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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1061 du 28 janvier 2012/Page 2

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Brèves de Lutte Ouvrière

LIVRET     AAA ?
Le gouvernement vient de décider de ne pas augmenter le taux du livret A. Pourtant, selon le mécanisme qui doit régler automatiquement son augmentation, il aurait dû être porté à 2,75%. C’est un hold up, et de taille.
En effet, l’État vole ainsi les petits épargnants d’un demi-milliard d’euros. Il a besoin d’argent…pour le mettre à la disposition des « pauvres » banquiers et capitalistes.
                                                                            
CONGÉS À L’HÔPITAL : PAS VRAIMENT RÉGLÉ
Le gouvernement vient de décider de payer toute une partie des 2 millions de journées de RTT accumulées, depuis dix ans, par les médecins hospitaliers. Cette impossibilité de prendre les congés dûs ne vient pas des 35 heures, comme le prétend le gouvernement, mais de la pénurie de personnel de santé, organisée d’en haut.
À trois mois de la présidentielle, il se donne l’air de faire un cadeau aux médecins - financé, de surcroît, par les hôpitaux publics déjà asphyxiés - alors que ce n’est que justice.
 
Par contre, les autres personnels hospitaliers - tout autant utiles que les médecins - notamment les aides-soignantes et infirmières, qui ont également 2 millions de RTT en souffrance, ne font pas partie de la cible électorale de la droite. Ces travailleurs devront se battre pour avoir leur dû.

Guadeloupe : Un jeune de Rebelle ! convoqué par la police

Raphaël Cécé, l’un des jeunes camarades du journal Rebelle et par ailleurs militant de CombatOuvrier s’est rendu au commissariat de Pointe-à-Pitre le 13 janvier. La police avait demandé avec insistance à l’entendre suite à une plainte le concernant.
Une bonne trentaine de personnes l’ont accompagné devant le commissariat le jour du rendez-vous. Les policiers, surpris, ont prétendu qu’il ne s’agissait que d’une affaire privée, mais en réalité il s’agit bien d’une affaire politique (comme le montre l’épais dossier concernant le journal Rebelle ! qui traînait sur le bureau du policier auteur de la convocation).
En effet, la plainte en question a été déposée par M. Jean Alice, proviseur du lycée Baimbridge, suite à la mobilisation du 30 septembre 2011. Ce jour-là, de nombreux lycéens ont fait grève à l’appel de Rebelle ! pour protester contre les abus de pouvoir dans les établissements scolaires. Les brimades s’étaient multipliées depuis la rentrée, notamment au lycée du Lamentin où 52 élèves ont failli être renvoyés définitivement parce que leur coiffure ne plaisait pas au chef d’établissement Christian Louis.
Devant Baimbridge, les lycéens ont repris un slogan souvent entendu : « chak kochon ni sanmdi a yo » (chaque cochon a son samedi),proverbe créolepopulaire. Le proviseur prétend qu’il s’agit d’une menace de mort contre lui. On pourrait sourire.
Mais la plainte de M. Alice révèle malheureusement que les responsables de l’Académie de Guadeloupe ont des agissements pour le moins étranges.
M. Alice explique dans sa plainte qu’il a téléphoné au Recteur, qui l’a mis en relation avec M. Delag, le responsable des Équipes Mobiles de Sécurité du rectorat. Ce sont les renseignements de M. Delag qui lui auraient permis de porter plainte nominativement contre R. Cécé, et de mettre aussi en cause un autre étudiant de Rebelle !
Il semble donc que le rectorat pratique l’espionnage politique contre des jeunes dont le seul tort est de protester à travers un journal. Les rédacteurs de Rebelle ! ont écrit au nouveau recteur et demandé à le rencontrer, ainsi que M. Delag, afin de tirer cette affaire au clair.
 
 
                                                                                                                      

Marie-Galante : Procès Ibalo : jugement le 1er février

Le procès de Kristen Ibalo a eu lieu le 18 janvier, en présence de nombreux militants venus pour le soutenir, notamment des jeunes de Marie-Galante.
Le collectif d’avocats qui le défend a révélé beaucoup d’incohérences et d’irrégularités dans cette affaire.
K. Ibalo a été arrêté dans la nuit du 9 au 10 décembre 2011, suite à la 2 manifestation de défense de l’hôpital de Marie-Galante. Des jeunes s’étaient rassemblés et avaient érigé des barrages pour montrer leur soutien à la mobilisation. Il aurait été formellement reconnu par 3 gendarmes comme étant celui qui leur aurait lancé « un engin explosif », mais leurs déclarations sont contradictoires. L’un des gendarmes affirme avoir subi des dommages auditifs, qui ne sont pas avérés, et réclame 500€ pour ses frais médicaux, mais sans produire aucune facture.
Après son arrestation brutale, K. Ibalo a fait 48h de garde à vue sans voir un médecin ou un avocat. Il a ensuite été emmené devant un juge de Pointe-à-Pitre, qui l’a relâché mais avec interdiction de retourner à Marie-Galante. Ce n’est que 2 semaines plus tard qu’il a pu rentrer chez lui !
Le procureur a demandé que le jeune Ibalo soit condamné à 9 mois de prison avec sursis, et à payer 500€ pour « indemniser la victime ». Le juge rendra sa décision le mercredi 1 février. Ce jour-là, il nous faudra revenir nombreux au tribunal de Pointe-à-Pitre.
 
 
 

Conseil Régional de Martinique : la guéguerre continue

Après la plénière spéciale du 23 décembre 2011 consacrée à l’audit sur la gestion de l’ère Marie-Jeanne, et qui était supposée discréditer définitivement ce dernier,
S. Letchimy avait programmé le 19 janvier une nouvelle plénière dédiée cette fois aux orientations budgétaires 2012.
Cette séance a été une fois de plus l’occasion de voir anciens et nouveaux dirigeants de la Région s’affronter en affichant leurs divergences sur la manière la plus efficace pour déverser des millions dans les caisses des possédants locaux en prétextant aider l’emploi.
Les nouveaux gestionnaires, par la voix de J. Crusol, ont reproché aux anciens leur frilosité et fait savoir qu’ils allaient contracter plus d’emprunts pour soutenir l’activité économique.
Les anciens, par la voie de D. Marie-Sainte, ont rappelé à la nouvelle équipe les dettes laissées par l’équipe Darsières et parlé de «culture de l’endettement ». Bref, chaque partie a voulu montrer qu’elle était meilleure gestionnaire que l’autre des intérêts de la bourgeoisie locale.
En fait, dans la perspective de la Collectivité Unique, l’équipe aux commandes actuellement cherche à porter l’estocade pour rester en place, tandis que l’ancienne tient à faire savoir qu’elle est toujours là.
 
 

Martinique : Chariot-type. Ce sont les luttes qui feront baisser les prix !

À l’approche de la date anniversaire des grèves et mobilisations populaires du  5 février  2009, l’Observatoire des prix en Martinique annonce la mise en place prochaine d’un chariot-type. D’après cet organisme rattaché à la DIECCTE (Direction des Entreprises, de la Concurrence et de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) le chariot-type serait composé de 60 articles et produits dont les prix seraient relevés dans 13 magasins (hyper et super marchés et magasins discount de l’île) et ainsi comparés régulièrement.
Piètre réponse au problème de la vie chère. Pourquoi n’y aurait-il qu’une soixantaine de produits ainsi sélectionnés ? Quels seraient ces produits ? Combien de fois par semaine une famille pourrait-elle avec ce panier-type donner à manger à ses enfants de la bonne viande ou du poisson, tout en payant Internet, et le téléphone portable,  comme le disait une auditrice lors d’une émission sur ce sujet ?
Le président de l’Observatoire des prix interrogé par le quotidien local sur le sujet de la vie chère répondait qu’il se situait « à égale distance de tous les membres », représentants des patrons importateurs d’un côté et représentants des consommateurs et syndicats de salariés de l’autre. Il n’est donc pas du côté des pauvres.
Ce ne sont pas les recours aux actions caritatives que prônent les tenants du pouvoir  pour nourrir les plus démunis qui changeront quoi que ce soit vraiment. Les «épiceries solidaires» ou encore les «bons des CCAS» (Centre Communaux d’Action Sociale) destinés à l’achat des produits alimentaires ou d’hygiène aident un peu. Mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la misère.
Les masses laborieuses ont besoin que tous les produits aient un prix raisonnable pour vivre dignement. Et puisque le gouvernement est incapable d’agir pour freiner la hausse des prix, il faut exiger l’indexation de leurs salaires, revenus ou indemnités sur le coût réel de la vie.
Il n’y a que lorsqu’elles sont mobilisées, comme elles avaient commencé à le faire en 2009 en Guadeloupe ou en Martinique, que les masses populaires peuvent imposer aux riches, aux gros patrons et à l’État à leur service, une baisse substantielle des prix et aussi l’augmentation de leurs revenus (salaires, allocations et pensions) indexée sur la hausse des prix.
 

Communiqué de Nathalie Arthaud notre candidate à l’élection présidentielle

Nous publions ci-dessous le communiqué de Nathalie Arthaud publié après le meeting de François Hollande au Bourget le dimanche 22 janvier dernier. Nathalie Arthaud est porte parole de Lutte Ouvrière. Elle est la candidate de Lutte Ouvrière et Combat Ouvrier à l’élection présidentielle du 22 avril 2012.
Comme nous, elle est la camarade d’Arlette Laguiller et aussi membre de l’UCI -  « Union Communiste Internationaliste à l’instar de nos deux organisations notamment.
« En meeting hier (il s’agissait donc du dimanche 22 janvier) au Bourget, le candidat du PS, François Hollande a dénoncé le «monde de la finance». Mais les mesures annoncées tenaient plutôt de l’aspirine contre le cancer.
Taxer les transactions financières ? Mais d’un taux tellement dérisoire que même Sarkozy s’y est rallié ! Séparer les banques d’affaires et de dépôt ? Mais les États-Unis l’ont fait pendant 70 ans, et cela n’a absolument pas empêché la spéculation qui ravage l’économie et met aujourd’hui les États à genoux. Pour empêcher la spéculation, il faudrait exproprier les banques sans indemnité ni rachat, ce à quoi Hollande ne s’engage pas.
Quant aux engagements vis-à-vis du monde du travail, il n’y a rien. Même la promesse du retour à la retraite à 60 ans n’est destinée qu’à ceux qui auront cotisé 41 ans. Elle resterait donc lettre morte pour la plupart. Hollande n’a rien non plus à proposer pour mettre fin aux licenciements et à la progression du chômage. Rien pour garantir le pouvoir d’achat des salariés. Rien pour rogner sur les milliards de profits et de dividendes des entreprises du CAC 40. Pour les services publics, Hollande dit qu’il supprimera autant d’emplois qu’il en créera.
Sa seule vraie proposition est celle de renflouer les déficits publics. Comment ? Puisqu’il ne s’en prendra pas aux capitalistes, ce sera encore en faisant payer les salariés, les chômeurs, les retraités. Alors, si le monde du travail a toutes les raisons de vouloir se débarrasser de Sarkozy, il n’a vraiment rien à attendre de Hollande. »