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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1062 du 11 février 2012/Quatrième page

Quatrième page

Brèves

contrats – compétivité-emploi : de nouvelles attaques contre les travailleurs !
Comme arme anti-chômage, Sarkozy a annoncé son intention d’assouplir le temps de travail. Il s’agit de donner au patronat des facilités pour baisser les salaires en réduisant le temps de travail, ou pour imposer aux travailleurs de travailler plus sans être payés plus.
Actuellement les patrons ne peuvent pas baisser les salaires sans faire signer un nouveau contrat à chaque salarié. Avec le Contrat-compétitivité-emploi de Sarkozy, il suffira d’obtenir l’accord des syndicats représentant au moins 30% des voix aux élections professionnelles pour qu’il soit applicable à tous.
Quelles que soient les manœuvres du patronat et du gouvernement, il nous faudra lutter pour répondre à leurs attaques.
 
le peuple haïtien n’a pas besoin de tortionnaires professionnels 
En Haïti, le président Martelly a laissé revenir l'ex-dictateur Duvalier-fils, « Baby Doc ». Celui-ci se  déplace librement dans le pays. Ce même président s'est engagé dans une campagne de réhabilitation de l'armée pour « sauvegarder l'intégrité territoriale » et contre « les menaces à la sécurité nationale ».
Dans le même temps on apprend qu'Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères, veut aider à la formation d'une « force de sécurité » à Haïti.
C'est la continuation d'exactement la même politique qui était celle de la France vis-à-vis de Ben Ali en Tunisie.
 
 
 
 
 
 
 

Guadeloupe : ÉCHO DES TÉLÉCOM

Ticket restau : il y avait de quoi faire l’erreur !
On avait presque fini par y croire au ticket restaurant à 9 euros que nous avons reçu dernièrement. Par la suite, la direction a fait savoir qu’elle avait commis une erreur de comptabilité et que les tickets reviendront comme avant à 8,75 euros. Dans un sursaut d’humanité la direction aura peut-être pensé que 8 euros 75 c’était bien peu avant de se  rendre compte de son « erreur ».
 
NÉGOCIATIONS SUR LA PÉNIBILITÉ
La négociation nationale sur la pénibilité au travail devrait déboucher sur un accord concernant la réparation des métiers pénibles. Notamment le « Compte-épargne-temps » devrait permettre des départs anticipés à la retraite. D’autres compensations sont prévues pour les situations de pénibilité.
 

Lurel, Gillot contre Guéant… à bon compte

Lurel,  Gillot contre Guéant… à bon compte
 Suite aux propos de Guéant, ministre  de l’intérieur sur l’inégalité des civilisations, Lurel, président «socialiste » du Conseil Régional, et Gillot, président «socialiste» du Conseil Général ont décidé de ne pas le recevoir lors de sa visite en Guadeloupe. C’est le moins qu’on pouvait attendre de ces messieurs.
Dans leur lettre à Guéant, ils font référence à Césaire qui avait refusé de recevoir Sarkozy alors ministre de l’intérieur parce qu’il avait vanté les «bienfaits de la colonisation». Cela dit, la gauche française et en particulier le Parti Socialiste n’ont rien à envier à la droite en matière de  basses œuvres colonialistes. Leur maître à penser, Mitterrand s’est bien illustré pendant la guerre d’Algérie en signant plusieurs condamnations à mort de militants et en déclarant en direction du Front de Libération Nationale algérien : «la seule négociation c’est la guerre». Et l’histoire fourmille d’exemples sur le rôle de la gauche française en matière de répression coloniale !

Martinique : Pour le droit au logement pour tous

Une polémique politicienne a eu lieu entre Letchimy, président du Conseil Régional et Baudoin Lafosse Marin, directeur du conseil interprofessionnel du logement en Martinique le «CIL».
 Au-delà de cette querelle, il y a le scandale bien concret que vivent les centaines de salariés, leurs familles et tous ceux qui attendent chaque année de pouvoir accéder à un logement décent. Le manque de logement chronique et particulièrement pour les familles ayant des faibles revenus - en Martinique, moins de 400 logements sociaux construits par an alors que la demande dépasse les 10 000 -, voilà le véritable scandale qu’il faut dénoncer.
Contre ce scandale provoqué par l’incapacité du système capitaliste, ses banquiers, promoteurs, et autres gros capitalistes du BTP, à fournir le nombre de logements nécessaires, en Martinique comme en France d’ailleurs, il faut bien plus qu’un coup de gueule. Il faudrait exiger que l’État se substitue à ces capitalistes dont la seule préoccupation  est la recherche du maximum de profit, au lieu de les subventionner, et fasse du logement un service public de qualité et bon marché. Mais ce n’est sûrement pas la politique du président de Région et de ses amis de la gauche traditionnelle.

Penchard et la TVA « sociale »

À propos de la TVA qui passe de 19,6% à 21,2%, le président de la République  prétend n’y voir que du bon. Pour lui les prix ne doivent pas augmenter et la baisse des charges sociales patronales, appliquée en compensation, aurait un effet bénéfique sur le chômage. Éh bien, Mme Penchard se félicite que cela
ne sera pas appliqué dans les DOM. Ils (les patrons) «bénéficient déjà d’allègements de charges sociales, en particulier au travers de la loi Lodeom de 2009. Ces mesures sont déjà destinées à soutenir l’activité et à protéger l’emploi… ».  Oui, bien sûr, seuls  les patrons d’Outre-mer sont choyés avec le succès que l’on sait pour l’emploi !
 

Sénégal : WADE dégage !

Des manifestations ont lieu contre la décision du Conseil Constitutionnel d’accepter la candidature à sa propre succession du président Abdoulaye Wade, âgé de 85 ans,  au pouvoir depuis 12 ans et qui viole sa constitution en postulant pour un troisième mandat. Cette décision a déclenché la colère des étudiants qui manifestent en scandant «Wade dégage». La répression de ces manifestations a déjà  fait au moins quatre morts. 
Au Sénégal, comme dans presque tous les États des pays pauvres, les élections donnent lieu à des luttes sanglantes car arriver au pouvoir, c’est le moyen de contrôler la source d’enrichissement que constitue la direction d’un État pour certains clans. Et alors que des protestataires jurent de lutter jusqu’à ce que Wade quitte le pouvoir,  l’opposition (le Mouvement du 23 juin – le M23) quant à elle, réunie en «comité de crise» a d’ores et déjà décidé de participer aux élections, soucieuse qu’elle est de protéger ses propres intérêts.
Pour les ex-puissances coloniales, qui elles aussi veillent au grain en prenant position pour telle ou telle clique, l’important c’est que l’appareil d’État donc ceux qui occupent les places soient capables de maintenir l’ordre qui leur permettra de continuer à exploiter le pays. La France, un des principaux exploiteurs des richesses de ce pays, a appelé au «changement de génération» dans la vie politique sénégalaise. Tout cela n’est que de la poudre aux yeux afin de se démarquer de Wade si jamais la contestation s’amplifiait. Les pays arabes ayant servi d’exemple, le gouvernement français préfère assurer les arrières de ses investisseurs.
Mais l’histoire a maintes fois montré que la  colère d’un peuple ne s’endigue pas toujours avec de la démagogie. Car en dehors des cliques aspirant au pouvoir, une partie de la population qui manifeste exprime, elle, sa colère contre la pauvreté et les difficultés de toutes sortes. Et elle finira un jour par trouver la voie pour se débarrasser et des dirigeants corrompus et de leurs maîtres : les hommes politiques, et les représentants des grandes entreprises qui pillent le continent africain depuis des siècles.

Syrie : La clique de Bachar El Assad s’accroche au pouvoir …

Au cours du week-end du 4 au 5 février plus de 230 manifestants ont été tués dans la ville de Homs. Des bombardements à l’arme lourde sur cette ville ont commencé dès le lundi. Le régime semble vouloir employer tous les moyens pour mettre fin à la contestation et tous les jours, ce sont des dizaines de morts qui s’ajoutent à la liste déjà longue des victimes de la répression de la clique de Bachar El Assad. Les  dernières résolutions décidées par l’ONU sur la répression en Syrie n’y changent rien. Ces résolutions n’ont pas été acceptées par la Chine et la Russie. Ces deux puissances continuent de soutenir le régime de Bachar El Assad pour préserver leurs intérêts économiques en particulier la vente d’armes.
Et malgré cette répression aussi sanglante les manifestations se poursuivent pour le renversement de la dictature. L’opposition parle de plus de 6000 morts depuis le début du soulèvement contre la dictature, il y a de cela près d’un an. Des enfants sont assassinés et torturés. Plus de 1500 personnes ont été emprisonnées.
Ni les États-Unis ni les pays européens ne sont, pour l’heure, prêts à intervenir militairement comme cela s’est passé dans les autres pays arabes. Ceci probablement parce que ces grandes puissances n’ont pour le moment pas de solution pour remplacer El Assad et sa clique. L’opposition, divisée et faible, ne leur paraît pas crédible et donc pas capable d’assurer une certaine stabilité dans la région ou en tout cas de jouer le rôle qu’a joué Afez El Assad pendant plusieurs décennies, puis son fils depuis quelques années. Pour l’instant certains pays comme la France ont décidé de rappeler leur ambassadeur. Ils cherchent une solution par la voie diplomatique. L’ONU a dépêché sur place une soixantaine d’observateurs pour enquêter. 
Mais aucune de ces mesures, ni l’embargo sur le pétrole syrien n’ébranlent la dictature.
Il est à espérer que finalement, les masses en mouvement, et particulièrement les travailleurs et tous les pauvres qui souffrent de cette dictature tirent les leçons de leur lutte et finissent par comprendre qu’elles ne doivent compter que sur elles-mêmes et non pas attendre d’être débarrassées de la dictature des Assad par des gens qui s’en sont accommodé depuis des décennies.