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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1062 du 11 février 2012/Deuxième page

Deuxième page

AVEC NATHALIE ARTHAUD CANDIDATE DE Combat Ouvrier et de Lutte Ouvrière à l’élection présidentielle du 21 avril

Combat ouvrier fait campagne et appelle à voter pour Nathalie Artaud. Comme nous, elle est la camarade d’Arlette Laguiller et membre de l’Union Communiste internationaliste (UCI).
Nous publions ci-dessous un extrait de la brochure de campagne de Nathalie Artaud.
Nous tenons aussi cette brochure complète et gratuite à la disposition de tous ceux qui la veulent.
 
Pourquoi une candidature communiste ?
Pour que, face aux candidats qui considèrent que l’organisation capitaliste de l’économie est la seule concevable, s’exprime un courant qui combat le capitalisme, dont la crise souligne la folie et l’injustice fondamentale, et qui a pour programme d’y mettre fin.
Pour populariser des objectifs dont la classe ouvrière pourra s’emparer lors de ses luttes futures inévitables et qui, imposés aux possédants, feraient basculer le rapport des forces entre exploiteurs et exploités. Seul ce changement de rapport de force permettra aux exploités de prendre et de garder l’initiative au lieu de subir, en ébranlant le pouvoir dictatorial des puissances d’argent sur l’économie. 
Pour permettre à toutes celles et ceux qui sont en accord avec ce programme de lutte, de l’exprimer par leur vote. Pour que les électeurs des classes populaires aient, dans cette élection, un autre choix qu’entre des candidats qui, s’ils sont élus, gouverneront tous au profit des riches.
Pour que se fasse entendre une voix communiste révolutionnaire. C’est cette voix que je veux faire entendre en tant que candidate de Lutte Ouvrière.


Guadeloupe : Il y a 60 ans, le 14 février 1952 au Moule

Comme chaque année, des groupes de militants de la CGTG (Confédération générale du travail de la Guadeloupe) de l’UGTG (Union générale des Travailleurs de Guadeloupe), des témoins iront commémorer la tuerie du 14 février 1952 au Moule. On se souvient aussi de ce 14 février 2009 où des dizaines de milliers de manifestants s’étaient retrouvés là, prés de la petite stèle élevée il y a quelques années en mémoire des victimesde cette énième tuerie perpétrée par les troupes coloniales contre des travailleurs. Nous étions en pleine grève générale dirigée par le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon- unité contre la surexploitation) et ses 48 organisations dont l’ensemble des syndicats de Guadeloupe.
LA GRÈVE GÉNÉRALE DES TRAVAILLEURS DE LA CANNE
Le «massacre de la Saint Valentin» comme on nomma cette tuerie survenait dans le cours d’une grande grève des travailleurs de la canne : ouvriers d’usine, et travailleurs des champs (coupeurs de canne et amarreuses). Le mouvement fut déclenché au mois de novembre 1951 dans le nord de la Grande Terre. Les revendications étaient : 125 francs de l’heure (de l’époque) estimé comme salaire minimum par la chambre de commerce. Les travailleurs ramenèrent cette revendication à 100F/h  pour tous. Les petits planteurs réclamaient le paiement de la «ristourne». La ristourne était  une dette que les patrons sucriers devaient aux petits paysans. Car ces patrons attendaient de connaître le prix du sucre sur le marché international pour fixer définitivement le prix de la tonne de canne en Guadeloupe. La nouvelle récolte allait démarrer sans que les petits paysans soient payés pour les cannes livrées de la récolte précédente. On comprend donc  leur colère.
De plus, en ce qui concerne les salaires des ouvriers, le gouvernement fixa le salaire minimum en Guadeloupe à 76F/h. Ce fut alors le déclenchement de la colère générale. En janvier 1952 les travailleurs de la canne reçurent le soutien des fonctionnaires qui réclamaient la revalorisation de leur salaire.
La grève devint générale et illimitée dans toute l’île. Un «cartel» syndical dirigeait le mouvement, formé de la CGT avec Gargar, de l’union départementale CGT (ancêtre de la CGTG) avec Nicolas Ludger, de la CFTC avec Démocrite, du syndicat autonome des enseignants, du syndicat des médecins hospitaliers.
Face aux patrouilles de CRS armés menaçants et provocateurs, les travailleurs répliquèrent, y compris par des petites bombes artisanales. Les patrons du sucre  jouaient la montre et le pourrissement de la grève.
 Le 11 février, les CRS prirent position dans la ville du Moule qui fut occupée militairement.
Le 14 février 1952 un barrage fut érigé par les travailleurs à l’entrée du boulevard Rougé (rue principale du Moule) pour empêcher l’accès de l’usine Gardel aux charrettes à cannes. C’est alors que les troupes françaises tirèrent à vue sur la foule. Quatre personnes furent tuées : Constance Dulac (enceinte), Capitolin Justinien, Edouard Dernon, François Serdot. Il y eut aussi 14 blessés.
UNE TUERIE PRÉPARÉE ET ORGANISÉE
Comme toujours dans l’histoire du mouvement ouvrier de Guadeloupe et de Martinique, ces tueries étaient bien préparées entre Préfet, patrons et militaires. Il fallait réprimer au besoin dans le sang.
En février 1952, c’était d’autant plus vrai que le mouvement ouvrier était largement soutenu par le Parti Communiste Guadeloupéen (PCG à l’époque Fédération du Parti Communiste Français) qui comptait nombre de militants ouvriers, de cadres et de dirigeants syndicaux. C’était le cas par exemple de Nicolas Ludger. Et ce n’est pas un hasard si la répression sanglante eut lieu à Moule, fief du PCG et ville de son dirigeant d’alors et aussi fondateur : Rosan Girard. Ce dernier était un dirigeant et orateur charismatique. Il fut aussi maire du Moule et député, particulièrement apprécié par les travailleurs et les masses populaires. L’occasion était donc trop belle pour le pouvoir colonial qui en profita pour tenter d’intimider les travailleurs du Moule et faire reprendre le travail par la force des armes. Il fallait aussi faire porter aux militants communistes et à Rosan Girard la responsabilité des «désordres sociaux» voire même de la tuerie perpétrée par les troupes coloniales.
UNE GRÈVE HISTORIQUE
Le vendredi 15 février 1952, le préfet Villeger, le même qui avait ordonné l’occupation de la ville du Moule fixa le salaire de base à 88 F l’heure au lieu de 76 F et s’agissant des ristournes pour les cannes livrées par les planteurs en 1950 et 1951, il les fixa à 434 francs par tonne. Ce qu’il ne pouvait faire hier il put le faire le jour même de la tuerie.
La grève de 1952 compte dans l’histoire parmi les trois plus grandes grèves  du mouvement ouvrier de  Guadeloupe : après celle de 1910 et avant celle de février 2009 par ordre d’importance !
 
                                                                                                                      

Gueant : Il n'est pas très civilisé

Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, s'adressant à des étudiants de droite, a affirmé que "toutes les civilisations ne se valent pas". Il visait les immigrés, les étrangers et leurs régimes souvent religieux et dictatoriaux, faisant ainsi la cour aux électeurs du Front national.
Guéant a la mémoire courte. La civilisation dont il se réclame est la même qui a inventé le fascisme, le nazisme, la dictature de l'État français du maréchal Pétain et mené un nombre incalculable de guerres notamment coloniales. C’est elle qui a lancé deux bombes atomiques sur deux villes japonaises ! 
Guéant, spécialisé dans les reconduites si souvent scandaleuses d'étrangers hors du pays, est bien à l'image de cette prétendue "civilisation", infectée de capitalisme riche en ignominie.
 
 

Communiqué de Combat Ouvrier



10 ko - Dernières modifications : 11/02/2012

Marie-Galante : Kristen Ibalo condamné pour l’exemple

Ce jeune Marie-Galantais a pris part aux barrages organisés suite à la manifestation du 9 décembre 2011 à Marie Galante. Toute l’île s’était mobilisée pour défendre deux services de l’hôpital menacés de fermeture, la chirurgie et la maternité. Lors du mouvement, d’autres questions importantes ont été posées, en particulier le manque d’emplois pour les jeunes.
Le jugement a été rendu le 1 février. Le juge a reconnu que les preuves n’étaient pas suffisantes pour réclamer le paiement d’une amende, mais il a quand même condamné K. Ibalo à 6 mois de prison avec sursis, pour avoir détenu « un engin explosif » et blessé un gendarme ! Ce jugement est donc contradictoire : le jeune homme est en partie disculpé, et en même temps il est déclaré coupable.
Dans cette affaire, il semble que le tribunal de Pointe-à-Pitre a suivi le principe « dans le doute, on condamne », en espérant probablement dissuader les jeunes de Marie-Galante de se mobiliser à l’avenir. Mais si les problèmes persistent, tôt ou tard d’autres manifestations auront lieu, n’en déplaise à monsieur le juge !
 
 

Martinique : Un mouvement qui lui est resté au travers de la gorge

Le dimanche 5 février 2012, on a pu entendre Roger de Jaham actuel président de l’association «Tous créoles» et ex-président du Medef, interviewé par un journaliste de Radio Martinique à propos de la mobilisation du 5 février 2009.
Ce mouvement populaire avait vu plusieurs dizaines de milliers de travailleurs, chômeurs, femmes au foyer, jeunes, manifester durant 34 jours dans les rues de Fort de France, pour exiger des autorités et du patronat la hausse des salaires de 200 euros et la baisse des prix.
Que ce patron béké exprime sur les ondes toute l’amertume qu’il a vis-à-vis de ce mouvement. Qu’il le dénigre et fasse retomber sur lui, licenciements ou difficultés économiques, il n’y a rien d’étonnant à cela ! Il fait partie de ces gens pour qui les travailleurs doivent suer le profit et baisser la tête. Il déclare même qu’il regrette que «le préfet de l’époque n’ait pas fait son travail»…, c'est-à-dire «rétablir l’ordre» en réprimant s’il le fallait pour cela la population qui manifestait dans les rues de Fort de France.
Mais, en fait, ce que regrette sans doute le plus R. de Jaham, c’est cette journée du 6 mars 2009 où descendus en cortège du nord de la Martinique en 4/4, plusieurs dizaines de ses amis et compères exploiteurs békés, accompagnés de quelques «béni-oui oui», ont cherché à se diriger vers la préfecture pour obliger «le préfet de l’époque à faire son travail». Ce jour-là, leur cortège était escorté de gardes mobiles bien armés. Mais tous ces gens là se sont retrouvés pris comme dans une nasse sur la rocade, par des jeunes des quartiers pauvres et des manifestants en colère venant de toutes parts, essuyant des jets de pierres et de bouteilles, et voyant leurs tracteurs brûlés servir de barrage.
C’est surtout le souvenir amer de ce jour-là qu’il a dû retenir. Quant à la population, aux jeunes, aux pauvres en colère, de ce jour-là, ils ont eux par contre gardé un très bon souvenir. Ils ont «fait leur travail», faire les pwofité-vôlè rebrousser chemin et de façon très rapide.