outre mer que fait Hollande, sont toutes de cet acabit et restent très superficielles : contrôle des prix, égalité tarifaire sur les tarifs bancaires avec la France, sur les télécommunications. Il sait que les originaires d’outre-mer y sont sensibles, alors il en parle, mais il ne dit rien sur la manière de les régler. « Je lutterai contre la hausse des prix des carburants »  a-t-il dit, mais il ne dit rien sur la manière de faire plier les grandes compagnies comme Total. Evidemment, puisqu’il ne le pourra pas, tout comme Sarkozy, Penchard et la droite qui sont soumis aux diktats des grosses sociétés et des gros possédants. Du reste, Hollande rassure bien aussi ce monde de possédants en déclarant qu’il « maintiendra le niveau de la défiscalisation ».
 
Alors, on entend- qu’« Il faut battre Sarkozy », que « Cela ne peut pas être pire »
Mais si, cela peut être pire !
Parce que la crise peut se poursuivre et s’aggraver et que ce soit Hollande ou Sarkozy,  les coups tomberont quel que soit l’élu. Et si les coups viennent de la gauche, cela ne les rendra pas meilleurs.
Alors plutôt que de nous bercer d’illusions, préparons nous à nous défendre par nous-mêmes.
 
Les travailleurs et les plus pauvres ont appris, à leurs dépends, que l’arrivée de la gauche au pouvoir ne changeait rien pour eux. Tous les gouvernements qui se sont succédés, qu’ils soient de gauche ou de droite ont toujours laissé les patrons faire ce qu’ils voulaient quand ils ne prenaient pas fait et cause pour eux.
Y compris les gouvernements de gauche, ceux de Mitterrand et de Jospin même quand ils avaient fait des promesses aux travailleurs.
 
Quant à Mélenchon, il attire un certain nombre d’électeurs de l’électorat populaire, des ouvriers aussi, critiques vis-à-vis de Hollande. Avec plus de 13% des sondages, il serait actuellement à la 3è place dans les sondages.
Ici, comme en France, le parti communiste appelle à voter pour lui, abandonnant comme il le fait régulièrement programme et drapeau au nom d’une soi-disant efficacité.
Ses airs de tribun, ses envolées contre les puissances de l’argent, peuvent plaire. Mais tout cela sert principalement à tenter de nous faire croire que le salut pour les travailleurs viendra d’un changement de gouvernement. Et Mélenchon ne s’en cache pas, son modèle en la matière est le gouvernement Mitterrand.
Mais combien de travailleurs ont placé leurs espoirs dans Mitterrand, qui promettait lui de changer la vie, qui promettait même la rupture d’avec le capitalisme ! Et combien parmi eux, se sont sentis trahis parce qu’il a fini par se comporter comme n’importe quel patron en bloquant les salaires, en licenciant à tour de bras dans la sidérurgie et en glorifiant la Bourse ?
Alors des faiseurs d’illusions gouvernementales, il y en a toujours eu. Et toute notre politique consiste à les dévoiler auprès des travailleurs, à les prévenir des mauvais coups et des désillusions, à les armer politiquement pour affronter l’avenir.
Il y a aussi l’extrême droite qui pour l’instant occupe la 4è place dans les sondages en France !
Et on entend qu’en France beaucoup de gens, y compris parmi les travailleurs, sont écœurés par ces alternances électorales. Parmi les plus amers et les plus désorientés, il y en a même qui seraient tentés par le FN.
« On les a tous essayés, sauf elle », disent-ils. Mais ils se trompent, parce qu’avec Sarkozy au pouvoir, on l’a eue, la politique de la droite extrême. Le Pen n’est pas au gouvernement, mais avec Guéant et Sarkozy, une partie de sa politique y est déjà !

Croire que l’on peut rejeter tous les hommes politiques en votant pour le FN, c’est se tromper lourdement ! Marine Le Pen veut, comme les autres, aller à la mangeoire ! Elle pense avoir trouvé un créneau porteur, un créneau abject qui s’appuie sur les préjugés racistes et chauvins, pour se faire une place dans le système ; mais elle est comme les autres.
Marine Le Pen est une défenseure des riches, de la propriété, une défenseure de la société telle qu’elle est, avec l’exploitation capitaliste, avec ses inégalités et ses injustices. Le FN vise à affaiblir les travailleurs, à les diviser, en jetant en pâture nos camarades de travail immigrés.
Rien que cela fait de Marine Le Pen une ennemie mortelle pour la classe ouvrière !
Voter Le Pen signifie rejoindre, ne serait-ce que par le bulletin de vote, la cohorte des nostalgiques des guerres coloniales, les réactionnaires  en tout genre, les ennemis les plus avérés de la classe ouvrière, ceux qui tirent la société en arrière. Pour des travailleurs conscients, il ne peut pas en être question.
Ici aussi, beaucoup sont écœurés devant le cirque politique, et se disent que voter ne sert à rien, d’autant qu’ils se disent tout cela se passe bien loin de nous et on ne peut rien faire.
Il y a aussi ceux qui écoutent les sirènes des politiciens qui prétendent ne pas se mêler des affaires françaises mais qui ne se préoccupent surtout pas de proposer aux travailleurs de ce pays de s’exprimer sur un programme de lutte. Ces mêmes politiciens qui ont l’habitude de se taire quand les travailleurs se trouvent confrontés à la rapacité de leurs patrons comme lors de la dernière grève des pompistes, mais qui sont déjà sur la ligne de départ comme candidat pour courir à l’assemblée nationale française.
Je ne les nommerais pas. Ils sont trop nombreux ainsi déjà positionnés, faisant soit disant partie du groupe Ensemble  pour une Martinique Nouvelle, qu’ils soient candidats de la FSM, du PPM, en passant par Bâtir , ou encore qu’ils soient candidats du RDM, ou des Patriotes et alliés. Mais ils se se rejoignent sur le fait qu’ils estiment n’avoir rien à dire aux travailleurs, aux exploités pour se préparer à faire face à la rapacité des possédants et à leur crise.
Certes, le vote ne peut pas changer la vie des travailleurs mais il offre l’occasion d’exprimer sa colère. Pourquoi mettre son poing dans sa poche et se taire quand on a l’occasion d’exprimer une colère consciente et de lever le drapeau des luttes.
 
Des générations de travailleurs se sont battues pour avoir le droit de s’exprimer et de voter. Et bien des peuples se battent, aujourd’hui pour conquérir ce droit, en Égypte, en Syrie, au Sénégal !
 
Nous, ce droit nous l’avons ! Eh bien, nous devons nous en servir, y compris pour nous exprimer clairement, dire que : les élections ne changeront rien à la vie des travailleurs, mais aussi pour mieux préparer les luttes de demain.




 
Intervention de Ghislaine JOACHIM-ARNAUD
 
Ce qui peut changer, c’est que les exploités inversent le rapport de force. C’est ce que répète Nathalie Arthaud durant sa campagne.
Ce que l’on peut faire dans le cadre de ces élections présidentielles, c’est être nombreux à exprimer cela et à s’y préparer !
 
On l’a vu lors des mobilisations en Février et mars 2009 en Martinique, en Guadeloupe. En Février 2012 à la Réunion, en 2011 à Mayotte. C’est uniquement lorsque les masses populaires, les travailleurs sont mobilisés et qu’ils se font craindre, qu’ils arrivent à freiner l’appétit démesuré des exploiteurs. Et ces mobilisations importantes, on ne sait jamais à l’avance quand elles surviennent, mais avec la crise et la volonté féroce des exploiteurs de la faire payer aux travailleurs et aux plus démunis, on est sûr qu’il y en aura d’autres.
Et le fait que les exploiteurs essaient par la suite de se venger de la peur que leur a infligé le mouvement social, comme l’a fait le lobby béké en Martinique en intentant un procès contre moi-même, ou encore comme la justice coloniale en Guadeloupe qui multiplie les procès contre les syndicalistes, n’y change rien.
Je le redis,  Les travailleurs savent que ce qui peut changer, c’est que les exploités inversent le rapport de force. Et qu’à ce moment là, ils puissent s’emparer d’un programme de lutte, un programme leur permettant d’arracher les revendications essentielles pour eux, des griffes de la bourgeoisie en remettant son pouvoir en cause.
C’est pourquoi, avec la candidate communiste Nathalie Arthaud, je redis qu’il faut qu’un grand nombre de travailleurs se prononcent sur un programme de lutte pour préparer l’avenir.
 
Le premier objectif, c’est d’abord et avant tout imposer l’interdiction des licenciements.
Quand nous disons qu’il faut l’interdiction des licenciements, on nous oppose que ce n’est pas possible, que ce n’est pas réaliste parce que cela risquerait de mettre les entreprises en difficultés.
Mais les travailleurs eux, quand ils se retrouvent à la rue, ceux qui sont au chômage et ne trouvent aucun perspective d’emploi,  ils sont dans les pires difficultés : ce sont les impayés qui s’accumulent, les découverts bancaires, les agios, les menaces de coupures de téléphone, d’électricité. C’est le cas de ceux et celles qui ont perdu leur emploi aux crèches BIZOUNOUS, mais aussi de ceux victimes de la politique des gros capitalistes de la distribution, quand les hypermarché sont passés de Lancry-Lecler à Parfait. Près de 10% des salariés sont restés sur le carreau !
Tous ces gens , il faudrait qu’ils se débrouillent ! Qu’ils arrêtent de se soigner. Eh bien non, c’est leur vie, leur emploi et leur salaire qu’il faut préserver d’abord et avant tout !
 
Tous les autres candidats n’imaginent pas ou refusent de mettre en avant ces revendications vitales pour les travailleurs parce qu’ils craignent de gêner les affaires de la bourgeoisie. Alors il n’y aucune raison de laisser dans cette élection le monopole de la parole à tous ceux qui n’imaginent rien d’autre qu’une politique favorable ou acceptable par la bourgeoisie.
 
Ce qui sera déterminant dans l’avenir, c’est qu’il y ait des femmes et des hommes prêts à en découdre avec le patronat car avec la crise, la lutte de classe devient de plus en plus violente.
Confrontés à la crise, les capitalistes compensent leurs pertes en aggravant l’exploitation.
 
Dès que les commandes et l’activité diminuent du fait de la crise, dès même que le patronat anticipe une baisse de production, il renvoie les intérimaires, les CDD, il supprime des emplois et aggrave les conditions de travail pour ceux qui restent.
Le patronat maintient le même niveau de rentabilité et de profits malgré la crise, parce qu’il se sert des travailleurs, de leur emploi et de leur salaire pour amortir les pertes.
Eh bien s’il y a moins de travail à faire, il faut forcer le patronat à répartir le travail entre les travailleurs, qu’il baisse les cadences, diminue les horaires, mais qu’il garde tous les travailleurs et qu’il garantisse les salaires. Qu’il partage le travail sur tous et qu’on maintienne le salaire à 100 %.
Et puis, il faut embaucher dans les services publics. Il suffit d’écouter le personnel hospitalier surchargé, les infirmières, les aides-soignantes incapables de prendre leurs jours de repos, pour comprendre qu’il faut répartir le travail dans les hôpitaux en embauchant. Oui, il y a de quoi embaucher dans les écoles, à la Poste, dans les transports.
Il faudrait même développer de nouveaux services publics. Parmi les domaines où la défaillance du secteur privé est manifeste et dramatique par les temps qui courent, il y a le domaine du logement.
Et en Martinique, on le sait, il manque plus de 10 000 logements. Et on nous répète à chaque passage de ministres que la LBU (Ligne Budgétaire Unique pour le logement) va être augmentée…., ou a été augmentée, que l’Etat va mettre des terrains à disposition des bailleurs privés pour la construction de logements sociaux. Mais au final, la pénurie continue et les mauvaises conditions de logements aussi pour de nombreuses familles.
 
Pourquoi, alors que l’Etat supporte par exemple l’essentiel des dépenses de l’industrie privée de l’armement, il ne trouverait pas de quoi préempter les terrains et développer son propre service de construction en embauchant directement les maçons, ingénieurs, architectes. L’Etat pourrait le faire directement sans en passer par les marchands de béton et autres spécialistes de fausses factures. Voilà comment on pourrait construire le million de logements qui manquent aujourd’hui cruellement en France, les milliers qui manquent en Martinique.
SUR LES SALAIRES
Il faut aussi imposer des augmentations de salaire et des pensions de retraite et obtenir leur indexation sur les prix, c’est-à-dire l’échelle mobile des salaires.
Ces dernières années, tous les prix ont augmenté.
Pour la Martinique je ne prendrai que l’exemple du prix des carburants qui flambe.
Il y a 4 jours le Super est passé de 1,54 euro/litre  à 1,62euro/ litre. Le gazole passe de 1,31 euro/ litre à 1,34 euro/ litre, et la bouteille de gaz atteint 24,88euros contre 24,59 euros avant.
Pour les gros capitalistes du secteur les profits aussi flambent.
Total se vantait cette année encore de faire plus de 11 milliards de bénéfice sans payer un sous d’impôt au fisc français.
Mais quel est le salaire, l’allocation ou la pension de retraite qui augmente à ce rythme ? À cela il faut rajouter l’augmentation des loyers, des charges, des produits alimentaires.
Il y a quelques jours, et malgré 14 jours de grève, les pompistes n’ont pu arracher que des augmentations de quelques dizaines d’euros par mois.
C’est sur la santé que le gouvernement impose les sacrifices les plus lourds. Les franchises médicales, les déremboursements de médicaments se multiplient, à tel point que se soigner devient un problème pour beaucoup. Et maintenant on ne trouve même plus les médicaments dans les hôpitaux et il est souvent demandé aux malades et à leur famille de venir avec leurs médicaments. C’est scandaleux !
 
Alors, avec Nathalie Arthaud, la candidate communiste aux prochaines élections présidentielles, nous disons : ’A chaque hausse de prix il faut que les salaires comme les retraites, le RSA, comme les allocations logement, familiale, comme l’allocation adulte handicapé, l’allocation parent isolé, (API) augmentent automatiquement.
Pour ne pas se laisser appauvrir quand tous les prix augmentent, il faut remettre d’actualité la lutte pour l’échelle mobile des salaires. Cette revendication, il nous faut l’avancer lors de chaque lutte et que ce soit un réel objectif lors des prochaines luttes d’ensemble des travailleurs, des jeunes, des retraités.
 
SUR LE CONTROLE
Aujourd’hui la bourgeoisie nous dit qu’elle n’a plus d’argent. Qu’augmenter les salaires, ce n’est pas possible. Que le pays a un problème de compétitivité.
Les mêmes qui nous expliquent qu’ils ne peuvent plus cotiser pour la santé, pour la famille, pour les retraites, versent 200, 300 fois le smic à leurs PDG. Ils versent des dizaines de millions aux grands actionnaires, millions qui seront dilapidés dans des caprices de riches ou, pire encore, dans la spéculation.
Ils ne se sont pas gênés pour faire cadeaux de plusieurs milliards d’euros à des capitalistes.
Eh bien, il faut que la lumière soit faite sur l’argent qu’il y a réellement dans les entreprises.
Les travailleurs ont le droit de connaître ce que l’entreprise verse en salaires. Ce qu’elle économise, du fait des multiples exonérations de cotisations sociales, des niches fiscales, ce que l’entreprise verse en dividendes à ses actionnaires, ce qu’elle met en provisions.
Les patrons rabâchent que les travailleurs coûtent cher, mais combien leur rapporte un salarié ? Et combien leur coûtent les actionnaires ?
Toute la société a intérêt à ces contrôles, car les grosses entreprises ne se contentent pas d’exploiter leurs ouvriers : elles volent aussi les consommateurs, leurs fournisseurs ou leurs clients quand ils sont moins puissants. Il faut que l’on puisse connaître les conditions faites aux sous-traitants, aux petits producteurs, les marges que les uns imposent aux autres, y compris les dessous-de-table. Il faut leur donner les moyens légaux de tout dire de ce qu’ils voient sans être menacés de licenciement ou de mesures de rétorsion. Il faut supprimer le secret des affaires.
Plus qu’un droit au contrôle, il faudrait même parler de devoir civique, car c’est la seule façon de dénoncer et d’empêcher les crimes patronaux. Ceux perpétrés par les banquiers et les spéculateurs irresponsables mais ceux aussi perpétrés par ces patrons qui sont prêts à sacrifier la santé de leurs salariés au nom de la rentabilité comme ce fut le cas de ces patrons qui ont empoisonné des dizaines de milliers de travailleurs avec l’amiante  ou encore avec le chlordécone!
Cette mesure aussi devra être une revendication essentielle lors d’une lutte générale car elle modifierait le rapport de force entre le patronat et les travailleurs en donnant de nouvelles armes aux travailleurs. Il en serait fini du chantage patronal, des rumeurs et des fausses informations. Les travailleurs sauraient à quoi s’en tenir, ils pourraient anticiper, s’organiser face aux attaques patronales et prendre l’initiative pour les empêcher de nuire.
Ce serait un premier pas pour contester le pouvoir de direction de la bourgeoisie, un premier pas pour contester la dictature du grand capital.
 
Dans ces luttes, la jeunesse, qui a toujours été à la pointe de la contestation, aura un rôle à jouer.
Alors, dans cette campagne Nathalie Arthaud s’adresse aussi aux jeunes.
À tous ces jeunes des cités, des quartiers populaires de Ducos, de Rivière Pilote, du Lamentin, qui, après avoir été exclus de l’école trop tôt, sont baladés de petits boulots en longues périodes de chômage. Ils savent que la vie de leurs parents n’a pas été rose, mais avec la crise et le chômage, ils se disent que pour eux ce sera encore pire.
Je veux m’adresser aussi à tous les jeunes des quartiers populaires qui sont marginalisés et accusés à longueur de journée de tous les maux de la société.
Je m’adresse également aux jeunes diplômés aussi. Ceux du campus de Schoelcher, qui rêvent peut-être d’une carrière à la Steve Jobs (le directeur du mythique groupe APPLE, décédé en 2011) ou à la Bill Gates (autre grand patron américain  de l’informatique avec les logiciels WINDOWS), mais que la réalité cloue aujourd’hui au comptoir d’un Mac Do ou à une caisse de supermarché.
Je dis à tous ces jeunes qu’ils ont raison d’être révoltés.
Qu’est-ce que c’est que cette société, où une minorité peut gagner, sur une bonne affaire ou en quelques mois, ce que ne gagnera jamais aucun salarié toute sa vie durant ?
Qu’est-ce que c’est que cette société, où on trouve des milliards pour les banquiers, pour les marchands d’armes, et où on nous dit qu’il n’y en a plus pour construire des logements, plus pour les écoles et les hôpitaux ?
Qu’est-ce que c’est que cette société, où l’argent, les profits, le luxe qui est étalé à la télévision, au bord des marinas, dans les magazines, comptent plus que la vie humaine ?
Oui, cette société fonctionne à l’envers et elle est condamnée à disparaître.
Mais elle ne disparaîtra pas toute seule ! Il faut des jeunes conscients du combat à mener.
Il faut des jeunes qui ne s’arrêtent pas aux différences de religion, de sexe, d’origine, de couleur de peau, aux différences de métiers, différences parce que les uns sont au chômage alors que les autres sont encore au travail. Il faut des femmes et des hommes conscients de partager un sort commun conscients de faire partie d’une seule et même classe d’exploités capables de changer la société.
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Sans même parler de la transformation de la société en profondeur, aucun grand progrès pour les travailleurs n’est venu des gouvernements. Tout ce que les travailleurs ont obtenu, ils l’ont arraché au patronat, par leurs grèves, par leurs manifestations. Il n’y a jamais eu de sauveur suprême pour les travailleurs, les victoires, ils les ont toutes gagnées de haute lutte.
Mais, travailleurs qui m’écoutez ce soir, femmes, jeunes, retraités, vous savez que  plus on approchera des élections et plus on nous fera croire que notre sort dépend du bulletin que chacun glissera dans l’urne. Il y a déjà une pression, implicite ou explicite, sur l’électorat de gauche pour le « vote utile », c’est-à-dire le vote en faveur de Hollande dès le premier tour.
Que ceux qui sont convaincus par Hollande votent pour lui, c’est dans l’ordre des choses. Mais ceux qui ne lui font pas confiance et ceux qui ont encore en mémoire, et dans le cœur, les déceptions laissées par le PS chaque fois qu’il a gouverné, n’ont aucune raison de voter pour lui au premier tour.
Ceux qui ont compris que Hollande fera ce que le patronat exigera de lui et qu’il les laissera seuls face à leur patron n’ont aucune raison de voter pour Hollande au premier tour.
 
Il faut que Hollande sache que, même si la haine vis-à-vis de Sarkozy lui a permis d’être élu au second tour, une fraction au moins de l’électorat ouvrier ne lui fait aucune confiance.
Nathalie Arthaud  sera la seule à ne pas dire « votez pour moi, je ferai ceci ou je ferai cela et tout ira mieux ! ».
Voter pour la candidature de Nathalie Arthaud , ce sera exprimer la conviction que, si les élections ne peuvent pas changer la vie, la lutte collective des exploités en a la force et la possibilité.
Voter pour la candidature de Nathalie Arthaud, c’est affirmer que l’on n’est pas dupe devant ces alternances électorales.
Voter pour la candidature de Nathalie Arthaud c’est affirmer qu’il y a parmi les travailleurs, des femmes et des hommes conscients d’avoir à se battre par eux-mêmes.
 
Tous ceux qui voudront affirmer qu’il faudrait refaire un mai 68 en France, en Martinique un Février 2009 en allant plus loin, que pour imposer l’interdiction des licenciements, imposer des augmentations de salaires, et un contrôle des travailleurs sur les entreprises et sur leur argent, pourront le dire en votant pour moi.
Bien sûr le vote ne remplace pas les luttes, mais les luttes se préparent dans les têtes. Et on peut contribuer à les préparer dans les têtes de ceux qui nous entourent en popularisant un programme, des objectifs autour desquels on peut s’unir et se battre.
Si dans cette élection présidentielle plusieurs centaines de milliers se retrouvent autour du programme de lutte présenté par Nathalie Arthaud. Si aux Antilles, en Martinique, nous sommes plusieurs milliers, ce sera un pas important, qui préparera la suite, qui se déroulera là où tous les changements se décident, c’est-à-dire dans les luttes. Oui ce sera un vote utile.
 
Et puis, une fois l’élection terminée et les urnes rangées, il faut que le programme que nous avons défendu pendant la campagne continue de l’être après.
Pour cela il faut un parti et à l’échelle de la Martinique, celui-ci n’existera que lorsqu’il sera rejoint par plusieurs dizaines de femmes et d’hommes prêts à se consacrer à la transformation de la société.
Il n’existera vraiment que lorsqu’il pourra être présent et actif dans de nombreux  domaines de la vie sociale.
Dans les entreprises d’abord, parce que c’est là que se mène jour après jour cette lutte de classe et que c’est là que se décidera l’issue du combat entre les deux classes sociales.
Mais aussi, dans les quartiers populaires, dans les écoles où se forme la jeunesse, dans tous les domaines qui touchent à la vie des travailleurs.
Nous sommes loin de cette situation, mais c’est la  présence de militants communistes qui peut aussi prendre le contre-pied de l’extrême droite et des forces réactionnaires de tous ordres, qui essaient de capter à leur profit le mécontentement et la colère que la crise du capitalisme ne manquera pas de susciter.
Alors, camarades et amis, en nous aidant dans cette campagne électorale, vous participerez à notre combat commun, à la propagation de toutes ces idées et de ces objectifs qui seront décisifs en cas de remontée des luttes.
Votez et faites voter pour la candidature de Nathalie Arthaud et, une fois l’élection terminée, continuons ensemble ce combat